Kommando de Landerneau
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| Kommando de Landerneau | |
| Création | avril 1944 |
|---|---|
| Dissolution | août 1944 (de fait) |
| Pays | France |
| Allégeance | |
| Effectif | < 30 10 personnels français (Bretons) |
| Fait partie de | Sicherheitsdienst Landerneau |
| Garnison | Landerneau |
| Surnom | Kommando Schaad |
| Guerres | Seconde Guerre mondiale |
| Commandant | Lt Willy Krüger[1] |
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Le Kommando de Landerneau (Kommando IC 343) est une unité militaire constituée fin avril 1944 à Landerneau spécialement destinée à lutter contre la Résistance.
Contexte
À partir d'avril 1943, la Gestapo met en place plusieurs Kommandos en Bretagne à Vannes, Pontivy, Locminé, Brest, Quimper, Saint-Brieuc afin de lutter contre la résistance[2].
Fondation
Le Kommando de Landerneau (Kommando IC 343) est constitué au printemps 1944 à Landerneau[3].
Il est également connu sous le nom de Kommando Schaad, du nom d'un des chefs de cette unité, Herbert Schaad[1], même si c'était le lieutenant allemand Willy Krüger, chef de la Gestapo de Rennes, qui le dirigeait[4].
Actions contre la Résistance
À la suite de l'assassinat le de l'abbé Jean-Marie Perrot, l'enquête est alors conduite par le Kommando de Landerneau (…) Le sergent Schaad reçoit de la Gestapo de Rennes une liste de suspects qui lui avait été adressée par une femme originaire de Huelgoat et vivant à Rennes (…) Au cours d'une expédition à Scrignac et à Huelgoat, les Allemands, accompagnés de militants nationalistes bretons, dont André Geffroy, arrêtent certaines des personnes figurant sur la liste. Mais Jean Thépaut parvient à passer entre les mailles du filet. Il semble qu’il se soit mis à l'abri en Normandie. Le Kommando reviendra à deux reprises au moins à Scrignac : en juin où il arrête notamment deux cousins, membres des FTP, Armel[5] et Francis Coant[6], qui furent fusillés à Rennes quelques jours plus tard ; le où il essuie le feu de trois résistants, en tue un, Jean Bernard[7], et met le feu à sa maison. »[8]. Cette description des faits de Thierry Guidet, à quelques détails près, est confirmée par une déposition d'André Geffroy, agent du Kommando de Landerneau et proche de l'abbé Perrot[9].
L'unité arrive à Brest le . La torture est pratiquée contre les résistants[10].
Le , dans la région du Faou, le kommando recherche un dépôt d’armes provenant d’un parachutage et gardés par Jean Brosset de la Chaux. Vincent Gardin de la Bourdonnaye et six jeunes gens furent arrêtés au Faou dans les jours suivants : Henri Arnal, Jean Brosset de la Chaux, Maxime Dubois, Jacques Guillou, François Kerhoas et Joseph Le Velly[11].
Le , à Quimerc’h, Jean Le Foll, Roger Guéguen connurent le même sort, François Le Gall fut abattu au cours d’une tentative d’évasion[11].
En , le fils Cevaer est arrêté comme suspect au pont de Térénez. Dans son portefeuille se trouvent une carte avec un itinéraire à parcourir et des indications de rendez-vous entre résistants. Le fils Cevaer reconnaît avoir participé à des transports d’armes et s’être procuré une fausse carte d’identité. Le père du résistant est également arrêté par l’unité, quand ce dernier décide de se présenter au siège du Kommando. L’interrogatoire du père permet de récupérer 800 litres d’essence dans un magasin à Concarneau, ainsi que l’identité de trois résistants. Une opération contre le maquis du Bot en Quimerc’h est lancée. Lors de l’expédition, l’unité est accompagnée du fils Cevaer, afin d’être amenée précisément au maquis. Cependant, le résistant se joue de l’unité et ne l’amène pas exactement au maquis. Le fils Cevaer finit par être exécuté, après une tentative de fuite dans les bois. Pour le père Cevaer, les explications concernant la disparition de son fils ne sont pas crédibles : l’unité aurait fait part au père de l’engagement de son fils au sein des Waffen SS à Rennes. Le père du résistant après de nombreux jours de détention se serait pendu dans sa cellule[12].
Le , des troupes allemandes, aidées par des hommes du Kommando de Landerneau et une unité de Russes blancs de l'armée Vlassov, attaquent le maquis de Scaër : les combats, qui opposèrent 160 résistants (une cinquantaine de maquisards FTP de Scaër et une centaine de maquisards FTP de Rosporden, ces derniers cantonnés depuis la veille à Quillien et commandés par le capitaine Mercier[13]) à environ un millier d'Allemands venus de Châteauneuf-du-Faou et du Faouët, firent 18 victimes (neuf victimes membres du maquis de Scaër : Pierre Cabellic, Grégoire Le Cam, François et Jean Jacob, Pierre Capitaine, Corentin Guillou, René Turquet, Louis Massé et Étienne Millour et neuf victimes membres du maquis de Rosporden : Yves Baron, Hervé Delessart, Corentin Guillou, René Le Gall, Roger Kerjose[14], René Mao, Jean-Louis et Marcel Rannou et Pierre Salomon) parmi les résistants, et le matériel fut récupéré par les Allemands. Ces combats sont commémorés par le mémorial de Kernabat[15] en Scaër, où furent enterrés les maquisards tués, et la stèle de Quillien en Tourch[16].
