Plan de paix pour Gaza
proposition du président américain Donald Trump visant à mettre fin à la guerre à Gaza
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Le plan de paix pour Gaza, aussi appelé plan américain pour Gaza ou plan Trump pour Gaza[1],[2], est annoncé le par le président des États-Unis, Donald Trump, lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche, aux côtés du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Il vise à mettre un terme à la guerre en cours à Gaza et à la crise plus vaste au Moyen-Orient. Le plan est différent de la proposition antérieure de Trump sur la bande de Gaza, faite en . Il se compose de vingt points spécifiques[3].
| Signature | |
|---|---|
| Parties | Israël, Hamas, Jihad islamique palestinien |
Après la prise de Gaza par le Hamas en 2007, les affrontements répétés avec Israël dégénèrent en un conflit majeur, débutant avec l'attaque du Hamas contre Israël du entrainant la guerre de Gaza, souvent considérée comme un génocide. Le plan appelle à un cessez-le-feu immédiat, au retour des otages, à l'échange de prisonniers, à la démilitarisation de la bande de Gaza, au déploiement d'une force internationale de stabilisation, à une gouvernance transitoire par des technocrates palestiniens sous supervision internationale, à la reconstruction à grande échelle et à une voie conditionnelle vers l'acceptation de l'autodétermination palestinienne et la reconnaissance d'un État palestinien. Le plan reçoit le soutien de nombreux États, dont la France, l'Allemagne, la Russie, l'Italie, l'Espagne, les Émirats arabes unis, l'Égypte, la Turquie, le Qatar, la Jordanie, l'Indonésie, le Pakistan et le Royaume-Uni[4].
Le , en réponse à la proposition, le Hamas accepte de libérer tous les otages restants à Gaza et de « remettre l'administration de la bande de Gaza à un corps palestinien de technocrates indépendants », bien qu'il n'accepte pas de désarmer ou de renoncer à son influence à Gaza[5],[6]. Trump déclare que le Hamas subira son « anéantissement complet » s'il ne renonce pas à gouverner la bande de Gaza[7].
Le , Trump annonce qu'Israël et le Hamas sont parvenus à un accord et ont signé la première phase de l'accord. Au cours de cette phase, tous les otages vivants ou décédés doivent être libérés en échange de 2 000 prisonniers palestiniens, dont 250 condamnés à perpétuité, dans les 72 heures, et Israël retirera également ses forces sur des lignes prédéfinies à l'intérieur de la bande de Gaza[8]. Le cessez-le-feu entre en vigueur le [9]. Le au matin, le Hamas libère 7 otages puis les 13 restants dans la foulée[10] puis rend quatre dépouilles sur les vingt-huit décomptées[11]. En échange, Israël libère 1 968 prisonniers palestiniens[12]. L'identification et la restitution des corps d'otages israéliens s'achève le . La bande de Gaza est divisée en deux zones : l'une sous occupation israélienne (58 % du territoire) et l'autre où sont massés les Palestiniens survivants (42 % du territoire)[13].
Le cessez-le-feu est violé presque quotidiennement avec l'approbation des États-Unis par l'armée israélienne qui affirme riposter à des menaces ou actions terroristes. Le cessez-le-feu s'apparente de ce fait davantage à une désescalade ou à une guerre de basse intensité[14]. Le , Israël interdit l'entrée d'aide humanitaire et bombarde massivement la bande de Gaza, tuant des dizaines de personnes[15]. Entre l'entrée en vigueur du cessez-le-feu le et le , 89 personnes ont été tuées et 317 blessées dans des attaques israéliennes à Gaza[16]. Plus de 100 personnes sont tuées, dont 46 enfants, et 200 blessées dans des bombardements le [17]. Au , 238 Palestiniens ont été tués et des centaines blessés[18]. Au , plus de 500 personnes ont été tuées par l'armée israélienne à Gaza depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu[19].
Le lancement de la deuxième phase de ce plan est annoncé le par Steve Witkoff et concrétisé le surlendemain par la première réunion du Comité national pour l'administration de Gaza (en anglais, National Committee for the Administration of Gaza (en) - NCAG) puis par l'annonce le par Donald Trump de la formation du Conseil de la paix.
Contexte
Contexte de la guerre de Gaza
Au cours du conflit israélo-palestinien, Gaza est occupée par Israël de 1967 à 2005 avec la Cisjordanie et Jérusalem-Est. La Cour internationale de justice statue que l'occupation du territoire palestinien est illégale au regard du droit international[20]. À la suite du désengagement israélien de la bande de Gaza en 2005, le contrôle de la zone est transféré à l'Autorité palestinienne. Le Hamas, un groupe politique et militant islamiste nationaliste palestinien, qui a déjà été responsable d'attentats-suicides en Israël, est élu gouvernement palestinien l'année suivante[21]. Après une bataille avec son rival du Fatah en 2007, le Hamas prend le contrôle de la bande de Gaza. La prise de pouvoir du Hamas conduit Israël et l'Égypte à imposer un blocus à Gaza[22]. Au fil des ans, les deux parties s'engagent dans plusieurs conflits, le Hamas intensifiant ses attaques à la roquette contre Israël et Israël lançant des frappes aériennes et des opérations militaires sur la bande de Gaza[23].
En , le Hamas lance les attaques du en infiltrant Israël depuis Gaza par de multiples voies. L'attaque commence par des milliers de roquettes tirées sur Israël et est suivie de massacres dans plusieurs villes frontalières, dans des kibboutzim et au festival de musique Nova. L'attaque tue 1 195 personnes, pour la plupart des civils. Les militants du Hamas prennent également environ 251 otages et prisonniers[24]. L'assaut provoque d'importantes représailles militaires israéliennes, qui dégénèrent en guerre de Gaza,avec l'invasion et le bombardement à grande échelle de la bande de Gaza par l'armée israélienne. Selon le ministère de la Santé de Gaza, environ 71 000 personnes sont tuées dans le conflit, principalement des civils, mais le nombre total de victimes est jugé beaucoup plus élevé en tenant compte des victimes de la famine et de l'effondrement du système de santé[25],[26],[27]. La conduite d'Israël conduit à un consensus universitaire[pas clair] selon lequel il commet un génocide à Gaza.
Cessez-le-feu de novembre 2023 et de janvier 2025
Le , après une longue période de combats entre Israël et le Hamas, un cessez-le-feu est obtenu grâce aux efforts du Qatar, de l'Égypte et des États-Unis. Au départ, le cessez-le-feu doit durer quatre jours avec la libération de 50 otages israéliens et de 150 prisonniers palestiniens, tandis que davantage d'aide humanitaire est envoyée à Gaza. Le cessez-le-feu est prolongé à deux reprises grâce à de nouvelles libérations d'otages, mais prend finalement fin le après que les deux parties s'accusent mutuellement de violations[28],[29],[30].
Le , un autre cessez-le-feu entre Israël et le Hamas commence, après un accord conclu le après des mois de négociations menées par les États-Unis, le Qatar et l'Égypte. Le cessez-le-feu se déroule en trois étapes : la première étape donne lieu à la libération de 33 otages israéliens en échange d'environ 1 900 prisonniers palestiniens. Pendant ce temps, les troupes israéliennes se retirent des zones peuplées de Gaza, tandis que l'aide humanitaire est autoriser à entrer et les Palestiniens déplacés à rentrer chez eux. Les deuxième et troisième étapes sont conçues pour parvenir à un cessez-le-feu permanent, dans lequel seront libérés davantage d'otages par le Hamas et de prisonniers par Israël. Israël retirera complètement ses forces et Gaza sera reconstruite. Après l'achèvement de la première phase de l'accord, les États-Unis et Israël déclarent que le Hamas refuse de libérer d'autres otages, ce qui, selon eux, provoque l'effondrement du cessez-le-feu et conduit Israël à lancer son attaque surprise sur la bande de Gaza le . Le Hamas, en revanche, accuse Israël d'avoir provoqué l'échec du cessez-le-feu[31],[32].
