Laurent Roth
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| Naissance |
Paris |
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| Profession | Réalisateur, scénariste, acteur |
Laurent Roth, né à Paris le , est un auteur, réalisateur, scénariste et acteur français.
Famille
Laurent Roth est le fils de Paul Roth (né le à Lyon et mort en 2023), médecin généraliste ayant exercé sa carrière à Boulogne-Billancourt, survivant[1] des camps d’Auschwitz et Buchenwald[2], et de Françoise Rochet (1931-2004), docteur en chirurgie dentaire et professeur des Universités, issue d’une famille d’industriels propriétaires de la marque Hurtu.
Il passe toute sa scolarité à Boulogne et fréquente le Lycée Jacques Prévert, où il aura pour condisciples Mathieu Riboulet et Frédéric Taddeï, avec qui il développe de nombreuses activités extrascolaires (ciné-club, club des droits de l’Homme). Il a trois fils avec Patricia Vautier, professeur de lettres, dont il divorce en 2015 : Joannès né en 1994, compositeur, Simon né en 1996, comédien et metteur en scène, et Joseph né en 2000, batteur.
Formation et débuts dans le monde du cinéma
Après trois années passées en classes préparatoires littéraires au Lycée Henri IV, il est admissible à l’ENS-Ulm en 1982 – major en philosophie – mais échoue à une place près au concours d’entrée. Il échouera de même au dernier tour du concours d’entrée à l’IDHEC en 1983, et décide de profiter de son service militaire pour se former au métier de cinéaste au sein de l’Établissement cinématographique et photographique des Armées. Il termine ses études universitaires par une maîtrise de philosophie esthétique avec Jean-François Lyotard à l’Université Paris 8[3],[4].
Carrière de réalisateur
En 1984, il réalise un premier court-métrage de fiction en 16 mm, Marie ou le retour, qui est également pour Sophie Maintigneux l'une de ses toutes premières collaborations comme directrice de la photographie. Dans cette fable familiale de l'attente et de l'absence paternelle, Laurent Roth revendique l'influence de Philippe Garrel, dont il a découvert l'œuvre lors de la rétrospective qui lui est consacrée au Studio 43 en 1983[5].
A l’issue du tournage de Marie ou le retour et avec un reste de pellicule inutilisée et la même équipe, il réalise un autre court-métrage, documentaire cette fois-ci, Henri Alekan, des Lumières et des Hommes[6], consacré à la carrière et à l'œuvre d'Henri Alekan, directeur de la photographie de La Bataille du rail de René Clément, de La Belle et la Bête de Jean Cocteau ou encore de Les Ailes du Désir de Wim Wenders. Laurent Roth rencontre l'illustre chef-opérateur alors qu’il met sous presse son livre somme : Des Lumières et des Ombres[7]. Henri Alekan parle ici de son métier comme s’il venait de le découvrir : des surréalistes à Wim Wenders, l’homme au luxmètre passe en revue cinquante ans d’inventions techniques, mais revendique aussi un cinéma de l’imaginaire, comme celui des films de Cocteau ou de Raoul Ruiz, où Alekan se révèle comme un sculpteur de la lumière[3].
Pour la première fois, il mêle fiction et documentaire sur un sujet brûlant : celui des reporters de guerre de l'armée française, ayant opéré en Indochine et en Algérie. Tourné en 35 mm à l'aéroport de Roissy, le film confie le rôle de l'enquêtrice à Mireille Perrier qui vient d'être révélée par Boy meets girl de Leos Carax et Elle a passé tant d'heures sous les sunlights de Philippe Garrel. L'actrice, candide et désarmée, questionne avec insistance les anciens du Service Cinématographique des Armées, certains devenus célèbres comme Raoul Coutard, Marc Flament et Pierre Schoendoerffer. Raymond Depardon, ancien de la revue TAM, participe au projet et prête sa voix pour le commentaire du film. Projeté en soirée de gala devant l’état-major de l’armée française, les ministres de la Culture et de la Défense de l’époque, Les Yeux brûlés commence alors son destin controversé[8]. Serge Daney souligne la singularité de ce film sorti de son orbite à la fois institutionnelle, mais aussi esthétique : « Les Yeux Brûlés, brûlé en tout cas par son sujet, est autre chose qu’une commande simplement détournée. C’est, chose troublante, une commande retournée au commanditaire avec accusé de réception[9] ». La forme baroque du montage et sa méthode d’interviews déstabilisante vont susciter le rejet des Yeux brûlés par l’institution, et le film est retiré de la diffusion après le départ à la retraite du capitaine de vaisseau Max Guérout qui en était le commanditaire[8].
Depuis 2003, Laurent Roth entame un cycle de films où il se met lui-même en scène, qu'il qualifie de "fantaisies documentaires"[10], avec notamment Une maison de Famille en 2004 et J'ai quitté l'Aquitaine en 2005, qui exploitent la même matière filmée dans deux versions différentes.
