La Mort de Sophonisbe (Preti)
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| Artiste |
Mattia Preti |
|---|---|
| Date |
vers 1670 |
| Technique |
Huile sur toile |
| Dimensions (H × L) |
202 × 178 cm |
| Propriétaire |
Dépôt de l'État |
| No d’inventaire |
A 60 |
| Localisation |
Sophonisbe prenant le poison ou La Mort de Sophonisbe est un tableau peint par Mattia Preti dans les années 1670 conservé au musée des Beaux-Arts de Lyon, en France. Il met en scène le personnage déjà connu de Sophonisbe. Celle-ci incarne de grandes valeurs comme l'honneur, le courage, la détermination et le sang-froid.
La toile dont la création remonte au quatrième quart du XVIIe siècle, se trouve actuellement au musée des Beaux-Arts de Lyon[1].
En 1802, il fut acquis par le gouvernement napolitain pour être donné à la France en compensation des tableaux repris dans les dépôts français de l’église Saint-Louis-des-Français de Rome. En 1804, le tableau arrive à Paris.
Plusieurs expositions du tableau ont eu lieu, la première à Naples en 1838, ensuite à Cologne en 1872, à Lyon en 1988, à Marseille en 1988, et de nouveau à Naples en 1989.
En 1987, le tableau est restauré après un examen par le LRMF (Laboratoire de recherche des musées de France) aux ateliers de Versailles. L’examen révèle la présence de plusieurs altérations dont une couture horizontale dans la partie médiane du tableau (passant au niveau du cou du personnage recevant la coupe) et l’ensemble de la couche picturale était obscurcie par un vernis brun-verdâtre très épais. Les bords du tableau avaient été coupés, lors du précédent rentoilage (une opération de restauration). La restauration consiste à refixer la couche préalable, à alléger le vernis et à éliminer les repeints par un dégagement au scalpel des astics, des crasses et des accumulations de vernis.
Ensuite, l'œuvre a été soumise à la reprise des usures et à la peinture des glacis de ré harmonisation à l’aquarelle sur l’avant-bras droit de l’homme en armure. La restauration se termine par un vernissage général de l’œuvre.
Description
Cette œuvre est une huile sur toile de hauteur 2,02 mètres et de largeur 1,78 mètre[1].
Ce tableau baroque évoque une grande puissance et une qualité dynamique. Il est influencé par l’art pathétique et sombre du Caravage. Il possède un caractère théâtral avec pour décor des éléments architecturaux. Sophonisbe est pâle et défigurée, on ressent en elle l’effet rapide du poison qu’elle vient de prendre. Sa main gauche est posée sur son torse. De l’autre main, elle tient le poison. La pâleur de son visage connote l’effet accompli de l’acte mortel. Massinissa porte une toge rouge sur l’épaule représentant à la fois le meurtre et l’amour destructeur. Sophonisbe porte une étoffe bleue : couleur rare réservée à des personnages importants. Cet amour est également mis en avant par le putto, petit ange, représentatif de l’art baroque. Tous les regards sont orientés en direction de Sophonisbe, personnage principal de la scène. Une femme en bas à droite se cache le nez avec un mouchoir en signe d'anxiété. Le ciel, que l’on peut apercevoir en haut à droite, est couvert par de nombreux nuages allant du gris au noir. Ces couleurs qui obscurcissent le ciel font référence a la figure principale Sophonisbe mourant.
Contextes
Mattia Preti est un artiste clé qui influença la peinture à Naples au milieu du XVIIe siècle. Dès 1630, avec Giordano, son contemporain, il met en place les nouvelles tendances baroques. La principale influence artistique de Mattia Preti est celle du Caravage qui lui a inculqué un art pathétique et sombre. Preti arrive à Naples en 1656 et remplace peu à peu l’esthétique matérialiste et classicisant du début du siècle par des éléments baroques : théâtralité, scènes mouvementées, plans lumineux mais aussi tendance du « ténébrisme ».
Les œuvres de Mattia Preti sont principalement exposées en France, en Italie et à Malte et représentent le style baroque qui prône l'exubérance. En effet, le mot baroque venant du portugais barroco qui désigne une perle de forme irrégulière est un style qui recherche le mouvement avec par exemple une grande place accordée à la représentation du corps, l'importance du drapé ainsi que la profusion des personnages.