Latimeria

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Latimeria est un genre de poissons sarcoptérygiens aujourd'hui rare et dont l'habitat se limite à certaines zones de l'océan Indien et de la mer de Célèbes. Le genre doit sa célébrité à sa position dans l'arbre du vivant. Morphologiquement ressemblant aux ancêtres aquatiques des vertébrés terrestres qui vivaient il y a un peu plus de 360 millions d'années (Ma), il possède une poche d'air qui pourrait être le vestige d'un poumon ancestral, ce qui l'a souvent fait qualifier – à tort car ces expressions n'ont aucun sens scientifique[1] – de « fossile vivant » [2] ou de « chaînon manquant ». Le genre compte deux espèces subsistantes, toutes deux menacées : Latimeria chalumnae, la première espèce découverte en 1938, et le cœlacanthe de Manado (Latimeria menadoensis), découvert en 1999 près de l'île indonésienne de Manado Tua, au nord de Sulawesi.

Reconstitution de Latimeria chalumnae.

Le corps est massif et la nageoire caudale diphycerque est formée de trois lobes. Le cœlacanthe possède deux nageoires paires, la nageoire pectorale et la nageoire pelvienne, et trois nageoires impaires, deux nageoires dorsales et une nageoire anale. Comme les tétrapodes et les dipneustes, l'articulation des membres pairs est monobasale : la nageoire pectorale est ainsi articulée à la ceinture scapulaire par l'humérus.

Le cœlacanthe possède certaines caractéristiques anatomiques ne se retrouvant que chez des sarcoptérygiens fossiles. Le crâne est divisé en deux portions, l'une antérieure (portion ethmosphenoïdienne) regroupant les capsules olfactives et les yeux, et l'autre postérieure (otoccipitale) où se trouvent les capsules otiques. Ces deux portions du crâne sont articulées par un joint intracrânien. L'articulation intracrânienne est un caractère général des sarcoptérygiens, qui a été indépendamment perdu chez les tétrapodes et les dipneustes[3]. Elle jouerait un rôle dans la prise alimentaire, en élevant de 10 à 15° la portion antérieure du crâne lors de l'ouverture de la gueule[4]. La biomécanique de cette articulation reste méconnue.

La portion antérieure du crâne abrite un organe rostral électrorécepteur[5]. Dans la nature actuelle, cet organe ne se retrouve que chez le cœlacanthe. Sa présence a été également inférée chez les cœlacanthes fossiles[4]. Le rôle de cet organe demeure hypothétique. Il permettrait de détecter le faible champ électrique provoqué par une éventuelle proie dissimulée sous un fragment de récif ou dans le sable[6].

La notochorde s’étire sur l’ensemble du corps. Antérieurement, elle prend origine sous la portion postérieure du crâne. Son diamètre important reste constant sur l’ensemble du corps. La notochorde s’effile postérieurement à la nageoire anale. Elle permet le soutien du corps, le centrum des vertèbres n’étant pas ossifié. Les arcs hémaux et neuraux ossifiés sont respectivement positionnés ventralement et dorsalement à la notochorde.

Mode de vie

Les premiers spécimens du genre Latimeria ont été découverts en 1952 à des profondeurs moyennes (entre 100 et 400 m) dans le nord du canal de Mozambique, près de l'archipel des Comores.

Ils se réfugient souvent dans les grottes sous-marines, ce qui les rend difficiles à observer et explique en partie que les spécialistes ont longtemps cru cette espèce disparue. On en a recensé moins de deux cents spécimens, tous dans l'Océan Indien.

Reproduction

Embryon de cœlacanthe (Latimeria chalumnae), avec son sac vitellin issu d'une femelle gestante capturée le à Mutsamudu (Comores) avec 4 autres embryons.

On a découvert en 1975 que ces espèces étaient, comme Holophagus penicillata du Jurassique, ovovivipares[7]. Les femelles ne portent que quatre à cinq petits alevins (32,2 cm[7]) et leur gestation pourrait durer près d'un an[4]. On ignore dans quelles conditions et à quelle époque sont expulsés les petits. Les chercheurs n'ont d'ailleurs pas encore découvert d'alevins.

Histoire évolutive

Le groupe des actinistiens, qui inclut les cœlacanthes, est apparu au Dévonien (de 420 à 360 Ma), pendant le Paléozoïque. Ils se diversifièrent au Crétacé, avec certaines espèces atteignant trois mètres de longueur, avant de décliner à partir de la fin du Crétacé (vers 70 Ma).

Depuis leur apparition jusqu'à aujourd'hui, la morphologie des actinistiens n'a que très peu changé, ce qui a incité certains vulgarisateurs scientifiques à les qualifier de « fossiles vivants ». Mais même si la forme n'a pas été profondément modifiée par les processus évolutifs, les cœlacanthes actuels ne sont pas la même espèce que les premiers représentants du groupe.

Un article paru en 2007 [8] relate l'observation d'un cœlacanthe fossile du Dévonien, et plus particulièrement du squelette interne d'une nageoire. Il ressort de cette observation que si l'aspect morphologique est très similaire, l'aspect anatomique est très différent, puisque le squelette de la nageoire de ce poisson est asymétrique, contrairement à celui des Latimeria actuels, qui est symétrique. En d'autres termes, si l'aspect externe d'une patte de cœlacanthe a été peu modifié depuis le Dévonien, son anatomie a subi des remaniements substantiels. On peut donc aussi supposer de façon raisonnable que la physiologie et le métabolisme de ces espèces a évolué, hypothèse néanmoins difficilement vérifiable.

Liste des espèces

Selon FishBase (17 février 2015)[9], World Register of Marine Species (17 février 2015)[10] et ITIS (17 février 2015)[11] :

Historique

Notes et références

Annexes

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