Le Juif errant (opéra)
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| Genre | Opéra |
|---|---|
| Nbre d'actes | 5 actes et 8 tableaux |
| Musique | Fromental Halévy |
| Livret | Eugène Scribe et Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges |
| Langue originale |
Français |
| Dates de composition |
1851-1852 |
| Création |
Académie nationale de musique (salle Le Peletier) |
Le Juif errant est un opéra en cinq actes et huit tableaux de Fromental Halévy, sur un livret d'Eugène Scribe et Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges créé à l'Académie nationale de musique (salle Le Peletier) le . Appartenant au genre du grand opéra, l’œuvre fut montée avec un luxe extraordinaire, le déploiement des effets scéniques culminant dans le tableau final représentant le Jugement dernier. L'ouvrage se caractérise également par l'introduction dans l'orchestre des saxtubas. Bien que bénéficiant de critiques assez favorables à la création, le succès initial ne s'est pas maintenu et l'opéra a complètement disparu du répertoire.
Acte I
L’action se passe au tournant du XIIe siècle et du XIIIe siècle.
Un faubourg de la ville d'Anvers en 1190: au fond, à droite, les bords de l'Escaut; à droite et à gauche, au premier plan, des boutiques de différents métiers; au fond, les portes de la ville et les remparts.

- No 1 Introduction et chœur « C'est jour d'allégresse » : en ce jour de kermesse, paysans et paysannes, bourgeois et bourgeoises de la ville, seigneurs et grandes dames se pressent sur la place et flânent entre les boutiques.
- No 2 Légende « Pour expier envers lui ses outrages » : sur la gauche, une échoppe a pour enseigne un tableau du Juif errant. Théodora, une batelière, qui élève seule son jeune frère Léon âgé d'une dizaine d'années, raconte à des passants la légende selon laquelle le Juif errant a été condamné à ne pouvoir mourir: « à peine il demeure dans le même lieu, un ange invisible (...) d'une voix terrible lui crie aussitôt: marche! marche! marche toujours! ».
- No 3 Le couvre-feu « De par le bourguemestre » : la nuit est tombée pendant la ballade de Théodora et une escouade de la garde de la ville fait évacuer la place tandis que sonne au loin le couvre feu.
- No 3bis Scène : l'orage gronde lorsque soudain, une lueur étrange éclaire les remparts que parcourt Ashvérus, appuyé sur un bâton.
- No 4 Chœur des bandits « Au loin, tremblez tous! » : l'obscurité revient et la place est envahie par une troupe de voleurs. Trois bandits surgissent, l'un brandissant une épée, l'autre un coffret alors que le troisième dissimule une enfant sous son manteau.

- No 5 Scène et morceau d'ensemble « Notre perte est jurée » : Ludgers, le chef des trois bandits, réalise qu'ils viennent de voler et d'assassiner la comtesse de Flandres et de kidnapper sa fille alors qu'elle s'apprêtait à rejoindre son époux Baudoin, empereur d'Orient. Ils vont poignarder la petite fille évanouie sur une pierre mais Ashvérus s'interpose. Furieux, les bandits se précipitent pour le tuer mais toutes leurs armes se brisent dès qu'ils tentent de le frapper. Les bandits s'enfuient au comble de l'épouvante.
- No 6 Récitatif et romance « Ils partent, frappés de terreur » : Ashvérus regarde avec tendresse la petite fille endormie. Elle est en effet avec Théodora et Léon sa dernière descendante.
- No 7 Scène et duo final « Théodora!... qu'ici le ciel m'envoie!... » : Théodora traverse la place pour rentrer chez elle. Elle aide le vieil homme qui est près de défaillir. Elle réalise progressivement qu'Ashvérus est un de ses ancêtres. Ce dernier le lui confirme, l'embrasse en lui confiant la garde de la petite fille qu'il a sauvée et la quitte, désespéré de ne pouvoir rester avec elle, alors que le ciel se déchaîne et qu'une trompette céleste lui intime l'ordre de reprendre son errance.
Acte II
Tableau 1
En Bulgarie, aux pieds du mont Hémos.