Proposition de pour la bande de Gaza
Le , le président des États-Unis, Donald Trump, déclare son intention de faire en sorte que les États-Unis prennent le contrôle administratif de la bande de Gaza. La proposition est faite lors d'un cessez-le-feu dans la guerre entre Israël et les militants palestiniens dirigés par le Hamas. Trump exprime vouloir faire du territoire la « Riviera du Moyen-Orient »[33]. Le plan prévoit le déplacement forcé d'environ 2 millions de Palestiniens vers d'autres pays[34]. Il nécessite également l'enlèvement de plus de 50 millions de tonnes de débris et de munitions non explosées. Lorsqu'on lui demande comment le territoire sera acquis, Trump affirme que les États-Unis le « prendront »[35]. La proposition reçoit un accueil négatif de la part de plusieurs pays, contrastant avec le fort soutien du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou[36].
Proposition de et déclarations ultérieures
Lors de la conférence de presse de la Maison-Blanche le , le président américain Donald Trump déclare que les États-Unis joueront un rôle actif pour assurer la sécurité d'Israël à la suite d'un nouvel accord de cessez-le-feu« entend dire que le Hamas veut que cela se fasse »[37].
Trump mentionne en outre que lors de sa rencontre avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, celui-ci s'est clairement opposé à la création d'un État palestinien et a critiqué d'autres pays qui l'ont « bêtement » reconnu. Il ajoute qu'Israël et d'autres pays sont « plus que très proches » de parvenir à un accord pour mettre fin à la guerre, et remercie Netanyahou pour ses efforts. Trump réitère que l'accord impliquera les pays arabes et pourra conduire à une paix plus large au Moyen-Orient.
Le , Trump donne au Hamas une date limite du dimanche , 18 h 0 heure de Washington D.C. (22 h 0 GMT), pour accepter l'accord proposé[38]. Dans une interview accordée à CNN le lendemain, Trump menace le Hamas, déclarant que s'il refuse de céder le contrôle de Gaza, il fera face à « l'anéantissement complet ».
Le , USA Today note que la signature de l'accord de paix se produit au même moment que l'attribution du prix Nobel de la paix, que le président américain convoite ouvertement, et qui doit être annoncé le [39].
Motivation du prix Nobel de la paix de Trump
Plusieurs commentateurs font valoir que le moment de l'accord est motivé par le désir de Trump de remporter le prix Nobel de la paix[40]. Depuis , Donald Trump exprime son souhait de recevoir le prix Nobel de la paix[41]. Le politologue Scott Lucas estime que Trump désire « désespérément » obtenir le prix parce que l'ancien président américain Barack Obama l'a remporté en 2009[42].
Contenu du plan
Les vingt points du plan sont les suivants[43] :
- Gaza sera une zone déradicalisée et exempte de terrorisme, qui ne représentera pas une menace pour ses voisins.
- Gaza sera réaménagée dans l'intérêt de la population de Gaza, qui a déjà suffisamment souffert.
- Si les deux parties acceptent cette proposition, la guerre prendra fin immédiatement. Les forces israéliennes se retireront sur la ligne convenue pour se préparer à la libération des otages. Pendant ce temps, toutes les opérations militaires, y compris les bombardements aériens et d'artillerie, seront suspendues, et les lignes de bataille resteront gelées jusqu'à ce que les conditions soient réunies pour le retrait complet par étapes.
- Dans les 72 heures suivant l'acceptation publique de cet accord par Israël, tous les otages, vivants et décédés, seront renvoyés.
- Une fois que tous les otages auront été libérés, Israël libérera 250 prisonniers condamnés à perpétuité ainsi que 1 700 Gazaouis qui ont été détenus après le , y compris toutes les femmes et tous les enfants détenus dans ce contexte. Pour chaque otage israélien dont les restes sont restitués, Israël restituera les restes de 15 Gazaouis décédés.
- Une fois que tous les otages seront rendus, les membres du Hamas qui s'engagent à coexister pacifiquement et à rendre leurs armes seront amnistiés. Les membres du Hamas qui souhaitent quitter Gaza bénéficieront d'un passage sûr vers les pays d'accueil.
- Une fois cet accord accepté, l'aide totale sera immédiatement envoyée dans la bande de Gaza. Au minimum, les quantités d'aide seront conformes à ce qui a été inclus dans l'accord du concernant l'aide humanitaire, y compris la réhabilitation des infrastructures (eau, électricité, eaux usées), la réhabilitation des hôpitaux et des boulangeries, et l'entrée du matériel nécessaire pour enlever les décombres et ouvrir les routes.
- L'entrée de la distribution et de l'aide dans la bande de Gaza se fera sans ingérence des deux parties par l'intermédiaire de l'ONU et de ses agences, et de la Croix-Rouge, ainsi que d'autres institutions internationales qui ne sont associées d'aucune manière à l'une ou l'autre des parties. L'ouverture du point de passage de Rafah dans les deux sens sera soumise au même mécanisme que celui mis en œuvre dans le cadre de l'accord du .
- Gaza sera gouvernée sous la gouvernance transitoire temporaire d'un comité palestinien technocratique et apolitique, chargé d'assurer la gestion quotidienne des services publics et des municipalités pour les habitants de Gaza. Ce comité sera composé de palestiniens qualifiés et d'experts internationaux, sous la supervision d'un nouvel organe international de transition, le « Conseil de la paix », qui sera dirigé et présidé par le président Donald J. Trump, avec d'autres membres et chefs d'État à annoncer, y compris l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair. Cet organe établira le cadre et gérera le financement du redéveloppement de Gaza jusqu'à ce que l'Autorité palestinienne ait achevé son programme de réformes, comme décrit dans diverses propositions, y compris le plan de paix du président Trump en 2020 et la proposition franco-saoudienne (en), et puisse reprendre le contrôle de Gaza de manière sûre et efficace. Cet organe fera appel aux meilleures normes internationales pour créer une gouvernance moderne et efficace qui serve la population de Gaza et soit propice à attirer les investissements.
- Un plan de développement économique de Trump pour reconstruire et dynamiser Gaza sera créé en réunissant un groupe d'experts qui ont aidé à donner naissance à certaines des villes miracles modernes florissantes du Moyen-Orient. De nombreuses propositions d'investissement réfléchies et des idées de développement passionnantes ont été élaborées par des groupes internationaux bien intentionnés, et seront prises en compte pour synthétiser les cadres de sécurité et de gouvernance afin d'attirer et de faciliter ces investissements qui créeront des emplois, des opportunités et de l'espoir pour l'avenir de Gaza.
- Une zone économique spéciale sera établie avec des tarifs préférentiels et des tarifs d'accès à négocier avec les pays participants.
- Personne ne sera forcé de quitter Gaza, et ceux qui le souhaitent seront libres de le faire et libres d'y retourner. Nous encouragerons les gens à rester et leur offrirons la possibilité de construire une meilleure Gaza.
