Le Chant maléfique
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Le Chant maléfique (ou Le Bureau des affaires occultes : Le Chant maléfique) est un roman policier français d'Éric Fouassier, paru en 2024. C'est le quatrième roman de la saga du Bureau des affaires occultes.
| Le Chant maléfique | ||||||||
| Auteur | Éric Fouassier | |||||||
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| Pays | ||||||||
| Genre | Roman policier | |||||||
| Version originale | ||||||||
| Langue | Français | |||||||
| Version française | ||||||||
| Éditeur | Albin Michel | |||||||
| Date de parution | 2024 | |||||||
| Nombre de pages | 416 | |||||||
| Chronologie | ||||||||
| Série | Le Bureau des affaires occultes | |||||||
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Se déroulant un mois après les événements du précédent opus de la saga, alors que la situation pandémique à Paris est critique, Valentin Verne est chargé par le pouvoir royal d'aller enquêter sur des meurtres étranges commis en Vendée, le pouvoir prenant peur que la situation insurrectionnelle présent dans la région ne prenne une tournure dramatique en raison des meurtres.
Histoire
En Vendée, deux agents légitimistes, maître Michel Avron et Anthelme Chouquet, sont assassinés alors qu'ils étaient seuls et isolés, proches du bocage vendéen où ils ont été étranglés après avoir été pris en stop par une étrange calèche.
À Paris, l'inspecteur Valentin Verne est dépêché secrètement dans les locaux du pouvoir et est chargé par un haut-fonctionnaire, Côme de Chancy, d'enquêter sur les meurtres afin d'empêcher que la situation insurrectionnelle présente en Vendée ne s'enflamme en raison des soupçons d'assassinats commandités par le pouvoir. Il se voit adjoindre un membre de la police secrète de Louis-Philippe Ier, Alcide Bernet, personnage froid et au visage horriblement défiguré. Il embarque dans une calèche quelques heures plus tard, n'ayant le temps de remettre à l'Entourloupe qu'un petit papier expliquant son absence soudaine auprès de sa collègue et amante, Aglaé Marceau. Pendant ce temps, cette dernière n'est pas sans reste : durant une soirée où elle est invitée par Félix Arvers, tombé amoureux d'Aglaé après une première rencontre atypique au sein d'un club de nudiste, le maître des lieux, Honoré de Crayencourt, est brutalement assassiné et une grande partie de ses bijoux reste introuvable.
En Vendée, Valentin et Bernet font un accident de calèche qui les empêche de continuer et sont forcés de passer la nuit dans la carcasse de l'attelage. La nuit venue, les deux sont attirés par un bruit étrange provenant des bois : un sinistre chant, similaire à celui d'une flûte. Les deux sont forcés de se séparer et, après avoir perdu Bernet au sein des bois bordant le bocage, Valentin rencontre Barthélémy Vanvoeuvre, un agent légitimiste local qui prétend être pourchassé par des assaillants inconnus, qu'il désigne sous le nom « d'étrangleurs ». Ils sont accueillis dans un château local par un autre agent légitimiste, Alexandre de la Roche Saint-André. Auprès du milieu carliste où il est infiltré, il se fait passer pour Valentin de Cozes, un agent carliste parisien envoyé par les alliés de Paris pour élucider les meurtres commis en Vendée. Le lendemain matin, il fait la rencontre de Lord Henry Blackburne, de l'Abbé de la Neuille, du chevalier Louis de Beauvoir et de sa fiancée Alix d'Aigrefeuille, ces deux derniers toisant avec méfiance Valentin durant leur entrevue. Lord Blackburne et les domestiques de de la Roche Saint-André font part à Valentin de leur superstition quant à la mort des agents carlistes et évoquent l'aloubi où même les Thugs, une secte d'assassins venue d'Inde qui aurait prétendument suivi Lord Blackburne pour se venger de lui après qu'il eut révéler leur existence à la presse britannique. Le chant entendu par Valentin et Bernet serait celui du ramsinga, qui annoncerait l'attaque imminente des Thugs. Le lendemain, à une ferme proche, il assiste à une singulière arrivée : déguisée en paysan, Marie-Caroline de Bourbon-Sicile se présente aux agents carlistes présents pour saluer son arrivée. Entre-temps, Bernet, déguisé lui-aussi en paysan, revient faire signe de vie à Valentin et lui indique son lieu de vie, une auberge proche.
