Kofi Annan

diplomate ghanéen From Wikipedia, the free encyclopedia

Kofi Annan (/ˈkoʊfi ˈænæn/[1]), né le à Kumasi (Côte-de-l'Or) et mort le à Berne (Suisse), est un diplomate ghanéen.

Élection
Réélection
Vice-secrétaire généralLouise Fréchette
Mark Malloch Brown
PrédécesseurBoutros Boutros-Ghali
Faits en bref Fonctions, Secrétaire général des Nations unies ...
Kofi Annan
Illustration.
Kofi Annan en 2003.
Fonctions
Secrétaire général des Nations unies

(10 ans)
Élection
Réélection
Vice-secrétaire général Louise Fréchette
Mark Malloch Brown
Prédécesseur Boutros Boutros-Ghali
Successeur Ban Ki-moon
President des Global Elders

(5 ans)
Prédécesseur Desmond Tutu
Successeur Mary Robinson
Biographie
Nom de naissance Kofi Atta Annan
Date de naissance
Lieu de naissance Kumasi, Côte-de-l'Or
Date de décès (à 80 ans)
Lieu de décès Berne, canton de Berne, Suisse
Nationalité Ghanéen
Conjoint Nane Annan
Diplômé de Massachusetts Institute of Technology

Signature de Kofi Annan

Image illustrative de l’article Kofi Annan
Secrétaire général des Nations unies
Prix Nobel de la paix 2001
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Il est le septième secrétaire général des Nations unies et le premier à sortir des rangs du personnel de l'organisation. Il occupe cette fonction de 1997 à 2006. Le , il reçoit le prix Nobel de la paix.

Jeunesse

Kofi Annan avec Vladimir Poutine (New York, 16 novembre 2001).

Kofi Atta Annan naît le à Kumasi[2] ancienne capitale de l'empire Ashanti alors colonie britannique de la Côte-de-l'Or, dans une tribu aristocratique[3].

Il étudie le droit à l'université de science et de technologie de Kumasi (Ghana) puis au Macalester College de Saint Paul (États-Unis) en 1961, grâce à une bourse de la fondation Ford qui finance une partie de sa scolarité[3]. Il y achève son baccalauréat universitaire (équivalent du niveau licence en France) d'économie. Il entre ensuite à l'Institut de hautes études internationales de l'université de Genève en Suisse (1961-1962) où il obtient son diplôme d'études approfondies et, après quelques années d'expérience professionnelles, au Massachusetts Institute of Technology (MIT, 1971-1972, Annan obtient son diplôme de maîtrise en sciences de gestion au MIT.

Premières années aux Nations Unies

Kofi Annan commence à travailler pour l'Organisation mondiale de la santé en 1962 comme fonctionnaire d'administration et du budget[4]. Depuis, il a été en poste à la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique, à Addis-Abeba en Éthiopie, à la Force d'urgence des Nations unies (FUNU II) à Ismailia, au haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés à Genève, puis au Siège des Nations unies à New York, comme sous-secrétaire général à la gestion des ressources humaines et coordonnateur des Nations unies pour les questions de sécurité (1987-1990), puis comme sous-secrétaire général à la planification des programmes au budget et à la comptabilité, puis contrôleur (1990-1992). En 1990, après l'invasion du Koweït par l'Irak, Annan reçoit du secrétaire général pour mission spéciale d'organiser le rapatriement de l'Irak de plus de 900 fonctionnaires internationaux et ressortissants de pays occidentaux. Il dirige ensuite la première équipe des Nations unies chargée de négocier avec l'Irak sur la question de la vente du pétrole pour financer l'aide humanitaire. Son fils est alors impliqué dans le scandale pétrole contre nourriture, ce qui affecte Kofi Annan, mais il en sort finalement blanchi par une commission d'enquête[3].

En 1993, il est promu sous-secrétaire général de Boutros Boutros-Ghali, responsable du département du maintien de la paix[5]. Il est critiqué pour sa passivité lors du génocide au Rwanda, ce dont il s'excuse ensuite en 1999. En , il donne son accord pour que l'OTAN bombarde des positions serbes en Bosnie, l'opération permettant ensuite de conclure les accords de Dayton. Les États-Unis le soutiennent alors pour succéder à Boutros Boutros-Ghali[3].