- Le Hamas et d'autres factions acceptent de ne jouer aucun rôle dans la gouvernance de Gaza, directement, indirectement ou sous quelque forme que ce soit. Toutes les infrastructures militaires, terroristes et offensives, y compris les tunnels et les installations de production d'armes, seront détruites et non reconstruites. Il y aura un processus de démilitarisation de Gaza sous la supervision d'observateurs indépendants, qui comprendra la mise en place permanente d'armes hors d'usage par le biais d'un processus de démantèlement convenu, et soutenu par un programme de rachat et de réintégration financé par la communauté internationale, le tout vérifié par des observateurs indépendants. La nouvelle Gaza sera pleinement engagée dans la construction d'une économie prospère et dans la coexistence pacifique avec ses voisins.
- Une garantie sera fournie par les partenaires régionaux pour s'assurer que le Hamas et les factions respectent leurs obligations et que la nouvelle Gaza ne représente aucune menace pour ses voisins ou son peuple.
- Les États-Unis travailleront avec leurs partenaires arabes et internationaux pour mettre en place une Force de stabilisation internationale (FSI) temporaire qui sera déployée immédiatement à Gaza. La FSI formera et apportera un soutien aux forces palestiniennes de police à Gaza, et consultera la Jordanie et l'Égypte qui ont une grande expérience dans ce domaine. Cette force sera l'organe de sécurité intérieure à long terme. La FSI travaillera avec Israël et l'Égypte pour aider à sécuriser les zones frontalières, ainsi qu'avec les forces de police palestiniennes nouvellement formées. Il est essentiel d'empêcher les munitions d'entrer à Gaza et de faciliter la circulation rapide et sécurisée des marchandises pour reconstruire et revitaliser Gaza. Un mécanisme de résolution des conflits sera convenu entre les parties.
- Israël n'occupera ni n'annexera Gaza. Au fur et à mesure que la FSI établira le contrôle et la stabilité, les Forces de défense israéliennes (FDI) se retireront sur la base de normes, de jalons et de calendriers liés à la démilitarisation qui seront convenus entre Tsahal, la FSI, les garants et les États-Unis, dans le but d'une Gaza sûre qui ne représente plus une menace pour Israël, l'Égypte ou ses citoyens. En pratique, l'armée israélienne remettra progressivement le territoire de Gaza qu'elle occupe à la FSI conformément à l'accord qui sera conclu avec l'autorité de transition jusqu'à ce son retrait complet de Gaza, à l'exception du périmètre de sécurité qui sera conservé jusqu'à ce que Gaza soit correctement protégée de toute menace terroriste résurgente.
- Dans le cas où le Hamas retarderait ou rejetterait cette proposition, ce qui précède, y compris l'opération d'aide à plus grande échelle, se poursuivra dans les zones exemptes de terrorisme remises de Tsahal à la FSI.
- Un processus de dialogue interconfessionnel sera mis en place sur la base des valeurs de tolérance et de coexistence pacifique pour tenter de changer les mentalités et les récits des Palestiniens et des Israéliens en mettant l'accent sur les avantages qui peuvent être tirés de la paix.
- Alors que le redéveloppement de Gaza progresse et que le programme de réforme de l'Autorité palestinienne est fidèlement mis en œuvre, les conditions pourraient enfin être réunies pour une voie crédible vers l'autodétermination palestinienne et la création d'un État, que nous reconnaissons comme l'aspiration du peuple palestinien.
- Les États-Unis établiront un dialogue entre Israël et les Palestiniens afin de convenir d'un horizon politique pour une coexistence pacifique et prospère.
Composants
Cessez-le-feu immédiat et actions humanitaires

Le plan comprend une cessation immédiate des hostilités, la suspension de toutes les opérations militaires et le gel des lignes de front. Tous les otages israéliens, vivants et décédés, seront rapatriés dans les 72 heures. Des prisonniers palestiniens seront libérés, dont 250 condamnés à perpétuité et 1 700 personnes arrêtées depuis le début de la guerre. Pour chaque otage israélien dont les restes sont libérés, Israël libérera les restes de 15 gazaouis décédés[44],[45].
Démilitarisation et mesures de sécurité
La stratégie proposée comprend la destruction de l'armement du Hamas, tels que les tunnels et les infrastructures militaires. La déclaration dit que Gaza sera « une zone déradicalisée et exempte de terrorisme qui ne représente pas une menace pour ses voisins ». Il offre également l'amnistie aux membres du Hamas qui s'engagent à une coexistence pacifique, avec un passage sûr prévu pour ceux qui optent pour l'exil. En outre, une force internationale temporaire de stabilisation, composée de personnel américain, arabe et européen, sera déployée pour superviser la sécurité et faciliter la formation d'une force de police palestinienne, assurant ainsi la stabilité et la paix à long terme[46].
Gouvernance et reconstruction
Reconnaissance de l'État palestinien
La stratégie comprend la reconnaissance de la Palestine en tant qu'État, sous réserve de la réussite des efforts de reconstruction et des réformes nécessaires au sein de l'Autorité palestinienne. Pour ouvrir la voie à une paix à long terme, un dialogue sera engagé entre Israël et les palestiniens afin d'établir un cadre politique qui favorise la coexistence pacifique et la compréhension mutuelle. Bien que le plan reconnaisse l'État palestinien comme une possibilité qui est « l'aspiration du peuple palestinien », il ne dit pas que les États-Unis reconnaîtront la Palestine comme un État. Le , Netanyahou déclare qu'un État palestinien ne sera pas établi dans le cadre du plan de Trump, excluant une telle possibilité[47].
Tractations
Première phase
Le , Netanyahou s’excuse par téléphone de la Maison Blanche auprès du Premier ministre qatari Mohammed ben Abderrahmane Al Thani qu'Israël ait violé la souveraineté du Qatar par sa frappe à Doha. Le Premier ministre qatari indique alors que le Qatar continuera de contribuer de manière significative à la sécurité et à la stabilité régionales[48].
Le , la proposition de Donald Trump est transmise au Hamas et Trump déclare que le groupe a « trois ou quatre jours » pour répondre au plan[49]. Le Hamas annonce qu'il étudie la proposition « de bonne foi »[50]. Trump donne au Hamas une date limite pour accepter la proposition au plus tard le , au risque de devoir faire face à « l'enfer »[38].
Le , des rapports émergent selon lesquels la direction politique du Hamas au Qatar est prête à accepter l'accord proposé et demande des clauses supplémentaires pour des garanties internationales concernant le retrait d'Israël de la bande de Gaza et la sécurité de ses dirigeants[51],[52]. Cependant, le chef du Hamas dans la bande de Gaza elle-même, Izz al-Din al-Haddad, a des objections à la proposition[53]. Une enquête du New York Times révèle un large soutien au plan parmi les civils de la bande de Gaza[54], beaucoup exhortant le Hamas à accepter l'accord[55]. Les gouvernements égyptien et qatari continuent à travailler pour convaincre le Hamas d'accepter la proposition[56].
Le , Trump donne au Hamas une date limite du dimanche , 18 h 0 heure de Washington D.C. (22 h 0 GMT), pour accepter l'accord proposé. Plus tard dans la journée, le Hamas annonce qu'il libérera tous les otages israéliens, vivants et décédés, et exprime sa volonté de négocier sur le plan proposé par Trump, bien qu'il n'ait pas accepté de désarmer ou de renoncer à son influence à Gaza. Trump répond en disant qu'il croit que le Hamas est « prêt pour une paix durable », et exhorte Israël à « cesser immédiatement de bombarder Gaza » pour permettre la libération en toute sécurité des otages[50]. Malgré la demande de Trump d'arrêter les bombardements, Israël poursuit sa campagne de bombardements, tuant 70 palestiniens, déclarant, dans l'une de ces frappes, qu'il a ciblé un militant du Hamas qui représente une menace pour ses forces, exprimant ses regrets pour les dommages causés aux civils non impliqués, et affirmant qu'il « s'efforce d'atténuer autant que possible les dommages causés aux civils non impliqués »[57],[58].
