Amandine Gay

réalisatrice, comédienne et afroféministe française From Wikipedia, the free encyclopedia

Amandine Gay est une réalisatrice, comédienne, autrice et afroféministe française née le . Son premier film, Ouvrir la voix est un documentaire donnant la parole aux femmes noires de France.

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Amandine Gay
Amandine Gay au HEAD Cinema Festival 2025, Genève
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Biographie

Enfance

Amandine Gay est née sous X d'un père martiniquais et d'une mère marocaine[1] le en France[2],[3]. Sa mère et son père adoptifs, blancs, représentants des classes populaires[4], sont respectivement institutrice et cantonnier et vivent dans un village proche de Lyon[5]. Elle est sensible au mépris de classe dont ils sont victimes[4].

Lors de son adoption, la famille a déjà un fils noir de 12 ans. Ce frère aîné a joué un rôle important dans sa « construction de la négritude ». Il lui a notamment montré des représentations positives de personnes qui leur ressemblaient telles que Surya Bonaly, noire et adoptée[3].

Amandine Gay a une passion pour le basket-ball depuis l'âge de 8 ans[6].

Adulte

En , ne se voyant pas fonder une famille en France où les institutions n'offrent « rien qui ne puisse donner de la fierté aux enfants noirs[7] », elle s'installe au Canada à Montréal[1] pour pouvoir poursuivre ses recherches et réaliser des films sur des thématiques liées aux conditions minoritaires, en écho à sa propre expérience, comme « l'adoption, par des familles blanches, d'enfants “racisés »[7].

Elle co-fonde en la société Bras de Fer Production et Distribution avec son compagnon[6] qu'elle présente comme « un homme blanc issu de la bourgeoisie »[4].

Formation

Amandine Gay est diplômée de l'Institut d'études politiques de Lyon, terminant son cursus de journalisme en Australie[6]. Elle a également fait un stage à l'école documentaire de Lussas[8]. À la suite de cela, elle intègre en , le conservatoire d'art dramatique du 16e arrondissement de Paris[9].

En , elle obtient une maîtrise en sociologie à l'université du Québec à Montréal[10].

Parcours professionnel

Comédienne

Après ses études, elle commence à travailler comme comédienne. Cependant, après quelques mois d'activité, elle constate qu'elle interprète toujours le même type de rôles stéréotypés (droguée, prostituée, sans-papiers, accent antillais). Son agent lui apprend alors que bien qu'elle envoie son profil pour des rôles divers correspondant à sa tranche d'âge, elle n'obtient de réponse que quand il est spécifié dans le scénario que le personnage est une Noire[11],[12].

Elle a également été performeuse burlesque[8].

Réalisatrice

Les deux documentaires réalisés avant par Amandine Gay abordent des dimensions autobiographiques de la réalisatrice[3].

Ouvrir la voix

De son constat naît son envie de devenir réalisatrice pour promouvoir sa vision des femmes noires et aussi pour pouvoir jouer les rôles qui l'intéressent[7]. Elle écrit des programmes courts pour la télévision mais peine à trouver ses financements. Elle explique que les producteurs, étant selon elle majoritairement des hommes blancs d'une cinquantaine d'années, ne reconnaissent pas leur expérience de la société dans les programmes qu'elle développe. Elle co-écrit notamment une fiction, une satire des magazines féminins, intitulée Medias Tartes. Un des personnages, une sommelière noire et lesbienne, rencontre l'incompréhension des investisseurs potentiels, arguant qu'une telle personne n'existe pas en France, alors que justement il est inspiré d'elle-même[11].

Elle commence à réaliser, en , son documentaire Ouvrir la voix, grâce à une campagne de crowdfunding, sans le soutien du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) qui n'a pas souhaité soutenir ce long métrage. Dans le film, qui paraît en , elle réunit 24 femmes  des Afro-descendantes, citoyennes, militantes, ingénieures, chercheuses ou blogueuses[13] . Ouvrir la voix traite, selon les mots d'Amandine Gay « de la signification de la construction sociale de la race dans des pays à l'histoire coloniale ou esclavagiste »[3]. En , le documentaire reçoit l'Out d'or de la création artistique[14] et le prix du public aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal[15].

Une histoire à soi

Dans le documentaire Une histoire à soi (), elle donne la parole à cinq personnes adoptées à l'étranger par des familles françaises ; ces personnes sont originaires du Rwanda, du Brésil, du Sri Lanka, de la Corée du Sud et d'Australie. Le film traite de construction identitaire, de déracinement et d'acculturation[3]. Une histoire à soi fait ressortir le fait que les adoptions transnationales et transraciales ont un impact émotionnel et psychologique sur les adoptés au cours de la construction de leur identité. Ce type d'adoption a aussi des conséquences sur les familles adoptantes blanches[3].

Militantisme

Afroféminisme

Amandine Gay milite un temps à Osez le féminisme !, déclarant a posteriori avoir été la « caution noire » de l'association tout en n'étant pas en accord avec la ligne sur les questions antiracistes et LGBT[16],[17]. Elle est depuis engagée dans l'afroféminisme[17].

En , elle interpelle sur Twitter Julien Bayou, secrétaire national d'Europe Écologie-Les Verts, pour son utilisation du mot « lynchage » afin de qualifier des violences envers des policiers blancs. Celui-ci présente des excuses[18],[19].

Adoption

En , elle crée le « Mois des adopté·e·s »[20],[21]. Elle soutient la réappropriation de la narration des femmes noires et des personnes adoptées. À travers ses documentaires elle souhaite mettre en avant l'expertise développée par celles et ceux qui font l'expérience des discriminations du racisme et/ou du sexisme racialisé. Elle souhaite contrer le fait que l'on ait souvent entendu parler de ces personnes à travers la voix d'experts n'ayant pas vécu ces expériences. Elle se considère dans la lignée de l'intime politique[3].

Amandine Gay défend l'idée que la charge de la pédagogie raciale ne doit pas reposer sur les adoptées, mais sur les institutions qui s'occupent des adoptions. Cela dans le but d'éviter l'acculturation des adoptées. Elle critique le fait qu'aucun budget n'est alloué dans l'accompagnement d'une personne adoptée jusqu'à l'âge adulte, et notamment à l'adolescence lors des crises identitaires[3].

Elle défend aussi l'idée qu'il devrait exister un prérequis des parents blancs adoptant un enfant noir, celui de la sociabilité avec les personnes noires. Selon elle, « cela leur permettra d'avoir des outils, même les plus simples, comme la manière de prendre soin des cheveux crépus ou de la peau d'un enfant noir. » De plus, elle est d'avis que « cela les amènera aussi à se questionner sur leurs préjugés racistes, car tout humain en est pourvu »[3].

Publications

Ouvrages

Articles

Préfaces

Filmographie

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Actrice

  •  : Hors de l'abri, court métrage de Céline Guénot : Aminata[32]
  •  : Au nom de la vérité, épisode Le Retour d'une ex : Patricia

Réalisatrice

Notes et références

Liens externes

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