L'Affaire Laura Stern
série télévisée française réalisée par Akim Isker
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L'Affaire Laura Stern est une série télévisée française réalisée par Akim Isker d'après un scénario de Frédéric Krivine et Marie Kremer, et diffusée en Suisse à partir du sur RTS1 et en France à partir du sur France 2.
Marie Kremer
Samir Guesmi
(liste complète)
| Type de série | Mini-série |
|---|---|
| Genre | Drame social |
| Création |
Frédéric Krivine Marie Kremer |
| Acteurs principaux |
Valérie Bonneton Samir Guesmi (liste complète) |
| Musique | Éric Neveux |
| Nb. de saisons | 1 |
| Nb. d'épisodes | 4 |
Production
| Durée | 52 minutes |
|---|---|
| Production |
Emmanuel Daucé Léa Gabrié Frédéric Krivine |
| Société de production |
Tetra Media Fiction Torcello Productions France Télévisions |
| Société de distribution | France Télévisions |
Diffusion
| Pays d'origine |
|
|---|---|
| Chaîne d'origine | France 2 |
| Diff. originale | – |
Ce drame social est une coproduction de Tetra Media Fiction, Torcello Productions et France Télévisions.
La série obtient le prix de la « Meilleure série dramatique » au Festival de la fiction TV de La Rochelle 2025 dans la catégorie des séries de 52 minutes. Elle est ensuite présentée au Festival CreaTVty de Sète en et au Festival TV de Luchon 2026.
Synopsis
Dans une bourgade tranquille, Laura, pharmacienne, mère et fondatrice de l'association Femmes Debout qui vient en aide aux femmes victimes de violences conjugales, est témoin, sans pouvoir intervenir, d'un féminicide. Choquée par l'incapacité des forces de l'ordre et du système judiciaire à empêcher ce type de crime, elle choisit d'intervenir elle-même pour empêcher des féminicides de se commettre… Pour cette mission qu'elle s'est fixée, elle paiera un prix très élevé.
Distribution
- Valérie Bonneton : Laura Stern
- Pauline Parigot : Camille Lefebvre
- Rym Foglia : Djamilla
- Catherine Ame : Aminata
- Pascal Rénéric : Julien Stern
- Yannick Renier : Jean-Marie Lefebvre
- Samir Guesmi : David Vernet
- Marie-Sophie Ferdane : Maître Tamara Spitz
- Eva Huault : Audrey Milon
- Yves Leberquier : avocat général Gallien
- Charlie Nelson : président de la cour d'assises Revelli
- Hélène Lambert : Marie
- Sarah Le Picard : Juliette Lefebvre
- Lucienne Delille : Mme Debord
Production

Genèse et développement
Ce drame social est une coproduction de Tetra Media Fiction, Torcello Productions et France Télévisions réalisée pour France 2 avec la participation du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) ainsi que le soutien de la région Grand Est, d'Inspire Metz et de la métropole du Grand Nancy[1],[2],[3],[4],[5],[6].
La série est créée et écrite par Frédéric Krivine et Marie Kremer, scénariste et actrice d'Un village français, et réalisée par Akim Isker[1],[3],[7],[8],[9],[5],[6].
La production est assurée par Emmanuel Daucé et Léa Gabrié pour Tetra Media Fiction et par Frédéric Krivine pour Torcello Productions[3],[6],[10],[11].
L'histoire est une fiction et a été écrite à partir de plusieurs faits divers. L'un des éléments déclencheurs est une amie commune des scénaristes à qui ils sont venus en aide. Avant l'écriture, Marie Kremer fréquente des groupes de parole à Marseille. « On n'est pas allé chercher des mots dans le vide. Le personnage de Djamila existe, je l'ai eu devant moi. […] Le scénario est parti de la nécessité de parler du manque de justice et des femmes en difficulté »[12],[13].
Si Marie Kremer s'est immergée au sein de l'association Solidarité Femmes 13 pour écrire le scénario, l'intrigue est fictive : « On a tout inventé, mais on était très documentés. On a rencontré des juges, des avocats… Jamais je ne me serais permis de parler de ce sujet sans le connaître profondément. »[14].
Attribution des rôles
Akim Isker propose le rôle de Laura Stern à Valérie Bonneton, habituée aux comédies (Fais pas ci, fais pas ça), voyant en l'actrice « une madame Tout-le-monde sympathique et populaire. Avec cette espèce de douceur et, en même temps, cette fragilité qui pouvait justifier ce passage à l'acte »[13].
