Khedaoudj El Amia
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| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
Alger |
| Nom dans la langue maternelle |
خْدَاوْج العمياء |
| Nom de naissance |
Khedaoudj |
| Surnom |
L’Aveugle |
| Nationalité |
Algérienne |
| Activité |
Figure légendaire |
| Domaine |
Folklore, culture populaire et patrimoine oral algérien |
|---|
Khedaoudj el Amia (en arabe : خْدَاوْج العمياء, littéralement « Khedaoudj l’Aveugle ») est une figure légendaire du folklore algérien, associée à la Casbah d'Alger et au palais connu sous le nom de Dar Khedaoudj el Amia, aujourd’hui siège du Musée national des arts et traditions populaires. Son histoire, mêlant beauté, vanité et tragédie, demeure l’une des légendes les plus emblématiques de la capitale algérienne[1],[2],[3].
Selon la tradition orale et les récits populaires rapportés par la presse algérienne contemporaine, Khedaoudj aurait vécu au XVIIIe à Alger. Elle serait la fille de Hassan Khéznadji ou Hassan Pacha, trésorier du dey Mohamed Ben Othmane et homme influent de la cour ottomane[2],[3]. Très aimée de son père, elle aurait grandi dans un environnement raffiné, recevant une éducation distinguée au cœur de la Casbah. Hassan Khéznadji lui fit construire un somptueux palais dans le quartier de Souk el Djemâa, aujourd’hui connu sous le nom de Dar Khedaoudj el Amia, chef-d’œuvre d’architecture ottomane mêlant marbre, faïence, bois sculpté et mosaïques andalouses[4],[5].
Légende de « l’Aveugle »
Khedaoudj était réputée pour sa beauté exceptionnelle. On raconte que son père, fasciné par sa grâce, lui offrit un miroir précieux orné d’or et d’ivoire. Chaque jour, elle s’y contemplait longuement, jusqu’à ce qu’un événement tragique la prive de la vue. Les récits divergent sur la cause :
- certains affirment qu’elle aurait été aveuglée par l’éclat du miroir trop intense[2] ;
- d’autres qu’un poison dissimulé dans le khôl qu’elle utilisait aurait causé sa cécité[2] ;
- d’autres encore évoquent un miroir brisé dont les éclats lui auraient atteint les yeux[6] ;
- enfin, certaines interprétations y voient une punition divine liée à la vanité[7].
C’est à la suite de cet événement que Khedaoudj fut surnommée el Amia (« l’Aveugle »). Devenue aveugle, elle aurait vécu recluse dans son palais, développant une sensibilité particulière aux sons, aux parfums et aux textures de sa demeure[8],[2]. Elle y serait morte sans jamais recouvrer la vue.
Palais de Khedaoudj el Amia
Le palais, érigé selon la tradition ottomane au XVIe (vers ) et rénové par son père en , est un des plus beaux exemples d’architecture résidentielle algéroise[4],[5]. Après la période ottomane, il fut transformé en résidence d’officiers français, puis classé monument historique avant de devenir, en , le Musée national des arts et traditions populaires[9]. Il conserve encore l’appellation populaire de « Dar Khedaoudj el Amia » (la maison de l’Aveugle) et abrite des collections d’objets témoignant du patrimoine culturel algérien[1].
Famille et descendance
Selon les traditions et les sources historiques, Khedaoudj el Amia appartenait à une famille notable d’Alger sous la régence ottomane. Son père, Hassan Khéznadji (ou Hassan Pacha), occupait la fonction de trésorier du dey Mohamed Ben Othmane et était l’un des dignitaires les plus respectés de la ville[2],[3]. Hassan Pacha aurait été originaire d’une lignée de fonctionnaires ottomans installés à Alger au XVIIe, liés à la gestion du Trésor et de l’administration du dey. La sœur de Khedaoudj, Fâtima, aurait vécu avec elle dans le palais après sa cécité et pris soin d’elle jusqu’à sa mort. Certains récits populaires mentionnent que la demeure resta longtemps dans la famille des Khéznadji, avant d’être progressivement abandonnée au XIXe[4],[1]. La descendance de cette lignée aurait par la suite intégré les élites locales d’Alger, notamment parmi les familles de notables propriétaires dans la haute Casbah[5].
