Lambert de Liverloo
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Chancelier de la principauté de Liège | |
|---|---|
| - |
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Activités |
Lambert de Liverloo, né à Liège le et mort à Maastricht le , est un chanoine, homme d'État, collectionneur et mécène de la Principauté de Liège.
Il exerce la fonction de chancelier du prince-évêque de Liège Maximilien-Henri de Bavière de 1667 à 1678. Militant pro-français pendant la guerre de Neuf Ans, il finit ses jours en prison.
Lambert de Liverloo est le treizième fils du marchand Wathieu Liverlo et Jeanne de Fossé. Après des études à Louvain, Orléans et Reims, où il obtient son diplôme de docteur en droit, il est d'abord chanoine du chapitre de Saint Jean l'Evangéliste sur la Meuse, et ensuite, à partir de 1646, du chapitre de Saint-Lambert, dans l'église épiscopale de Liège[1],[2]. Il est nommé prévôt de Fosses en 1658 et archidiacre de Hesbaye en 1670, et, comme archidiacre, il devient l'un des principaux financiers de la principauté[1],[2].
De 1667 à 1678, il est chancelier du prince-évêque Maximilien-Henri de Bavière. Durant son mandat, il est chargé de mission à Paris en 1668 et reçoit dans sa demeure Charles Colbert de Croissy lors de son passage à Liège en 1670. Ses amitiés françaises menacent sa position en tant que chancelier dès 1674-1676 et conduisent à sa disgrâce définitive quelques années plus tard, lorsque le poste lui est finalement retiré le [1],[3].
Liverloo est aussi le plus important collectionneur de peintures et mécène à Liège au xviie siècle[1],[4]. De fait, il emploie les services de nombreux artistes liégeois tels que les peintres Bertholet Flémal, Englebert Fisen, Gérard de Lairesse, Jean-Gilles Del Cour et Gérard Goswin ; les sculpteurs Lambert Duhontoir, Jean Del Cour et Gérard-Léonard Hérard ; le graveur Michel Natalis et, probablement, l’orfèvre Pierre de Fraisne le Jeune[1],[4].
Après la mort de Maximilien-Henri de Bavière en 1688, l'élection d'un nouveau prince-évêque est organisée dans un contexte mouvementé et s'y présentent pas moins de cinq candidats[5]. Lambert de Liverloo soutient ouvertement le candidat soutenu par la cour française, le cardinal Guillaume-Egon de Fürstenberg. Ce dernier convoite également le siège du prince-archevêché de Cologne la même année[5]. Il n'est élu dans aucun des deux évêchés en raison de l'opposition allemande[6]. L'évêque élu à Liège, Jean-Louis d'Elderen, mène une politique de coopération avec le Saint-Empire romain germanique, pendant la guerre de Neuf Ans. De Liverloo perd le pouvoir politique[7].

En 1693, deux ans après le bombardement français de Liège, de Liverloo négocie avec les autorités de la ville au nom du maréchal français François-Henri de Montmorency-Luxembourg, également appelé maréchal de Luxembourg[8]. Avec des alliés pro-français, de Liverloo souhaite que le prince-évêque d'Elderen conclue une trêve avec les Français. Les Liégeois pro-français font des allers-retours entre la ville de Huy (où loge le Maréchal) et Liège[9]. Néanmoins, la plupart des notables liégeois souhaitent poursuivre la guerre et lorsque de Liverloo et ses alliés veulent écrire une lettre d'aide au roi d'Angleterre, c'en est trop. La milice du prince-évêque arrête le groupe de Liverloo et les conduit à la prison liégeoise de Maastricht en [10].
La famille de l'archidiacre Lambert de Liverloo supplie le maréchal de Luxembourg d'assiéger Maastricht et de libérer ainsi leur parent de prison. Mais le Maréchal répond que Maastricht résisterait jusqu'au bout en cas d'attaque française et ajoute laconiquement que les Liégeois « qui estoient autrefois si mutins et si braves » devaient vider leur prison eux-mêmes[11]. Les autres militants pro-français sont libérés par la suite, mais Lambert de Liverloo meurt dans la prison de Maastricht en [1],[3].