Le , l'unité est informée par Jean-Marie Cavalloc de l’existence d’un maquis à Rosnoën, près du Faou. Plusieurs parachutages sont également programmés dans la région715. Le lieutenant Krüger demande à Schaad de former un groupe d’hommes. André Geffroy, Freddie Horch, Hervé Botros et Jean Corre sont missionnés pour enquêter à Rosnoën. Lors de cette opération, Botros et Geffroy jouent un rôle majeur en raison de leur maîtrise du breton. Les deux agents multiplient la visite de fermes résistantes, et rencontrent le patriote Moutier. Ce dernier prend les deux agents de l’unité pour des résistants, puisqu’ils sont habillés en tenues civiles. Moutier fournit aux agents du Kommando de nombreux renseignements sur deux maquis, notamment celui du Bot. Le , une opération est lancée par le Kommando de Landerneau. L’unité se divise en trois formations distinctes pour la zone et une fusillade éclate entre l’unité et des maquisards. Un soldat allemand est tué et un résistant prénommé Mathurin est exécuté. Après la fusillade, possiblement dans un esprit de vengeance, le Kommando se dirige une nouvelle fois chez Moutier. André Geffroy procède à l’arrestation du fermier et de son commis. L’unité met le feu à la ferme, puis prend la direction de Landerneau avec les deux hommes arrêtés. Le sort de Moutier n’est pas divulgué, son commis est libéré[12].
Le , l'encerclement du maquis du Nivot par le Kommando de Landerneau aidé de collaborateurs français, essentiellement des membres du Parti nationaliste breton, fait 5 morts : Pierre Baron et Georges Salaun, tous deux de Brasparts ; Bertrand Le Faou Keruzoré, de Plonévez-du-Faou ; Camille Omnès, de Quimerc'h; Le Cloarec, de Quimper[17].
Un adolescent de 17 ans, surnommé Peti-Coq, membre du Kommando de Landerneau, parvint à infiltrer un groupe de maquisards de la région du Faouët, provoquant l'arrestation d'une dizaine de maquisards[Quand ?][18].
Quatre résistants de Plougasnou (Marcel Aubertin, Louis Guilloux, J.A. Loyen, Augustine Vom-Hoevel) sont dénoncés par Hervé Botros, membre du Kommando de Landerneau. D'autres résistants seront également dénoncés par Botros : Isidore Masson (de Morlaix), Charles Bescond, Yves, Émile et Yvonne Jegaden (tous cinq de Plougasnou) sont arrêtés . Isidore Masson, Charles Bescond, Yves et Yvonne Jegaden furent exécutés par les Allemands le et leurs corps enterrés dans une fosse à Ruffélic d'où ils sont exhumés le [19]. Une stèle est érigée à leur mémoire à Ruffélic, face à la mer. Émile Jegaden fut déporté au camp de Natzweiler-Struthof, puis dans le commando de Shomberg en Allemagne. Il reviendra vivant dans le courant du mois de [20]. Le , un charnier est trouvé derrière un talus près de la ferme de Merdy-Bras, contenant les corps de quatre résistants exécutés le par des hommes du Kommando de Landerneau : Claude Kerguiduff, Alexis Moal, Pierre Moal et Jean Scour ; leur souvenir est commémoré par une stèle qui se trouve à Pontplaincoat, à proximité du manoir qui avait été réquisitionné pendant l'Occupation par les troupes allemandes[21].
Le Kommando est acculé dans la poche de la presqu'île de Crozon au [12].
Fin
Une partie de l’unité s’enfuit avec la 343e division de l’armée allemande. Le repli à Brest et Crozon est logique, puisqu’une partie des défenses de ces villes est entreprise par la 343e division. Toutefois, sur place la situation n’est pas maîtrisée, ainsi l’unité se dissout[12].
Une autre partie de l'unité s'enfuit avec la Bezen Perrot[12].
Pertes subies
Jean-Marie Perrot est exécuté pour faits de collaborations[22].
Sept membres seraient morts après la guerre alors qu'ils étaient détenus, selon Olier Mordrel, à cause des mauvais traitements dont ils auraient été les victimes : Le Borgne, James Bouillé, le docteur Le Clair, Gaston Jehannin, François Stéphan, Jos Youenou[18].
Une soixantaine de nationalistes bretons compromis dans la collaboration avec l'occupant nazi auraient donc été tués ou condamnés pendant la Seconde Guerre mondiale. Lors de cette même guerre, selon Christian Bougeard [23], 3 763 bretons furent déportés (dont la moitié au moins sont morts en déportation), au moins 2 273 bretons furent fusillés, sans compter les résistants morts au combat et les victimes civiles[18].
Condamnations
André Geffroy, dit "Le Grand Gef"[24], est condamné le , aux travaux forcés à perpétuité. Cette décision aurait entrainé la colère de l'opinion qui s'attendait à une condamnation à mort[25]. Il est gracié en 1953[26]. Hervé Botros, au service de la Gestapo de Morlaix, se fit passer à Plougasnou pour un résistant et dénonça des vrais résistants qui préparaient une embuscade dans la nuit du 9 au . Engagé lors de la Libération dans la Légion étrangère afin de se cacher, Botros fut arrêté le , jugé à Quimper, condamné à mort et fusillé le [27].
Jean Corre est arrêté fin [25]. Il est jugé en avec Gabriel Poquet[28]. Gabriel Poquet « se voit infliger sept ans de travaux forcés »[25].
Plusieurs sont condamnés à mort par contumace. C'est le cas de Michel Chevillotte[29], Joseph Le Ruyet[30] et Louis Feuntren[note 1].