Secrétaire général de l'ONU

Il commence son premier mandat de secrétaire général de l'ONU le . Son élection est accueillie avec enthousiasme par les États-Unis, qui ont favorisé la non-réelection de son prédécesseur Boutros Boutros-Ghali. A l'inverse, la France accueille avec réticence son arrivée, qu'elle considère comme le résultat d'un coup de force américain pour évincer le francophone Boutros-Ghali[6]. Selon l'historienne Chloé Maurel, il doit sa très bonne connaissance du fonctionnement des instances onusiennes au fait qu'en devenant Secrétaire général de l'ONU en 1997, il travaille déjà depuis 35 ans dans le système des Nations unies. Il va alors devenir le plus énergique et charismatique des Secrétaires généraux[7],[8].

Le , sur recommandation du Conseil de sécurité, l'Assemblée générale le réélit par acclamation pour un second mandat, qui débute le et qui s'achève au .

Il reprend la formule historique de l'ancien président des États-Unis Harry Truman dont il invite les dirigeants actuels à suivre l'exemple : « la responsabilité des grands États est de servir et non pas de dominer les peuples du monde »[9].

Rôle au Moyen-Orient

Tout au long de son mandat, Kofi Annan tente de faire de l'ONU l'acteur principal des négociations en vue de maintenir la paix et la stabilité au Moyen-Orient, quitte parfois à se heurter aux ambitions des grandes puissances mondiales comme les États-Unis[6].

En 1998, il va à Bagdad tenter une médiation avec le président Saddam Hussein, accusé par les États-Unis de Bill Clinton et le Royaume-Uni de Tony Blair de cacher des armes chimiques. La rencontre est un succès[3]. L'entrevue est toutefois très critiquée par la droite américaine, qui l'accuse d'avoir « pactisé avec le diable »[6]

Kofi Annan parvient à faire de l'ONU l'interlocuteur unique des négociations de paix au Liban. En , Kofi Annan, avec l'appui du Norvégien Terje Roed-Larsen, obtient d'Israël le retrait de son armée du Sud-Liban[6].

En , un mois après le début de la seconde intifada, Kofi Annan convoque à Sharm el-Sheikh un sommet réunissant le président de l'Autorité Palestinienne Yasser Arafat ainsi que des représentants de l'Union européenne, de la Russie et des États-Unis. Ce sommet événement fondateur de la naissance du quartet pour le Moyen-Orient, un organisme multilatéral chargé d'organiser les négociations dans le cadre du conflit israélo-palestinien[6].

Il critique la guerre en Irak menée par les États-Unis de George W. Bush, avec lequel il s'entend pourtant bien, et rejoint les efforts du président français Jacques Chirac dans son opposition au conflit[3].

Kofi Annan avec George W. Bush (Maison-Blanche, 13 novembre 2003).

Autres interventions majeures

À la suite du référendum sur l'indépendance du Timor oriental face au contrôle indonésien, le , il annonce le que 78,5 % des votants ont opté pour l'indépendance[10]. S'ensuit alors une grave crise menant à la création de l'INTERFET pour stabiliser le pays et l'ATNUTO pour l'administrer jusqu'à l'indépendance de mai 2002.

En 2000, il propose au président du Zimbabwe Robert Mugabe de se retirer du pouvoir en contrepartie d'un asile politique et de compensations financières[11],[12].

Responsabilité de protéger

En octobre 2005, Kofi Annan contribue à forger et à faire valider par l'Assemblée générale des Nations unies le concept de « responsabilité de protéger », dans le but de permettre à l'ONU d'avoir un pouvoir d'initiative face aux grandes crises humanitaires[6]. Ce concept permet, et impose, aux Nations unies d'utiliser tous les,moyens diplomatiques, humanitaires et militaires possibles, dans un cadre pacifique, pour protéger des populations victimes de crimes de masse[6].

Pour Kofi Annan, « cette notion capitale signifie essentiellement que le respect de la souveraineté nationale ne peut plus servir d'excuse à l'inaction »[6].

Réformes de l'ONU

En 1999, dans la lignée de la transformation des Nations unies, il plaide pour « ouvrir les portes de l'organisation aux peuples des Nations unies », aux organisations non gouvernementales et au secteur privé, insistant sur le rôle « désormais incontournable » de la société civile[13]. Au Forum économique de Davos, il lance ainsi une initiative volontaire autour de 10 principes centrés sur les droits humains, les normes internationales du travail, l’environnement et la lutte contre la corruption pour donner un « visage humain à la mondialisation » : le Pacte mondial des Nations unies (Global Compact en anglais )[14].

