La Justice de l'empereur Otton

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Artiste
Dirk Bouts (jusqu'en 1475)
Date
v. 1471-1482
Technique
huile sur bois de chêne
La Justice de l'empereur Otton
Artiste
Dirk Bouts (jusqu'en 1475)
Date
v. 1471-1482
Type
Technique
huile sur bois de chêne
Dimensions (H × L)
323.5 et 324.5 × 181.5 et 182 cm
Mouvement
No d’inventaire
1447-1448Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

La Justice de l'empereur Otton est le titre d'un diptyque composé de deux grands panneaux de chêne peints à l'huile par Dieric Bouts dans la première moitié des années 1470 puis achevés par d'autres mains avant 1482.

Commandés en 1468 en tant que tableaux de justice pour l'hôtel de ville de Louvain, les deux tableaux représentent un épisode légendaire de la vie de l'empereur germanique Otton III et sont aujourd’hui conservés au musée Oldmasters de Bruxelles sous les numéros d'inventaires 1447 et 1448.

Le sujet du diptyque est emprunté à un passage de l’Historia lombardica rédigée au XIIIe siècle par Jacques de Voragine et insérée à la fin de sa Légende dorée :

« 

Othon III [...] avait une femme qui voulait se prostituer à un certain comte. Et comme celui-ci se refusait à un tel crime, elle le noircit auprès de l’empereur, qui le fit décapiter sans jugement. Mais le comte, avant de subir sa peine, pria sa femme de prouver son innocence, après sa mort, par l’épreuve du fer rouge.

Un jour donc, la veuve se présenta devant l’empereur avec la tête de son mari et lui demanda de quel châtiment était digne celui qui a mis à mort un innocent. L’empereur lui répondit qu’un tel homme était digne de la mort. Et la veuve : « C’est toi qui es cet homme : car, à la suggestion de ta femme, tu as fait périr mon mari innocent ; et je m’offre à le confirmer par l’épreuve du fer rouge ! » Ce que voyant, l’empereur, stupéfait, se remit entre les mains de cette femme, pour être puni. Mais le pape intervint, et obtint de la veuve, successivement, quatre délais [...]. Alors l’empereur, ayant examiné la cause et reconnu la vérité, ordonna que sa femme fût brûlée vive, et céda à la veuve, pour racheter sa faute, quatre châteaux.

 »

 Jacques de Voragine, La Légende dorée, chap. CLXXVIII[1]

Le premier panneau représente trois scènes de cette légende :

  • au troisième plan, à droite, l'empereur écoute sa femme accuser le comte ;
  • au second plan, à gauche, le comte est conduit au supplice ;
  • au premier plan, le bourreau vient de décapiter le comte, dont il remet la tête à la veuve.

En application de la technique de la narration continue, ces deux dernières scènes ne sont pas nettement séparées et partagent le même espace, ce qui explique que le comte et son épouse soient visibles deux fois sur ce même panneau[2]. Les bâtiments visibles à l'arrière-plan pourraient constituer une vue de Louvain, avec la porte de Malines et le château du Mont-César[3].

Le second panneau représente les deux derniers épisodes de la légende :

  • au premier plan, la veuve, à genoux devant l'empereur et tenant la tête de son mari, subit avec succès l'ordalie du fer rouge ;
  • en arrière-plan, la femme de l'empereur est brûlée vive sur un bûcher.

Outre les deux couples, ainsi que des bourreaux et des moines, plusieurs autres personnages habillés à la mode des années 1470 assistent à ces différentes scènes. L'individualisation de leurs traits suggère qu'il pourrait s'agir de portraits de contemporains de Bouts, comme par exemples les magistrats de Louvain commanditaires de l’œuvre[4]. L'un de ces personnages pourrait même être un autoportrait de l'artiste[3].

Les tableaux ont conservé leurs cadres d'origine, dont les remplages gothiques font écho à ceux peints par Bouts à l'arrière-plan du panneau de L’Épreuve du feu.

Histoire

Notes et références

Voir aussi

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