La Roque-Gageac

commune française du département de la Dordogne From Wikipedia, the free encyclopedia

La Roque-Gageac est une commune française située dans le département de la Dordogne, en région Nouvelle-Aquitaine.

Faits en bref Administration, Pays ...
La Roque-Gageac
La Roque-Gageac
Le bourg de La Roque-Gageac, au pied de sa falaise et au bord de la Dordogne.
Blason de La Roque-Gageac
Blason
Image illustrative de l’article La Roque-Gageac
Logo
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Dordogne
Arrondissement Sarlat-la-Canéda
Intercommunalité Communauté de communes Sarlat-Périgord noir
Maire
Mandat
Jérôme Peyrat
2026-2032
Code postal 24250
Code commune 24355
Démographie
Gentilé Laroquois, laroquoise
Population
municipale
448 hab. (2023 en évolution de +1,82 % par rapport à 2017)
Densité 62 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 49′ 32″ nord, 1° 11′ 03″ est
Altitude Min. 60 m
Max. 218 m
Superficie 7,17 km2
Type Commune rurale à habitat dispersé
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Sarlat-la-Canéda
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Sarlat-la-Canéda
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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La Roque-Gageac
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La Roque-Gageac
Liens
Site web laroquegageac.fr
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Elle fait partie de l'association Les Plus Beaux Villages de France.

Géographie

Généralités

La RD 703 traverse le bourg de La Roque-Gageac en longeant la Dordogne.

Dans le quart sud-est du département de la Dordogne, en Périgord noir, La Roque-Gageac est une commune située principalement en rive droite de la Dordogne. Une portion du territoire communal de moins de 40 hectares est néanmoins située en rive opposée, au lieu-dit la Borgne. C'est une commune rurale[1] qui fait partie de l'aire d'attraction de Sarlat-la-Canéda[2], zonage d'étude défini par l'Insee, qui a remplacé en 2020 l'aire urbaine de Sarlat-la-Canéda dont La Roque-Gageac faisait partie.

Traversé par la route départementale (RD) 703 qui longe la Dordogne, le bourg de La Roque-Gageac se situe, en distances orthodromiques, huit kilomètres au sud-sud-ouest du centre-ville de Sarlat-la-Canéda et douze kilomètres à l'est-sud-est de celui de Saint-Cyprien. Le bourg bénéficie d'un microclimat dû à la falaise calcaire qui le domine et qui, exposée au sud, conserve sa chaleur, ce qui a permis l'implantation d'un jardin exotique[3].

En rive gauche de la Dordogne, entre deux zones de la commune de Cénac-et-Saint-Julien, le sentier de grande randonnée GR 64 fait une incursion de près de deux kilomètres sur le territoire communal.

Communes limitrophes

La Roque-Gageac est limitrophe de quatre autres communes.

Communes limitrophes de La Roque-Gageac
Vézac Vitrac
La Roque-Gageac
Cénac-et-Saint-Julien Domme

Géologie et relief

Géologie

Situé sur la plaque nord du Bassin aquitain et bordé à son extrémité nord-est par une frange du Massif central, le département de la Dordogne présente une grande diversité géologique. Les terrains sont disposés en profondeur en strates régulières, témoins d'une sédimentation sur cette ancienne plate-forme marine. Le département peut ainsi être découpé sur le plan géologique en quatre gradins différenciés selon leur âge géologique. La Roque-Gageac est située dans le troisième gradin à partir du nord-est, un plateau formé de calcaires hétérogènes du Crétacé[4].

Les couches affleurantes sur le territoire communal sont constituées de formations superficielles du Quaternaire datant du Cénozoïque et de roches sédimentaires du Mésozoïque. La formation la plus ancienne, notée c3b-c, date du Coniacien moyen à supérieur, composée de calcaires bioclastiques grossiers et quartzeux jaunes à bryozoaires et gastéropodes, à niveaux gréseux (formation des Eyzies). La formation la plus récente, notée Fy3-z, fait partie des formations superficielles de type alluvions subactuelles à actuelles. Le descriptif de ces couches est détaillé dans les feuilles « no 808 - Sarlat-la-Canéda » et « no 832 - Gourdon » de la carte géologique au 1/50 000 de la France métropolitaine[5],[6] et leurs notices associées[7],[8].

