Le Dictionnaire Jésus précise que Paul applique à Jésus le titre Seigneur dans un sens fort dans des contextes liturgiques : " Si de ta bouche, tu confesses que Jésus est Seigneur et si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé " (Romains 19, 9); et dans l'hymne des Philippiens : "Jésus Christ est le Seigneur à la gloire du Père " (Philippiens 2, 11).
On rencontre chez Paul six reprises d'expressions vétérotestamentaires où la référence au Seigneur désigne directement la Seigneurie de Jésus :
- . « Si tu confesses que Jésus est Seigneur (…) tu seras sauvé (…) en effet quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. » (Romains 10, 9-13, citant Joël 3, 5).
- . « Afin qu'au nom de Jésus tout genou fléchisse (…) et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur » (Philippiens 2, 10-11); cf. « Devant moi tout genou fléchira et toute langue confessera Dieu » (Isaïe 45, 23). Et « Aussi vrai que je vis, dit le Seigneur, tout genou fléchira devant moi et toute langue rendra gloire à Dieu » (Romains 14, 11, citant Isaïe 45, 23).
- . « C'est par Lui que vous êtes dans le Christ Jésus qui est devenu pour nous sagesse venant de Dieu, justice, sanctification et délivrance, afin que comme dit l'Ecriture que celui qui se glorifie se glorifie dans le Seigneur » (I corinthiens 1, 30-31 citant Jérémie 9, 23).
- . « Qui a connu la pensée du Seigneur ? Or nous avons la pensée du Christ » (I Corinthiens 2, 16 citant Isaïe 40, 13).
- . « Vous ne pouvez boire à la coupe du Seigneur et à la coupe des démons (…) La terre et tout ce qu'elle contient appartiennent au Seigneur » (I Corinthiens 10, 21-26 citant Psaume 23, 49).
- . « Le solide fondement posé par Dieu demeure. Il a pour sceau cette parole : Le Seigneur connaît les siens, et encore : qu'il s'éloigne de l'iniquité quiconque invoque le nom du Seigneur » (II Timothée combinant Nombres 16, 5-26 et Isaïe 26, 13)[9].
Très fréquent dans le Nouveau Testament (740 fois), ce titre christologique reste l'objet de nombreuses discussions et études parmi les exégètes et théologiens modernes.
Paul a tiré parti du fait que le nom de Dieu est double, Seigneur et Dieu dans les Septante, comme par exemple dans le Schema Israël : « Écoute Israël, le Seigneur notre Dieu est le seul » (Deutéronome 6, 4) pour attribuer le titre de Dieu au Père et celui de Seigneur au Fils : « il y a un seul Dieu, le Père, de qui tout tient l'existence, et nous pour lui, et un seul Seigneur, Jésus Christ, par qui tout existe et nous par lui » (I Corinthiens 8, 6). Dans cette manière de présenter le Père et le Fils, il affirme la divinité de Jésus en l'incluant dans l'identité divine créatrice[10].
La prière catholique est marquée par le titre Seigneur hérité de Krystos, comme par exemple dans « Viens Seigneur Jésus » (Apocalypse 22, 20) ou Maranatha (Viens Seigneur, I Corinthiens 16, 22). Il est présent dans les invitations à la prière liturgique catholique « Que le Seigneur soit avec vous » ou dans les conclusions de cette même prière prière « Par Jésus-Christ notre Seigneur »[11]. On peut également citer la prière en grec toujours actuelle du Kyrie eleison, où deux Kyrie encadrent un Kriste eleison. On pourrait également citer les prières adressées par le prêtre à Dieu commençant souvent par une réminiscence du Kurios Theos de l'Ancien Testament : « Accordez-nous Seigneur notre Dieu… »[12].