Le , le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou ordonne aux forces armées de cesser leur offensive dans la ville de Gaza en réponse aux exigences de Trump[59],[60]. Il est rapporté que des pourparlers entre les factions palestiniennes, y compris le Hamas, concernant la future gouvernance de Gaza auront lieu au Caire[61]. L'envoyé spécial des États-Unis au Moyen-Orient, Steve Witkoff, et Jared Kushner se rendront au Caire pour finaliser les détails techniques de la libération des otages et discuter de l'accord de paix durable[62],[63]. Des pourparlers indirects entre Israël et le Hamas doivent avoir lieu au cours des prochains jours en Égypte[64]. Plus tard dans la soirée, Trump poste sur les réseaux sociaux qu'Israël « a accepté la ligne de retrait initiale » et que lorsque le Hamas confirmera, un cessez-le-feu « sera IMMÉDIATEMENT effectif »[65].
Le , il est annoncé que les pourparlers se tiendront à Charm el-Cheikh. La délégation israélienne sera conduite par le ministre des Affaires stratégiques, Ron Dermer (en), et la délégation du Hamas, dirigée par Khalil al-Hayya[66]. Trump déclare que les pourparlers pourront prendre « quelques jours » et appelle « tout le monde à agir rapidement », ajoutant : « On me dit que la première phase devrait être achevée cette semaine »[67].
Le , les négociateurs d'Israël et du Hamas entament des pourparlers indirects à Charm el-Cheikh, en Égypte, pour discuter de la libération des otages israéliens restants et de l'échange de prisonniers palestiniens sous la médiation de responsables égyptiens, qataris, turcs et américains[68],[69]. Les pourparlers durent environ quatre heures et se terminent sur une note positive, avec une feuille de route convenue pour de nouveaux pourparlers le lendemain[70].
Deux cycles de négociations ont lieu le , des sources décrivant des « progrès » réalisés. Les envoyés américains Jared Kushner et Steve Witkoff et le Premier ministre qatari Mohammed ben Abderrahmane Al Thani doivent se joindre aux pourparlers le [71]. Un ordre du jour en cinq points pour la poursuite des pourparlers, couvrant la fin de la guerre, l'échange de prisonniers et d'otages, le retrait israélien, l'aide humanitaire et l'après-guerre, est convenu[72].

Le , Trump reçoit une note manuscrite du secrétaire d'État Marco Rubio lors d'une apparition télévisée en direct indiquant qu'un accord est « très proche » et qu'il doit « approuver bientôt un message sur Truth Social afin que vous puissiez annoncer l'accord en premier »[73],[74]. Peu de temps après, des rapports émergent selon lesquels un accord a été conclu et sera signé le lendemain[75],[76]. Trump confirme par la suite qu'un accord sur la première phase de l'accord a été approuvé par les deux parties, publiant sur les réseaux sociaux : « Je suis très fier d'annoncer qu'Israël et le Hamas ont tous deux signé la première phase de notre plan de paix ». L'accord est signé en Égypte à 12 h 0 heure locale, le . Les otages devront être libérés au cours du week-end ou au début de la semaine suivante, le Hamas libérant 20 otages vivants en échange de la libération par Israël de 2 000 prisonniers palestiniens, dont 250 purgeant des peines à perpétuité et 1 700 prisonniers détenus depuis le début de la guerre[77].
Deuxième phase
La deuxième phase des négociations doit commencer le lendemain de la libération des otages[78].
Le Hamas annonce accepter le « l'idée d'un gel ou d'un stockage » de son armement pour « garantir qu'il n'y aura pas d'escalade militaire depuis Gaza avec l'occupation »[79]. Il se déclare également ouvert à la présence d'une force internationale de maintien de la paix le long de la frontière de Gaza avec Israël, mais refuse qu'elle opère à l'intérieur du territoire palestinien, estimant que cela « s'apparenterait à une occupation »[79].
Mise en œuvre
Mise en œuvre de la Première phase
La première partie du plan de paix, intitulée « Étapes de mise en œuvre de la proposition du président Trump pour une fin complète de la guerre de Gaza », est signée par Israël et le Hamas le à Charm el-Cheikh, en Égypte. Le texte adopté est le suivant :
Étapes de mise en œuvre de la proposition du président Trump pour une « fin complète de la guerre de Gaza »
Étapes de mise en œuvre :
1. Le président Trump annonce la fin de la guerre dans la bande de Gaza et que les parties sont convenues de mettre en œuvre les mesures nécessaires à cette fin.
2. La guerre prendra fin immédiatement avec l'approbation du gouvernement israélien. Toutes les opérations militaires, y compris les bombardements aériens et d'artillerie et les opérations de ciblage, seront suspendues. Au cours de la période de 72 heures, la surveillance aérienne sera suspendue au-dessus des zones d'où les forces de Tsahal se sont retirées.
3. Début immédiat de l'entrée complète de l'aide humanitaire et des secours, comme prévu dans la proposition, et au moins conformément à l'accord du concernant l'aide humanitaire. Les étapes de mise en œuvre de l'aide humanitaire et des secours sont jointes au présent document.
4. L'armée israélienne se retirera sur les lignes convenues, conformément à la carte X ci-jointe, et cela sera achevé après l'annonce du président Trump et dans les 24 heures suivant l'approbation du gouvernement israélien. L'armée israélienne ne retournera pas dans les zones dont elle s'est retirée, tant que le Hamas appliquera pleinement l'accord.
5. Dans les 72 heures suivant le retrait des forces israéliennes, tous les otages israéliens, vivants et décédés, détenus à Gaza seront libérés (liste ci-jointe).
a. Dès que l'armée israélienne aura achevé le retrait, le Hamas commencera à enquêter sur le statut des otages et à recueillir toutes les informations les concernant. Le Hamas fournira des commentaires sur ses conclusions par le biais du mécanisme de partage d'informations prévu au point 5.e ci-dessous. Israël fournira des informations sur les prisonniers et détenus palestiniens de la bande de Gaza détenus en Israël.
b. Dans les 72 heures, le Hamas libérera tous les otages vivants, y compris ceux détenus par les factions palestiniennes à Gaza.
c. Dans les 72 heures, le Hamas restituera les restes des otages décédés en sa possession et ceux en possession des factions palestiniennes à Gaza
d. Le Hamas partagera, dans les 72 heures, toutes les informations qu'il a obtenues concernant les otages décédés restants par le biais du mécanisme d'échange d'informations décrit au paragraphe (e) ci-dessous. Israël fournira des informations sur les restes des Gazaouis décédés détenus par Israël.
e. Mise en place d'un mécanisme d'échange d'informations entre les deux parties, par l'intermédiaire des médiateurs et du CICR, afin d'échanger des informations et des renseignements sur les otages décédés qui n'ont pas été récupérés dans les 72 heures ou sur les restes de Gazaouis détenus par Israël. Le mécanisme doit veiller à ce que les dépouilles de tous les otages soient exhumées et restituées intégralement et en toute sécurité. Le Hamas déploiera tout son possible pour assurer le respect de ces engagements le plus rapidement possible.
f. Au fur et à mesure que le Hamas libérera tous les otages, Israël libérera en parallèle le nombre correspondant de prisonniers palestiniens conformément aux listes ci-jointes.
g. L'échange d'otages et de prisonniers se fera selon le mécanisme convenu par les médiateurs et par le CICR, sans aucune cérémonie publique ni couverture médiatique.
