Laboratoire Archéologies et Sciences de l’Antiquité

From Wikipedia, the free encyclopedia

Archéologies et Sciences de l’Antiquité (acronyme : ArScAn), UMR 7041, est une unité mixte de recherche française en archéologie, histoire ancienne et sciences de l’Antiquité. Créée en 1999, l’unité est hébergée à la Maison René-Ginouvès (MSH « Mondes ») sur le campus de l’Université Paris-Nanterre et placée sous la tutelle du CNRS, des Universités Paris 1, Paris-Nanterre et Paris 8, ainsi que du Ministère de la Culture et de l’Inrap[1],[2].

Le laboratoire réunit des chercheurs dont les recherches scientifiques portent sur les sociétés du passé, de la Préhistoire à la fin du Moyen Âge, en couvrant un vaste espace géographique allant de l’Europe occidentale au Proche-Orient, à l’Asie centrale, à l’Afrique, à l’Amérique du Sud et à l’Océanie. Ses domaines scientifiques englobent l’archéologie, l’histoire ancienne, l’histoire de l’art, la philologie, l’épigraphie, la numismatique, la géoarchéologie, l’archéobotanique et l’archéozoologie[3],[4].

En 2025, l’unité compte près de 500 membres (chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs, doctorants et associés) répartis entre ses 11 équipes[5].

Origines

La création de l'unité mixte Archéologie et Sciences de l’Antiquité (UMR 7041 ArScAn) découle de celle de la Maison René-Ginouvès, initialement « Maison Archéologie & Ethnologie » (MAE), voulue par René Ginouvès. Professeur d’archéologie grecque à l’Université Paris-Nanterre depuis 1968, René Ginouvès a œuvré pendant de longues années pour la création d’une maison de la recherche, rassemblant des équipes, sur le campus de Nanterre. La première pierre fut posée le [6], huit jours après le décès de René Ginouvès. A l'occasion est décidé que la Maison porterait son nom. En raison de problèmes graves dans la construction, l’installation ne se fit qu’en , avec l’inauguration en [7].

Constitution de l’unité au fil des années

En plus du laboratoire d’ethnologie (Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative : LESC), 18 équipes d’archéologie se sont installées dans la Maison, dont 15 équipes liées au Centre national de la recherche scientifique (unités propres du CNRS, unités mixtes des universités de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et de Paris Nanterre) et 3 équipes de Paris Nanterre reconnues par le ministère de la recherche. Ces équipes, de tailles diverses, étaient précédemment installées dans des locaux généralement insuffisants, mal adaptés et très dispersés dans Paris ou sur le campus de Nanterre.

Elles avaient pour objet de recherche l’archéologie orientale (6 équipes), l’archéologie européenne (6 équipes, de la Préhistoire au monde romain), l’archéologie de l’Amérique centrale et du Sud (1 équipe), l’ethnologie préhistorique, tandis que deux autres préparaient des revues d’archéologie (Gallia et Gallia Préhistoire, Paléorient). Rassemblées, ces équipes correspondaient à plus de la moitié du potentiel de recherche en archéologie situé en Île-de-France.

Après l’installation dans la MSH, la direction du département des Sciences humaines et sociales du CNRS demande aux équipes de se regrouper en trois ou quatre entités qui deviendraient des unités mixtes CNRS - Universités de Paris I Panthéon-Sorbonne ou de Paris Nanterre (ex Paris X-Nanterre)[8]. Devant la difficulté de tracer des limites spatio-chronologiques entre ces « pôles », il est proposé, sous l’impulsion de trois chercheurs de l’équipe à l’origine des Nouvelles de l’archéologie'' (Alain Schnapp, Jean-Paul Demoule et Anick Coudart), de créer une seule entité d’archéologie, de très grande taille. En 1998, est ainsi créée ArScAn (Archéologie et sciences de l’Antiquité) sous le statut d’équipe postulante (EP) rassemblant les 18 équipes mentionnées plus haut et ayant pour tutelles le CNRS, l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et l’université Paris 10-Nanterre. L’équipe postulante eut pour directrice Anne-Marie Guimier-Sorbets, professeure d’archéologie grecque à l’université Paris-Nanterre, et pour directrice adjointe Claudine Karlin, ingénieure de recherche au CNRS. L’année 1998 est mise à profit pour mieux définir les contours de l’unité de recherche, les objectifs communs ainsi que les modalités de son fonctionnement, tant scientifique qu’administratif. En 1999, ArScAn est créée en tant qu’unité mixte de recherche (UMR) 7041 avec pour tutelles le CNRS et les deux universités[9].