À Paris, les événements s'enchaînent : le fiancé d'une amie d'Aglaé, Samson Desroches, est accusé du meurtre de Crayencourt et ce dernier se fait sauvagement battre durant son enfermement par un gardien de prison à la demande du fils de la victime, Maximilien de Crayencourt. Aglaé, de fil en aiguille, avec l'aide de ses lieutenants, l'Entourloupe et Tafik, et avec l'aide de leur supérieur et ami, Eugène-François Vidocq, en vient à soupçonner Arvers d'avoir commis le crime et d'avoir piégé son ami pour s'en sortir. Cependant, elle doit redoubler d'efforts car, en raison de l'interrogatoire injustifié de Maximilien de Crayencourt (l'enquête ne relevait pas du ressort d'Aglaé et de son service), le Bureau des affaires occultes est suspendu après un échange houleux avec le préfet Henri Gisquet. Lors d'une fouille particulièrement éprouvante chez Arvers, Aglaé trouve un sac rempli de bijoux caché dans un creux de la cheminée de l'appartement d'Arvers mais est forcé de le remettre à sa place lorsque Arvers revient à l'appartement. Pendant ce temps, Vidocq apprend grâce à ses informateurs que Valentin se trouve en Vendée et y envoie un de ses hommes pour envoyer un message à son ami.
Valentin, quant à lui, se sent de plus en plus dépassé par l'affaire de haute politique à laquelle il fait face : Vanvoeuvre est tué alors que lui et Lord Blackburne entendent le chant du ramsinga. Plus tard, Valentin fait face avec les autres agents carlistes à une fouille de soldats hussards, qui auraient été renseignés sur la présence de Marie-Caroline de Bourbon-Sicile et du chevalier de Beauvoir et de sa Dulcinée, également recherché. Ces derniers échappent de peu à l'arrestation grâce à une planque secrète dans les sous-sols du château. Entre-temps, Valentin a épié les agissements de l'Abbé de la Neuille, qui se révèle être un espion à la solde des hussards après avoir été découvert comme étant un agresseur d'enfants, dont la nièce de la Roche Saint-André. C'est ainsi lui qui a renseigné les soldats hussards sur la présence de la souveraine au château. Entre-temps, Valentin fait la connaissance de la sœur de Lord Blackburne, Emily, cachée sous un voile après avoir été grièvement brûlée dans un incendie prétendument déclenché par les Thugs.
Dénouement
Valentin et une équipe entière d'agents légitimistes, dirigés par le chevalier de Beauvoir et Alix d'Aigrefeuille, se rend dans une région voisine pour obtenir les financements nécessaires pour la campagne légitimiste que prévoit Marie-Caroline pour accéder son fils au trône de France. En effet, les trois victimes de meurtres étaient les transporteurs de fonds de l'argent destiné à la campagne de Marie-Caroline. À leur arrivée, leur contact, Cathelineau, est exécuté par un lieutenant hussard et, après le départ de la troupe, une seconde arrive au château de Cathelineau et se met à tirer sur les carlistes occupant le bâtiment. Valentin est forcé de faire une partie du chemin de retour avec Alix d'Aigrefeuille. Après avoir passé la frontière lourdement gardé, Alix est tuée par un garde champêtre l'ayant surprise dans une cabane abandonnée. Valentin retourne donc au château, où l'ambiance générale se fait difficile après la mort de quelques autres légitimistes durant la fuite. Le chevalier de Beauvoir est notamment extrêmement chagriné par la mort de sa fiancée. Entre-temps, Valentin a réussi à résoudre son affaire et soupçonne désormais Lord Blackburne et sa sœur. En les épiant chez eux, Valentin découvre sa prétendue sœur n'est pas ce qu'elle prétend être : loin d'être défigurée, elle n'est pas sa sœur mais son amante et répond au nom d'Émilie de Mirande, que Valentin a rencontré deux années plus tôt durant sa première enquête. Les deux amants étaient en réalité intéressés par l'argent des victimes et les ont tués après les avoir torturés pour découvrir où se trouvait l'argent qu'ils cachaient. Entre-temps, l'abbé de la Neuille a été assassiné, étranglé avec un foulard. Avec l'aide de quelques carlistes, il propage la rumeur d'un transport de fonds en charrette et leur tend une embuscade : Lord Blackburne est tué par les carlistes tandis que Valentin maîtrise de Mirande. Un nouveau rebondissement survient lorsque Côme de Chancy et Alcide Bernet apparaissent et capturent Valentin et de Mirande. Les