Klein Heidelberg
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Le Klein Heidelberg (KH) était un système radar passif, déployé par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, utilisant les signaux diffusés par le système britannique Chain Home comme émetteur et une série de six stations situées le long de la côte ouest de l’Europe continentale comme récepteurs passifs. Dans la terminologie moderne, le système était un radar bistatique. Comme le système n'envoyait aucun signal, les alliés n'étaient pas au courant de sa présence et n'ont appris son existence que bien après le débarquement de Normandie même si certains auteurs disputent cela[1]. Le système est appelé Klein Heidelberg Parasit ou Heidelberg Gerät dans certaines références[2].
Les grandes antennes de Chain Home (CH) pouvaient être vues depuis la côte française, ce qui voulait dire que les Allemands étaient conscients de leur emplacement précis. Grâce à leurs émissions en direction fixe vers le continent, il était facile de déterminer quel signal était diffusé par quelle station. Cela fut facilité par la façon dont les stations ont réparti leurs émissions dans une série de créneaux horaires, connus sous le nom de "running rabbits", qui permettaient de retracer une impulsion jusqu'à une station particulière grâce à son minutage[3].
À partir de 1942, le Dr Wächter de Telefunken, en collaboration avec des ingénieurs radio du Reichspost, utilisa ces informations pour créer un radar passif utilisant les émissions de la CH et leurs propres récepteurs[4],[5]. Cela ressemblait beaucoup à la configuration expérimentale de Daventry qui avait été utilisée pour la première fois pour démontrer le concept de radar au Royaume-Uni au début de 1935. Dans les deux cas, les émissions d'une station distante étaient utilisées comme signal et, lorsqu'un avion passait dans le signal, une partie du signal de celle-ci était renvoyé vers le récepteur, créant un « blip » distinct sur l'écran[6].
À ce concept de base, Wächter a ajouté la possibilité de mesurer l'azimut approximatif de la cible en faisant pivoter toute l'antenne et en recherchant le signal maximal. La longueur d'onde relativement longue du CH, environ 6 mètres, nécessitait de très grandes antennes de réception et des systèmes d'antenne assez complexes pour permettre cette rotation. Un autre effet secondaire de la longueur d’onde longue était que la résolution angulaire était relativement basse et qu’un système de commutation de lobe était envisagé, mais il n’a apparemment jamais été utilisé en service[7].
Plusieurs systèmes furent testés à Cherbourg en 1942 et 1943. Le premier système opérationnel fut construit à la station de brouillage Nachtfalter (papillon de nuit) à Mont de Couple entre Boulogne-sur-Mer et Calais, de l'autre côté de la Manche par rapport à Douvres. Il est devenu opérationnel vers la fin de l'année 1943[8]. Une deuxième station à Oostvoorne aux Pays-Bas (Biber) a suivi au printemps 1944 et 4 stations supplémentaires furent achevées en 1944, Vaudricourt (Skorpion), Ostende (Bremse), Cap d'Antifer (Auerhahn) et Cherbourg (Tausendfüssler). Celles-ci étaient construites sur des antennes radar Wassermann et utilisaient parfois les propres signaux du Wassermann pour les tâches de détermination de la hauteur[9].

