Beate Klarsfeld
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allemande
française
| Naissance | |
|---|---|
| Nom de naissance |
Beate Auguste Künzel |
| Nationalités |
israélienne (depuis le ) allemande française |
| Activités | |
| Conjoint | |
| Enfants |
Arno Klarsfeld Lida Klarsfeld (d) |
| A travaillé pour | |
|---|---|
| Parti politique | |
| Distinctions | Liste détaillée Chevalier de la Légion d'honneur () Officier de la Légion d'honneur () Commandeur de l'ordre national du Mérite () Commandeur de la Légion d'honneur () Officier de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne () Grande officière de l'ordre national du Mérite () Grand officier de la Légion d'honneur () |
Beate Klarsfeld, née Beate Künzel, le à Berlin, est une militante antinazie d'origine allemande. Elle s'est distinguée à partir de la fin des années 1960 par son engagement public contre d'anciens responsables nazis demeurés influents en Allemagne et en Europe, ainsi que par son action en faveur de la mémoire de la Shoah.
Elle acquiert une notoriété internationale en 1968, lorsqu'elle gifle le chancelier fédéral ouest-allemand Kurt Georg Kiesinger, ancien membre du parti nazi, lors d'un congrès de la CDU, afin de dénoncer la présence d'anciens nazis au sein des institutions de la République fédérale d'Allemagne.
Par la suite, avec son époux Serge Klarsfeld, elle mène de nombreuses actions militantes et médiatiques visant à faire juger des criminels nazis réfugiés notamment en France, parmi lesquels Kurt Lischka, Herbert Hagen et Klaus Barbie. Leur engagement contribue de manière significative à plusieurs procédures judiciaires et à une prise de conscience publique en Europe occidentale à la fin du XXe siècle.
Elle est cofondatrice de la Beate Klarsfeld Foundation, consacrée à la recherche, à la documentation et à la transmission de la mémoire de la Shoah. Son action est reconnue par plusieurs distinctions honorifiques en France et à l'étranger.
Naturalisée française par mariage, elle obtient en 2016 la nationalité israélienne à titre honorifique.
De la révolte à l'engagement

Beate Auguste Künzel naît en 1939 à Berlin, au sein d'une famille de confession évangélique luthérienne. Elle est la fille de Kurt Künzel, employé dans les assurances, et d'Hélène Künzel. Trois semaines après sa naissance, son père est mobilisé au sein de la Wehrmacht et envoyé en Belgique, puis sur le front de l'Est. Atteint d'une double pneumonie, il est rapatrié en Allemagne[1]. Après la Seconde Guerre mondiale, la famille vit dans un contexte matériel difficile, caractéristique de l'Allemagne d'après-guerre. Le père de Beate, qui n'a pas été fait prisonnier et n'est pas blessé, trouve un emploi au greffe de Spandau. Il meurt d'un cancer à l'âge de 58 ans.
Après l'obtention de son diplôme de fin d'études secondaires, Beate Künzel intègre une école supérieure de commerce[2].
À l'âge de 21 ans, elle décide de s'installer en France, afin de s'éloigner du rôle social traditionnellement assigné aux femmes dans l'Allemagne de l'époque, souvent résumé par l'expression « Kinder, Küche, Kirche » (« enfants, cuisine, église »)[3]. Arrivée à Paris, elle travaille d'abord comme jeune fille au pair, suit des cours de français à l'Alliance française et se consacre à la lecture.
En 1960, elle rencontre Serge Klarsfeld sur le quai de la station de métro Porte-de-Saint-Cloud[4]. Le couple se marie en . Cette relation l'introduit dans un milieu intellectuel et contribue à une prise de conscience progressive de l'histoire du nazisme, de la Shoah et du sort réservé aux Juifs d'Europe durant la Seconde Guerre mondiale[5].
Devenue secrétaire bilingue à l'Office franco-allemand pour la jeunesse, elle publie un guide à destination des jeunes Allemandes au pair à Paris, ce qui lui apporte une certaine notoriété mais suscite également des critiques au sein de l'institution. S'intéressant au journalisme et précisant son engagement politique, elle adhère au Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), se reconnaissant davantage dans la figure de Willy Brandt, opposant précoce au nazisme, que dans les responsables de l'Union chrétienne-démocrate (CDU).
