Le concept de croiseur torpilleur était un développement de la controversée Jeune École, une pensée stratégique navale qui soutenait que les grands cuirassés qui étaient alors construits en Europe pouvaient être facilement et à moindre coût vaincus par de petits navires de guerre armés de torpilles. La plupart des nations en ont construit dans les années 1880-1890, mais le concept s’est avéré inadapté et la plupart de ces navires ont été utilisés pour d’autres tâches en 1914[1].
La classe Dunois faisait suite à la classe D'Iberville, mais les deux navires de la classe étaient plus légers que les précédents de classe D'Iberville. Ils en différaient dans leur conception, car ils adoptaient des ponts inversés, l’avant et l’arrière étant plus bas qu’au centre. Malgré une puissance plus importante (7500 ch contre 5000 ch), ils ne parvenaient pas à dépasser les 22 nœuds[1]. Ils ont été classés à l’origine comme aviso-torpilleurs et plus tard comme contre-torpilleurs, mais ils présentaient la particularité de ne pas posséder de tubes lance-torpilles ! Ces navires légèrement blindés étaient destinés spécialement aux actions contre les torpilleurs ennemis[2].
Le La Hire avait un déplacement de 904 tonnes[1],[3]. Sa longueur était de 78 mètres, son maître-bau de 8,50 mètres et son tirant d'eau de 3,90 mètres[3]. Il était propulsé par deux chaudières VTE et huit chaudières Normand-Sigaudy produisant une puissance de 7500 ch et entraînant deux arbres d'hélice[2]. Sa vitesse maximale était de 22[2] ou 23 nœuds[3]. Il emportait 137 tonnes de charbon, ce qui lui donnait un rayon d'action de 5000 milles marins à la vitesse de croisière de 10 nœuds. Sa protection était assurée par une ceinture blindée de 25 mm (mais uniquement au niveau de la salle des machines), plus un blindage de 10 mm sur le pont, et de 50 mm pour la passerelle[2]. Son armement était composé de 6 canons de 65 mm modèle 1891 et de 6 canons de 47 mm modèle 1885[2],[3]. Son équipage était de 137[2] ou 138[3] hommes.