6. Un groupe de travail sera formé de représentants des États-Unis, du Qatar, de l'Égypte, de la Turquie et d'autres pays convenus par les parties, pour assurer le suivi de la mise en œuvre avec les deux parties et la coordination avec elles.
Calendrier convenu

La première partie du plan de paix, intitulée « Étapes de mise en œuvre de la proposition du président Trump pour une fin complète de la guerre de Gaza », est signée par Israël et le Hamas le à Charm el-Cheikh, en Égypte[80]. Le document établit un calendrier pour la cessation des hostilités, le retrait des forces israéliennes, la libération des otages israéliens et la libération des prisonniers palestiniens.
Le calendrier est le suivant :
- Le président américain Donald Trump annonce la fin de la guerre dans la bande de Gaza ;
- Les hostilités cesseront une fois que l'accord aura été approuvé par le gouvernement israélien ;
- L'entrée de l'aide humanitaire dans la bande de Gaza commencera à la cessation des hostilités ;
- Les forces armées israéliennes commenceront à se retirer sur les lignes convenues lors de l'approbation de l'accord, ce processus étant achevé dans les 24 heures ;
- Tous les otages vivants doivent être libérés dans les 72 heures suivant la fin du retrait des forces israéliennes ;
- Tous les restes d'otages décédés en possession du Hamas doivent être restitués dans les 72 heures suivant l'achèvement du retrait des forces israéliennes ;
- Libération de prisonniers palestiniens en même temps que la libération d'otages israéliens ;
- Un groupe de travail composé de représentants des États-Unis, du Qatar, de l'Égypte, de la Turquie et d'autres pays doit être formé pour surveiller la mise en œuvre de l'accord.
Cessation des hostilités

Le cabinet israélien approuve l'accord aux premières heures du [81]. Par la suite, les forces armées israéliennes commencent à se retirer de certaines parties de la bande de Gaza pour suivre les lignes de déploiement convenues[82]. Le retrait s'achève à 12 h 0 heure locale, le , date à laquelle le cessez-le-feu entre officiellement en vigueur[83]. Les États-Unis commencent à établir un centre de contrôle conjoint sous la direction de Brad Cooper, chef du United States Central Command, pour surveiller la cessation des hostilités[84],[85],[86].
Le , Brad Cooper, Steve Witkoff et Jared Kushner se rendent dans la bande de Gaza pour vérifier le respect par Israël de la première phase de l'accord[87].
Le , le Hamas annonce qu'il est prêt à transférer à Israël les vingt otages vivants. En réponse, Netanyahou déclare : « Israël est préparé et prêt pour l'accueil immédiat de tous nos otages ». Des sources israéliennes indiquent qu'elles pensent que le Hamas libérera les otages avant minuit dimanche afin qu'ils soient sous la garde d'Israël lorsque Trump arrivera en Israël lundi matin[88]. Le coordinateur pour les otages et les personnes disparues, Gal Hirsch (en), déclare que l'heure la plus « réaliste » pour le retour des otages est 6 h 0 ou 7 h 0 du matin lundi, bien qu'il y ait des informations selon lesquelles ils pourront revenir plus tôt[89]. Ce soir-là, Trump déclare que « la guerre est terminée » et que le Conseil de paix et l'administration intérimaire seront rapidement formés[90].
Le , alors que l'armée israélienne multiplie les violations de cessez-le-feu à Gaza et au Liban, Netanyahu affirme n'avoir besoin d'aucun feu vert pour frapper les « ennemis d'Israël »[91].
Au , le point de passage de Rafah est toujours bloqué par l'armée israélienne, contrairement aux termes de l'accord de cessez-le-feu[17].
Près de 200 membres et combattants du Hamas se retrouvent bloqués dans le réseau de tunnels creusés sous la ville de Rafah, alors sous le contrôle de l'armée israélienne. Israël refuse de permettre leur évacuation et les pourchasse, affirmant fin novembre avoir tué une trentaine d'entre eux[92],[93]. Le Hamas a appelé les pays médiateurs à faire pression sur Israël pour permettre à ses combattants de se retirer[94].
Le , le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres dénonce les « violations continues » du cessez-le-feu à Gaza[95].
L'armée israélienne occupe 58 % de la bande de Gaza (le plan de paix prévoyait 53 %) et a matérialisé par des blocs de ciment peints en jaune son contrôle sur cette partie du territoire palestinien, vidée de sa population. L’état-major israélien considère cette ligne jaune comme sa « nouvelle frontière », tandis que plus de deux millions de Palestiniens sont concentrés sur moins de la moitié du territoire[96].
Libération d'otages et échange de prisonniers
Le à 8 h 0 du matin, dans la ville de Gaza, le Hamas remet sept otages à la Croix-Rouge puis aux troupes de Tsahal[97]. Vers 11 h 0, dans le sud de la bande de Gaza, le Hamas remet les treize otages vivants supplémentaires à la Croix-Rouge, puis aux troupes de Tsahal[98]. Le Hamas décide finalement de restituer les restes de quatre des otages morts plus tard le , bien qu'il ait accepté de libérer les vingt-huit otages[99]. Selon les responsables israéliens, les otages libérés sont âgés de 22 à 48 ans et comprennent deux frères jumeaux et des soldats de Tsahal[100]. Après leur libération, les otages sont transportés dans des établissements médicaux, notamment au centre médical Sheba à Tel HaShomer, pour être évalués et soignés. Ils sont confrontés à divers problèmes de santé, notamment la malnutrition, la perte de masse musculaire et de graisse, les blessures causées par des éclats d'obus, les brûlures et d'autres traumatismes physiques. Certains connaissent également des complications liées à la suralimentation peu de temps avant d'être relâchés après des mois de famine[101]. Le Hamas permet à certains otages de passer des appels vidéo avec leurs familles peu de temps avant leur libération[102].
Plus tard, le , lors d'une cérémonie à Gaza, l'armée israélienne reçoit les cercueils contenant les corps de quatre otages, puis les emportent en Israël après avoir franchi la frontière entre Gaza et Israël[103].
Après le retour des otages vivants, Israël commence à libérer des prisonniers palestiniens, dont 1 718 détenus de Gaza arrêtés au cours de la guerre. Environ 1 700 de ces Gazaouis sont détenus sans inculpation. Avant leur libération, 11 056 palestiniens sont détenus dans les prisons israéliennes, selon HaMoked (en), dont environ 3 500 en détention administrative sans procès. Certains des prisonniers libérés sont vus avec des pommettes saillantes, montrant des signes de passages à tabac récents et doivent être soutenus par des proches car ils sont incapables de marcher et lorsque les journalistes les interrogent sur le traitement dans les prisons israéliennes, beaucoup ne répondent pas par crainte de répercussions de la part des autorités israéliennes[104]. Parmi les libérés figurent 250 Palestiniens qui purgent une ou plusieurs peines de prison à vie, la plupart pour des attaques meurtrières contre des Israéliens, tandis que d'autres ont été condamnés pour des délits moins graves, selon le ministère de la Justice. Le groupe comprend un policier palestinien impliqué dans le lynchage de deux réservistes israéliens à Ramallah en 2000, un résident de Gaza qui a violé et assassiné un garçon de 13 ans, et des dizaines d'autres responsables d'attentats et d'actions violentes[105]. Parmi eux, 154 sont expulsés vers l'Égypte, d'où ils devront être relocalisés dans des pays tiers, tandis que les autres retournent chez eux à Jérusalem-Est, en Cisjordanie et à Gaza[106]. « C'était un voyage de souffrance difficile à exprimer (y compris la faim, les traitements injustes, l'oppression, la torture et les injures) dépassant tout ce que l'on pouvait imaginer », déclare un prisonnier palestinien qui a enduré 18 ans d'emprisonnement en Israël[106]. Le gouvernement israélien a refusé d'inclure Marwan Barghouti, figure du Fatah et personnalité la plus populaire sur la scène palestinienne, parmi les prisonniers libérables[107].
