La Toison

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PaysDrapeau de la France France
GenreRoman
ÉditeurGallimard
La Toison
Auteur Patrick Grainville
Pays Drapeau de la France France
Genre Roman
Éditeur Gallimard
Collection Blanche
Date de parution 1972
Nombre de pages 233
ISBN 2070283267
Chronologie

La Toison est le premier roman de Patrick Grainville, publié aux éditions Gallimard en .

Le manuscrit est accepté dès sa réception par l’éditeur[1]. Patrick Grainville inaugure ce qu’il appelle son « autobiographie mythique »[2], c'est-à-dire évoquer avant l’heure tous les âges de sa vie sans les avoir encore vécus. On y suit les aventures amoureuses d’un étudiant avec Lise, Jana et Laura, dans un Paris marqué par le surréalisme. Laura, la préférée, réapparaît dans ses deux romans suivants, La Lisière, puis L'Abîme[3] qui achèvent chez Gallimard la boucle de cette autobiographie imaginaire et pourtant concrète. La Toison se distingue par une écriture foisonnante, caractérisée par l’abondance des images, des métaphores et une forte densité lexicale, qui marque d’emblée le style singulier de l’auteur[4].

Résumé

Le roman met en scène un étudiant évoluant dans un grand jardin universitaire au sud de Paris, au milieu d’étudiants venus de divers pays. Observateur attentif, il se livre à la contemplation des jeunes femmes qu’il aperçoit dans ce cadre cosmopolite, puis lors de ses déambulations dans la ville, notamment vers le Panthéon et les quais de la Seine. Les chevelures, les manteaux et les silhouettes féminines nourrissent chez lui un imaginaire foisonnant, où le motif de la toison devient central et donne lieu à des visions poétiques dans lesquelles femmes et animaux tendent à se confondre. De cet ensemble émergent trois figures féminines distinctes : Jana, mystérieuse et distante, qui accompagne le narrateur dans ses parcours urbains ; Lise, originaire de Normandie, associée aux paysages ruraux, aux séjours maritimes et aux scènes de chasse ; et Laura, jeune fille rencontrée dans un décor montagnard, caractérisée par sa spontanéité. Le narrateur oscille entre ces différentes présences, chacune liée à un espace et à une forme d’expérience. Le récit alterne ainsi entre évocations sensuelles, descriptions de la nature et scènes de chasse, où l’attention portée aux animaux prolonge le motif de la toison dans une dimension plus brute. L’univers représenté se transforme progressivement : Paris devient un espace insolite et presque irréel, traversé par des visions collectives et des bouleversements, jusqu’à une forme de crise hivernale marquée par des images de foule et d’animaux. Cette évolution conduit le narrateur à approfondir sa relation à Jana et à mieux saisir ses propres aspirations.

Réception critique

Comme l’indique son titre, le livre est hanté par le signe obsédant de la bête, de la neige, thèmes récurrents de l’auteur, avec cette double tendance sensuelle, drue, imagée liée à un « sens épique » remarquée par Paul Otchakovsky-Laurens[5]. Trois Normandie s'y confondent déjà, « géographique, biographique et mythique »[6]. Dans une lettre adressée à l’auteur[7], Henry de Montherlant salue, peu de temps avant sa mort[8], La Toison en ces termes : « Vous avez un prodigieux talent. On voit cela quand on a lu vos dix premières lignes. Votre œil qui capte tout. Votre profusion d’images. Votre sens épique et hallucinatoire. Je savais bien, dès votre thèse, que vous étiez un écrivain mais pas à ce point-là. Si vous gardez vos dons naturels (si le putrescent Paris ne les abîme pas), et si vous trouvez un grand sujet qui vous permette de les exercer en profondeur, vous pouvez écrire un chef-d’œuvre. Vous êtes tellement personnel que, dès votre premier livre, on pourrait écrire : « A la manière de Patrick Grainville ». Je n’ai pas écrit souvent à un débutant une lettre comme celle-ci. Croyez-moi cordialement vôtre. » Dominique Bona, confirmera dans son discours de réception de Patrick Grainville à l’Académie française qu’il surgit dans son premier roman tel qu’en lui-même, creusant déjà son sillage, sans se « préoccuper des modes, des avant-gardes ni des diktats de l’intelligentsia parisienne »[9].

Éditions

Notes et références

Bibliographie

Liens externes

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