L'Escamoteur

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Artiste
Jérôme Bosch
(attribuée à)
Date
v. 1475-1505
Type
Huile sur bois
Technique
L'Escamoteur
Artiste
Jérôme Bosch
(attribuée à)
Date
v. 1475-1505
Type
Huile sur bois
Technique
Dimensions (H × L)
53 × 65 cm
Mouvements
No d’inventaire
872.1.87Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

L'Escamoteur, parfois désigné sous Le Jongleur, ou Le Bouffon ou encore Le Prestidigitateur est une huile sur bois attribuée au peintre néerlandais Jérôme Bosch. Réalisé entre 1475 et 1505, il est conservé dans un coffre-fort au Musée municipal de Saint-Germain-en-Laye.

Il existe cinq versions connues de ce tableau ainsi qu'une gravure, mais la plupart des experts pensent que sa version originale est l'exemplaire qui fait partie des collections du Musée municipal de Saint-Germain-en-Laye, exemplaire qui est gardé sous clé dans un coffre-fort[1],[2] et qui n'est prêté qu'à titre exceptionnel pour des expositions spéciales en France et à l'étranger. Le , le tableau a été volé au musée par un commando où figuraient notamment Jean-Marc Rouillan et Éric Moreau, qui seront plus tard à l'origine du groupe terroriste anarcho-communiste Action directe (AD). L'Escamoteur sera retrouvé le [3]. Un journal titre alors malicieusement « L'Escamoteur escamoté ». L'évènement est expliqué dans la bande dessinée éponyme.

À la suite de ce vol, le musée municipal de Saint-Germain-en-Laye a fermé définitivement ses portes et le tableau ne fait plus l'objet d'une exposition permanente[4].

Le tableau, une huile sur bois, mesurant 53 × 65 cm[2], provient du legs testamentaire de Louis Alexandre Ducastel (1793-1872). Ce dernier, notaire à Saint-Germain-en-Laye depuis 1813, est membre du conseil municipal et maire provisoire en et en 1839. La collection semble surtout avoir été constituée par son père Alexandre Jean Ducastel mentionné comme artiste-peintre et collectionneur[3].

Le contexte de l’œuvre

L'artiste

L'Escamoteur fait partie d'un groupe d'œuvres, réalisées à partir de 1475. Peint sur deux planches de chêne assemblées horizontalement, c'est une des premières scènes dites « de genre », c'est-à-dire reproduisant des laïcs dans l'univers réel. Jusqu'alors, en effet, les artistes se cantonnaient aux représentations mythologiques, religieuses ou historiques. Dans ces tableaux, les démons font déjà, ici et là, une apparition furtive, mais ils ne règnent pas encore en maîtres.

Au cours d'une exposition à Rotterdam, les panneaux de bois sur lequel il a été peint sont analysés. Si l'on considère le temps nécessaire à l'assèchement du bois et la date plausible de l'abattage de l'arbre (1485), le tableau — aux dires des experts — ne peut avoir été peint avant 1496. Le peintre approche alors de la fin de sa carrière. Certains pensent qu'il en a laissé l'exécution à un membre de son atelier, Gielis Panhedel de Bruxelles[5]. Ce qui prédomine, semble-t-il, c'est le regard inquisiteur et critique du peintre sur son temps. Dans La Nef des fous (v. 1500), il montre par exemple un moine et une nonne qui, au lieu de se préparer au royaume de Dieu, font bombance et se divertissent avec des jeux enfantins et érotiques. Dans l'Escamoteur, il cherche à dénoncer la crédulité de ses contemporains.

Le lieu

Petite ville de province aujourd'hui, Bois-le-Duc est au siècle de Bosch l'une des plus importantes villes marchandes des Pays-Bas. Elle passe de 2 930 ménages en 1472 à 3 496 ménages en 1496, soit environ 25 000 habitants. La croissance urbaine d'alors entraîne également une augmentation des vols. Dans les villes où la population est stable, le meilleur moyen de se prémunir contre le vol est le contrôle réciproque. Les gens vivent dans un espace restreint, tout le monde se connaît. Le contrôle devient plus difficile quand des étrangers viennent s'établir dans la ville. Mais ceux que l'on considère d'un œil extrêmement méfiant sont les vagabonds qui se déplacent de ville en ville au gré des foires. En France, les tribunaux emploient alors la subtile formule de « demeurant partout », ce qui revient à dire qu’ils ne demeuraient nulle part.

La catégorie des vagabonds comprend les conteurs, les ménestrels, les bateleurs, les bouffons, les barbiers-chirurgiens, les charlatans, c'est-à-dire tous ceux qui, en général, cherchent leur public dans les foires. Promesses d'argent facilement gagné, les villes en plein essor les attirent tout particulièrement.

Description

Voir aussi

Notes et références

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