La Lune et le Caudillo
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| La Lune et le Caudillo Le rêve des intellectuels et le régime cubain (1959-1971) | |
| Auteur | Jeannine Verdès-Leroux |
|---|---|
| Pays | |
| Genre | Histoire, histoire politique |
| Distinctions | Prix Biguet de l'Académie française (1990) |
| Éditeur | Gallimard |
| Collection | L'Arpenteur |
| Lieu de parution | Paris |
| Date de parution | 1989 |
| Couverture | Liliane Siegel (photographie) |
| Nombre de pages | 561 |
| ISBN | 2-07-078018-X |
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La Lune et le Caudillo. Le rêve des intellectuels et le régime cubain (1959-1971) est un essai de Jeannine Verdès-Leroux, sociologue et historienne, publié en 1989 chez Gallimard.
L'ouvrage met en perspective le régime castriste avec le rêve des intellectuels. Il a obtenu le prix Biguet de l'Académie française.
Le titre vient d'un échange entre Jean-Paul Sartre et Fidel Castro lors du voyage du philosophe à Cuba en 1960[1] : « Le besoin d'un homme est un droit fondamental », disserta Castro ; alors Sartre s'enhardit : « Et s'ils demandaient la lune ? » ; Castro, ayant réfléchi, répondit : « S'ils me demandaient la lune, ce serait parce qu'ils en ont besoin »[2].
Le caudillo, dans le monde hispano-américain, est un chef de guerre, avec une connotation péjorative d'autoritarisme dictatorial. Ce reproche, des opposants à Fulgencio Batista l'adressaient déjà à Castro avant sa prise du pouvoir[3].
Présentation
Le livre repose sur une documentation importante, qualifiée de « colossale » par Serge Raffy[4].
Jeannine Verdès-Leroux a consulté les archives des journaux cubains Bohemia, Hoy (organe du P.S.P., communiste), Revolución (M-26, castriste), Granma, en particulier, mais aussi une centaine de discours de Castro, les textes d'Ernesto Che Guevara et de ses proches, ainsi que les études, récits, ou biographies publiées sur la mise en place et la consolidation du régime castriste ; elle a aussi rencontré personnellement des témoins des faits[5].
Il constitue, d'une part, un réquisitoire argumenté contre l'attitude de l'intelligentsia de gauche vis-à-vis du régime castriste, de sa prise du pouvoir, en 1959, jusqu'à cette « rupture », en 1971, une tentative de réponse à cette interrogation, « ce violent paradoxe » : comment des intellectuels de gauche, philosophes, journalistes, écrivains, ont-ils été amenés à chanter sans discernement les louanges d'un régime qui appliquait chez lui tout ce qu'ils condamnaient en d'autres lieux[6], et d'autre part une proposition de lecture du castrisme plus réaliste que sa « légende » diffusée par la propagande et reprise par ses thuriféraires[7]. Ce travail en fait un ouvrage essentiel, qualifié par Pierre Rigoulot de « grand livre du déniaisement sur Cuba » et régulièrement cité en référence par ceux qui ont écrit ultérieurement sur le sujet[8].