La Force (Botticelli)
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| Artiste | |
|---|---|
| Date | |
| Commanditaires | |
| Type |
Tempera sur bois |
| Dimensions (H × L) |
167 × 87 cm |
| Mouvement | |
| No d’inventaire |
1606 |
| Localisation |
La Fortitude (en italien : Fortezza) est une peinture allégorique de Sandro Botticelli, datant de 1470, conservée à la Galerie des Offices à Florence.
Il s'agit probablement de l'œuvre datée la plus ancienne de Botticelli.
Un contrat datant du stipule une commande de sept Vertus à Piero Pollaiuolo par le Tribunale della Mercanzia (it) qui diligentait les Corporations d'arts et métiers médiévales de Florence, afin de décorer les dossiers des bancs de la salle des audiences du siège situé piazza della Signoria. Une deuxième délibération fait état de la confirmation de la commande à laquelle a probablement participé Antonio, le frère de Piero.
L'atelier du Pollaiuolo porta à terme six des sept tableaux prévus, tandis que le jeune Sandro Botticelli réalisa le septième « La Force ».
Le jeune peintre a été choisi sur proposition du magistrat de la Mercatura Tommaso Soderini, à son tour conseillé par Pierre Ier qui avait pris l'artiste sous sa protection. Ce choix a été fait en 1469, le tableau a été alloué au cours du mois de , et a été livré le , date correspondant au versement du solde de la commande.
La peinture plut aux commanditaires, qui auraient voulu confier à Botticelli la réalisation d'une seconde Vertu, mais les énergiques protestations du Pollaiuolo, soutenu par l'Arte dei Medici e Speziali corporation à laquelle les peintres étaient affiliés, firent échouer l'initiative.
L'œuvre a été citée par Albertini en 1510[1]. À la suite de la suppression du tribunal en 1777, elle a été transportée à la Galerie des Offices où elle a été exposée seulement à partir de 1861, car son état de conservation était jugé décadent et seule la Vertu Prudence était exposée.
La peinture a fait l'objet d'une restauration en 1997 qui a permis de récupérer la force plastique de la figure, la luminosité du trône et de la cuirasse tandis que la fraîcheur du visage est restée altérée à la suite des précédentes interventions. Par la même occasion, le tableau a été examiné par réflectographie infrarouge optique qui a mis en évidence le dessin préparatoire très élaboré qui a subi diverses corrections au cours de l'exécution de l'œuvre[2].
Thème
La représentation allégorique obéit à plusieurs règles dans le but de représenter des idées abstraites sous forme de figures humaines ou animales, ou d'objets symboliques. Parmi elles celles des Vertus cardinales sont dédiées aux valeurs humaines. Celle de la Force se doit d'être représentée avec les attributs permettant le courage, soit l'armure, un bâton de commandement…
Description
La figure est construite selon une diagonale qui lui permet d’occuper tout l’espace. La Force, interprétée comme « détermination », tient le sceptre du commandement à la main, assise sur un ample trône semblant taillé dans le marbre avec accoudoirs, inspiré d'Andrea del Verrocchio. Son coude gauche repose sur la colonne, un autre de ses attributs.
La couleur et la plasticité dérivent de l'art de Fra Filippo Lippi, premier maître de Sandro Botticelli, ainsi que le physique et la beauté idéalisée du modèle féminin, bien qu'un peu énergique et légèrement mélancolique, typique de Botticelli. Les formes sont solides et monumentales, animées d'une tension linéaire apprise auprès d'Antonio Pollaiuolo.
Le trône, à différence de l'austère banc en marbre de Pollaiuolo, est richement décoré et comporte des formes fantastiques rappelant les qualités morales nécessaires dans l'exercice de la magistrature, une allusion symbolique au « trésor » qui accompagnait la possession de cette vertu.