En 2006, il participe à la fondation du réseau international de dessinateurs de presse Cartooning for Peace[15].

Kofi Annan au siège des Nations unies (2012).

Le , il affirme que selon lui, le monde est prêt à voir une femme à la tête des Nations unies.

Dans son discours d'adieu au poste de secrétaire général auquel lui succède le Sud-Coréen Ban Ki-moon à la fin du mois de , Kofi Annan fustige la politique des États-Unis qu'il appelle à suivre la voie du multilatéralisme en acceptant notamment l'élargissement du Conseil de sécurité et à respecter les droits de l'Homme « jusque dans sa lutte contre le terrorisme »[16],[17].

Après le sécrétariat général

Après avoir quitté le poste de secrétaire général de l'ONU, il s'installe ensuite à Genève[3].

Kofi Annan est nommé, le , à la tête de l'Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), un organisme créé en 2006, financé par la fondation Bill-et-Melinda-Gates et la Fondation Rockefeller et regroupant des dirigeants politiques, des hommes d'affaires, des agriculteurs et des chercheurs. Le but de l'alliance est d'aider les paysans africains à améliorer leur rendement[18].

Le , Kofi Annan devient le nouveau président de la Fondation de soutien à l'Organisation mondiale contre la torture, la plus importante coalition internationale d'ONG actives dans la protection des droits de l'Homme dans le monde (regroupant 282 membres dans 92 pays), et ce, afin de contribuer à la prise de conscience de l'érosion du respect des droits de l'homme et des normes internationales, notamment dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et des politiques sécuritaires[19]. Il préside également, à partir de sa création en 2007, l'African Progress Panel, qui rassemble de personnalités internationales (notamment Tony Blair, Bob Geldof et Michel Camdessus) engagées dans la défense du continent africain et chargé, notamment, du suivi des engagements du sommet du G8 de Gleneagles de 2005[20].

Membre du comité d'honneur de la Fondation Chirac à son lancement en 2008 par l'ancien président de la République française Jacques Chirac, Kofi Annan participe au jury du prix pour la prévention des conflits[21] que cette fondation décerne annuellement. Il a également créé la Kofi Annan Foundation[22], consacrée au développement durable et à la paix.

Kofi Annan au Forum économique mondial (2012).

Il fait partie du groupe des Global Elders (terme anglais signifiant : les anciens, ou sages, universels), créé par Nelson Mandela afin de promouvoir la paix et les droits de l'homme dans le monde.

Le , il est nommé émissaire conjoint de l'Organisation des Nations unies et la Ligue arabe sur la crise en Syrie[23]. Il doit quelques mois après constater l'échec de cette mission de paix[24]. Regrettant que le principe de la « responsabilité de protéger », qu'il avait contribué à élaborer, ait été dévoyé durant la première guerre civile libyenne, il préconise l'implication de la Russie et de l'Iran dans la résolution du conflit[24].

Le , il annonce sa démission de son poste de médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie[25].

Vie privée

Kofi Annan parlait couramment l'anglais et le français. Il était marié à Nane Lagergren (sv), juriste et artiste suédoise, et fille de la demi-sœur de Raoul Wallenberg. Ils ont trois enfants.

Mort et hommages

Il meurt le en Suisse dans un hôpital de Berne, à l'âge de 80 ans, après une courte maladie[26].

Kofi Annan a eu des obsèques nationales le au Ghana, où il a été inhumé[27].

Distinctions

Prix et récompenses

Honneurs

Il a obtenu plusieurs Docteur honoris causa :

Publications

Kofi Annan est l'auteur de plusieurs ouvrages, parmi lesquels :

  • Nous les peuples : le rôle des Nations unies au XXIe siècle ;
  • Appel à l'action ;
  • Le Pacte mondial ;
  • Les causes des conflits et la promotion de la paix et d’un développement durables en Afrique ;
  • Rénover les Nations unies ;
  • Interventions : Une vie dans la guerre et dans la paix, éditions Odile Jacob, 2013 (ISBN 978-2738130198)
  • Le Conseil de sécurité des Nations Unies : Ambitions et limites (avec Jean-Marc de La Sablière), Larcier, 2015 (ISBN 978-2-8044-7817-9)

Notes et références

Voir aussi

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