Épisode de la gifle à Kiesinger
À la suite de la démission du chancelier Ludwig Erhard à la fin de l'année 1966, Kurt Georg Kiesinger, alors ministre-président du Bade-Wurtemberg, annonce sa candidature à la chancellerie fédérale. Beate Klarsfeld découvre le passé nazi du candidat à la lecture de la presse française, qui s'émeut de cette candidature.
Une fois Kurt Georg Kiesinger devenu chancelier à la tête d'une grande coalition avec le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), dirigée notamment par Willy Brandt, alors ministre des Affaires étrangères, le sujet disparaît progressivement des journaux. Beate Klarsfeld décide alors de reprendre publiquement la dénonciation de ce passé.
Elle publie un premier article intitulé « Les deux visages de l'Allemagne » dans le journal Combat le [6], puis un second en [6]. Ces prises de position entraînent son licenciement de l'Office franco-allemand pour la jeunesse à la fin du mois d'[6]. La justice française refuse d'examiner l'affaire, l'Office relevant du droit international. Sur les conseils de responsables politiques allemands, Beate Klarsfeld choisit alors de porter le dossier sur le terrain politique.
Elle sollicite le soutien de personnalités politiques françaises ainsi que de membres du milieu juif engagés dans la poursuite des criminels nazis, notamment Simon Wiesenthal. Elle rassemble des documents établissant l'implication de Kurt Georg Kiesinger, à haut niveau, dans la propagande radiophonique du régime nazi. Son enquête met également en lumière l'existence de réseaux d'entraide d'anciens nazis, y compris d'anciens membres de la SS. Elle découvre que l'Office franco-allemand pour la jeunesse a compté parmi ses responsables des anciens nazis, dont Walter Hailer, président de la commission chargée de statuer sur son licenciement.
À la fin de l'année 1967, elle publie le fruit de ses recherches dans une brochure intitulée La vérité sur Kurt Georg Kiesinger[6]. Afin d'accroître la pression sur le gouvernement fédéral, elle cherche des soutiens et entre notamment en contact avec le leader étudiant Rudi Dutschke.
Elle organise alors plusieurs réunions politiques, soutenues par des intellectuels allemands, au cours desquelles elle diffuse sa brochure. Le , lors de l'une de ces réunions, marquée par une intervention de Günter Grass critiquant Kurt Georg Kiesinger, elle déclare publiquement son intention de gifler le chancelier[6].
Durant l'été 1968, Beate Klarsfeld mène une campagne médiatique active contre Kurt Georg Kiesinger. Le , , se faisant passer pour journaliste, elle interpelle le chancelier au Bundestag, en criant : « Kiesinger, nazi, démissionne ! ».
Le , à Berlin, alors que Kurt Georg Kiesinger préside le congrès du CDU, elle parvient à le gifler publiquement[6],[7]. Elle est immédiatement arrêtée et condamnée à un an de prison ferme.
Elle revient ultérieurement sur cet épisode dans un entretien accordé à Karine Grunebaum pour le magazine Paris-Match[8]:
« Je rappelle au juge ma double nationalité et je lui conseille de ne pas me jeter en prison. Une heure plus tard, je suis libre… Une semaine après, je me rends à Bruxelles pour faire campagne contre Kiesinger qui doit parler devant les dirigeants de l’Otan. Quand il prend la parole, les insultes pleuvent, l’obligeant à se taire. Sa carrière politique est ébranlée. En 1969, c’est Willy Brandt, un ancien résistant, qui devient chancelier. Il m’amnistie aussitôt. Aujourd’hui, la photo de la gifle se trouve au musée de l’Histoire allemande. »
Surnommée par la presse « Beate la gifleuse », Beate Klarsfeld devient une personnalité controversée de la scène politique allemande. Elle décide de se présenter aux élections de septembre 1969 contre Kurt Georg Kiesinger. Le SPD lui refuse cependant l'investiture ; elle se présente alors sous l'étiquette d'un parti d'extrême gauche marginal, l'ADF.
