Tenture de Jérôme Bosch

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Artiste
Atelier bruxellois inconnu, d'après Jérôme Bosch et d'autres artistes
Date
années 1530 (cartons), avant 1567 (tissage)
Type
Composition de quatre tapisseries
Technique
Laine, soie, fils d'or et d'argent
Tenture de Jérôme Bosch
Détail de la tapisserie du Jardin des délices.
Artiste
Atelier bruxellois inconnu, d'après Jérôme Bosch et d'autres artistes
Date
années 1530 (cartons), avant 1567 (tissage)
Type
Composition de quatre tapisseries
Technique
Laine, soie, fils d'or et d'argent
Lieu de création
Dimensions (H × L)
292 à 298 × 1576 cm
Inspiration
Propriétaire
No d’inventaire
10004013, 10004012, 10004011 et 10005803
Localisation

La Tenture de Jérôme Bosch (ou Les Rêves de Jérôme Bosch), conservée à l'Escurial (Espagne), est une série de quatre tapisseries flamandes tissées à Bruxelles dans le second tiers du XVIe siècle d'après des cartons inspirés d'œuvres du peintre Jérôme Bosch et de suiveurs de ce dernier.

Exemplaire de François Ier

L’Éléphant de guerre, gravure d'Alart du Hameel, vers 1490.

Un premier exemplaire de la tenture, aujourd’hui disparu, est documenté dès les années 1530-1540. Ce qui réfute la tradition ancienne[1] d'une participation plus ou moins directe de Bruegel, né vers 1526, à l'élaboration des cartons.

Entre 1534 et 1538, le roi de France François Ier achète à Melchior Baldi, agent de Marc Crétif, un marchand bruxellois d'origine italienne, plusieurs séries de tapisseries flamandes, dont une « création du monde et autres pièces »[2].

Un inventaire de 1542 mentionne « cinq pièces de tapiccerie de divers histoires [...] des devys de Hieronyme » (« d'après les dessins de Jérôme »)[3] et décrit la tenture avec précision[4] : outre quatre tapisseries identiques par leurs sujets et leurs dimensions à celles qui ont été conservées en Espagne, une cinquième représentait un Éléphant. Celle-ci, de même format que La Tentation de saint Antoine[4], avait très certainement été tissée d'après l’Éléphant de guerre, une gravure d'Alart du Hameel réalisée à Bois-le-Duc vers 1490. Rééditée et recopiée à plusieurs reprises au cours du XVIe siècle, cette estampe passait alors pour le reflet fidèle d'une composition de Bosch[5].

Sous Louis XIV, Félibien note, à propos de Bosch, qu'« il y a une tanture de Tapisserie de son dessein dans le Gardemeuble du Roy »[6].

Après la Révolution française, la tenture de François Ier a probablement subi le même sort que plusieurs autres tapisseries du Garde-Meuble de la Couronne, détruites en 1797 afin d'en récupérer les métaux précieux[7].

Exemplaire de l'Escurial

Portrait du cardinal de Granvelle

La tenture conservée en Espagne est vraisemblablement une réédition de la série achetée par François Ier.

En , des « tapisseries nouvelles et de Bosche [sic] » (la conjonction de coordination pouvant laisser entendre que celles de Bosch ne sont pas neuves) sont expédiées au cardinal de Granvelle, alors archevêque de Malines. Elles suscitent bientôt l'admiration du duc d'Albe[8], envoyé aux Pays-Bas pour mater la Révolte des gueux. En 1567, le duc demande avec insistance l'autorisation de faire réaliser une copie des tapisseries. Granvelle étant absent, son maître des comptes décide de gagner du temps en conseillant au duc de faire copier le triptyque original du Jardin des délices. Celui-ci a en effet été laissé à Bruxelles par Guillaume d'Orange-Nassau « le Taciturne », chef des rebelles venant de prendre la fuite. En réaction à cette information, le duc d'Albe fait aussitôt saisir les biens du « Taciturne »[9]. La même année, il finit par obtenir le prêt des tapisseries du cardinal afin d'en faire réaliser une copie à plus grande échelle[10].

En 1600, un héritier du cardinal, le comte François de Cantecroix, vend les cinq tapisseries à l'empereur Rodolphe II de Habsbourg, qui réunissait alors à Prague une imposante collection de curiosités et d’œuvres d'art. C'est probablement en tant que cadeau diplomatique entre Habsbourg d'Autriche et Habsbourg d'Espagne que la tenture parvient au début du XVIIe siècle jusqu'à la cour de Madrid[11], où elle est mentionnée pour la première fois en 1626, ornant l'Alcázar à l'occasion de la réception du cardinal Barberini[12]. La date de disparition de la pièce avec l'Éléphant n'est pas connue.

Détail de La Tentation de saint Antoine.

Signalée au palais royal de Madrid en 1875, sous le titre Les Tentations de saint Antoine[13], la tenture est intitulée à la même époque Les Rêves de Jérôme Bosch par Alphonse-Jules Wauters, qui en attribue les cartons à Brueghel d'Enfer[14]. En 1903, le comte consort de Valencia de Don Juan relie les tapisseries du Jardin des délices et du Chariot de foin aux œuvres de Bosch mais attribue la conception des deux autres tapisseries à Brueghel[15]. Vingt ans plus tard, un autre spécialiste, Heinrich Göbel, propose le malinois Frans Verbeeck comme l'auteur des cartons[16]. Depuis un article de L. Brand Philip paru en 1958, il est communément admis que seule la tapisserie du Jardin des délices adapte directement une œuvre de Bosch, les trois autres étant des « pastiches » composés d'éléments empruntés au répertoire du maître[9].

Accrochées au palais de la Granja avant 1967, les tapisseries rejoignent ensuite les collections conservées à l'Escurial, où elle a notamment été exposée en 2016, à l'occasion du 500e anniversaire de la mort de Bosch.

Description

Notes et références

Voir aussi

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