Lauriacum
ancienne cité romaine, sur l'actuelle Enns, Autriche
From Wikipedia, the free encyclopedia
Lauriacum est un ancien fort auxiliaire romain et une importante ville romaine dont le site archéologique se trouve sur le territoire de la commune d'Enns, dans la Haute-Autriche, en Autriche[1],[2].
| Période d'activité |
début du Ier siècle au Ve siècle |
|---|---|
| Localité moderne | |
| Unité présente | |
| Dimension du fort |
21 ha |
| Province romaine | |
| Coordonnées |
d’identification1608
Lauriacum *
| |
| Coordonnées | 48° 13′ 00″ nord, 14° 28′ 30″ est |
|---|---|
| Subdivision | Frontiers of the Roman Empire – The Danube Limes |
| Numéro d’identification |
1608 |
| Année d’inscription | (44e session) |
| Type | Culturel |
| Critères | ii, iii, iv |
| * Descriptif officiel UNESCO ** Classification UNESCO |
|
| modifier |
|
Lauriacum était la base militaire la plus importante de la province de Norique et faisait partie du réseau de postes militaires qui jalonnaient le Limes (norique (de)), la partie centrale du Limes danubien.
Le site archéologique fait partie du Limes du Danube, site inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, depuis 2021.
Historique
Le site est mentionné dans de nombreuses sources antiques telles que l'Itinéraire d'Antonin, le Code de Théodose, le Code de Justinien, la Passio de Florian de Lorch et le Martyrologe hiéronymien, son nom dérive du celtique Loriaca, que l'on retrouve encore dans le nom moderne de Lorch.
Son existence remonte à l'époque de l'empereur Claude (vers 50 apr. J.-C.), gardant la frontière danibienne face aux tribus germaniques des Varisques et des Marcomans. Lauriacum était relié à l'Italie par la Via Iulia Augusta qui menait d'Aquilée à la Norique. Par d'autres voies Lauriacum était relié à d'autres forteresses romaines comme Vindobona, Carnuntum, Virunum, Brigetio et Aquincum en Pannonie. Sous l'empereur Caracalla elle devint le siège du gouverneur provincial et donc la capitale du Norique, tandis que son vicus à l'ouest du camp militaire fut élevé au rang de municipe.

À partir du IIIe siècle, les incursions des peuples germaniques au nord du Danube, tels que les Marcomans, les Varisques, les Vandales et les Juthunges, s'intensifièrent. Lauriacum, comme toutes les autres villes du Norique et des régions voisines de Rhétie et de Pannonie, situées aux frontières de l'Empire romain, se trouva ainsi en première ligne. On observe notamment des traces évidentes de destruction d'une partie du camp légionnaire durant les campagnes de Maximin Ier le Thrace en 235-236 apr. J.-C. Dans la seconde moitié du IIIe siècle, Maximilien de Celeia, envoyé par le pape Sixte II, apporta le christianisme au Norique, fondant un diocèse à Lauriacum dont il fut le premier évêque.
En 401, les Vandales incendièrent probablement à nouveau la ville et le camp lors de leur marche vers la Gaule, mais une partie put être reconstruite par la suite. En 451, Lauriacum fut pillée par l'armée d'Attila, qui marchait vers la Gaule. Après la lourde défaite des Huns à la bataille des champs Catalauniques, Lauriacum fut presque entièrement détruite lors de leur repli. Un peu plus tard le vicus subit un incendie et les habitants se replièrent dans l'ancien camp légionnaire qui se transforma en oppidum. Avec la dissolution des derniers vestiges des structures administratives et militaires au milieu du Ve siècle, la domination romaine sur le Norique prit fin après près de 500 ans.