Elle mène une campagne très active et virulente contre Kiesinger, avec le soutien de militants de l'extrême gauche. Si elle est largement battue personnellement, Kurt Georg Kiesinger, donné favori dans une circonscription traditionnellement acquise à la CDU, est également battu. Sur le plan national, le Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD), formation néonazie, n'obtient aucun siège au Bundestag. Une coalition SPD-FDP accède au pouvoir et Willy Brandt est nommé chancelier fédéral.
À l'issue de ces événements, Beate Klarsfeld obtient de Willy Brandt la signature d'une nouvelle convention franco-allemande, le , permettant à la justice allemande de juger les anciens nazis condamnés par contumace en France après la Seconde Guerre mondiale. Cette convention remplace celle du , par laquelle la France s'était réservé le droit exclusif de les juger, alors même qu'elle avait contresigné, en tant que puissance occupante, la Loi fondamentale de la République fédérale d'Allemagne, laquelle interdisait l'extradition de citoyens allemands vers l'étranger.
La convention de 1954, combinée aux dispositions constitutionnelles de 1949, avait ainsi contribué à garantir de fait l'impunité judiciaire de nombreux criminels nazis réfugiés en Allemagne de l'Ouest[9].
Affaire Achenbach

Le , il est annoncé qu'Ernst Achenbach, membre du Parti libéral-démocrate (FDP), doit être proposé, conformément aux accords de coalition SPD–FDP, comme délégué allemand auprès de la Commission de la Communauté économique européenne.
Or, membre du NSDAP depuis 1933, Ernst Achenbach fut, à partir de 1940, le principal adjoint d'Otto Abetz, ambassadeur du Reich en France occupée. À la suite de l'entrevue entre Pierre Laval et Adolf Hitler, il accompagne Laval à Vichy afin de convaincre le maréchal Pétain d'accepter une rencontre avec Hitler. Il fait partie de l'escorte officielle lors du déplacement de Vichy à Montoire, où a lieu l'entrevue du .
Ernst Achenbach est également chargé de la propagande radiophonique nazie en France. À ce titre, il entretient des contacts avec Kurt Georg Kiesinger. Les accusations les plus graves concernent toutefois son rôle dans la politique de représailles menée après les attentats contre des officiers allemands à Paris. Beate Klarsfeld établit qu'afin de préserver la politique de collaboration d'État, Otto Abetz et son adjoint Ernst Achenbach ont imputé ces attentats aux Juifs, fournissant ainsi une justification aux opérations de déportation vers Auschwitz, notamment la déportation d'environ 2 000 Juifs entre le et le .
Par la suite, Ernst Achenbach est muté à Berlin, où il travaille à proximité de Kurt Georg Kiesinger, avec lequel il conserve des relations après la guerre.
Beate Klarsfeld fait publier dans la presse française et allemande un dossier retraçant la carrière nazie d'Ernst Achenbach et intervient auprès des plus hautes autorités politiques françaises, allemandes et communautaires. À la fin du mois de , le gouvernement allemand renonce à cette nomination.
Criminels nazis en France
Les recherches menées par Beate Klarsfeld au Centre de documentation juive contemporaine (CDJC) lui permettent d'étudier les dossiers de plusieurs officiers supérieurs de la SS impliqués dans la persécution et la déportation des Juifs de France, notamment Kurt Lischka, officier supérieur SS qui dirigea la grande rafle des Juifs à Paris en (connue sous le nom de rafle du Vel' d'Hiv) et Herbert Hagen, également officier supérieur SS et théoricien de l'antisémitisme, qui avait eu sous ses ordres Adolf Eichmann avant la guerre dans un service de propagande antisémite au sein de la SS, et qui organisa les déportations des Juifs de Bordeaux dès . Ensuite, chef de l'état-major du général SS Oberg, il fut chargé de la politique d'exécution d'otages.
Après la Seconde Guerre mondiale, ces responsables bénéficient d'une absence de poursuites effectives, liée notamment à l'instabilité politique de la IVe République et à la convention franco-allemande du 23 octobre 1954, qui limite la possibilité pour la France de faire juger en Allemagne les criminels condamnés par contumace.
Avec l'appui de Serge Klarsfeld et de militants de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA), Beate Klarsfeld mène diverses actions destinées à alerter l'opinion publique et les autorités sur l'impunité dont bénéficient ces anciens responsables SS. Ces initiatives, largement médiatisées, visent à obtenir la réouverture des procédures judiciaires.