Évolutions récentes

Le ministère de la Culture devint tutelle en 2005, et une convention est signée avec l’Inrap[10]. L’Inrap, alors dirigé par Jean-Paul Demoule, ne pouvait être « tutelle », car il dépend aussi du ministère de la Culture. Ce modèle de liaison par convention est ensuite étendu à d’autres unités mixtes de recherche en France.

Lors du passage de l’équipe postulante à l’UMR, certaines équipes sortent alors du rassemblement tout en restant dans la MSH, notamment l'équipe dédiée à l’archéologie des Amériques : ArchAm. Progressivement, d’autres équipes sont créées à l’intérieur du laboratoire, comme l’équipe Archéologie de la Gaule et du monde antique (GAMMA) en 1999 et l’équipe Archéologies environnementales créée en 2000 sous l’impulsion de Sander van der Leeuw. Des équipes rentrèrent dans l’UMR comme Themam (Textes, histoire et monuments de l'Antiquité au Moyen Âge), et le LIMC, équipe créée dans la dynamique du projet éponyme Lexicon Iconographicum Mythologiae Classicae initié par Lilly Kahil.

Au cours des années 2000–2020, plusieurs réorganisations ont eu lieu. Des historiens de l’Antiquité et du Moyen Âge de l’université Paris 8 ont rejoint ArScAn en 2020. Les spécialistes de la « protohistoire européenne » (du Néolithique à l’âge du Fer) ont fondé en 2012 le laboratoire « Trajectoires » en 2012. En 2020 a quitté la Maison de Nanterre en même temps que le laboratoire d’Archéologie des Amériques, tandis que d’autres ont rejoint ArScAn, notamment les équipes Themam et LIMC.

Parmi les préhistoriens, certains appartenant de la tradition de « l’ethnologie préhistorique » initié par André Leroi-Gourhan ont quitté ArScAn en 2022 pour se fondre dans un laboratoire de préhistoire initié TEMPS, avec l'école « technologie préhistorique ». Ce laboratoire est toujours situé dans la Maison de Nanterre. En 2025, ArScAn comporte toujours une équipe de préhistoriens anthropologues (AnTET), le reste de ses activités se concentrant sur l’étude des sociétés avec ou sans écriture, du Néolithique à la fin du Moyen Âge et de l’Asie centrale à l’Europe de l’Ouest.  

En 2019, la Maison René-Ginouvès est devenue la « Maison des Sciences de l’homme Mondes », afin de refléter davantage son ouverture interdisciplinaire[11].

Organisation

Structure interne

La structure interne de la nouvelle UMR ArScAn (Archéologies et Sciences de l’Antiquité) est originale : dès sa création, les équipes constituantes gardent leur identité scientifique tout en collaborant à des programmes communs. L’organisation interne respecte ce choix, avec le maintien des équipes et la création de thèmes transversaux — renommé en axes thématiques en 2024. Ces axes thématiques n'ont pas de personnel affecté mais des responsables, afin de garder la souplesse de collaboration nécessaire et indépendante de l’appartenance des chercheurs aux équipes. Tout le personnels de l’UMR, quel que soit leur statut (enseignants-chercheurs, chercheurs, ingénieurs, techniciens et personnels administratifs, doctorants, chercheurs associés), est rattaché à une seule équipe.