Relief et paysages

Au premier plan : en bas à gauche les Landes ; en bas à droite Saint-Donat ; au centre les Carbonnières.

Le département de la Dordogne se présente comme un vaste plateau incliné du nord-est (491 m, à la forêt de Vieillecour dans le Nontronnais, à Saint-Pierre-de-Frugie) au sud-ouest (m à Lamothe-Montravel). L'altitude du territoire communal varie quant à elle entre 60 mètres[9] à l'ouest du bourg, là où la Dordogne quitte le territoire communal et sert de limite entre les communes de Cénac-et-Saint-Julien et Vézac, et 218 mètres[9] à l'extrême nord, en limite de Vézac, au nord-est du lieu-dit Pagnou[10].

Dans le cadre de la Convention européenne du paysage entrée en vigueur en France le , renforcée par la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, un atlas des paysages de la Dordogne a été élaboré sous maîtrise d’ouvrage de l’État et publié en [11]. Les paysages du département s'organisent en huit unités paysagères[Note 1],[12]. La commune fait partie du Périgord noir, un paysage vallonné et forestier, qui ne s’ouvre que ponctuellement autour de vallées-couloirs et d’une multitude de clairières de toutes tailles. Il s'étend du nord de la Vézère au sud de la Dordogne (en amont de Lalinde) et est riche d’un patrimoine exceptionnel[13].

La superficie cadastrale de la commune publiée par l'Insee, qui sert de référence dans toutes les statistiques, est de 7,17 km2[9],[14],[Note 2]. La superficie géographique, issue de la BD Topo, composante du Référentiel à grande échelle produit par l'IGN, est quant à elle de 7,21 km2[6].

Hydrographie

Réseau hydrographique

La commune est située dans le bassin de la Dordogne au sein du Bassin Adour-Garonne[17]. Elle est drainée par la Dordogne et par un petit cours d'eau, qui constituent un réseau hydrographique de 8,5 km de longueur totale[6],[Carte 1].

La Dordogne, d'une longueur totale de 483,1 km, prend naissance sur les flancs du puy de Sancy (1 885 m), dans la chaîne des monts Dore, traverse six départements dont la Dordogne dans sa partie sud, et conflue avec la Garonne à Bayon-sur-Gironde, pour former l'estuaire de la Gironde[18],[19]. Elle arrose la commune sur sept kilomètres du nord-est au nord-ouest en passant par le sud, lui servant de limite naturelle sur cinq kilomètres et demi, en deux tronçons, face à Domme et Cénac-et-Saint-Julien.

Gestion et qualité des eaux

Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Dordogne amont ». Ce document de planification, dont le territoire s'étend des sources de la Dordogne jusqu'à la confluence de la Vézère à Limeuil, d'une superficie de 9 700 km2 est en cours d'élaboration. La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est l'établissement public territorial de bassin de la Dordogne (EPIDOR)[20]. Il définit sur son territoire les objectifs généraux d’utilisation, de mise en valeur et de protection quantitative et qualitative des ressources en eau superficielle et souterraine, en respect des objectifs de qualité définis dans le troisième SDAGE du Bassin Adour-Garonne qui couvre la période 2022-2027, approuvé le [21].

La qualité des eaux de baignade et des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité[Carte 2].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat du Bassin du Sud-Ouest, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[22]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche[23]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré[24] et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Aquitaine, Gascogne » et « Ouest et nord-ouest du Massif Central »[25]. Elle est en outre dans la zone H2c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[26],[27].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 12,6 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 15,4 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 925 mm, avec 11,8 jours de précipitations en janvier et 6,5 jours en juillet[22]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Rioux-Martin à 15 km à vol d'oiseau[28], est de 13,1 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 837,1 mm[29],[30]. La température maximale relevée sur cette station est de 40,7 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −14 °C, atteinte le [Note 3].

Milieux naturels et biodiversité

La Dordogne à La Roque-Gageac.

Espaces protégés

La protection réglementaire est le mode d'intervention le plus fort pour préserver des espaces naturels remarquables et leur biodiversité associée[31],[32].

La commune fait partie du bassin de la Dordogne, un territoire d'une superficie de 24 000 km2 reconnu réserve de biosphère par l'UNESCO en [33] et se situe dans à la fois dans sa « zone centrale »[34], sa « zone tampon »[35] et sa « zone de transition »[36].