Ces démarches contribuent à la tenue du procès de Cologne en 1980, au terme duquel trois anciens officiers SS sont jugés et condamnés par la justice allemande.
Klaus Barbie
Klaus Barbie, ancien capitaine SS et chef de la Gestapo à Lyon (connu pour avoir fait périr Jean Moulin sous la torture et pour avoir ordonné la déportation des enfants de la colonie d'Izieu), est condamné par contumace en France le . Beate et Serge Klarsfeld connaissent son rôle pendant l'Occupation grâce à l'étude des dossiers conservés au Centre de documentation juive contemporaine (CDJC). Ils établissent que Klaus Altmann, résidant alors en Bolivie, est bien Klaus Barbie, notamment en constatant que les dates de naissance des enfants Altmann correspondent à celles des enfants Barbie.
En , Beate Klarsfeld apprend au CDJC que le procureur de Munich a classé sans suite une procédure ouverte contre Klaus Barbie, à la suite d'une demande émanant d'une association allemande de victimes du nazisme, alors même que la justice allemande a connaissance de l'identité de Klaus Altmann.
Beate et Serge Klarsfeld engagent alors une campagne prolongée auprès des autorités françaises, allemandes et européennes, avec le soutien d'organisations juives, afin d'obtenir l'extradition de Klaus Barbie vers la France. Cette mobilisation s'inscrit dans un contexte diplomatique et judiciaire complexe et s'étend sur plusieurs années.
Klaus Barbie est finalement extradé vers la France et jugé à Lyon en 1987, où il est condamné pour crimes contre l'humanité.
Les actions menées par les époux Klarsfeld contre d'anciens responsables SS entraînent également des menaces graves à leur encontre. La famille Klarsfeld échappe notamment à un attentat par colis piégé en , puis à une bombe à retardement en [10].
Beate Klarsfeld Foundation
L'action de Beate Klarsfeld est très suivie dans les milieux juifs américains, où elle acquiert la réputation de chasseuse de nazis. Ces milieux lui proposent de donner des conférences sur la chasse aux nazis et sur le génocide. En 1979, elle fonde une fondation qui porte son nom, initialement domiciliée au 315 Madison Avenue – Room 3303, à New York. Cette structure lui permet de collecter des fonds aux États-Unis, notamment auprès de l'Anti-Defamation League (ADL) et du B'nai B'rith de New York.
Partage des tâches entre Beate et Serge Klarsfeld

Au début de leur action contre les anciens nazis, Beate Klarsfeld joue le rôle principal, notamment parce que Serge Klarsfeld ne parle pas l'allemand et ne peut pas effectuer certaines recherches dans les archives germaniques. C'est également Beate qui mène des interventions dans les pays d'Europe de l'Est, où l'antisémitisme refait surface, et qui se rend dans des conditions difficiles, y compris dans les prisons d'Allemagne de l'Est, de Pologne et de Tchéquie.
Lorsque leurs actions se concentrent sur la France, c'est Serge Klarsfeld qui prend le devant de la scène. Par exemple, lors des procès de Paul Touvier et Maurice Papon, Beate reste en retrait. Cette répartition correspond à la nationalité et aux réseaux de contacts : Beate est responsable des relations en Allemagne, notamment avec Willy Brandt, tandis que Serge gère les contacts avec les autorités françaises, y compris les ministres de la Justice et les présidents François Mitterrand et Jacques Chirac.
À partir des années 2000, ils présentent leurs actions comme étant communes, notamment sur le site de la Beate Klarsfeld Foundation. Depuis 2008, Beate Klarsfeld, avec l'universitaire Michel Cullin, représente la France au Conseil international du Service autrichien à l'étranger, soutenant le « Service de la Mémoire », un programme destiné aux jeunes Autrichiens intervenant dans les mémoriaux, musées et institutions liés à la mémoire de la Shoah.
Distinctions et nationalité israélienne
Faite chevalier de la Légion d'honneur en , elle est promue officier de la Légion d'honneur en [11] par Jacques Chirac, sur proposition de son Premier ministre Dominique de Villepin, et reçoit ensuite cette décoration des mains du nouveau président de la République française, Nicolas Sarkozy.
