LMB Aerospace
spécialiste français des ventilateurs pour l’aéronautique et la défense
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LMB Aerospace, ou LMB Fans & Motors, est une entreprise de taille intermédiaire (ETI) française, d'origine belge, du secteur de l'armement établie à Malemort-sur-Corrèze depuis 1956, qui a été achetée en décembre 2025 par le groupe américain Loar Group. L'annonce de cette acquisition a soulevé un débat politique en France en janvier 2026.
| LMB Aerospace | |
| Création | 1956 |
|---|---|
| Forme juridique | Société anonyme |
| Siège social | Malemort |
| Produits | Ventilateur |
| Site web | https://www.lmbaerospace.com/ |
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | |
Secteur d'activité et forme juridique
Elle développe et fabrique des moteurs et ventilateurs électriques pour des applications militaires, aéronautiques, spatiales et semi-conducteurs. Ses équipements sont notamment utilisés pour les Rafale, les sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) de Naval Group, les hélicoptères Tigre d'Airbus, le char Leclerc ou encore le porte-avions Charles de Gaulle[1].
Sa forme juridique est une Société par actions simplifiée au capital de 743 350€. Son PDG en 2026 est Thomas Bernard et elle emploie 60 personnes (en 2022), son chiffre d'affaires pour 2025 est de 41 981 198 €[2].
Historique
L'entreprise, créée dans l'entre-deux-guerres en Belgique, sous le nom de La Magnéto Belge, fuyant l'invasion allemande, s’établit en Corrèze, en prenant le nom de Le Moteur de Brive[3].
LMB Aerospace établit son siège et son site industriel en 1956 à Malemort-sur-Corrèze, dans l’agglomération de Brive-la-Gaillarde. L’entreprise se spécialise dans la fabrication d’équipements aéronautiques, notamment des systèmes de ventilation et de refroidissement[4].
En 1987, à la mort de son fondateur, l'entreprise est rachetée par une entreprise de défense américaine, qui elle-même la revendra à l'industriel américain Honeywell[3].
Jusqu’en 2012, LMB constitue une division d'Honeywell, avant d’être successivement rachetée par plusieurs fonds d’investissement français. À partir de 2022, la société relève du portefeuille de Tikehau Ace Capital, Amundi Private Equity Funds et IDIA Capital Investissement[4].
Installé aux États‑Unis depuis 2016, le PDG de l’entreprise, Thomas Bernard, a fait du marché américain une priorité stratégique et fixe l'objectif de doubler les revenus générés sur ce marché entre 2021 et 2025, afin d’atteindre environ 13 millions d’euros[4].
Acquisition par Loar Group et perspectives
Le 20 février 2025, Loar Group, groupe américain qui rassemble des sous-traitants de l’aéronautique et de la défense, annonce le début de négociations exclusives pour acheter LMB Aerospace pour 365 millions d’euros « plus la prise en charge de la dette nette »[5].
L’acquisition de LMB Aerospace par Loar Group est finalisée à la fin de décembre 2025 pour un montant de 367 millions d’euros. Selon Loar Group, LMB Aerospace vise un chiffre d’affaires de 60 millions de dollars (environ 50 millions d’euros) en 2026, pour un bénéfice estimé à 30 millions de dollars[4].
Polémiques au sujet de l'acquisition par un groupe américain
Lors de l'acquisition, le ministère de l’Économie n’impose pas la présence de Bpifrance au capital, contrairement aux recommandations qu'aurait faites la Direction générale de l’armement (DGA)[4]. L'État fait en revanche l’acquisition d’une action de préférence de l'entreprise, qui sera détenue par l'Agence des participations de l’État (APE)[6].
Cette acquisition est dénoncée le 28 janvier 2026 par Jean-Luc Mélenchon fondateur de La France insoumise (LFI) et par Jordan Bardella président du Rassemblement national (RN) qui accusent le ministre de l'Économie Roland Lescure de n'avoir pas imposé une entrée au capital de Bpifrance[4].
Interrogé le 29 janvier par Public Sénat, le sénateur Cédric Perrin, président LR de la Commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat, se désole, car « Une fois de plus, c’est une partie de notre souveraineté et une entreprise française qui disparaît (…) de l’autre côté, on ne peut pas empêcher la capitalisation étrangère, quand nos entreprises rachètent aussi des entreprises aux Etats-Unis. » Il dément pourtant l’information selon laquelle la DGA n’aurait pas donné son accord[7].
L'État français se dote finalement d'une action spécifique («golden share») dans LMB Aerospace après la vente de cele-ci à la société américaine Loar Group, selon un arrêté paru dimanche 8 mars 2026 au Journal Officiel[8].