À la suite de l'écriture de la pièce La Joie lors d'une résidence au Centquatre, Laurent Roth réalise Écoute, Israël (en 2014) et La Joie (en 2015) avec Mathieu Amalric, seul dans le premier film et avec Mireille Perrier dans le second, dans une mise en scène minimaliste: les deux acteurs lisent un texte écrit par le cinéaste, assis à une table sur la scène du théâtre du Rond-Point. Laurent Roth filme la lecture à deux caméras et dans un clair-obscur qui rappelle l'esthétique de l'Impromptu de Jacques Copeau. Seules quelques brèves images d'un voyage en Israël durant la première Intifada viennent interrompre cette étude des comédiens au travail où s'invitent peu à peu des éléments de fantastique. Une fois encore le réalisateur pratique le mélange des temps et des genres, ce que souligne la critique d'art Pascale Cassagnau : « Laurent Roth filme la lecture en isolant par l'ombre les deux visages, déréalisant les données du récit qui brouille ainsi les coordonnées temporelles logiques. C'est dans la cabine d'un avion entre Paris et Tel-Aviv que se situe petit-à-petit l'action, alors que l'on apprend que la dépouille du père du personnage incarné par Mathieu Amalric repose dans la soute de l'avion. La construction narrative du récit renverse l'ordre logique du temps, qui prend son origine le jour d'après, à l'horizon d'un crash à venir. La singularité du film tient à sa nature de théâtre radiophonique filmé, porté par un dispositif scénique qui met en exergue la lecture et non la déclamation ou la récitation[11]. »
Le critique Olaf Möller du magazine Sight and Sound publié par le British Film Institute classe cette édition parmi les 10 meilleurs DVD de l’année 2019[12]. Ce travail anthologique est aussi l’occasion d’un colloque consacré au cinéaste par l'Université de Lyon 2 en .
Théâtre et opéra
Il a également signé le livret de l’opéra de Jean-Christophe Marti L'An un, créé par l’Ensemble Musicatreize en 2001[13] et de son oratorio Bar Iona[14], créé par Laurence Equilbey en 2002. Boursier de Beaumarchais pour l’opéra-vidéo Miniane, l'été 39[15] avec le soutien du Forum des Images et de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah.
Pour le théâtre, il écrit Hors-jeu (Théâtre des Quartiers d'Ivry, 1990), Mèrefontaine (Rencontres Jacques Copeau, 1991), La Chose (créée par Mathieu Amalric et Mireille Perrier en 2008) et La Joie (créée par Mathieu Amalric et Mireille Perrier en 2010). La Chose fait l'objet d'une diffusion sur France Culture et Arte Live web, commentée par la critique Eléonore Colin qui voit dans ce monologue à deux voix un témoignage de l’apprentissage surhumain de la résilience à la Shoah: "Jamais le mot n’est prononcé. Ce sera « La Chose », comme l’abstraction terrible de l’inénarrable qui n’a jamais cessé de « s’inviter à la table » de l’existence de son auteur, le cinéaste et critique Laurent Roth, qui l’a dépossédé du bonheur de grandir dans l’insouciance. Nourri de la parole d’autres fils de miraculés, son texte transcende avec une rare poésie l’expérience intime pour lui conférer une universalité stupéfiante, en posant la question de l’invention de soi pour un enfant de rescapés des camps[16]".
Filmographie
Acteur
Long-métrage
- 1987 : Once more, de Paul Vecchiali: silhouette (danseur et chanteur)
- 2000 : La Commune (Paris 1871), de Peter Watkins : le présentateur de TVN
- 2005 : Fragments sur la Grâce, de Vincent Dieutre : enquêteur
- 2006 : La jeune fille Rachel, de Sylvie Habault et Guy Faucon : un photographe de rue
- 2008 : Je ne suis pas morte, de Jean-Charles Fitoussi : moitié d'ange de Leos Carax
- 2008 : Le Voyage à Alger, d'Abdelkrim Bahloul : Monsieur Ménard
- 2010 : Tournée, de Mathieu Amalric : le commandant de bord d'Air France
- 2018 : La Douleur, d'Emmanuel Finkiel : l'adjoint de Rabier
- 2024 : Trois Amies d'Emmanuel Mouret : le CPE
Réalisateur
Longs métrages
- 2020 : Amos Gitaï, la Violence et l'histoire (documentaire, télévision)
- 2020 : La Vie sur terre (film collectif, documentaire, télévision)
- 2022 : L'Emmuré de Paris
Moyens métrages
- 1986 : Les Yeux brûlés
- 1993 : L’Impromptu de Jacques Copeau
- 2004 : Une Maison de famille
- 2005 : J’ai quitté l’Aquitaine
- 2015 : La Joie
- 2017 : Raoul Coutard, J'ai pas une tête de mort
- 2017 : Pierre Schoendoerffer, La Peine des hommes
- 2020 : Amos Gitaï, Yitzhak Rabin, Gestes de mémoire
- 2024: La Ville Comolli (captation)
- 2026: Marcher d'un pas décidé
Scénariste
Au cinéma
- 2000 : Ceux d'en face, de Jean-Daniel Pollet
- 2005 : Fragments sur la Grâce, de Vincent Dieutre
- 2007 : Le Beau dimanche, de Dominique Cabrera
- 2013 : Stalingrad Lovers, de Fleur Albert
- 2015 : Le Rappel des oiseaux, de Stéphane Batut
- 2015 : Trêve, de Myriam El Hajj (version télévision : Une Saison de chasse)
A la télévision
- 2004 : Quand on a que l'amour - Robert Guédiguian cinéaste, de Jean-Pierre Larcher
- 2006 : Heureux qui communiste, de Daniel Cling
- 2013 : Sillons/Sillages, Gérard Pierron mélodiste, de Paul Champart
- 2015 : Révolution Ecole, de Joanna Grudzińska
- 2024 : Tsiganes, le grand silence, de Catherine Bernstein
Producteur
De 2011 à 2016, Laurent Roth est producteur et directeur artistique au sein de la société Inthemood[17]... implantée à Paris et Montpellier.