Depuis 1991, l'ensemble des communes du département de la Dordogne baignées par la Dordogne sont concernées par un arrêté de protection du biotope afin de sauvegarder cinq espèces fluviales migratrices (Alose feinte (Alosa fallax), Grande alose (Alosa alosa), Lamproie fluviatile (Lampetra fluviatilis), Lamproie marine (Petromyzon marinus) et Saumon atlantique (Salmo salar)[37].

Répartie entre Vitrac (en majeure partie) et La Roque-Gageac, l'île de Fontchopine fait également l'objet d'un arrêté de protection du biotope depuis 1986, pour y assurer le repos et la survie de certains mammifères et oiseaux figurant sur la liste des espèces protégées[38].

À l'ouest, le territoire de la commune de Vézac est limitrophe de La Roque-Gageac. À cet endroit, la falaise qui domine la Dordogne fait également l'objet d'un arrêté de protection du biotope depuis 1990, pour y assurer le repos et la survie du Faucon pèlerin[39],[40]

La remarquable falaise calcaire qui domine le bourg est répertoriée à l'Inventaire national du patrimoine géologique[41].

Natura 2000

Deux sites du réseau Natura 2000 concernent la commune[32].

La Dordogne est un site limité aux départements de la Dordogne et de la Gironde, et qui concerne les 103 communes riveraines de la Dordogne[Note 4], dont La Roque-Gageac[42],[43]. Seize espèces animales et une espèce végétale inscrites à l'annexe II de la directive 92/43/CEE de l'Union européenne y ont été répertoriées[44].

La zone Coteaux calcaires de la vallée de la Dordogne est partagée avec vingt-quatre autres communes[Note 5] et s'étend au total sur 3 686 hectares[45],[46]. Deux espèces de chauves-souris inscrites à l'annexe II de la directive 92/43/CEE de l'Union européenne y ont été répertoriées[45] : le Grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum) et le Petit rhinolophe (Rhinolophus hipposideros).

Sur la commune, elle s'étend sur environ deux kilomètres carrés et se situe au nord de la route départementale 703, en un seul site.

ZNIEFF

Trois zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) concernent la commune[32].

La Roque-Gageac fait partie des 104 communes[Note 6] concernées par la ZNIEFF de type 2 « La Dordogne »[47],[48], dans laquelle ont été répertoriées huit espèces animales déterminantes et cinquante-sept espèces végétales déterminantes, ainsi que quarante-trois autres espèces animales et trente-neuf autres espèces végétales[49].

Le site « Coteaux à chênes verts du Sarladais : I-Rive droite de la Dordogne » est une autre ZNIEFF de type 2 de 3 535,59 hectares qui s'étend sur treize communes, dont La Roque-Gageac[50],[51], dans laquelle ont été répertoriées six espèces déterminantes d'oiseaux. Sur la commune, elle correspond en grande partie au périmètre du site Natura 2000 « Coteaux calcaires de la vallée de la Dordogne ».

Entièrement incluse dans la ZNIEFF précédente, le site « Coteaux et falaises de Beynac, de la Roque-Gageac et de Vézac » est une ZNIEFF de type 1 qui s'étend sur 158 hectares[52],[53], dans laquelle ont été répertoriées quatre espèces déterminantes d'oiseaux et vingt-trois espèces déterminantes de plantes. L'emprise sur le territoire communal est d'environ 70 hactares, soit 45 % de la superficie de zone..

Urbanisme

Typologie

Au , La Roque-Gageac est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[54]. Elle est située hors unité urbaine[55]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sarlat-la-Canéda, dont elle est une commune de la couronne[Note 7],[55]. Cette aire, qui regroupe 45 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[56],[57].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (47,3 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (65,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (27,9 %), forêts (25,8 %), zones agricoles hétérogènes (19,4 %), zones urbanisées (16,9 %), eaux continentales[Note 8] (10,1 %)[58]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 3].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Villages, hameaux et lieux-dits

Outre le bourg de La Roque-Gageac proprement dit, le territoire communal se compose de villages ou de hameaux, ainsi que de lieux-dits[59] :

  • le Bos
  • les Bouygues
  • le Cap Long
  • les Carbonnières
  • Chaunac
  • le Colombier
  • les Combes
  • les Écoles
  • Font Réal
  • le Fort
  • Gaillardou
  • les Garrigues
  • les Granges
  • Labrot
  • les Landes
  • Lauzier
  • Lespînasse
  • Mallefon
  • Pagnou
  • le Port de Domme
  • Roquecombe
  • Saint-Donat
  • le Village.