Le , le Hamas restitue les restes de seulement quatre des otages israéliens décédés, en violation de l'accord selon lequel tous les corps d'otages en sa possession doivent être restitués le même jour[108]. Le , le Hamas rend un à Israël des restes d'un otage, alors qu'une partie de la dépouille avait déjà été récupérée par l'armée israélienne. Ces restes humains n'étaient pas ceux d'un des 13 otages dont le Hamas doit encore rendre les corps à Israël à ce jour[109]. Sur les 28 corps qui doivent être rendus à Israël dans le cadre du plan de paix, 27 ont été rendus au [110]. Le Forum des otages a demandé au gouvernement israélien de suspendre l'accord de cessez-le-feu tant que l'ensemble des corps n'auront pas été remis[111].
Le Hamas devrait avoir besoin de plusieurs semaines pour retrouver l'ensemble des corps des otages tués sous les décombres de la bande de Gaza[112]. Une équipe internationale comprenant notamment des secouristes turcs et égyptiens doit participer aux recherches. Le Comité International de la Croix-Rouge a pour sa part indiqué que trouver les corps des otages constituait un « immense défi »[112]. L'équipe de secouristes turcs dépêchée pour participer à la recherche des corps dans les ruines de Gaza se voit finalement refuser le passage par Israël[113]. Ce n'est que le que le dernier corps d'otage israélien est identifié dans un cimetière de la bande de Gaza pour être rapatrié en Israël[114]. Le cimetière est détruit et des centaines de tombes profanées par l'armée israélienne au cours de l'opération[115].
De son côté, Israël doit remettre 15 corps de Palestiniens décédés pour chacun des 28 corps d'otages rendus par le Hamas (330 au selon l'hôpital de Khan Younis le , dont seuls 95 ont pu être identifiés)[116]). Les dépouilles ne sont accompagnées d’aucune identification ni d’informations sur les circonstances de leur décès. Du fait de l'absence de moyens technologiques perfectionnés, le processus de reconnaissance des corps repose sur les familles des victimes. De nombreux corps présentent des traces de tortures, de profanation post mortem ainsi que de possibles exécutions sommaires[117]. Selon l'armée israélienne, les corps remis par Israël sont ceux de terroristes et autres personnes infiltrés le [118].
Aide humanitaire
L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) alerte le sur une situation humanitaire toujours « catastrophique » dans la bande de Gaza, malgré une entrée limitée d'aides humanitaires. Alors que l'accord prévoit l'entrée de 600 camions par jour, seuls 100 à 300 entrent quotidiennement, dont beaucoup à des fins commerciales, alors qu'une grande partie de la population ne dispose pas des moyens d'acheter des vivres. La population est toujours en proie à la famine en raison de l'insuffisance d'aide alimentaire[16],[119]. L'armée israélienne interdit l'entrée de tentes et de maisons mobiles dans l'enclave, malgré l'accord, alors que la plupart des bâtiments de la bande de Gaza ont été détruits ou endommagés par les bombardements[120].
L'OMS alerte également sur la grave pénurie de médicaments, d'équipements et de membres du personnel de santé essentiels, alors que plus de 170 000 personnes sont blessées à Gaza, dont plus de 5 000 amputées et 3 600 souffrant de graves brûlures[16].
Les États-Unis décident d'écarter l'Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) pour la distribution d'aide humanitaire dans la bande de Gaza et d'en confier la responsabilité à une organisation évangélique américaine, Samaritan’s Purse, dont le président Franklin Graham entretient des liens politiques avec Donald Trump[119]. Une dizaine de centres de distribution seraient installés le long de la « ligne jaune », qui divise Gaza entre la partie où se trouve la population palestinienne et celle sous occupation militaire israélienne, qui représente plus de 50 % du territoire, et où toute présence palestinienne est interdite[119].
Environ 1,3 million de civils, privés d'abris du fait des destructions, ont besoin d’hébergements d’urgence, dont les restrictions israéliennes interdisent la livraison. Ces réfugiés sont particulièrement vulnérables face aux intempéries, qui inondent des zones entières de tentes et provoquent la mort de froid de nourrissons[96],[121].
Israël interdit à partir de à quatorze ONG internationales d'intervenir dans la bande de Gaza. Parmi les ONG non autorisées figurent Save the children, l'une des plus connues et anciennes à Gaza, où elle venait en aide à 120 000 enfants[122]. Fin , ce sont 37 ONG — dont Handicap International, Médecins sans frontières (MSF), Médecins du monde, Mercy Corps, Care, Action contre la faim — qui ont perdu leur accréditation[123].
Mise en œuvre de la deuxième phase
Steve Witkoff annonce le le lancement de la deuxième phase et l'établissement d'une administration palestinienne transitoire technocratique sous le nom de Comité national pour l'administration de Gaza. Il ajoute que cette deuxième phase « entame la démilitarisation complète et la reconstruction de Gaza, principalement le désarmement de tout le personnel non autorisé ». Il ajoute : « Les Etats-Unis attendent du Hamas qu'il respecte pleinement ses obligations, y compris le retour immédiat du dernier otage décédé », faisant référence au retour du corps de Ran Gvili[124].
Selon le ministre égyptien des Affaires étrangères, les quinze membres de ce Comité aussi appelé Comité technocratique palestinien ont été approuvés par toutes les factions palestiniennes, y compris le Hamas[125]. Il a pour mission de « superviser la restauration des services publics essentiels, la reconstruction des institutions civiles et la stabilisation de la vie quotidienne à Gaza »[126].
La première réunion de ce comité de quinze membres se tient au Caire le sous la présidence d'Ali Chaath, originaire de Khan Younès et ancien ministre de l'Autorité palestinienne. Selon lui, les quinze membres du Comité sont des professionnels compétents et modérés, avec une longue expérience du développement, des secours et de l’action humanitaire dans la bande de Gaza ; le Comité travaillera dans le cadre du plan égyptien pour la reconstruction de la bande de Gaza, approuvé par la Ligue arabe, des pays musulmans et soutenu par l'Union européenne. Il rappelle que 85 % des domiciles et 38 hôpitaux ont été détruits dans la bande de Gaza et annonce que la première étape approuvée par le Comité est de fournir 200 000 logements préfabriqués aussitôt que possible[127].
Début , les membres de ce comité sont toujours bloqués en Égypte, Israël refusant de les laisser entrer dans la bande de Gaza[13].
Le , Donald Trump annonce la composition du Conseil de la paix dont la charte ne mentionne pas Gaza même si les travaux de l’organisation devraient « commencer avec Gaza puis se poursuivre avec les conflits au fur et à mesure qu’ils surgiront[128]. Sa première mission est d’assister le Comité technocratique palestinien et « de guider la reconstruction de Gaza et d’en coordonner le financement ». Il « se penchera sur des questions telles que «le renforcement des capacités de gouvernance, les relations régionales, la reconstruction, l’attraction des investissements, le financement à grande échelle et la mobilisation des capitaux ». Présidé par Donald Trump, il comporte parmi ses membres le Secrétaire d'État américain Marco Rubio, l’émissaire spécial de Donald Trump Steve Witkoff, le gendre de Donald Trump et médiateur officieux Jared Kushner, l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, le milliardaire américain Marc Rowan, le président de la Banque mondiale Ajay Banga et Robert Gabriel, un conseiller de Donald Trump[126].