- No 8 Entracte, scène et trio « Douze ans se sont écoulés depuis que ma tendresse » : Théodora, souhaitant rendre la petite Irène à son père Baudoin, empereur d'Orient, a entrepris le voyage vers Constantinople. En chemin, elle a appris la mort de ce dernier et a décidé d'élever Léon et Irène comme s'ils étaient frère et sœur en s'établissant dans une chaumière dans la chaîne montagneuse du Grand Balkan. Douze ans ont ainsi passé. Léon, devenu un jeune homme, tente de réprimer les sentiments amoureux qu'il éprouve pour Irène en l'évitant autant que faire se peut.
- No 9 Scène et quatuor « Silence! des étrangers en ces lieux » : Ludgers, toujours accompagné de ses trois comparses, vient demander l'hospitalité pour la nuit. Se présentant comme des marchands, ils déclarent se rendre au couronnement du nouvel empereur d'Orient, Nicéphore. En fait, les quatre hommes sont désormais des marchands d'esclaves et souhaitent enlever la belle Irène pour la vendre au futur empereur.
- No 10 Scène et duo « Un modeste repas, préparé par nos mains » : pendant que les quatre bandits vont se restaurer dans la chaumière de Théodora, Irène interroge Léon sur les raisons de sa froideur envers elle, mais le jeune homme la repousse brutalement et demande à rester seul. Théodora questionne à son tour Léon et ce dernier lui avoue son amour pour Irène. Théodora révèle au jeune homme qu'Irène et lui ne sont pas frère et sœur, mais qu'il doit cependant abandonner tout espoir de se marier un jour avec elle. Certain de pouvoir vaincre tous les obstacles à son amour, Léon court chercher Irène, mais cette dernière vient d'être enlevée par Ludgers et ses complices. Théodora et Léon partent aussitôt pour tenter de délivrer la jeune fille.
Tableau 2
La grande place de Thessalonique : une large rue en pente monte vers un vaste pont qui domine la ville.

- No 11 Chœur du feu de joie (avec danse) « Saint Jean! Saint Jean! Saint Jean!! Saint Jean!!! » : tous les habitants de Thessalonique portent gaiement flambeaux et fagots pour le grand feu de joie en l'honneur de la fête de la Saint-Jean.
- No 12 Récitatif et airs de ballet « Oui! depuis Ispahan jusqu'à Jérusalem » : Ludgers vante à Nicéphore la beauté des esclaves qu'il souhaite lui vendre. Il ordonne à certaines d'entre elles de danser devant le futur empereur et sa suite. Nicéphore tombe sous le charme d'Irène et souhaite l'acheter à n'importe quel prix.
- No 13 Finale « Toutes ces beautés de l'Asie » : Irène tente de résister aux gardes de l'empereur qui l'emmènent alors que s'élève un vent violent et que le tonnerre gronde dans le lointain. Ashvérus apparaît soudain et révèle à tous qu'Irène est la fille de Baudoin et la véritable héritière de l'Empire d'Orient. Exigeant que des preuves viennent étayer ces déclarations, Nicéphore en appelle à Dieu et soumet Ashvérus à l'épreuve du feu. Il le fait jeter par ses gardes dans le bûcher de la Saint-Jean. Les flammes s'éteignent aussitôt. D'abord effrayé, le peuple finit par se prosterner devant Irène et la proclame impératrice alors que Nicéphore est abandonné de tous.
Acte III
Une vaste salle dans le palais des empereurs d'Orient, à Constantinople.

- No 14 Entracte et air avec chœur « O merveille! ô prodige! auquel je crois à peine! » : Irène va bientôt être sacrée impératrice d'Orient. Mais son bonheur ne sera complet que lorsqu'elle aura retrouvé ceux qu'elle aime.
- No 15 Récitatif et romance « Au milieu des apprêts de la fête brillante » : Théodora et Léon sont admis en audience pour demander justice auprès de la future impératrice des crimes de Ludgers et de sa troupe de brigands. Ils sont stupéfaits de se retrouver devant Irène, mais le bonheur des retrouvailles est de courte durée puisque Léon réalise qu'il ne pourra jamais devenir l'époux de l'impératrice. Désespéré, le jeune homme fait ses adieux à Irène, mais celle-ci lui ordonne de rester avec Théodora.
- No 16 Strophes et ballet « Que nos voix vers le ciel montent » : toute la cour impériale assiste à un divertissement dansé sur le thème du berger Aristée et des abeilles.
- No 17 Final « Tous vos droits, le sénat aime à les reconnaitre » : commence alors une grande marche solennelle au cours de laquelle tous les seigneurs de l'Empire viennent saluer l'impératrice. À la tête des sénateurs, Nicéphore déclare que la seule solution pour mettre fin aux troubles successoraux qui ont suivi la mort de Baudoin est qu'Irène l'épouse. La jeune fille commence par refuser et se déclare prête à renoncer à la couronne impériale pour éviter ce mariage. Se ravisant soudain, elle saisit la couronne et se la place elle-même sur la tête, après avoir fixé à Léon un rendez-vous secret le soir-même.
Acte IV
Tableau 1

