Ce qui distingue la laisse médiévale de la strophe, c'est que le nombre de vers n'est pas strictement défini. L'unité d'une laisse est déterminée par l'assonance[1] et, sans doute, à l'oral, par la mélodie. Lorsque l'assonance et la mélodie changent, on entre dans une nouvelle laisse.
La première manifestation de cette versification se trouve très probablement dans Lo Poema de Boecis, poème occitan du début du XIe siècle. Elle devient ensuite la marque des chansons de geste en ancien français.
La laisse est isométrique, c'est-à-dire que tous les vers de la laisse ont le même nombre de syllabes. La plus grande partie des chansons de geste sont en décasyllabes. Mais on en trouve aussi en octosyllabes ou en alexandrins[2].
Le nombre de vers d'une laisse varie considérablement d'une chanson à une autre. Dans la Chanson de Roland, une laisse compte en moyenne 14 vers ; dans le Couronnement de Louis, la moyenne est de 43[3]. Elle varie aussi beaucoup à l'intérieur d'une même chanson : dans le Moniage Guillaume, la laisse la plus courte comporte 7 vers, tandis que la plus longue en compte 191[3].