ArScAn est organisée en onze équipes de recherche[12] :

  • AnTET – Anthropologie des techniques, des espaces et des territoires au Pliocène et au Pléistocène
  • Archéologie de l'Asie Centrale
  • Archéologie des mondes grecs
  • ArchéoEnv – Archéologie environnementale
  • GAMMA – Archéologie de la Gaule. Mondes Antiques et Médiévaux
  • HASAÉ – Histoire et Archéologie du Sud-ouest Asiatique et de l’Égypte
  • OrAM – l'Orient, d’Alexandre à Muhammad
  • Protohistoire égéenne
  • THEMAM – Textes, Histoire et Monuments de l’Antiquité au Moyen Âge
  • LIMC & ESPRI– Lexicon Iconographicum Mythologiae Classicae & Espace, Pratiques sociales et Images dans les mondes Grec et Romain
  • VEPMO – Du Village à l’État au Proche et Moyen-Orient

Gouvernance

La direction est assurée par un directeur assisté de deux directeurs adjoints et d’une équipe administrative. L’unité comprend un conseil de laboratoire et un conseil des responsables d’équipes[13]. Tous les points importants vus au conseil de laboratoire sont préalablement discutés en conseil des responsables d’équipes.

Direction et direction adjointe

  • Anne-Marie Guimier-Sorbets (1998-2010) Direction adjointe : Claudine Karlin puis Philippe Soulier
  • Francis Joannès de 2011 à 2016 Direction adjointe : Pascal Darcque et Monique Olive (2011-2013), puis Corinne Debaine-Francfort (2014-2016) et Philippe Chambon (2014-2015)     
  • François Villeneuve de 2017 à 2022 Direction adjointe : Brigitte Boissavit-Camus et Anne-Violaine Szabados
  • Ricardo González Villaescusa (2022-2024 Direction adjointe : Maria Gorea et Laurent Costa     
  • Ricardo González Villaescusa depuis 2025 Direction adjointe : Zoï Tsirtsoni et Laurent Costa.

Effectifs et formation

En 2025, ArScAn compte environ 500 membres (dont 224 permanents, 186 doctorants).

L’unité est rattachée à trois écoles doctorales de Sorbonne Université, Université Paris-Nanterre et Université Paris-VIII-Vincennes-Saint-Denis[9].

Activités scientifiques

ArScAn développe des recherches archéologiques de terrain (fouilles, prospections), la constitution de bases de données, des plateformes techniques, des travaux d’édition de corpus (textes, inscriptions, iconographie) et des programmes de recherche collaboratifs.

Les résultats des travaux de recherche des thèmes transversaux furent publiés dans les Cahiers des thèmes transversaux, revue « hybride » : un petit nombre d’exemplaires fut imprimé et distribué par échanges aux principales bibliothèques d’archéologie, en France et à l’étranger, et fut aussi mise en ligne sur le serveur de la Maison René Ginouvès. La disparition de ce serveur entraîna ensuite la perte des Cahiers en ligne ". Ils sont aujourd’hui sur HAL-SHS.

En 2008 est créé le programme partagé « Archéologie du Bassin parisien », auxquels participent des membres de sept équipes de l’UMR. L'UMR participe également à des projets labellisés (Labex DynamiTe, EUR ArChal, projets ANR, Huma-Num Time Machine) et dispose de plateformes techniques : géoarchéologie, palynologie, archéobotanique, microscopie et archéozoologie[14].

Distinctions et Prix

Les membres d’ArScAn ont reçu de nombreuses distinctions nationales et internationales, comme le Prix Clio pour l’archéologie Française à l’Étranger[15] , la médaille de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres et les prix d’archéologie de la Fondation Simone et Cino del Duca de l'Institut de France. Ces prix sont dédiés par exemple à des travaux de recherches, des projets de fouilles archéologiques, des projets de traduction ou des publications originales.

Membres de l’Académie des Inscriptions et Belles Lettres

Membres de l'Institut Universitaire de France

Promotion 2020

  • Christel Müller (IUF Senior)[20]
  • Alexa Piqueux (IUF Junior)[21]

Promotion 2017

Promotion 2016

Promotion 2012

  • Françoise Frazier † (IUF Senior)[24]
  • Sylvain Destephen (IUF Junior)[25]
  • François Villeneuve (IUF Senior)[26]

Promotion 2010

Promotion 2008

  • Hervé Inglebert (IUF Senior)[28]

Promotion 1993

Chaire Jean Monnet d’Études Européennes

  • Ricardo González Villaescusa (2022 – 2024) [30] : projet Ciuitates et Urbes Europæ (CIVEUR)[31]

Médailles du CNRS

Voir aussi

Références

Liens externes

Related Articles

Wikiwand AI