La Seine à Port-Marly, le lavoir
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| Artiste | |
|---|---|
| Date | |
| Type | |
| Technique |
Peinture à l'huile sur toile |
| Dimensions (H × L) |
46,5 × 56 cm |
| Propriétaire | |
| No d’inventaire |
RF 2732 |
| Localisation |
La Seine à Port-Marly, le lavoir est un tableau de Camille Pissarro de 1872. Légué à l’État français par Gustave Caillebotte en 1894, il se trouve actuellement au musée d'Orsay[1]. Peint au Port-Marly, il est reproduit sur le lieu de sa création sur un parcours du Pays des Impressionnistes[2].
C’est une huile sur toile qui mesure 46,5 × 56 cm.
Loin de l’évocation des plaisirs de la bourgeoisie aisée, Pissarro évoqua dans cette toile la naissance de l'industrialisation de la banlieue de Bougival à Port-Marly et le travail humain. Le tableau témoigne de son intérêt pour la réalité sociale. Il figure des barges aménagées en lavoir, des péniches, jalonnant la Seine à cette époque, et l'usine à papier de Port-Marly avec sa cheminée fumante[3]. Sur la rive gauche, une lavandière est debout contre un arbre et regarde l'observateur, l’amenant à découvrir les activités liées au fleuve, confrontation du travail humain traditionnel et du machinisme industriel[4]. Les coloris sombres correspondent au temps nuageux d’hiver. Les péniches le long du chemin de halage, et le bateau-flottant forment une diagonale à laquelle s’opposent les verticales de la cheminée, des mâts des péniches et des troncs d’arbres. Le tableau figura à la 4e exposition impressionniste en 1879 [5] et, de la collection de Gustave Caillebotte, est entré grâce à Léonce Bénédite au musée du Luxembourg[6].
Analyse
Le tableau évoque l’influence de Camille Corot, qui parcouru les bords de la Seine et montra la voie aux Impressionnistes, notamment lors d'un séjour en à Port-Marly où il réalisa quelques toiles, dont Le Tournant de la Seine à Port-Marly. Il résumait son évocation subtile de la lumière ainsi : « Ne jamais perdre la première impression qui nous a émus. » La comparaison de ce tableau peint par Corot vers la fin de sa vie avec celui de Pissarro et ceux des autres jeunes impressionnistes ayant séjourné à Louveciennes, montre l'importance du pas franchi par les Impressionnistes[5],[3].
Camille Pissarro peignit La Grenouillère à Bougival, 1869, (titre inexact) sur ce même site, où figure l'usine à papier et Saint-Germain-en-Laye en arrière-plan. Sur un site proche, Alfred Sisley a peint plusieurs toiles, dont Les Lavandières à Bougival, 1875 (Kunsthaus de Zurich), La Seine à Port-Marly, 1876 (musée des beaux-arts de Lyon), La Seine à Port-Marly, tas de sable. Au centre de cette toile, sont figurés des hommes sur des barques à fond plat, draguant la Seine afin d'engendrer un chenal navigable pour l'important trafic de péniches du Havre à Paris, principal moyen de transport de marchandises à l'époque. Les tons ocre du sable contrastent avec le bleu turquoise de l'eau. Sisley représente l'usine à papier, mais fait disparaître la cheminée, figurant la fumée de l'ouverture sur le pignon. Cette activité d'extraction du sable intéressa le peintre qui peignit cette scène sur les quais de Port-Marly dans plusieurs de ses toiles. On la retrouve dans Le Quai à sable, Port-Marly, 1875, coll. part., où l'usine figure avec sa cheminée[3].
En 1867, Louis Auguste Delahaye, est autorisé à construire l'usine à papier représentée par Pissarro et Sisley. L'usine disparût sous la direction de Baudoux-Chesnon une nuit d', détruite par un incendie[4].
- Le Tournant de la Seine à Port-Marly, 1872, par Camille Corot
- La Grenouillère à Bougival, 1869, (titre inexact) par Camille Pissarro
- Les Lavandières à Bougival (titre inexact), 1875 par Alfred Sisley
- La Seine à Port-Marly - Les piles de sable 1875 par Alfred Sisley
- Le Quai à sable, Port-Marly 1875 par Alfred Sisley
Provenance
Lors de sa présentation à la Quatrième exposition impressionniste, cette toile de Pissarro est indiquée comme appartenant à Gustave Caillebotte.