Prévention des risques

Le territoire de la commune de La Roque-Gageac est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, feux de forêts, mouvements de terrains et séisme (sismicité très faible). Il est également exposé à un risque technologique, la rupture d'un barrage[60]. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle[61].

Risques naturels

Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment la Dordogne. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1990, 1993, 1996, 1999, 2001 et 2021[62],[60]. Le risque inondation est pris en compte dans l'aménagement du territoire de la commune par le biais du plan de prévention des risques inondation (PPRI) de la « vallée de la Dordogne amont » approuvé le , pour les crues de la Dordogne[63],[64]. Toutes les zones basses de la commune sont exposées, notamment une grande partie de celles situées en contrebas de la route départementale 703 (sauf celles au nord du lieu-dit Gaillardou) mais également toute la partie basse du bourg, le long de cette même route[65].

La Roque-Gageac est exposée au risque de feu de forêt. L’arrêté préfectoral du fixe les conditions de pratique des incinérations et de brûlage dans un objectif de réduire le risque de départs d’incendie. À ce titre, des périodes sont déterminées : interdiction totale du au et du au , utilisation réglementée du au et du au [66]. En , un plan inter-départemental de protection des forêts contre les incendies (PidPFCI) a été adopté pour la période 2019-2029[67],[68].

Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de La Roque-Gageac.

Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des tassements différentiels[69]. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie[70]. 27,5 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (58,6 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national métropolitain)[Carte 4]. Depuis le , en application de la loi ÉLAN, différentes contraintes s'imposent aux vendeurs, maîtres d'ouvrages ou constructeurs de biens situés dans une zone classée en aléa moyen ou fort[Note 9],[71].

La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 2011 et par des mouvements de terrain en 1999 et 2010[60].

Risque technologique

La commune est en outre située en aval du barrage de Bort-les-Orgues, un ouvrage de classe A[Note 10] situé dans le département de la Corrèze et faisant l'objet d'un plan particulier d'intervention (PPI) depuis 2009. À ce titre elle est susceptible d’être touchée par l’onde de submersion consécutive à la rupture de cet ouvrage[73],[74].

Toponymie

La première mention écrite connue du lieu date de l'an 1214 sous la forme Rupis de Gajaco dans un écrit de l'abbé de Sarlat à Simon de Montfort[75]. La première partie du nom correspond à l'occitan ròca qui désigne un château fort[75] ou une paroi rocheuse[76]. Gageac correspond à un nom de personnage gallo-roman Gaius suivi du suffixe -acum, indiquant le « domaine de Gaius »[77].

Sur la carte de Cassini représentant la France entre 1756 et 1789, le village est identifié sous le nom de la Roque[78].

En occitan, la commune porte le nom de La Ròca de Gajac[75],[77].

Sur la planète Mars, en , l'une des cibles d'analyses poussées effectuées sur un affleurement rocheux par l'astromobile Curiosity de la NASA est baptisée d'après la commune, mais avec une erreur de transcription « La Rogue-Gageac »[79].

Histoire

Le manoir de Tarde sous le fort troglodytique.

Le territoire communal a été occupé à la Préhistoire, comme l'atteste la grotte de Maldidier[80]., puis à l'époque gallo-romaine[76].

Au Moyen Âge, La Roque Gageac était une ville close avec fortifications[76] et a compté jusqu'à 1 500 habitants[80]. À l'époque, la Dordogne faisait vivre pêcheurs et gabariers du port, où se négociaient le bois, le fer, le sel et le vin[80]. De cette période demeure l'église recouverte de lauzes. Non loin se dresse, flanqué d'une tour ronde, le manoir de la famille Tarde, amie de Galilée. Pendant la guerre de Cent Ans, La Roque Gageac accueillit les évêques de Sarlat. Leur résidence, à l'extrémité du village, a été conservée. Dominant les maisons, les vestiges du fort de la Roque défient encore le temps.

Au XVIIIe siècle, le port recevait annuellement deux cents gabarres[80].

Ancienne paroisse du diocèse de Sarlat[81], la commune de La Roque-Gageac (appelée dans un premier temps Laroque Gajac) est créée dans les premières années de la Révolution française[9].

