L'argent et les votes ethniques
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« L'argent, puis des votes ethniques », est un extrait polémique de la déclaration du premier ministre québécois Jacques Parizeau le [1] faite lors de l’échec du camp souverainiste (auquel il appartient) pendant le référendum sur l'indépendance du Québec[1]. Parizeau voulait, avec cette déclaration, dénoncer les dépenses illégales engagées par les forces fédéralistes du « non »[2],[3] et la tendance chez les communautés ethnoculturelles non francophones au rejet massif et systématique du projet souverainiste[4]. Ces propos sont vivement critiqués (dans le camp fédéraliste comme souverainiste)[4]. Ce commentaire tend selon certains[1] à dévaloriser certains électeurs pour leur origine ethnique. Jacques Parizeau annonce son départ de la vie politique le lendemain du scrutin, à partir du salon rouge de l'Assemblée nationale[2]. La polémique engendrée par ce propos de Parizeau a eu une grande importance dans la politique québécoise : selon Lucien Bouchard, sa démission du poste de premier ministre serait due avant tout à la vive polémique qu'il a suscité[5]. Elle a aussi amené, selon certains, à l’affaiblissement de la volonté d'indépendance au Québec[4],[5].
L'élection
Alors qu'un grand élan de volonté d'indépendance parcourt le Québec[6], le Parti québécois (qui souhaite réaliser l'indépendance du Québec) arrive au pouvoir dans cette province lors de l’élection de 1994. Jacques Parizeau devient ainsi premier ministre du Québec. Il organise alors un référendum sur la souveraineté du Québec, qui doit avoir lieu le [2]. Les sondages montraient que juste avant la date fatidique, les deux camps étaient à peu près à égalité[3].
Le référendum
Jacques Parizeau est optimiste. Il pense que le « oui » va l'emporter[3],[7].
Lorsque les premiers résultats de certaines villes tombent, le camp souverainiste l'emporte dans ces zones[3]. Mais peu à peu, alors que les résultats d'autres villes sont donnés, les fédéralistes rattrapent le score des indépendantistes[3]. Les résultats provisoires de la province sont ensuite donnés, il est clair que le camp des fédéralistes est victorieux. Les résultats définitifs seront de 49,42 % pour les indépendantistes et 50,58 % pour les fédéralistes[3]. Jacques Parizeau est alors extrêmement déçu, et même en colère[7]. Il doit tout de même faire un discours devant ses militants sur la scène du Palais des congrès de Montréal[1]. C'est dans ce discours que les propos polémiques seront tenus.
Déclaration
Jacques Parizeau, au moment de faire son discours, fait beaucoup d’hésitations[1]. Il finit par déclarer :
« Si vous voulez, on va cesser de parler des francophones du Québec, voulez-vous ? On va parler de nous, à 60 %. On a voté pour ! [...]
C’est vrai... c’est vrai qu’on a été battu, au fond par quoi ? Par l’argent... puis des votes ethniques,... essentiellement.
Alors ça veut dire que la prochaine fois, au lieu d’être 60 ou 61 % à voter OUI, on sera 63 ou 64 %, et ça suffira ! C'est tout ! »[1],[3]
Sens de la déclaration
Lorsque Parizeau parle de « nous », il veut parler des francophones, contrairement à ce qu'il laisse signifier en disant: « on va cesser de parler des francophones du Québec ». Il exclut donc de son analyse les votes venant des autres communautés linguistiques du Québec[1].
En parlant de « l'argent », il critique surtout ainsi les dépenses illégales engagées par les fédéralistes, c'est-à-dire le camp du « non »[2],[8].
En parlant des « votes ethniques », il critique la tendance chez les communautés ethnoculturelles non francophones du rejet massif et systématique du projet souverainiste[8],[9].
En disant « au lieu d’être 60 ou 61 % à voter OUI, on sera 63 ou 64 %, et ça suffira ! », il renonce à convaincre les non-francophones du projet d'indépendance du Québec[8].