La Perouse (Australie)

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La Perouse
La Perouse (Australie)
L'obélisque de La Pérouse et son enclos.
Administration
Pays Drapeau de l'Australie Australie
État Nouvelle-Galles du Sud
Zone Randwick
Code postal NSW 2036
Démographie
Population 399 hab. (2016)
Géographie
Coordonnées 33° 59′ 29″ sud, 151° 14′ 38″ est
Altitude 12 m
Localisation
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La Perouse
Géolocalisation sur la carte : Nouvelle-Galles du Sud
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La Perouse

La Perouse est un quartier de la ville australienne de Randwick, situé dans l'État de Nouvelle-Galles du Sud.

Carte topographique de 1773.

La Perouse est situé sur la péninsule du même nom au nord du passage ouvrant sur Botany Bay, à environ 14 km au sud-est du centre-ville de Sydney.

Toponymie

La Perouse tient son nom de Jean-François Galaup, comte de Lapérouse (1741-1788), qui accosta à Botany Bay le . On y trouve le musée La Pérouse qui recèle des cartes, des instruments scientifiques et d’autres souvenirs des explorateurs français dans la région[1].

Dernière lettre de Lapérouse écrite en 1788.

Près du musée se trouve également le monument La Pérouse, un obélisque érigé par les Français en 1825[2]. Contrairement aux musées français, la légende dorée de Lapérouse est égratignée, notamment sur la question de ses rapports avec les autochtones. Le site fait partie du parc national de Botany Bay créé en 1970[3].

C’est aussi l’un des rares endroits de Sydney à porter un nom français.

Le monument Laperouse et son histoire

C'est donc en 1825 que Bougainville fit ériger ce monument commémoratif qui surplombe la ville[4]. Le lieu a été choisi par le consulat depuis 1945 pour y célébrer le , alors que la France s'est longtemps désintéressée des terres australes.

Vue du XIXe siècle de l'obélisque de La Pérouse[5]

La halte de Lapérouse à Botany Bay avait été commanditée par le Ministère de la Marine, à la suite du débarquement en de la First Fleet du capitaine anglais Philip et de ses huit cents prisonniers[6].

Mais le souvenir de ce passage s'était rapidement effacé ; trente ans plus tard, il ne restait sur cette péninsule que la tombe du chapelain-naturaliste, le père Louis Receveur, décédé pendant la halte de Lapérouse et l'emplacement du French garden où l'horticulteur Jean Nicolas Collignon avait planté des graines européennes[7].

Bougainville prend l'initiative d'ériger ce monument en souvenir de la disparition tragique de l'expédition, mais aussi pour commémorer un capitaine-explorateur dévoué au progrès scientifique qu'il considérait comme un héros national. Il confie le projet à l'artiste La Touane et fait approuver le plan et un espace de 126 m2 par Sir Thomas Brisbane, le Gouverneur de Nouvelle-Galles du Sud. La colonne dorique surmontée d'un astrolabe porte l'épitaphe suivante en français et en anglais :

« À la mémoire de Monsieur de La Pérouse, cette terre qu'il visita en MDCCLXXXVIII est la dernière d'où il a fait parvenir de ses nouvelles. Érigé au nom de la France par les soins de MM. de Bougainville et Ducampier, commandant la frégate La Thétis et la corvette L'Espérance en relâche au Port Jackson en MDCCCXXV. »

Ce monument joue un rôle de présence française pendant tout le XIXe siècle et Cape Banks devient le quartier La Perouse[8]. La presqu'île est dorénavant un quartier d'excursion, puisque se trouve également à Kurnell Beach une plaque, beaucoup plus modeste, à la gloire de James Cook. Les artistes viennent peindre ou dessiner le monument[9]. Il est même envisagé d'encourager les nouveaux propriétaires de terrain d'y bâtir sur le modèle d'une maison d'Albi, patrie de La Pérouse. En intégrant le passage de La Pérouse et de ses successeurs dans l'histoire des origines de l'Australie, Scott affirmait que les interventions françaises n'étaient pas concurrentes de la présence anglaise.

Pendant la première moitié du XXe siècle, la fraternité d'armes des deux guerres mondiales contribue à l'amitié franco-australienne et le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud annonce notamment, le , son intention de céder à la France le terrain entourant le monument Lapérouse. Mais le consul Campana renonce au projet le , « n'ayant pas les moyens de le transformer en parc ou en musée. »

Le fort Lapérouse.

En 1961, à l'occasion de l'inauguration d'une stèle commémorative de la fraternité d'armes franco-australienne dans le parc de l'ambassade de France à Canberra, M. R. G. Menzie dans son discours du , parle de « l'ancienneté de l'amitié franco-australienne datant des premiers jours de la colonisation ». Le monument La Pérouse est devenu un lieu de pèlerinage pour les marins français de passage. Des ex-votos sont appliqués sur le soubassement du monument, portant le nom de navires français ayant fait relâche à Sydney. Ce sont ces mêmes marins de passage qui entretiennent le monument et sa grille. Toutefois, le Courrier australien appelle la communauté locale à prendre en charge « l'entretien de ce monument érigé au bord du Pacifique, comme un cénotaphe autour duquel nous pouvons venir nous recueillir… et communiquer ensemble dans l'héroïsme français. » L'administration des domaines confie l'entretien du monument aux Trustees du mémorial du capitaine Cook pour créer un jardin.

Le samedi , c'est autour du monument Lapérouse qu'est célébrée la fête nationale. Dans son discours du , le consul Eliacheff rappelle que Lapérouse avait promu dès 1788 « les valeurs révolutionnaires de liberté et de fraternité auprès de tous les insulaires du Pacifique. » Pour les autorités de Randwick, cette double célébration est l'occasion de mettre en avant le multiculturalisme australien ; pour l'opinion publique, les médias et les institutions culturelles c'est aussi un prétexte à envisager une histoire différente, la fiction d'une Australie française[10], l'histoire alternative permettant de remettre en question le déterminisme historique. La présence française est investie d'une signification idéologique liée aux valeurs de progrès et de liberté et non du colonialisme. Le , la célébration d'une messe en souvenir du Père Receveur rappelle le rôle de ce franciscain qui était aussi « homme de sciences bien dans l'esprit des lumières du XVIIIe siècle[11]. » Le , l'association des Amis de Lapérouse a organisé une conférence sur l’Indépendance Américaine, grâce à la France, par le professeur Peter Anstey de l'Université de Sydney[12] et annoncé le lancement du programme Thalès qui offre des bourses à des étudiants australiens prévoyant d'aller faire une année d'étude à l'Université Nice-Sophia-Antipolis.

Mais, comme le souligne Saliha Belmessous, pour la communauté aborigène de La Perouse, ce monument témoigne de « l'usurpation territoriale dont ils furent les victimes en tant que premiers habitants de la Botany Bay. »

Le musée Laperouse

Notes et références

Bibliographie

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