Le Picard Arderiville et le Parisien Badaudin, en voyage au bord de la mer à deux lieues d’Honfleur, voyant une huitre, Ardenville la ramasse. Badaudin l’ayant vue le premier, tous deux prétendent l’avoir. S’ensuit une dispute dont le bruit attire Doucet, sergent. Les plaideurs le conjurent de les juger, ce qu’un sergent ne saurait faire. La querelle empire et les plaideurs veulent venir aux mains. Ils ont déjà posé leur bagage par terre, lorsqu’on annonce la justice. Deux plaideurs se présentent, mais comme ils sont pauvres, et qu’ils ne peuvent payer ni les procureurs ni les avocats, on les renvoie. Pendant ce temps, on prépare le tribunal de la justice, où la déesse va présider à un traité où elle n’a besoin que de faire acte de présence.
L’absence de la Justice permet aux plaideurs de renouveler leur altercation. Les avocats arrivent, et sans daigner écouter les raisons de leurs nouveaux clients, ils font déposer l’huitre en contestation au greffe et s’emparent également de leur bagage, comme « accessoire » devant répondre des frais. Tandis que les avocats, qui ont tout l’air de vouloir amplifier l’affaire au maximum avec « des productions, des consultations, des informations, des confrontations, des perquisitions, des récusations », afin de donner une « une belle forme judiciaire », vont se préparer, les plaideurs, restés seuls, sont inquiets. Pressentant la déconfiture de leur affaire, ils se cèdent volontiers l’huitre, et annoncent leur résolution aux avocats. Lorsque les plaideurs réclament le retour de leur caution, les avocats, après s’être enquis de leur origine, refusent que leur bagage leur soit rendu : « pour produire un chicaneur profond Qui d'une affaire bien ourdie, Sache conduire & la forme & le fond, Parlez-moi de la Normandie. »
La justice étant arrivée, la cause est plaidée, mais si mal qu’il est impossible de s'entendre. La justice fait apporter l'objet du litige et demande son ouverture : « voyons », dit-elle. Une fois l’huitre ouverte avec l’épée de la justice, la Justice résout promptement le contentieux ostréicole à la façon de Salomon, en avalant le bivalve litigieux, dont elle donne une coquille à chaque plaideur. Les plaideurs s'emportent contre ce jugement inique et, lorsque les avocats les informent qu’ils ne seront pas condamnés aux dépens, puisque leurs hardes seront gardées, ils veulent faire un sort au personnel de la cour. Lorsque l’huissier supplie les plaideurs à genoux de l’assommer, les avocats expliquent que cela lui aurait permis de les faire mettre en prison, ce qui aurait fait ses affaires. Les plaideurs comprennent alors qu’ils ont tout intérêt à quitter ce « maudit pays ».