Kiyémis
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Kiyémis |
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Prix Régine-Deforges (Et, refleurir (d)) () |
À nos humanités révoltées (d) |
Kiyémis est une blogueuse, autrice et militante afroféministe française, engagée contre le sexisme, le racisme et la grossophobie. Elle travaille sur la question de l’amour de soi, de l’identité, de la beauté et des rapports au corps dans une perspective body positive.
Elle est reconnue pour son exploration des thématiques de la diaspora, de la mémoire et de la résilience[1].
Elle est considérée comme une figure de l'afroféminisme français[2],[3].
Son pseudonyme « Kiyémis » est la contraction des prénoms de sa mère et de sa grand-mère[2].
Née en région parisienne, elle a grandi entre Bobigny et Paris[4], puis en Seine-et-Marne, elle vit désormais à Paris.
Originaires du Cameroun, ses parents font partie de la classe moyenne : son père est comptable et sa mère est intendante. Elle a un frère jumeau. Elle commence l'écriture à l'âge de huit ans. Quand elle a treize ans, sa famille déménage de la Seine-Saint-Denis en Seine-et-Marne[5].
En 2005, les émeutes de banlieue accélèrent son éveil politique, Kiyémis explique cela par le fait qu'elle ne reconnaissait pas dans les médias l'endroit où elle a grandi. Quatre ans plus tard, toujours selon Kiyémis, le témoignage de son frère selon lequel il se fait contrôler jusqu'à sept fois par jour, une expérience que ne vivent pas ses amis blancs, aurait initié sa sensibilité pour l'afroféministe[5].
Parallèlement à sa licence d'histoire, elle lance son compte Twitter en 2012, où elle développe sa pensée à la croisée du féminisme, de l’antiracisme et de la lutte contre la grossophobie[6]. À partir de fin 2014, elle anime son blog intitulé Les bavardages de Kiyémis : une afropéenne qui fait du bruit, où elle partage ses lectures, ses réflexions sur la vie et ses colères politiques[4]. Le terme d'afropéenne désigne sa double identité, à la fois française et membre de la diaspora africaine[6]. Elle s'interroge sur l'institutionnalisation dans le milieu universitaire des savoirs afroféministes produits sur le web, en vue d'assurer une meilleure reconnaissance des femmes qui les créent[7].
En 2017, elle est inscrite en master d'histoire et de sciences politiques à l'université Paris-VIII[8]. Elle participe au documentaire d'Amandine Gay, Ouvrir la voix qui recueille des témoignages de femmes noires françaises pour mettre en avant leur parcours[5].
Inspirée par les écrits de Maya Angelou, Audre Lorde et Léonora Miano, elle publie son premier recueil de poèmes, À nos humanités révoltées, le [2]. La vingtaine de textes qui le compose raconte la migration, la mémoire, le racisme, les langages inconnus, la sororité, le militantisme, l’afro-féminisme[5]. Elle y mêle vers libres, fragments, incantations, confidences[9]. Elle utilise l'écriture inclusive dans son ouvrage[6]. Sur son blog, elle cite également comme référence l'intellectuelle afroféministe américaine Bell hooks[10].
En 2022, elle publie un essai : Je suis votre pire cauchemar !, mentionnant sur un bandeau « Un concentré d'amour de soi contre les diktats ». Elle dénonce dans cet ouvrage la grossophobie et des mécanismes d’oppression autour des corps, et notamment les injonctions contradictoires (pulpeuse mais mince, désirable mais pas sexuelle) insiste sur la nécessité d'aimer son corps même s'il ne correspond pas aux normes de beauté de la société[11].
En 2024, elle dirige l'ouvrage collectif Pour la joie[12], une ode à la résistance poétique et politique, avec des textes de Rim Battal, Douce Dibondo, Claude-Emmanuelle Gajan-Maull, Nadia Yala Kisukidi, Fania Noël, Laura Nsafou et Coline Pierré[13].
2025 est pour elle l'année dans laquelle "Demeurer[14]" reste son mot boussole, mot qu'elle affuble d'une critique sur la fascisation du monde et la non-artificialité de l'IA (créée par l'homme), comme elle en témoigne dans le podcast "Quel monde on vit" réalisé en collaboration avec Les midis de la poésie, avec le soutien de la Scam.
Kiyémis est une conférencière recherchée, une chroniqueuse engagée, une animatrice d’ateliers d’écriture. Elle intervient dans les universités (ENS, Sciences Po, Université d’Édimbourg), les institutions (Commission des droits de l’homme, Médecins du Monde), les entreprises, les festivals[9].
Médias
Presse
Kiyémis réalise les vidéos Rends la joie[15] sur Mediapart, de à , où elle interroge des artistes en majorité des femmes noires ou racisées, sur la place de la joie dans leur œuvre et leur combat. Capsules poétiques et d’interviews avec des personnalités inspirantes, conçue comme un moteur de créativité, de magie et de changement[1].
Elle commence ces émissions par des vers, souvent de sa composition, dans un ton dramatique et émouvant. Elle reçoit ensuite ses invitées dans un studio jaune or et sur un canapé caractéristique, donnant à ces échanges, un ton de salon de thé entre amies, les interrogeant notamment sur leur sensibilité dans des échanges ponctuées de rires. Certaines de ces artistes ont également participé à Pour la joie.
Dans la première saison, elle y reçoit la romancière et autrice jeunesse Laura Nsafou[16], la chanteuse Mélissa Laveaux[17], l'auteur compositeur Martin Dust[18], la philosophe Nadia Yala Kisukidi[19], la réalisatrice et productrice Johanna Makabi[20], l’écrivaine Diaty Diallo[21], la scénariste et photographe Boulomsouk Svadphaiphane[22], la poétesse Rim Battal[23], l’autrice jeunesse Coline Pierré[24]. Le retour de "Rends la joie" commence avec l’autrice Aurélie Olivier, puis continue l'artiste et designer Marvin Mtoumo[25], l'humoriste et comédienne Tahnee[26], le guide du Paris noir Kévi Donat[27], l'éditrice et poétesse éditrice et poétesse Morgane Ortin[28], la musicienne DJ Cheetah[29], l’autrice, réalisatrice et slameuse Joëlle Sambi[30], la chorégraphe et styliste Mariana Benenge[31], l’auteur et réalisateur Gabriel Souleyka[32] et la sociologue, autrice et figure du militantisme afroféministe en France Fania Noël[33].