Producteur délégué
- 2012 : Une Histoire aussi vieille que moi, de François Porcile,
- 2013 : Victor Jara no 2527, d’Elvira Diaz
- 2014 : La Vierge et la Cité, d’Amalia Escriva
- 2015 : Trève, de Myriam El Hajj
- 2015 : Sillons/Sillages : Gérard Pierron, mélodiste, de Paul Champart
- 2015 : Justice pour le Petit Bard, de Carole Chabert
- 2016 : Bernadette Laffont : Et Dieu créa la femme libre, de Esther Hoffenberg
- 2016 : Listen to the Silence, de Mariam Chachia
Coproducteur
- 2013 : Alan Turing, Le Code de la vie, de Catherine Bernstein
- 2013 : Visages d’une absente, de Frédéric Goldbronn
- 2013 : Grandir, de Dominique Cabrera
- 2013 : Un Voyageur, de Marcel Ophüls
- 2014 : Nous irons vivre ailleurs, de Nicolas Karolszyk
- 2014 : Trois cents hommes, de Aline Dalbis et Emmanuel Gras
- 2014 : Territoire de la Liberté, d’Alexander Kuznetsov
- 2014 : Icaros, de Pedro Gonzalez-Rubio
- 2016 : Parle-moi encore, de Jean-Paul Fargier
Publications
Essais
- 1997 : Abbas Kiarostami, éditions des Cahiers du cinéma.
- 1997 : Qu'est-ce qu'une Madeleine (en collaboration avec Raymond Bellour), à propos du CD-ROM “Immemory” de Chris Marker, éditions du Centre Georges-Pompidou.
Recueils de poésie
- 1989 : Les Narcisse. Sur des photographies de Vincent Godeau, mai de la Photo.
- 1989 : Mère et fils. Sur des photographies de Vincent Godeau, Galerie Agathe Gaillard.
- 1990 : Modern Reisen. Sur des photographies de Vincent Godeau.
- 1990 : Lettre à J.-L. M. Avec une gouache de Pierre-André Benoit, La Balance.
- 1990 : Le Prêche aux oiseaux. Avec quatre lithographies de Philippe Garouste, La Balance.
- 1991 : Nuit bleue. Avec une lithographie d’Annick Blavier, La Balance.
- 1991 : La Source. Avec deux linogravures d’A.-R. Meeks, La Balance.
- 1991 : Confiance. Avec une encre d’Eléonore Pirroneau, La Balance.
- 1997 : Le Rêve. Avec quatre lavis-litho de B.-G. Lafabrie, Imprimerie d’Alsace-Lozère.
- 1998 : Sept billets d’Apocalypse. Avec sept lavis-litho de B.-G. Lafabrie, Imprimerie d’Alsace-Lozère.
Textes de théâtre
- 1991 : Hors-Jeu, (Pour le Théâtre des Quartiers d’Ivry).
- 1991 : Mèrefontaine (Pour les "Rencontres Jacques Copeau").
- 2007 : La Chose, avec Mathieu Amalric et Mireille Perrier (Produit par le Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, Le Centquatre, et le Théâtre du Rond-Point. Diffusée sur France Culture et Arte Live Web).
- 2010 : La Joie, avec Mathieu Amalric et Mireille Perrier (Produit par le Musée d'Art et d'Histoire du Judaïsme, Le Centquatre, et le Théâtre du Rond-Point).
Livrets d'opéra
- 2003 : L’An Un, ou La découverte du Ciel, opéra de chambre de Jean-Christophe Marti, d’après La Découverte du Ciel de Harry Mulisch, éditions Jobert.
- 2003 : Bar Iona (le reniement de Pierre), oratorio de Jean-Christophe Marti, éditions Jobert.