Le Faiseur de théâtre
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| Titre original |
(de) Der Theatermacher |
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Le Faiseur de théâtre (Der Theatermacher en allemand) est une pièce de théâtre du dramaturge autrichien Thomas Bernhard, créée au Festival de Salzbourg en 1985.
Un acteur du théâtre national, Bruscon, s'arrête dans le petit village d'Utzbach pour jouer sa pièce « Das Rad der Geschichte » (« La Roue de l'Histoire ») en tournée. Toute sa famille (sa femme, son fils et sa fille) joue dans la pièce.
Au début, Bruscon discute avec le propriétaire de l'auberge où la pièce doit se dérouler, insistant pour que les pompiers du village autorisent l'extinction de l'éclairage de secours à la fin du spectacle. Bruscon se plaint de l'humidité des lieux, de sa peur de voir le plancher se trouer et du fait qu'Utzbach est trop petit pour son travail « exceptionnel ». De plus, il apprend par le propriétaire que le jour de la représentation coïncide avec le célèbre « Blutwursttag » (jour du boudin noir) du village et que, par conséquent, de nombreux habitants n'auront pas le temps de voir la pièce.
Alors qu'il répète la pièce avec ses enfants et sa femme, qui semble avoir un rhume, Bruscon se révèle être un véritable tyran. Il dénigre sans cesse les capacités artistiques des autres, vante son immense talent et exige d'être servi. Il se retrouve souvent empêtré dans des déclarations contradictoires sans s'en rendre compte, déclarant par exemple à son fils : « Tu es ma plus grande déception, tu le sais, mais tu ne m'as jamais déçu, tu es mon serviteur utile. » La famille n'échappe aux tirades de Bruscon que lorsqu'ils mangent ensemble la spécialité de soupe locale, que Bruscon avait expressément commandée au propriétaire.
La représentation tourne mal. Après un violent coup de tonnerre au commencement, les spectateurs quittent l'auberge qui a été frappée par la foudre, et il pleut à travers le toit de la salle. Bruscon reste sous la pluie profondément déçu.
Historique
Le pièce est publiée en 1984, la même année que la pièce Déjeuner chez Wittgenstein[1]. Elle est créée le , au festival de Salzbourg, par le Schauspielhaus de Bochum, dans une mise en scène de Claus Peymann[1],[2]. Les attaques contre l'Autriche, et la présence sur scène d'un véritable tas de fumier, entouré d'un essaim de mouches, scandalisent le ministre des Finances et futur chancelier, Frantz Vranitsky[1]. Il s'en prend à Bernhard dans le Klein Zeitung du , lui reprochant « d'empocher les schillings du contribuable pour se débarrasser de ses propres complexes »[1]. Il est soutenu par l'homme de spectacle Werner Schneyder (de), qui critique à la télévision les subventions publiques versées aux pièces de Bernhard[1]. Bernhard rétorque immédiatement par une tribune intitulée « Vranitzky. Eine Erwiderung » (« Vranitzky. Une réponse »), publiée dans Die Presse le , dans laquelle il écrit : « Ce Monsieur Vranitzky n'est pas très intelligent et il est très exactement un de ces socialistes de salon en costume trois pièces qui ont conduit notre État autrichien, la seconde République, à la situation dans laquelle il se trouve actuellement : dans la fosse d'aisance du ridicule, à son terme. »[1].
En France la pièce est montée en 1987 par Jean-Pierre Vincent, avec Bernard Freyd dans le rôle principal[3],[4],[5]. D'autres mises en scènes suivront, notamment en 2018 avec Serge Merlin, dans une mise en scène d'André Engel[6] ou 2019 avec André Marcon (mise en scène de Christophe Perton)[7],[8].