L'oratoire de l'impératrice: portes à droite et à gauche; porte au fond, cachée sous une vaste draperie.
- No 18 Récitatif et air « À ce palais, dont la magnificence » : malgré les splendeurs qui l'environnent, Léon regrette la petite chaumière au pied du Grand Balkan où il vivait heureux entouré d'Irène et Théodora.
- No 19 Duo « Le sort nous réunit, ô mon frère, en ces lieux » : Irène avoue au jeune homme qu'elle l'a toujours aimé. Sachant qu'ils ne sont pas frère et sœur et que leur amour est désormais possible, ils sont prêts à tout pour vivre ensemble. Léon se charge de demander au peuple de libérer Irène de son engagement d'épouser Nicéphore, et la jeune fille se déclare prête à renoncer à la couronne si la tentative de Léon est infructueuse. Ils se séparent sans savoir que Nicéphore et Ludgers, cachés derrière une tenture, ont tout entendu.
Tableau 2

Des ruines sur la rive du Bosphore, la nuit.
- No 20 Récitatif et air « De Dieu l'éternelle clémence » : seul au milieu des ruines, Ashvérus espère que la crainte populaire sur l'imminence du jour du Jugement dernier est bien fondée car il sait que ce n'est qu'à ce moment que prendra fin sa longue errance.
- No 21 Quintette « La nuit est sombre » : les bandits investissent les ruines, forçant Ashvérus à se cacher. Ils attendant Léon pour le tuer. Celui-ci ne tarde pas à arriver avec Théodora, à qui il fait part du soulèvement du peuple contre Nicéphore.
- No 22 Grande scène finale « Oui ma sœur, à ma voix le peuple se soulève » : Ashvérus prévient le couple du piège tendu par les brigands, mais Léon le repousse, refusant d'être aidé par un homme poursuivi par la colère divine. Les bandits passent à l'attaque mais s'enfuient dès qu'Ashvérus se porte au secours de Léon et Théodora. L'ange exterminateur paraît cependant, forçant Ashvérus à reprendre sa route. Ludgers en profite pour poignarder Léon et le précipite dans la mer. Théodora s'évanouit tandis qu'Ashvérus s'éloigne avec désespoir, poursuivi par l'ange vengeur qui l'éclaire dans sa marche de son épée de feu.
Acte V
Tableau 1
Une vaste étendue maritime venant mourir sur une grève aride et sauvage.
- No 23 Récitatif et quatuor « Nous voilà réunis auprès de toi, mon père!... » : Léon, qui n'est que légèrement blessé, a réussi à retrouver Ashvérus. Théodora et Irène les ont rejoints. Ashvérus demande à ses descendants de reprendre le cours de leur vie sans plus penser à lui car son destin est « par chacun (...) d'être quitté ». Irène, Théodora et Léon obéissent à contrecœur. Resté seul, Ashvérus chancelle sous le coup de l'émotion et s'effondre près d'un rocher sur la plage.
Tableau 2 : le Jugement dernier
- No 24 Finale « Qui vient donc, sous leur froide tombe » : des vapeurs s'élèvent sur la mer comme si elle entrait en ébullition et des nuages épais descendent des cieux, zébrés d'éclairs. L'ange exterminateur fait retentir la trompette du jugement dernier. Les nuées se dissipent pour laisser place à l'immense vallée de Josaphat. Des anges placés aux quatre points cardinaux appellent les morts à s'extraire de leurs tombeaux et à s'avancer vers leur souverain juge. La terre s'ouvre soudain et du gouffre béant s'élance une bande de démons au milieu de torrents de flammes, saisissant les damnés que leur désigne l'épée de l'ange et les entraînant en enfer. Le ciel s'ouvre à son tour pour accueillir les bienheureux que leur envoie l'ange de justice. Puis, tout redevient sombre. Quand la lumière revient, on retrouve la plage déserte et Ashvérus endormi sur le sable. Le vieil homme se réveille et constate avec horreur qu'il ne s'agissait que d'un rêve. Il se relève péniblement, s'appuyant sur son bâton, et reprend son errance, toujours poursuivi par l'ange vengeur qui lui ordonne: « Marche ! marche ! marche toujours ! toujours !!! ».




