Laurent Dousset
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Président Centre de recherche et de documentation sur l'Océanie | |
|---|---|
| - | |
| Naissance | |
|---|---|
| Nationalité | |
| Formation | |
| Activité |
| A travaillé pour |
CNRS, Université de Western Australia, EHESS, Université de Lucerne |
|---|---|
| Directeur de thèse |
Laurent Dousset est un anthropologue français, spécialiste des sociétés aborigènes d'Australie et du Vanuatu[1]. Il est directeur d'études à l'EHESS et membre du CREDO. À la suite de ses terrains dans ces sociétés, il s'est intéressé aux notions et phénomènes d'incertitude, de confiance et de crise sociale dans les communautés humaines qu'il analyse comme des moments de hiérarchisation des valeurs sociales fondamentales[2].
Formation
Spécialiste des Aborigènes d'Australie, et en particulier du bloc culturel du Désert de l'Ouest, il a travaillé sur la parenté, sur les premiers contacts avec la société occidentale, sur les transformations sociales et les problèmes de revendications culturelles et foncières. Dans le domaine de la parenté, il a en particulier montré dans quelle mesure l'analyse que faisait Claude Lévi-Strauss du système dit Aluridja était erronée. Lévi-Strauss avait qualifié ce système d'aberrant[3], ne reflétant pas les schémas habituels de l'échange restreint trouvé ailleurs en Australie. Dousset a montré que les habitants du Désert de l'Ouest, en particulier les groupes dialectaux Ngaatjatjarra et Ngaanyatjarra (en), qui possèdent le système dit Aluridja, possèdent une organisation sociale fondée dans des principes de l'échange restreint, mais que d'autres normes et valeur interdisent sa pratique[4].
Au Vanuatu, Dousset travaille dans l'île de Malekula sur l'organisation politique et son évolution dans le temps, en particulier depuis l'indépendance du Vanuatu en 1980. L'une des thématiques par lesquelles il aborde ces problèmes est la sorcellerie, qu'il analyse comme un moyen d'action politique et un moyen de rendre acceptables les transformations sociales[5]. Pour ce faire, il fonde ses travaux sur l'analyse des situations d'incertitudes et la notion de régimes d'historicité développée par François Hartog.
Après deux ans d'études en sciences économiques à Fribourg (Suisse), Laurent Dousset s'installe à Paris où il poursuit des études en sociologie, puis en ethnologie à l'université Paris V René Descartes. Il s'inscrit ensuite en DEA et en doctorat à l'EHESS sous la direction de Maurice Godelier. Après la soutenance de sa thèse en 1999 avec comme membres du jury Maurice Godelier, Robert Tonkinson, Eduardo Viveiros de Castro, Emmanuel Désveaux, Franklin E. Tjon Sie Fat et Barbara Glowczewski, il est embauché en tant que post-doctorant à l'université d'Australie-Occidentale à Perth, puis en 2002 comme maître de conférences à l'EHESS.
En 2014 il obtient son habilitation à diriger des recherches à l'université de Strasbourg sous la direction de Denis Monnerie, proposant une anthropologie de l'incertitude[6]. En 2015 il est élu directeur d'études à l'EHESS où il occupe la chaire Élicitation et valeurs sociales[7].
