La Mort de Polydoros
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| Artiste |
Anonyme |
|---|---|
| Date |
Entre 1623 et 1626 |
| Lieu de création | |
| Type |
Tapisserie / Objet d'art |
| Technique |
Broderie de soie, fils d'or et satin peint |
| Dimensions (H × L) |
364,5 × 489 cm |
| No d’inventaire |
1970-538 |
| Localisation |
La Mort de Polydoros (ou Polydore) est une tapisserie du XVIIe siècle qui fait partie d'un groupe de sept tentures dispersées dans différents musées ou collections, et illustrant des épisodes de l'Iliade d’Homère.
Ici, il s'agit de la mort de Polydore, le fils de Priâm et d'Hécube, assassiné par son oncle Polymestor dont le corps est retrouvé par sa mère et ses servantes. Son histoire est narrée par différents auteurs de l'Antiquité.
Cette tapisserie ainsi qu'une deuxième de cette série de sept sont conservées au Musée des Beaux-Arts de Lyon.
Elle a sans doute été fabriquée à Macao par un atelier sino-portugais, au début du XVIIe siècle[1] à la fin de la dynastie Ming
Il s'agit d'une commande du royaume de Portugal. On pourrait supposer que les sept tentures furent commandées par Francisco Mascarenhas, le gouverneur portugais de Macao de 1623 à 1626, car les médaillons représentant la femme serpent des deux côtés du cadre, et le blason du lion à chaque recoin, représenteraient alors la famille Mascarenhas.[précision nécessaire]
Cette œuvre fait actuellement partie de la collection des objets d'art du musée des Beaux-Arts de Lyon.
Description
Sujet
La scène représentée montre le jeune prince de Troie Polydore, dernier fils du roi Priam et de son épouse Hécube, assassiné puis jeté à la mer par son oncle Polymestor. Priam avait chargé celui-ci de garder son fils ainsi qu'une importante quantité d'or durant le conflit entre les Grecs et les Troyens. Mais Troie est prise par les Grecs qui doivent éliminer tous les Priamides (la descendance de Priam); ils demandent donc alors à Polymestor de tuer son neveu, et lui promettent en échange de l’épargner et de lui laisser les trésors que Priam lui avait confiés et qu’il convoitait.
Polymestor tue donc son neveu et jette son corps à la mer. Mais le corps est bientôt ramené sur le rivage, avant d'être retrouvé par Hécube et ses servantes. C'est cette scène que figure la tapisserie La mort de Polydore.
L'histoire de Polydore est narrée plusieurs fois dans la mythologie, en particulier par Euripide, Ovide et Virgile[2]. Homère en parle aussi, mais le personnage apparaît dans un contexte très différent: tout d'abord, sa mère n'est pas Hécube, mais un autre épouse de Priam du nom de Laothoé[3], et ensuite, il meurt au combat, tué par Achille, durant la Guerre de Troie[4],[5].
La pièce et la collection
La pièce faisait partie d'une suite qui s’adaptait sans doute aux murs d’une pièce entière pour former un décor continu. Il faut dire que déjà au Moyen Âge, artistes et artisans tapissiers s'étaient inspirés des histoires et des personnages de la Guerre de Troie, ces sujets leur permettant de déployer le récit en de grandes compositions[6]. Pour ce qui est de la Mort de Polydore, la tapisserie a été réalisée d'après une gravure de Bernard Salomon, qui fut actif à Lyon de 1540 à 1561, tirée de l'ouvrage intitulée La Métamorphose d’Ovide figurée, imprimée à Lyon par Jean de Tournes en 1557.
Outre L'assassinat de Polydore, le Musée des Beaux-arts de Lyon conserve aussi La vengeance d’Hécube. Trois autres pièces sont exposées au Metropolitan Museum of Art de New-York : L’Enlèvement d’Hélène, Le sacrifice de Polyxène et Le Sacrifice de Calchas, tandis que La Prophétie de Calchas, elle, fait partie d’une collection privée à Monaco.
Les pièces présentées à Lyon ont été acquises en 1970 auprès de la galerie Boccora à Paris[réf. nécessaire].
Technique
En ce qui concerne la tenture de l'assassinat de Polydore, il s'agit d'une broderie de soie, fils d'or et satin peint, d'une hauteur de 364,5 cm pour une largeur de 489 cm, et d'une épaisseur de 0,4 cm[1]. Cette pièce, comme les autres de la série, mêlent la broderie aux pièces de satin de soie peintes que l'artiste a employé pour les visages et les chairs[6]. Il y a ainsi un traitement pictural des corps qui contraste avec « traitement très décoratif des fonds presque stylisés »[6].
Par ailleurs, une restauration a amené au jour une inscription en chinois, ce qui a amené à attribuer ces broderies à attribuer ces broderies à un atelier extrême-oriental, une hypothèse confortée par les armoiries qui se trouvent aux angles de la composition et qui seraient celles d'un gouverneur de Macao du début du XVIIe siècle