Enfin, deux Conseils exécutifs sont créés : le Conseil exécutif fondateur est chargé au plus haut niveau des questions d'investissements et de diplomatie ; le Conseil exécutif de Gaza (« Gaza executive board ») doit piloter le Comité national pour l'administration de Gaza[129]. Les membres de ce dernier sont Steve Witkoff, Jared Kushner, Tony Blair, Marc Rowan, le diplomate bulgare Nikolaï Mladenov, ancien envoyé des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient, l’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient Sigrid Kaag, le ministre turc des Affaires étrangères Hakan Fidan, le diplomate qatari Ali Al-Thawadi, le chef des services de renseignement égyptien, Hassan Rashad, le milliardaire israélien Yakir Gabay et la ministre d’État émiratie à la Coopération internationale, Reem Al Hashimi. Sans remettre ces nominations en cause, le bureau de Netanyahou a indiqué que « l’annonce de (sa) composition (...) n’a pas été coordonnée avec Israël et va à l’encontre de sa politique »[126].
Fin , les négociations se poursuivent encore concernant le poste-frontière de Rafah, seule voie d'accès pour la quasi-totalité des plus de deux millions d'habitants de l'enclave, toujours bloqué par l'armée israélienne en dépit de l'accord de cessez-le-feu qui prévoyait sa réouverture. Israël cherche notamment à garantir que les Palestiniens quittant Gaza soient plus nombreux que ceux qui y retournent. Israël souhaite également établir un point de contrôle militaire à l’intérieur de Gaza, près de la frontière, par lequel tous les Palestiniens entrant ou sortant devraient passer et être soumis à des contrôles israéliens[130]. Le poste frontière rouvre finalement très partiellement pour les piétons le . Au , 88 personnes sont rentrées d'Égypte à Gaza et ceux qui partent sont toujours prioritairement des malades et leurs accompagnateurs, soit 179 Palestiniens[131].
La deuxième phase du plan de paix prévoyant un désarmement du Hamas et alors qu'une guerre de basse intensité se prolonge dans la bande de Gaza, le , le président Donald Trump exige la « démilitarisation complète et immédiate » du Hamas ajoutant que les membres du Conseil de la paix allaient annoncer, lors d'une réunion le à Washington, allouer cinq milliards de dollars pour la reconstruction du territoire palestinien[132].
C'est finalement 7 milliards de dollars que les Américains annocent avoir collectés durant la première réunion du Conseil de la paix, le et cinq pays ont accepté de fournir des troupes à la Force internationale de stabilisation (ISF). Et ce, avant même que le groupe terroriste palestinien du Hamas n'ait reçu une proposition formelle de désarmement[133].
Incidents
Du fait du Hamas
- Le , des images sont diffusées, semblant montrer des militants du Hamas procédant à l'exécution sommaire d'au moins huit personnes ligotées dans le dos. Le Hamas annonce dans un communiqué que les personnes exécutées sont « des criminels et des collaborateurs d'Israël »[134],[135].
- Le , un soldat israélien est tué par un tir palestinien entraînant la riposte israélienne du [136]. Le Hamas dément être impliqué dans cette attaque[137].
Du fait d'Israël
- Le , les forces israéliennes tuent au moins sept civils palestiniens de retour chez eux, dont six dans la ville de Gaza, dont cinq lors d'une attaque aérienne à Shuja'iyya et un dans une frappe de drone à Khan Younès. Selon l'armée israélienne, l'attaque à Shuja'iyya visait des personnes qui avaient avancé au-delà des limites militaires et elle avait été précédée de tirs de semonce[138].
- Le , neuf civils palestiniens, parmi lesquels plusieurs enfants, sont tués par des tirs israéliens contre un bus à Zeitoun qui aurait franchi selon les Israéliens la « ligne jaune » instaurée lors du cessez-le-feu[139].
- Le , en réponse à la mort de deux soldats dans l'explosion accidentelle d'une mine non explosée, présentée dans un premier temps par les autorités israéliennes comme une attaque du Hamas[140],[141],[142], l'armée israélienne bombarde massivement la bande de Gaza, tuant au moins 45 personnes[143]. Selon Netanyahou, Israël a largué « 153 tonnes de bombes » sur la bande de Gaza ce jour-là[144]. Israel annonce par ailleurs interdire « jusqu'à nouvel ordre » l'entrée d'aide humanitaire dans le territoire palestinien[143].
- Le , quatre personnes sont tuées et une grièvement blessée par l'armée israélienne, lors de deux incidents distincts. Les victimes ont été prises pour cibles alors qu'elles voulaient retourner chez elles pour vérifier l'état de leur logement dans le quartier al-Touffah de Gaza[145].
- Le , deux personnes sont tuées à l’est de Deir al-Balah par des tirs d'artillerie israéliens[146].
- Le , une frappe israélienne par drone tue une personne et en blesse quatre à Nousseirat[147].
- Le , une attaque coute la vie à un soldat israélien ; le lendemain, , au moins 104 personnes sont tuées des bombardements israéliens, dont 46 enfants[148], et plus de 200 sont blessées[149]. L'ONU a qualifié d'« épouvantable » le bilan des morts[148]. Le gouvernement israélien a confirmé avoir demandé l'autorisation de Washington avant les bombardements, soulignant que tout « se [faisait] en pleine coordination avec les Etats-Unis »[150].
- Le , l'armée israélienne bombarde à nouveau la bande de Gaza, affirmant avoir visé un dépôt d'armes à Beit Lahia[148].
- Le , l'aviation israélienne bombarde la ville de Khan Younès, sans que le bilan humain de ces attaques ne soit disponible dans l'immédiat[151].
- Le , des frappes aériennes visent des zones autour de Khan Younès[152].
- Le , au moins deux Palestiniens sont tués et plusieurs blessés par l'armée israélienne. Celle-ci a frappé Deir el-Baleh et Nousseirat avec des tirs d'artillerie, bombardé plusieurs quartiers de Gaza avec l'aviation et effectué une frappe de drone sur Khan Younès[18].
- Le , un Palestinien est tué par des tirs de l'armée israélienne sur le camp de réfugiés de Bureij[153].
- Le , deux Palestiniens, dont un enfant, sont tués par une frappe israélienne de drone ayant visé la localité de Bani Souheila[154].
- Le , une femme est tuée par une frappe israélienne de drone sur quartier de Atatra, près de Beit Lahia. Des tirs d'artillerie et des frappes israéliennes visent également Khan Younès[155].
- Le , trois personnes sont tuées dans un bombardement israélien à Khan Younès. Le même jour, Israël a également mené des frappes contre le quartier de Zeitoun à Gaza et des zones proches de la ville de Rafah[120].
- Le , un tir de drone israélien tue une personne à Beit Lahia[120].
- Le , 31 personnes sont tuées dans des bombardements israéliens sur la bande de Gaza[156]. Parmi les victimes figurent un couple et ses trois enfants à Gaza, et deux mineurs à Khan Younès[157].
- Le , quatre personnes dont un bébé sont tuées dans des frappes israéliennes sur Khan Younès[156]. Trois des victimes appartenaient à une même famille[156].
- Le , trois personnes sont tuées et plusieurs blessées dans une frappe israélienne sur Gaza[158].
- Le , au moins 21 personnes sont tuées par des frappes israéliennes[159]. Le gouvernement israélien affirme que cinq membres « haut placés du Hamas » figurent parmi les victimes[160].