deux se révèlent alors être des agents légitimistes au service de Marie-Caroline de Bourbon-Sicile, qui a échafaudé un plan machiavélique pour conduire Valentin à les aider : consciente de son statut en qu'héritier présomptif du trône français, Marie-Caroline a fait en sorte que les deux agents légitimistes se fassent passer pour des membres du gouvernement en profitant de la discorde provoquée par la panique causée par la pandémie cholérique parisienne pour s'introduire dans les bureaux et se faire passer pour agents de la police secrète du gouvernement. C'est Bernet qui a tué l'abbé de la Neuille pour induire Valentin en erreur (et aussi en raison de sa trahison) et qui a également tué le messager envoyé par Vidocq. Après la résolution de l'affaire, Marie-Caroline comptait ensuite se débarrasser de Valentin. Elle lui fait cependant remarquer qu'elle l'apprécie, en dépit de son rôle et de son mépris envers la personne qui se trouve être son père. Avec l'aide de de Mirande, Valentin se détache de ses liens et assiste, impuissant, au meurtre brutal de Côme de Chancy par la jeune femme. Cette dernière (qui n'a pas hésité à l'embrasser) ne se gêne pas pour montrer le système de mise à mort présent dans la calèche, qui a servi à tuer les victimes des deux amants. Valentin s'érige ensuite sur la calèche et parvient, après un difficile combat, à éliminer Bernet. Lorsqu'il redescend, Émilie de Mirande a disparu, ayant probablement fuit en profitant de la bagarre entre Valentin et Bernet.
Pendant ce temps, à Paris, Arvers est arrêté par Vidocq et Aglaé, ce qui permet à Samson d'être relâché. Un infime détail permet à Aglaé d'identifier Samson comme le vrai tueur d'Honoré de Crayencourt et ce dernier n'hésite pas à prendre en otage Marie-Reine, l'amie d'Aglaé à laquelle il est fiancé. Capturée, il avoue qu'il a commis le meurtre sur ordre de Maximilien de Crayencourt pour aider ce dernier à obtenir plus rapidement la fortune familiale. Aglaé tend ensuite à Maximilien un traquenard dans lequel il avoue le crime puis tente de la faire assassiner avec l'aide de son cocher. Il se rend compte trop tard que son cocher n'est autre que Tafik et que ce dernier l'a mené à une embuscade où Vidocq et ses policiers l'attendent, menottes aux mains. Arrêtés pour leur crimes, Samson et Maximilien sont exécutés sur l'échafaud à deux mois d'intervalle tandis que Marie-Caroline est arrêtée par les autorités cinq mois après l'affaire en Vendée. Le chevalier de Beauvoir et quelques agents sont quant à eux tués par des hussards quand ces derniers refusent de se rendre. Valentin, rentré auprès de sa chère et tendre Aglaé, à qui il a demandé d'emménager chez lui, se jure de ne plus jamais s'impliquer dans une affaire de haute-politique.
Accueil critique
Le Nouveau Obs relève que "L’auteur revient avec talent aux origines du roman-feuilleton, à chaque page son lot de surprises et de rebondissements."[1]
Benzine relève quant à lui que "Éric Fouassier mène en parallèle les deux intrigues, nous proposant des allers et retours entre Paris et la Vendée. Comme toujours, ses personnages s’inscrivent dans des lieux et des décors savamment étudiés et décrits avec beaucoup de précision, mais aussi dans un contexte historique bien particulier.
Contrairement aux précédents tomes de la série, ici, l’ennemi n’est pas clairement identifié. Valentin Verne doit se méfier de tout le monde et surveiller ses arrières en permanence, au risque de se faire démasquer ou bien de finir lui aussi assassiné.
Celles et ceux qui ont lu les trois précédents tomes de la série, savent à quel point l’auteur est autant est autant attaché à la dimension historique qu’à l’action et à son déroulement. C’est encore le cas ici, avec ce roman foisonnant, à l’intrigue touffue, rempli de personnages aussi divers qu’inquiétants, qui vont finir par révéler leurs secrets au fil des chapitres.
Coups de théâtre, rebondissements, faux-semblants et manipulations sont au programme de cette histoire dont le dénouement est à la hauteur de nos attentes. Encore une belle réussite de la part d’Éric Foussier."[2]
Ce quatrième opus de la saga est couronné en 2024 par le prix littéraire Charette[3] et le prix du roman populaire[4].
Éditions
- Éric Fouassier, Le Chant maléfique, Albin Michel, (OCLC 1519355408)