Elle est nommée Commandeur dans l'Ordre National du Mérite, en [12]. En , le parti de gauche Die Linke soutient sa candidature à l'élection présidentielle allemande de 2012, qu'elle perd cependant face à l'ancien pasteur et militant des droits civiques, Joachim Gauck[13].
Le , les époux Klarsfeld sont promus dans la Légion d'honneur : Beate devient Commandeur de la Légion d'honneur et Serge Klarsfeld devient Grand-officier de la Légion d'honneur[14].
Le , elle obtient la nationalité israélienne et son certificat de citoyenneté israélienne lui est remis à Jérusalem, en mains propres par Aryé Dery[15], à cette époque ministre de l'Intérieur de l'État d'Israël.
Candidature à la présidence fédérale

Le , le parti Die Linke annonce soutenir la candidature de Beate Klarsfeld à la présidence de la République fédérale d'Allemagne, lors de l'élection anticipée du 18 mars, convoquée à la suite de la démission du président Christian Wulff, soupçonné d'avoir manqué à ses fonctions[16]. Elle confirme sa candidature, qualifiant la proposition du parti d'« honneur » et la présentant comme un « couronnement du travail » qu'elle conduit depuis des années.
Son principal adversaire est Joachim Gauck, militant des droits de l'homme soutenu par les autres partis représentés au parlement fédéral. Beate Klarsfeld obtient 126 votes sur 1 228 votants, tandis que Joachim Gauck reçoit 991 votes[17].
Engagement politique et prises de position récentes
Le , Beate Klarsfeld annonce son soutien à Nicolas Sarkozy pour l'élection présidentielle française de 2012[18].
Pour le second tour de l'élection présidentielle de 2017, opposant Marine Le Pen à Emmanuel Macron, Serge Klarsfeld publie avec sa femme Beate et leur fils Arno une photo évoquant les camps de concentration nazis pour appeler à voter contre la candidate du Front national (FN) et en faveur d'En marche ! (EM !)[19].
En 2022, elle accepte, avec son époux, la médaille d'honneur de la ville de Perpignan, remise par le maire Louis Aliot, RN. Cette remise suscite de vives critiques la part d'historiens comme Denis Peschanski et Renée Poznanski, ainsi que d'organisations comme la LICRA, SOS Racisme et l'Union juive française pour la paix (UJFP). Certains, comme Dominique Sopo, relativisent ce geste par le grand âge des récipiendaires, tandis que d'autres y voient un soutien implicite du RN à Israël. L'ensemble des réactions critique la perception d'une normalisation du parti d'extrême droite[20].
Vie privée
Elle est mariée à Serge Klarsfeld, avec lequel elle a deux enfants : Arno (1965) et Lida (1973).
Ouvrage
- Beate et Serge Klarsfeld, un combat contre l’oubli, La boîte à Bulles, 2020. B.D de Pascal Bresson et Sylvain Dorange.
- Mémoires, avec Serge Klarsfeld, Fayard Flammarion, 2015 (prix Pétrarque).
- Partout où ils seront, Édition Spéciale, 1972
Distinctions
Décorations
Grand officier de la Légion d'honneur le [21] (décret du [22])
Grand officier de l'ordre national du Mérite le [26] (décret du [27])
Officier de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne (le à l'hôtel de Beauharnais[30])- Médaille de la ville de Perpignan, remise le par le maire Louis Aliot (RN)[31]
Autres distinctions
- En 2009, elle est lauréate de l'Initiative Georg-Elser à Munich, prix nommé en l'honneur de l'homme ayant attenté à la vie d'Adolf Hitler en 1939[32],[33].
- En , Beate et Serge Klarsfeld sont nommés ambassadeurs honoraires et envoyés spéciaux de l’Unesco pour l’enseignement de l’histoire de l’Holocauste et la prévention de génocide.
- Le , Beate Klarsfeld reçoit la nationalité israélienne à titre honorifique pour « sa contribution au peuple juif »[34].
Exposition
- Décembre 2017 à - Beate et Serge Klarsfeld, les combats de la mémoire (1968-1978) au mémorial de la Shoah à Paris[35]