Valérie Bonneton se dit surprise et dans l’attente d’un tel rôle car habituée aux drames au Conservatoire[15].« J'étais très attirée par ce rôle que j'ai trouvé mystérieux, opaque par certains côtés. On ne sait rien de son enfance. Et puis, ce personnage qui va jusqu'au bout, est incroyable. Ayant vu le travail d'Akim, je savais qu'il irait au cœur de la vérité. C'est tout ce que j'aime : cette recherche, le fait de décortiquer, de déconstruire les personnages… »[13]. L'actrice rencontre des victimes dans les associations et certaines participent au tournage[13]. Lors de la promotion, elle évoque avoir été touchée par les violences conjugales, étant la belle-mère du fils de Marie Trintignant, tuée par Bertrand Cantat en 2003[16].
Les coproducteurs Léa Gabrié et Emmanuel Daucé (de Tetra Media Fiction) expliquent le choix de Valérie Bonneton dans un registre inédit, loin de ses rôles de comédie : « C'est d'abord une idée du réalisateur Akim Isker, qui s'est ensuite immédiatement imposée à nous tous : scénaristes, diffuseur et producteurs. Valérie Bonneton, parce qu'elle est entrée dans les foyers des Français depuis tant d'années, notamment grâce à son rôle de Madame Lepic dans Fais pas ci, fais pas ça, nous a semblé être la comédienne parfaite pour incarner cette femme si proche du public, qui ne supporte plus ces violences faites aux femmes. Et nous avions tous l'intuition que Valérie, qui est une grande actrice de comédie, démontrerait à travers ce rôle qu'elle est, tout simplement, une grande actrice. »[11]. Léa Gabrié précise encore : « Comme le sujet n'est pas facile, le public ne fera pas forcément la démarche de venir vers nous. Valérie Bonneton, que l'on connaît surtout dans le registre comique et qu'on a rarement vue dans le drame avait tout pour aider à prendre le spectateur par la main et le faire entrer dans l'histoire. »[17].
La coscénariste Marie Kremer précise que plusieurs actrices sont des femmes issues d'associations d'aide aux victimes de violences : « C'est comme leur faire honneur. Elles sont en pleine reconstruction. Elles font ce pas de venir avec nous, de nous confier leurs histoires. Il y a, à travers ça, une sorte de vérité très touchante. »[14].
Tournage
Le tournage de la série se déroule du au à Nancy, Metz, Saint-Max et Villers-lès-Nancy en région Grand Est[2],[7],[4],[5],[6],[10],[18].
En fin de tournage, des scènes sont tournées à l'ancienne maison d'arrêt de Troyes, en Champagne, une maison d'arrêt qui n'accueille plus de détenus depuis la fin de l'année 2023[10].
Valérie Bonneton précise : « Ce tournage était à la fois l'un des plus merveilleux et l'un des plus difficiles de ma carrière, parce qu'émotionnellement, vraiment, il n'y avait pas une seconde, pas un seul plan, où l'on pouvait relâcher quelque chose. »[19]. Quand Télé 7 jours lui demande si elle parvenait à se détacher du personnage et de l'histoire à la fin d'une journée de tournage, l'actrice répond : « C'était compliqué. J'ai été bouleversée parce que quand on est dans une telle vérité, il y a forcément des choses inconscientes qui remuent. Ça m'a beaucoup perturbée. J'ai été extrêmement fatiguée. C'est un personnage que j'ai eu du mal à quitter. »[19]. Elle ajoute que la scène la plus éprouvante à tourner était le procès : « Pour des raisons personnelles, j’ai été emportée, je n’ai plus joué. »[19]. « J'ai eu du mal à m'en remettre. Je n'ai jamais été aussi fatiguée. Quand on va chercher des émotions aussi fortes, mentalement, oui, cela devient très éprouvant. Je suis entrée dans cette histoire et je ne l'ai jamais quittée. Ni en mangeant, ni en dormant. J'étais toujours avec ces femmes, à porter leur voix. Akim a tenu à nous maintenir dans cette bulle constante. Mais c'est un don de soi pour défendre une cause. C'est notre travail. Et on ne doit jamais s'en plaindre. »[20].
Fiche technique
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques présentes dans la section « Liens externes ».
