La Vierge de la famille de Vic

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La Vierge de la famille de Vic
Artiste
Date
Type
Matériau
Dimensions (H × L)
350 × 250 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
No d’inventaire
COA-NCP6/45Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Protection
Objet classé monument historique (d) ()Voir et modifier les données sur Wikidata

La Vierge de la famille de Vic est un tableau d'autel, peint par Frans Pourbus le Jeune, à la fin de sa carrière, entre 1618 et 1621. C'est un bon exemple du syncrétisme flamand-italien-français de ce peintre[1].

On peut voir ce tableau (huile sur toile, 363 × 270 cm) à Paris, dans l'église Saint-Nicolas-des-Champs, dans sa chapelle d'origine (déambulatoire sud). Elle est classée Monument historique (au titre Objet) depuis 1905[2]. Une copie du XVIIe siècle (400 × 180 cm) est également classée M.H. depuis 1977, dans l'église Saint-Paul de Chailly-en-Bière (canton de Fontainebleau)[3].

Au pied de la Vierge trônant, l'enfant sur ses genoux, l'iconographie des six personnages n'a pas été parfaitement élucidée, mais presque :

  • au fond, à gauche, Dominique I de Vic, dit le capitaine Sarred, militaire au service de plusieurs rois de France, et un des compagnons d'armes les plus dévoués de Henri IV. Celui-ci l'autorisa à ajouter, au blason de la famille de Vic (une foi = deux bras et mains droites jointes), un écusson d'azur chargé d'une fleur de lys d'or. Ces armoiries sont visibles sur l'épaule du personnage représenté, ainsi que le gorgerin de son armure. Il s'agit d'un hommage posthume, puisque Dominique I de Vic était mort huit ans auparavant, en 1610[4].
  • devant ce dernier, son saint patron, saint Dominique, dans l' habit traditionnel blanc et noir de l'ordre des Prêcheurs ou Dominicains.
  • devant saint Dominique, le prélat agenouillé serait saint Anselme, canonisé en 1494, mais surtout abbé du Bec, en Normandie, à la fin du XIe siècle. Sa présence s'expliquerait par l'allusion ainsi faite à Dominique II de Vic, neveu de Dominique I de Vic, qui était alors abbé commendataire du Bec, et qui serait peut-être le commanditaire du tableau.
  • au fond, à droite, Méry de Vic, frère de Dominique I de Vic et père de Dominique II de Vic. Il était alors au service des rois de France depuis plus de trente ans, par exemple comme ambassadeur d' Henri IV auprès des Ligueurs ou des Protestants ou des cantons suisses ("les ligues de Suisse et Grisons").
  • devant lui, le jeune soldat pourrait être suisse justement, c'est-à-dire saint Victor (avec de surcroît un jeu de mots sur le nom de la famille de Vic, d'autant que celle-ci était peut-être originaire de Suisse ou d'Italie), car il appartenait à la légion thébaine massacrée, selon la tradition, dans une région de Suisse, à la fin de l'époque romaine. Or il porte l'étendard à la croix tréflée dite de saint Maurice, le chef de la légion thébaine[5].
  • au premier plan, à droite, et de façon assez prééminente (voyez le jeu des mains en écho à celles de l'Enfant-roi), le roi de France représenté ne serait pas Charlemagne mais Robert II le Pieux, l'un des souverains de l'an Mil, parce qu'on l'associait encore, au début du XVIIe siècle, à sa grande dévotion à la Vierge et parce que l'on croyait que l'église de Saint-Nicolas-des-Champs avait été fondée par lui[6]. Il porte tous les ornements royaux (les regalia du Royaume de France) : les vêtements (la chappe bleue et son fermail, la dalmatique rouge, la tunique blanche), les sandales de velours fleurdelysé avec les éperons d'or, la couronne de saint Louis (détruite à la Révolution[7]), l'épée Joyeuse, le sceptre et la main de justice. Frans Pourbus a peint d'après nature, car il avait accès au Trésor, en tant que "peintre du Roi". Il avait d'ailleurs fait partiellement de même pour son Portait d'Henri IV, aujourd'hui au Musée des Offices.

Historique

Notes et références

Voir aussi

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