Léopold Jorédié

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PrédécesseurAucun (poste créé)
SuccesseurPaul Néaoutyine
PrédécesseurMaxime Karembeu
SuccesseurGustave Kataoui
Léopold Jorédié
Fonctions
1er président de la province Nord

(9 ans, 10 mois et 23 jours)
Prédécesseur Aucun (poste créé)
Successeur Paul Néaoutyine
Maire de Canala

(6 ans, 2 mois et 18 jours)
Prédécesseur Maxime Karembeu
Successeur Gustave Kataoui
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Gélima, Canala (Nouvelle-Calédonie)
Date de décès (à 66 ans)
Lieu de décès Nouméa (Nouvelle-Calédonie)
Nationalité Française
Parti politique FLNKS-UC (1977-1997)
FCCI (1998-2013)
Conjoint Marie-Adèle Néchéro Jorédié

Léopold Jorédié est un homme politique indépendantiste kanak, né à la tribu de Gélima à Canala le et mort le à Nouméa[1], président de la province Nord de la Nouvelle-Calédonie de 1989 à 1999, maire de Canala de 1989 à 1995 et vice-président du Gouvernement collégial local de 1999 à 2001.

Issu d'un village minier, Canala, il exerce la profession de rouleur sur mine pour la Société Le Nickel (SLN) avant de fonder sa propre entreprise de transport de minerai. Mais il entre assez tôt en politique, étant élu pour la première fois conseiller municipal de sa commune natale en 1977 sous les couleurs de l'Union calédonienne, et prend la présidence de la maison rurale de la collectivité. L'UC, sous la direction de Jean-Marie Tjibaou, prend cette même année officiellement position en faveur de l'Indépendance kanak socialiste (IKS), et Léopold Jorédié va commencer à gravir petit à petit les échelons du mouvement.

Lieutenant d'Éloi Machoro puis de Jean-Marie Tjibaou

Devenu premier adjoint au maire de Canala en 1983, la création du FLNKS en 1984 et la décision des indépendantistes de boycotter les élections territoriales et d'obtenir leurs revendications par la force lui permet de connaître une ascension rapide. Commissaire politique de l'UC pour le centre de la Grande Terre en 1984, il est en effet choisi par Éloi Machoro, autre natif de Canala et secrétaire général de l'UC (ainsi que no 2 du FLNKS) qui organise depuis le le boycott actif et les actions sur le terrain, pour le seconder. Après la mort d'Éloi Machoro le , Léopold Jorédié est choisi lors du congrès de Nakéty de février pour le remplacer comme « ministre de la Sécurité » dans le « Gouvernement provisoire de Kanaky » présidé depuis le par Jean-Marie Tjibaou. À partir de là, et jusqu'à la fin des Évènements, il est considéré comme l'un des principaux lieutenants de ce dernier, aux côtés de Yeiwéné Yeiwéné, et comme l'un des principaux dirigeants du FLNKS.

Après la mise en place le du statut dit Fabius-Pisani, la division de la Nouvelle-Calédonie en quatre régions (Sud, Centre, Nord et îles Loyauté) et l'abandon (pour un temps) du boycott des institutions par le FLNKS, il est choisi pour mener aux élections du suivant la liste du Front dans la région Centre, considérée par les deux camps comme la circonscription la plus incertaine. Si le Sud est sûr d'être emporté par le RPCR et le Nord et les Îles par les indépendantistes, le Centre comprend à la fois les fiefs loyalistes de la Côte ouest (Bourail, Moindou, Farino, La Foa et Boulouparis), ceux du FLNKS de la côte est (Houaïlou, Canala, Thio, Sarraméa et Yaté) et les communes plus disputées de Poya ou l'île des Pins. Mais la division du camp anti-indépendantiste (notamment le refus du RPCR de s'allier au FN, tandis que le maire de Bourail, l'autonomiste Jean-Pierre Aïfa, forme lui aussi une liste) permet à la formation de Léopold Jorédié d'obtenir 5 élus sur 9 au Conseil de Région, dont il est élu président, contre 4 à celle RPCR du sénateur Dick Ukeiwé[2]. De ce fait, il est également, jusqu'au , membre du Congrès du Territoire[3] et du Conseil exécutif (composé du président du Congrès, Dick Ukeiwé, qui le dirige, et des quatre présidents de Région, à savoir, outre Jorédié, Jean Lèques puis Pierre Frogier pour le Sud, Jean-Marie Tjibaou pour le Nord et Yeiwéné Yeiwéné pour les Loyauté)[4].

Organisateur des groupes armés du FLNKS à Canala, de loin le Comité de lutte local le plus structuré, au plus fort de la tension des Évènements en avril et , il participe directement, avec Tjibaou et Yeiwéné, aux négociations avec les preneurs d'otages d'Ouvéa, le trio exécutif indépendantiste relayant les revendications de ces derniers à la presse et au gouvernement. Après l'opération Victor, il fait partie dans un premier temps des plus sceptiques à l'égard des négociations menées par le gouvernement Rocard entre Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou et refuse de participer à la dernière séance de négociations des accords de Matignon, se justifiant en des termes assez durs à l'égard du leadeur indépendantiste lui-même en signant une tribune dans le journal Le Monde du intitulée « L'esclave a accepté de serrer la main de son maître pour réconcilier les Français » et dans laquelle il déclare : « L'accord que vous appelez « de Matignon » a été symbolisé par une poignée de main montrée à la télévision comme l'un des produits exotiques du bon vieux temps de la marine à voile. Comme un produit rare ramené des antipodes, cette fois-ci pour être vendu aux centristes français. »[5]. Il se rétracte toutefois par la suite, et appelle à voter « oui » au référendum national sur les accords. Il reste de plus le numéro 3 du FLNKS et assure son emprise sur l'importante section de Canala, commune dont il est élu maire lors des élections municipales de .

Le , il est présent aux côtés de Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné à Ouvéa pour la cérémonie de levée de deuil des preneurs d'otages de Gossanah, lorsque ses deux compagnons sont assassinés par Djubelly Wéa et d'autres extrémistes kanaks. Léopold Jorédié, également visé, en sort indemne mais apparait très éprouvé à la télévision[6]. Dernier survivant parmi les proches lieutenants de Tjibaou, il remplace celui-ci au sein du Comité consultatif assistant le haut-commissaire dans le cadre du statut transitoire mis en place par les accords et à la tête de la liste FLNKS dans la nouvelle province Nord. Il prend aussi la vice-présidence de l'UC, la direction de la composante la plus importante du Front revenant à une personnalité plus consensuelle, François Burck, métis Caldoche-Kanak, ami de Jean-Marie Tjibaou et dernier représentant du bureau politique du parti qui avait voté en 1977 l'engagement pour l'indépendance.

Vers la modération

Notes et références

Voir aussi

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