- Titre français : L'Affaire Laura Stern
- Réalisation : Akim Isker[1],[7],[3],[8],[9],[5],[6]
- Scénario : Frédéric Krivine et Marie Kremer[7],[3],[8],[9],[5],[6]
- Musique : Éric Neveux[3],[21]
- Décors : Ann Chakraverty[3]
- Costumes : Mathilde Mallet
- Photographie : Julien Bullat[3]
- Son : Benoît Guerineau[3]
- Montage : Anne-Laure Viaud
- Coiffure : Juliette Martin
- Maquillage : Suzel Jouguet
- Production : Emmanuel Daucé, Léa Gabrié et Frédéric Krivine[6],[10],[22]
- Sociétés de production : Tetra Media Fiction, Torcello Productions et France Télévisions[1],[2],[3],[4],[5],[6],[10]
- Société de distribution : France Télévisions[1],[7],[6]
- Pays de production :
France - Langue originale : français
- Format : couleur
- Genre : drame social, thriller social[11]
- Nombre de saisons : 1
- Nombre d'épisodes[1],[5] : 4
- Durée : 52 minutes[1],[5]
- Dates de première diffusion :
Accueil
Audiences et diffusion
En France, la série est mise en ligne le sur la plate-forme gratuite de France Télévisions[25]. Elle comptabilise 2 millions de vues avant sa diffusion sur France 2 le [26].
| Épisode | Diffusion | Audience moyenne | Réf. | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Jour | Horaire | Nombre de téléspectateurs |
Part de marché (sur les 4 ans et plus) |
Part de marché (FRDA-50) |
Classement[Note 1] | ||
| 1 | Mercredi | 21 h 10 - 22 h 05 | 2 330 000 | 12,8 % | 4 % | 1er | [27] |
| 2 | 22 h 05 - 22 h 55 | 2 120 000 | 13,4 % | ||||
| 3 | Mercredi | 21 h 10 - 22 h 00 | 1 960 000 | 11 % | 4,5 % | 2e | [28] |
| 4 | 22 h 00 - 23 h 10 | 1 770 000 | 12,4 % | 1er | |||
| Moyenne de la saison | 2 050 000 | 12,4 % | |||||
- Les plus hauts chiffres d'audience
- Les plus bas chiffres d'audience
Accueil critique
La série est unanimement saluée par la presse : « série choc sur les féminicides » (France Info)[29], « la série qui ose montrer le vrai visage des violences conjugales » (Le Nouvel Obs)[30].
Le journaliste Philippe Congiusti la présente comme "la meilleure série jamais réalisée sur les violences conjugales"[31], posant la question de se faire justice soi-même pour combler les lacunes de la police et de la justice qui ne semblent jamais faire assez pour les femmes victimes de violence. Il évoque notamment des scènes de témoignage poignant ou de violence glaçante incitant le téléspectateur à se demander jusqu'où ira cette justicière et quelle est la limite à ne pas franchir.
La prestation de Valérie Bonneton est également saluée. Souvent distribuée dans des comédies, pour Le Nouvel Obs, l’actrice réussit un virage dramatique semblable à celui de Coluche dans Tchao Pantin[30] : « surprenante justicière en colère dans une série osée » (Télérama)[32], « Valérie Bonneton fascine en héroïne qui tente d'aider les femmes violentées » (Le Temps)[33], « Valérie Bonneton convaincante en Némésis des maris violents » (Marianne)[34], « Valérie Bonneton excelle dans ce rôle de justicière tourmentée. Son regard à la Droopy qui porte toute la misère du monde sur ses épaules émeut aux larmes. » (Radio télévision suisse)[31], « elle trouve son plus beau rôle » (Le Temps)[33].
Alexandre Letren, du site VL-Media, est très enthousiaste : « L'affaire Laura Stern est une grande et magnifique série, une de ces fictions qui font l'honneur du service public. En s'emparant d'un sujet aussi brûlant, elle prouve la puissance de déflagration que peut avoir la fiction quand elle traite bien et intelligemment un sujet qui pourrait être complexe. La série nous met le nez littéralement dans un sujet pour lequel encore trop de personnes préfèrent tourner les yeux. Malgré l'étroitesse du format (seulement 4 épisodes), L'Affaire Laura Stern parvient, grâce au cadre d'une association d'aide aux femmes victimes de violence, de [sic] couvrir et évoquer un spectre large de profil de victimes et de débunker au passage des idées reçues que l'on peut vivre jusque dans ces associations. »[21].
Distinctions
La série obtient le prix de la « Meilleure série dramatique » au Festival de la fiction de La Rochelle 2025 dans la catégorie des séries de 52 minutes[3],[35],[36], une cérémonie lors de laquelle le casting était présent[24].
Elle est ensuite présentée au Festival CreaTVty de Sète en [37].
Elle est également présentée au Festival TV de Luchon 2026, en ouverture du festival[38].
