Les Noces de Cana (Bosch)

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Artiste
Jérôme Bosch
(attribué à)
Date
après 1550
Technique
huile sur panneau
Les Noces de Cana
Artiste
Jérôme Bosch
(attribué à)
Date
après 1550
Type
Technique
huile sur panneau
Dimensions (H × L)
93 × 72 cm
Mouvement
No d’inventaire
St 25Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

Les Noces de Cana est un tableau traditionnellement attribué à Jérôme Bosch (v. 1453 – v. 1516). L’œuvre est exposée au musée Boijmans Van Beuningen de Rotterdam, aux Pays-Bas. Plusieurs copies de ce tableau sont connues. Jusqu'à récemment, l'exemplaire exposé au musée Boijmans était considéré comme étant l'original. Cependant, une analyse dendrochronologique a démontré qu'il n'avait pas pu être peint avant 1544, plus de trente ans après la mort de l'artiste. Frédéric Elsig propose de l'attribuer à un élève de Bosch, Gielis Panhedel[1].

Les petits chiens en bas à gauche ont été ajoutés à une date tardive.

Un repas de noces par ou d'après Bosch faisait partie de la collection Rubens à Anvers. Le tableau exposé au musée Boijmans est acquis à Anvers par un peintre anglais. Sa base a été sciée ainsi que les coins supérieurs de sorte à former des « marches ».

Le thème : Les Noces de Cana

Seul parmi les évangélistes, Jean (2:1-11) parle du miracle accompli par Jésus au cours des Noces de Cana. La merveille s'accomplit devant la Vierge Marie et les disciples. « Or il n'y avait plus de vin », Marie en informa Jésus, « Il y avait là six jarres de pierre ». Jésus ordonna aux serviteurs : « Remplissez d'eau ces jarres (…) puisez maintenant et portez en au maître du repas ». Ce miracle de l'eau changée en vin a reçu plusieurs interprétations. On met souvent les Noces de Cana en relation avec la Dernière Cène et l'institution de l'Eucharistie. Suivant l'enseignement de saint Augustin, on y voyait aussi un symbole du mariage entre la Christ et l'Église.

Composition

Les Noces de Cana du Musée Boijmans Van Beuningen ont longtemps été considérées comme un œuvre originale, mais cette attribution à Jérôme Bosch est aujourd'hui contestée. Comme éléments de comparaison on possède un dessin (Musée du Louvre, Paris) et l'une ou l'autre copie de moins bonne qualité. Le dessin pourrait provenir d'un atelier proche de l'original.

Comme dans la copie, on y voit treize convives — dont quatre femmes — assis autour d'une table en forme de « L ». Derrière la table se trouvent des serviteurs ; certains apportent des plats ou des entremets : une hure (tête) de sanglier et un cygne rôti revêtu de ses plumes, tous deux crachant du feu[2]. Dans le fond, devant un haut buffet garni de vaisselle précieuse, se tient un personnage muni d'une baguette, le maître de cérémonie chargé de diriger le déroulement de la fête. Sur une estrade deux musiciens jouent de la cornemuse et d'un instrument à vent courbe. Cet instrument a disparu avec l'angle du tableau de Rotterdam mais devait s'y trouver, car on peut encore apercevoir le bout courbe de son pavillon (un cromorne ?). Un serviteur remplit une des six cruches d'eau.

Un petit personnage qui semble avoir la taille d'un enfant se tient debout devant la table en face de la nouvelle épouse couronnée de fleurs. Un petit siège doré à sa taille se trouve à sa droite. Ce personnage porte un long vêtement damassé, il lève une main et tient un calice dans l'autre. Il semble porter un toast à la mariée (?) Son rôle ne s'explique pas facilement. Mais il doit avoir un rapport avec l'Eucharistie.

À gauche de la mariée se tient Marie, et à sa droite se trouve le marié que l'on serait tenté d'identifier avec saint Jean. D'après certaines interprétations d'ailleurs, on aurait célébré à Cana les noces de saint Jean et de Marie-Madeleine. Jésus est assis à droite sous le baldaquin devant un drap d'honneur. Cet emplacement était en général réservé à la mariée. Jésus bénit discrètement l'eau pour la changer en vin.

À sa gauche et à sa droite se tiennent deux hommes : celui de droite a parfois été considéré comme un portrait de donateur. Il semblerait qu'il n'en soit rien, car, dans le dessin du Louvre, ce personnage est également présent alors qu'un donateur et son saint patron sont représentés en bas à gauche. Le saint habillé comme un évêque porte un modèle d'église dans les mains et une colombe sur l'épaule. Saint Grégoire et saint Rémi sont souvent représentés avec une colombe. Le premier est généralement coiffé d'une tiare puisqu'il fut pape, ce qui n'est pas le cas ici.

Un miracle attribué à saint Rémi pourrait être mis en relation avec les Noces de Cana car, en visite chez une de ses parentes, le vin manqua au cours du repas. Rémi bénit le tonneau vide qui se remplit miraculeusement.

Dans le tableau, les donateurs n'existent pas (ils sont absents à la radiographie et dans l'étude à l'infrarouge). On pourrait en conclure que le dessin reproduit le tableau original avec les donateurs, tandis que le tableau de Rotterdam serait une copie proche de l'originale mais non destinée à un donateur en particulier. Pour animer l'espace normalement dévolu au donateur sur le dessin, un peintre aurait tardivement ajouté les deux chiens du premier plan.

Analyse de l’œuvre

Notes et références

Voir aussi

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