Le Claps

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Le Claps (de l'occitan clap ou clapas, « bloc de rocher »[1]) est un site qui se trouve à deux kilomètres au sud du village de Luc-en-Diois, dans le département de la Drôme.

Faits en bref Localisation, Pays ...
Le Claps
Vue de l'éboulis issu de l’écroulement depuis le fond de la vallée.
Vue de l'éboulis issu de l’écroulement depuis le fond de la vallée.
Localisation
Pays France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Drôme
Commune Luc-en-Diois
Statut patrimonial Site classé du Claps et du Saut de la Drôme
Coordonnées géographiques 44° 35′ 45″ N, 5° 29′ 16″ E
Caractéristiques
Type Éboulis
Nature de la roche Calcaire
Âge de la roche 140-150 millions d’années
Âge de la formation 1442
Origine Écroulement
Altitude 600
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Le Claps
Géolocalisation sur la carte : Drôme
(Voir situation sur carte : Drôme)
Le Claps
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Géographie

Le Claps est né de l'écroulement en 1442 d'un flanc de montagne du pic de Luc. Cette montagne est un élément d’une barre calcaire du Tithonien (environ 140 à 150 millions d’années) délimitant un petit bassin en amont. Cette barre est franchie par la rivière Drôme qui coule alors dans des gorges sur quelques centaines de mètres[2]. Il s'y est développé des activités de loisirs (détente et baignade, escalade[3] et via ferrata).

Histoire

Le Claps de Luc au XIXe siècle par Alexandre Debelle (1805-1897).

Vers 1442, une assise se détacha du flanc sud du pic de Luc (au-dessus de Luc-en-Diois)[2]. En 1442, de fortes pluies ou un séisme[4] provoquent l’effondrement d’une assisse de 15 à 20 mètres d’épaisseur et d’un volume de 2 millions de mètres cubes[2]. Cette assisse, d’une pente de 28,6°, était très instable et retenue simplement par un petit butoir, le Pigeonnier[4],[5]. La Drôme a pu progressivement éroder et affaiblir cette butée[6]. L’éboulement se divise en deux coulées, à l’entrée et à la sortie des gorges. Cet éboulement forme en amont un barrage de 70 mètres de haut et de 2,8 millions de mètres cubes[2]. En glissant, elle vint heurter en aval un éperon calcaire[réf. nécessaire]. Cette masse rocheuse se divisa, se brisa en blocs énormes et barra la Drôme en deux points. Ainsi se forma en amont le Grand Lac (5 km de long environ, 300 hectares de surface, de 71 à 81 millions de mètres cubes[7]) et en aval, le Petit Lac (6 hectares). La forte érosion liée au petit âge glaciaire comble rapidement le Grand lac[4] ainsi que des vallons affluents, le Rif de Miscon dans la partie basse du lac, et le torrent de Nière Gourzine, en partie haute. Au niveau du Rif de Miscon, le comblement dépasse les 60 mètres d’épaisseur ; ce comblement se produit aussi dans la partie aval de la vallée de ce torrent[8]. Le barrage créé par l’effondrement n’était pas imperméable, et le lac pouvait se vider totalement lors de sécheresses. En amont du lac, au-delà des Tours de Rochebrianne, s’est formé par sédimentation le marais de Beaurières (actuellement présenté comme le marais des Bouligons, le long de la route nationale)[7]. L’ensemble des sédiments déposés entre la formation du lac et le milieu du XIXe siècle forme un volume de 80 à 100 millions de mètres cubes, soit 120 à 190 millions de tonnes[9].

Le lac donna lieu à des conflits entre seigneurs et riverains. Il devint en 1561, la propriété des Chartreux de Durbon qui en firent une réserve de poissons pour leur monastère, mais eurent quelques peines à le défendre des maraudeurs. Il fallut l'intervention du Parlement de Grenoble puis de Louis XIV lui-même. Finalement, par crainte de maléfices au niveau des rives marécageuses et des problèmes d'insalubrité firent envisager en 1753 son assèchement. Mais des rivalités engendrèrent de nouveaux procès et retardèrent les travaux jusqu'en 1788[10]. En 1839, est réalisé le percement de la roche obstruant le passage de la Drôme, en haut de l’actuel « saut de la Drôme », ce qui provoque la vidange du lac[4].

La nécessité d'éviter Le Claps lors de la construction de la ligne de chemin de fer du « Briançonnais » (Valence - Briançon) au début du XXe siècle, a également valu au site un viaduc, long de 244 m et de 44 m de hauteur, dont le tablier métallique a été entièrement reconstruit.

Ainsi cet éboulement qui en son temps fut ressenti comme une catastrophe et donna lieu par la suite à d'incessantes mésententes locales est devenu aujourd'hui un « site classé », cher aux habitants du Diois, et une des curiosités du Dauphiné.

Un autre éboulement moindre s’est produit en 2008. Originaire de la même zone que celui de 1442 (pente de 35 à 40°), il avait un volume de 4 à 5000 mètres cubes[11].

Légende

Selon une légende, l’ancienne ville de Luc aurait disparu sous les eaux du Petit Lac. Un témoin Aymar du Rivail, affirma avoir visité les lieux en 1553 (près de cent ans après l'éboulement) et avoir vu émerger de l'eau les restes de constructions importantes. Mais outre que le récit comporte des invraisemblances, on a la preuve aujourd'hui grâce à des historiens que l’actuel site de Luc est, selon toute vraisemblance, celui de l’antique Lucus voconce, et donc qu'il n'a pas été englouti par les eaux[12].

Toutefois, en 2002 une archéologue[13] a révélé l'existence d'une ordonnance du Dauphin, futur Louis XI, datée de 1451, accordant une réduction fiscale aux habitants de Luc et de six lieux voisins en raison des dommages causés à leurs habitations par l'inondation de la Drôme et de la nécessité de reconstruire ces habitations. Par ailleurs, cette archéologue dément la mauvaise réputation d'Aymar du Rivail et affirme qu'il s'agit d'un auteur fiable. Du château dont Aymar du Rivail fait la description en 1533, il reste aujourd'hui des vestiges, notamment un escalier.

Un essai de Jules Chevalier[14] cite et transcrit de façon complète l'ordonnance delphinale ainsi que la description donnée par Aymar du Rivail. Il ajoute que « [...] la tradition constante du pays parle d'un déplacement de la ville ; de plus, le bourg actuel ne renferme absolument aucune construction qui rappelle le Moyen Âge féodal. »

Sport

Le site du Claps est connu pour sa pratique de l'escalade, il a pour nom le « Chaos du Claps » et comporte des voies typées couenne, une via ferrata et une grande voie ainsi que du bloc entre les rochers. C'est également un endroit de départ pour le canyoning ainsi qu'un endroit propice à la randonnée[15].

Le site du Chaos est accessible au débutant et au confirmé, il comptabilise une cinquantaine de voies du 3b au 7a avec une grande voie qui a pour nom « la grande dalle du Claps » d'une hauteur de 280 m intéressante pour commencer la pratique de l'escalade en grande voie car elle demande un niveau n'allant pas au delà du 5b. Il est par ailleurs possible de prendre un chemin pour redescendre le long de la dalle après l'avoir fini ce qui rend le rappel optionnel. Le rocher est surtout calcaire et les voies sont sur des dalles avec des prises de type réglette[16].

La via ferrata quant à elle est aussi un bon moyen de s'initier à la pratique. Elle est située sur le Clamontard, la montagne qui fait face au pic de Luc et alterne quelques murs, de grandes vires et des traversées de dalles[17].

Références

Voir aussi

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