- Le , deux personnes sont tuées par des tirs israéliens sur la localité de Bani Souheila[161]. Une personne est tuée par un obus de char dans le quartier d'al-Touffah de Gaza, et plusieurs ont été blessées, dont au moins une grièvement[162].
- Le , une autre personne est tuée par l'armée israélienne à Bani Souheila[161]. L'armée israélienne annonce par ailleurs avoir tué cinq combattants palestiniens à Rafah. Selon plusieurs médias, jusqu'à 200 combattants palestiniens seraient coincés dans des tunnels de Rafah, une zone sous occupation israélienne, Israel refusant d'autoriser leur évacuation[163].
- Le , un drone israélien largue une bombe sur un groupe de civils, tuant deux adolescents et blessant cinq personnes[164].
- Le , l'armée israélienne annonce avoir tué quatre membres du Hamas à Rafah[165]. Par ailleurs, des bombardements ont visé le camp de réfugiés de Bureij[164].
- Le , cinq Palestiniens dont deux enfants lors de frappes israéliennes contre des tentes de réfugiés à Al-Mawassi.
- Le , l'armée israélienne tue sept Palestiniens dans plusieurs attaques. Les victimes sont abattues dans les localités de Beit Lahia, Jabalia et dans le quartier de Zeitoun à Gaza-ville. Parmi elles, une femme de 70 ans décède à la suite de blessures reçue lors d'une frappe par drone[166].
- Le , deux personnes sont tuées et cinq blessées par l'armée israélienne[167].
- Le , trois personnes sont tuées dans des attaques israéliennes. Une femme a été tuée lors d’une frappe israélienne sur Jabalia, qui a également fait plusieurs blessés, et deux hommes ont été abattus par des tirs israéliens alors qu'ils se trouvaient à proximité de la zone humanitaire d'al-Mawassi[168].
- Le , quatre Palestiniens sont tués dans une frappe israélienne au sud-ouest de la ville de Gaza[169]. Israël annonce avoir tué au cours de cette frappe Raad Saad, un commandant de la branche militaire du Hamas, ce que confirme celle-ci[170].
- Le , six personnes sont tuées par un bombardement israélien sur un abri pour réfugiés de la ville de Gaza. Parmi les victimes figurent un bébé de quatre mois, une adolescente de 14 ans ainsi que deux femmes. Deux personnes sont portées « disparues sous les décombres » par les services de secours[171].
- Le , un adolescent est tué et neuf autres personnes blessées, dont des enfants, par des tirs de l'armée israélienne à Jabalia. Par ailleurs, des obus d'artillerie et des tirs de mitrailleuses ont visé la localité de Bani Suheila, alors que des raids nocturnes ont également été menés contre la ville de Rafah quelques heures plus tôt[172].
- Le , treize personnes, dont cinq enfants, sont tuées par des frappes israéliennes[173].
- Le , trois Palestiniens sont tués et neuf blessés dans des attaques israéliennes sur Gaza et Bani Souheila[174].
- Le , Israel déclare avoir tué six combattants palestiniens à Rafah[175].
- Le , trois journalistes, dont un collaborateur de l'AFP, sont tués dans une frappe israélienne[176].
- Le , deux palestiniens sont tués dans la ville de Gaza. Des frappes d'artillerie ont également visé Rafah et Khan Younis[177].
- Le , trois Palestiniens sont tués et d’autres blessés lors de deux attaques distinctes menées par l’armée israélienne[178].
- Le , deux personnes sont tuées et plusieurs autres blessés à l’aube, à la suite d’une frappe de l’aviation israélienne visant un rassemblement de civils dans le camp d’al-Maghazi. Les forces israéliennes ont par ailleurs ouvert le feu à l’est de la ville de Gaza, tandis que l’artillerie israélienne a renouvelé ses bombardements sur la localité de Bani Souheila. Par ailleurs trois combattants palestiniens ont été tués lors d’une frappe aérienne à Rafah selon Tsahal[178].
- Le , au moins 32 personnes, pour la plupart des femmes et des enfants, sont tuées dans des frappes israéliennes sur des appartements, des tentes, des abris et un commissariat. La frappe sur le commissariat a fait sept morts, dont des civils présents dans les locaux à ce moment-là, d’après la direction générale de la police. Sept membres d’une même famille, dont un enfant, ont été tués dans une frappe sur leur tente. Trois filles ont été tuées dans leur sommeil dans une frappe sur un appartement de Gaza[19].
- Le , au moins 21 Palestiniens sont tués et 38 blessés par des frappes aériennes ou tirs d'artillerie israéliens[179].
Près de 450 palestiniens ont été tués au selon le ministère de la Santé de Gaza, qui tient les registres des victimes, dont 165 enfants. L'Unicef indique pour sa part que plus de 100 enfants ont été tués tout en précisant que le nombre réel était probablement plus élevé. Ces enfants ont été « tués par des frappes aériennes, des frappes de drones, y compris des drones kamikazes. Ils sont tués par des tirs de chars. Ils sont tués par des balles réelles », explique l'organisme[180].
Analyse
Selon le Wall Street Journal, l'acceptation du plan Trump par le Hamas est principalement motivé par une pression diplomatique croissante. Cette pression provient de pays arabes et musulmans, en particulier la Turquie, l'Égypte et le Qatar, qui ont exhorté le Hamas à accepter l'accord. Leur pression est influencée par les interventions de Trump et par les attaques israéliennes au Liban, en Iran et au Qatar, qui accroissent les craintes dans le monde arabe face à la domination militaire d'Israël. De plus, le Hamas fait face à des pressions à l'intérieur de Gaza, où les habitants souffrent de la faim et de la destruction et veulent que la guerre se termine. Le Hamas n'aurait aucun autre moyen de mettre fin à la guerre que cet accord[181].
L'historien Rashid Khalidi déclare le que le plan en vingt points de Trump n'est pas un véritable processus de paix, puisqu'il consiste en « un cessez-le-feu, un échange d'otages et une levée temporaire du blocus de Gaza », mais ne contient pas de plans pour « des droits complètement égaux pour tous les individus et les deux peuples »[182]. Il ne précise pas non plus comment désarmer le Hamas[183].
Pour l'historien Jean-Pierre Filiu, l'exclusion des Palestiniens des négociations du « Plan de paix » fragilise celui-ci[184].
Divers commentateurs dans les médias arabes estiment que le cessez-le-feu, violé quotidiennement par l'armée israélienne, s'apparente davantage à une désescalade ou à une guerre de basse intensité, semblable à l'accord de cessez-le-feu au Liban. Néanmoins, les violations israéliennes sont beaucoup plus meurtrières à Gaza (plus de 200 morts en trois semaines) qu'au Liban (environ 300 morts en onze mois). En outre, l'ensemble de la population gazaouie est visée par les frappes, tandis qu'au Liban, les frappes visent avant tout le sud du pays[14]. L’absence de mécanisme de supervision sur le terrain, qui serait chargé de veiller au respect de cette trêve et d’en sanctionner les violations, affecte la crédibilité du cessez-le-feu[96].
Le journaliste Alain Frachon souligne que le Plan conforte la « centralité stratégique des Etats-Unis entre la Méditerranée et le golfe Arabo-Persique. Jamais l’Amérique n’a autant compté dans la région. Aucune grande puissance n’y dispose d’une telle présence militaire et économique. Le poids politique de Washington est sans égal, et Trump n’entend pas céder, ici moins qu’ailleurs, à un quelconque tropisme isolationniste[185]. »