Le , un pan de la falaise s'éboule sur une partie du village, tuant trois personnes en détruisant six maisons et une grange, coupant la route et terminant sa course dans la Dordogne[82]. En 2007, une stèle et une plaque ont été implantées au pied de la falaise à la mémoire des victimes de 1957[82].

Le , un pan du plafond du fort troglodytique s'effondre entraînant la chute d'une partie du mur de courtine du fort, accroché à la paroi de la falaise depuis le XIIe siècle, sur le côté du bâtiment d'accueil du site. Le , au début de la saison touristique, à la suite de la menace d'un rocher de 320 tonnes de s'effondrer sur le village et aux conclusions d'experts d'un danger imminent, la route départementale 703, traversant le village et surplombée par la falaise, est fermée pendant cinq semaines, avec évacuation des personnes les plus menacées. Des travaux de protection, notamment avec la pose de filets, sont effectués pour protéger les vies. À la suite de ces travaux, la RD 703 est rouverte le et les personnes évacuées ont pu regagner leur domicile.

À la suite de l'effondrement du plafond du fort troglodytique, le site n'a plus été visitable pendant les dix années de travaux qui ont été nécessaires pour le remettre en état. Il a pu rouvrir ses portes en 2020[83],[84].

À compter de , la route départementale 703 est fermée dans sa traversée du bourg de La Roque-Gageac pour une période de cinq mois, nécessaire à la création de voies piétonnes sécurisées de chaque côté de la route[85].

Politique et administration

Rattachements administratifs et électoraux

Aux débuts de la Révolution française, la commune de La Roque-Gageac fait partie du canton de Domme qui dépend du district de Sarlat jusqu'en 1795, date de suppression des districts. En 1801, la commune est rattachée au canton de Sarlat (devenu le canton de Sarlat-la-Canéda en 1965) qui dépend de l'arrondissement de Sarlat (devenu l'arrondissement de Sarlat-la-Canéda en 1965)[9].

Pour les élections législatives, la commune fait partie de la quatrième circonscription de la Dordogne.

Intercommunalité

La Roque-Gageac est en 1998 l'une des sept communes fondatrices de la communauté de communes du Périgord noir qui, en 2010, fusionne avec la communauté de communes du Sarladais. La nouvelle intercommunalité conserve provisoirement le nom de communauté de communes du Périgord noir avant de devenir en la communauté de communes Sarlat-Périgord noir.

Administration municipale

La population de la commune étant comprise entre 100 et 499 habitants au recensement de 2023, onze conseillers municipaux ont été élus en 2026[86],[87].

Liste des maires

La mairie en 2023.
Davantage d’informations Période, Identité ...
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
         
    Louis Carvès
(décédé en 1845[88])
   
         
juin 1995[89]
(réélu en mars 2026[90])
en cours Jérôme Peyrat RPR, UMP[91]
LR
puis LREM
Président de la communauté de communes du Périgord noir (1998-2010)
Conseiller politique et parlementaire de la Présidence de la République française (2007-2009)
Conseiller régional d'Aquitaine (2010-2015 et depuis 2021)
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Jumelages

Panneau d'entrée dans le bourg.

Politique environnementale

La commune est adhérente de l'association Les Plus Beaux Villages de France[93].

Équipements et services publics

Enseignement

En 2023, la commune de La Roque-Gageac est organisée en regroupement pédagogique intercommunal (RPI) avec celle de Vitrac au niveau des classes de primaire[94] : l'unique école « La Folle Avoine » située à Vitrac[95] regroupe les élèves depuis la d'école maternelle jusqu'au cours moyen 2e année[94].

Santé

Il n'y a pas de professionnel de santé dans la commune mais plusieurs dans la commune voisine de Cénac-et-Saint-Julien[96] : médecins généralistes, dentiste et pharmacie. Les hôpitaux les plus proches sont ceux de Domme et de Sarlat[96].

Justice

Dans le domaine judiciaire, La Roque-Gageac relève[97] :

Sécurité

Pour la sécurité, la commune dépend de la brigade de gendarmerie de Sarlat-la-Canéda[98].

Population et société

Démographie

Les habitants de La Roque-Gageac se nomment les Laroquois[99].

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[100]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[101].

