Lamentatio sanctae matris ecclesiae Constantinopolitanae
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Lamentatio sanctae matris ecclesiae Constantinopolitanae (« Lamentation de la Sainte Église Mère de Constantinople ») est un motet de Guillaume Dufay, compositeur de la Renaissance [1]. Il y lamente la chute de Constantinople face aux Ottomans en 1453. Du fait qu'il porte sur l'Empire byzantin, il arrive qu'il soit rattaché à d'autres œuvres de Dufay - Vasilissa ergo gaude (en), Apostolus gloriosus et Balsamus et munda cera -, comme faisant partie de ses « motets byzantins »[2].
Ce motet appartient probablement à une série de quatre Lamentations sur la chute de Constantinople, composées par Dufay, et mentionnées pour la première fois dans une des lettres qu'il compose à Piero et Giovanni de Médicis. Elle aurait été écrite le 22 février 1454, bien que l'année exacte ne soit pas précisée dans le texte[3]. La partition musicale, les paroles de la Chanson française et celles du Cantus firmus en latin, sont trouvables dans deux sources manuscrites contemporaines : le Codex 2794 (fols. 34v-36r) de la Biblioteca Riccardiana de Florence, et MS 871N (fols. 150v-151r) dans Mont Cassin[2].
Il aurait été composé en vue de la « fête du Faisan », un événement politique imposant mêlé d'un banquet, organisé par Philippe le Bon de Bourgogne à Lille, le 17 février 1454[4]. Son objectif était alors d'y répandre un sentiment de croisade, pour reprendre Constantinople. On ignore cependant si ce motet y a été interprété. Certains comptes-rendus d'époque, à propos du banquet (notamment les Mémoires d'Olivier de la Marche ou les Chroniques de Mathieu d'Escouchy ), nomment et décrivent en détail certaines des compositions musicales qui y ont été interprétées, mais aucune mention n'est faite de ce morceau[5]. Des chroniques affirment qu'au cours du spectacle, un acteur déguisé en femme et vêtu de satin blanc, personnifiant l'Église de Constantinople (rôle interprété, selon une hypothèse, par Olivier de la Marche en personne [6] ), serait entré dans la salle du banquet, chevauchant un éléphant, pour y réciter une « complainte et lamentation d'une voix pitoyeuse et féminine » ( « commença sa complainte et lamentacion à voix piteuse et femmenine » ). Il a été supposé [7] que le motet de Dufay aurait été joué à cet instant précis ; d'autres auteurs affirment qu'il ne s'agissait que d'une improvisation, et que le motet aurait été écrit plus tard[8].