En 2023, la commune comptait 448 habitants[Note 11], en évolution de +1,82 % par rapport à 2017 (Dordogne : +0,97 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
690474606661739741768750807
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
757712705667696651643643577
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
568505518438439415408421446
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2013
406357373404447449420412449
Davantage d’informations - ...
2018 2023 - - - - - - -
426448-------
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De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[9] puis Insee à partir de 2006[102].)
Histogramme de l'évolution démographique

Manifestations culturelles et festivités

  • Fête des terroirs gourmands, sur deux jours en août (24e édition en 2022[103]).

Économie

Ménages fiscaux

REV T1 - Ménages fiscaux de l'année 2021[104]
ménages fiscaux - hors communautés et sans abris
Nombre de ménages fiscaux 208
Nombre de personnes dans les ménages fiscaux 403
Médiane du revenu disponible par unité de consommation (en euros) 23 030 

Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-Ccmsa, au

Emploi

En 2021[105], parmi la population communale comprise entre 15 et 64 ans, les actifs représentent 180 personnes, soit 41,9 % de la population municipale. Le nombre de chômeurs (30) a fortement augmenté par rapport à 2015 (20) et le taux de chômage de cette population active s'établit à 16,6 %.

Activités hors agriculture

Secteurs d'activité

67 établissements marchands non agricoles sont économiquement actifs en 2021 à La Roque-Gageac[Note 12],[106].

Davantage d’informations Secteur d'activité, Commune ...
Secteur d'activitéCommuneDépartement
Nombre%%
Ensemble67100 %(100 %)
Industrie manufacturière,
industries extractives et autres
11,5 %(8,4 %)
Construction34,5 %(13,4 %)
Commerce de gros et de détail,
transports, hébergement et restauration
4059,7 %(28,2 %)
Information et communication11,5 %(1,8 %)
Activités financières et d'assurance00,0 %(3,6 %)
Activités immobilières57,5 %(6,7 %)
Activités spécialisées, scientifiques et techniques
et activités de services administratifs et de soutien
710,4 %(15 %)
Administration publique, enseignement,
santé humaine et action sociale
34,5 %(12,8 %)
Autres activités de services710,4 %(10,1 %)
Fermer

Le secteur du commerce de gros et de détail, des transports, de l'hébergement et de la restauration est ultra-majoritaire sur la commune puisqu'il représente 59,7 % du nombre total d'établissements de la commune (40 sur les 67 entreprises implantées à La Roque-Gageac), contre 28,2 % au niveau départemental[107].

Entreprises et commerces

L'entreprise ayant son siège social sur le territoire communal qui a généré le plus de chiffre d'affaires en 2023 est[108] « Aventures et Loisirs », (location et location-bail d'articles de loisirs et de sport avec 1 071 k€).

Agriculture

Généralités

La commune est dans le « Périgord noir », une petite région agricole dans le département de la Dordogne[109]. En 2020, l'orientation technico-économique de l'agriculture[Note 13] sur la commune est la polyculture et/ou le polyélevage[Carte 5].

Davantage d’informations Exploitations ...
1988 2000 2010 2020
Exploitations 22 21 17 13
SAU[Note 14] (ha) 347 287 265 226
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Le nombre d'exploitations agricoles en activité et ayant leur siège dans la commune est passé de 22 lors du recensement agricole de 1988[Note 15] à 21 en 2000 puis à 17 en 2010[111] et enfin à 13 en 2020[Carte 6], soit une baisse de 41 % en 32 ans. Le même mouvement est observé à l'échelle du département qui a perdu pendant cette période 60 % de ses exploitations (passant de 15 825 à 6 330)[112],[Carte 7]. La surface agricole utilisée sur la commune a également diminué, passant de 347 ha en 1988[111] à 226 ha en 2020[Carte 8]. Parallèlement, la surface agricole utilisée moyenne par exploitation a légèrement augmenté, passant de 16[111] à 17 ha[Carte 6].

Culture du tabac à La Roque-Gageac.

Plusieurs familles de La Roque-Gageac ont longtemps vécu grâce à la culture du tabac. Cette culture de subsistance a marqué le XXe siècle ; grâce à cette production, les petits paysans recevaient une rentrée d'argent significative, consécutive à la vente de la récolte de l'année à la Régie nationale des tabacs et des allumettes. On a pu dire que cette culture sauf cas de grêle, était une forme de « sécurité sociale des paysans »[113]. Au fil du temps, la culture du tabac blond a remplacé la culture du tabac brun. Le tabac est récolté puis séché « sur cadre » directement dans le champ. Une fois sec, il est effeuillé et conditionné en balles puis livré aux différentes coopératives françaises, pour le transformer en cigarettes. La filière a été très contrôlée par l'État jusque dans les années 1970 : les producteurs devaient alors détenir un permis et répondre à des contraintes drastiques pour leurs plantations. La fin du monopole de l'État imposé par le droit communautaire a permis aux producteurs de gagner plus d'argent dans les premiers temps, mais ces conditions ont évolué depuis la privatisation de la Société d'exploitation industrielle des tabacs et des allumettes (SEITA) et la renégociation du prix du tabac au kilo pour tenir compte de l'évolution des marchés[114].

Tourisme

Hôtels

Nombre et capacité des hôtels au [104]
Hôtels Chambres
Ensemble 4 78
1 étoile 1 8
2 étoiles 1 17
3 étoiles 1 13
4 étoiles 1 40
5 étoiles 0 0
Non classé 0 0

Campings

Nombre et capacité des campings au [104]
Terrains Emplacements
Ensemble 3 410
1 étoile 0 0
2 étoiles 0 0
3 étoiles 2 350
4 étoiles 0 0
5 étoiles 0 0
Non classé 1 60

Culture locale et patrimoine

Lieux et monuments

Patrimoine civil ou militaire

  • Le fort de La Roque-Gageac, ou fort de la Roque, est un fort troglodytique du XIIe siècle à l'intérieur duquel se trouvaient cinq maisons nobles[115]. Ancienne demeure des évêques de Sarlat, sa position à flanc de falaise, cinquante mètres au-dessus du lit de la Dordogne en a fait un site inexpugnable, ni pris ni même attaqué par les Anglais lors de la guerre de Cent Ans[115]. Au fil du temps, des éboulements successifs ont ruiné les maisons nobles[115]. Une partie de la voûte s'étant effondrée en 2010, la commune a sécurisé les lieux en 2015[116]. Jean-Max Touron, déjà responsable de plusieurs autres sites touristiques du département, en est devenu propriétaire et a fait effectuer des travaux importants permettant sa réouverture au public à l'été 2020[117].
  • Le manoir de Tarde (ou château de Tarde[118], ou manoir de la Roque[115]), XVe siècle, classé partiellement depuis 1951 au titre des monuments historiques pour ses façades et toitures.
  • Le Jardin exotique et sa bambousaie[119].
  • La zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager (ZPPAUP) de La Roque-Gageac a été créée le [120] et révisée le [121]. Elle a été transformée en site patrimonial remarquable (SPR). Ce site vise à englober l'ensemble des protections patrimoniales, en préservant les sites archéologiques sensibles, les monuments historiques, les immeubles d'intérêt architectural, les ensembles urbains homogènes et les espaces naturels[120].
  • Conservé dans la salle du conseil municipal, un tableau de Lucien de Maleville représentant le bourg est inscrit depuis 2005 au titre des monuments historiques[122].
  • Bien qu'attenant au bourg de La Roque-Gageac, le château de la Malartrie qui surplombe la Dordogne est implanté sur la commune voisine de Vézac.

Patrimoine religieux

Personnalités liées à la commune

Cinéma

La Roque-Gageac a servi de décor pour des films ou des séries télévisées :

Bande dessinée

Le village est cité dans le manga Flying Witch de Chihiro Ishizuka[130].

Ouvrages traitant de La Roque-Gageac

  • Les secrets de Sarlat, Beynac et la Roque-Gageac, Collectif, La petite boite / La France racontée aux enfants, (ISBN 9782361522193)
  • La Roque-Gageac, de Romain Bondonneau, Michael Jacobson, éditions du ruisseau, 06/2007, 36 p. (ISBN 9782952976503)
  • La Roque-Gageac, par Collectif, éditions J.P. Altmann, 1991. In-4, 30 p.[131]

Ouvrages dont l’action se déroule à La Roque-Gageac

Héraldique

Davantage d’informations Blason, Détails ...
Blason de Roque-Gageac (La) Blason
D’azur à la bande d’or grillagée de sable, accompagnée de deux fleurs de lys aussi d’or.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.
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Pour approfondir

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Articles connexes

Liens externes

Notes et références

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