Le Mage du Kremlin (film)
film franco-américain sorti en 2025
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Le Mage du Kremlin est un film français réalisé par Olivier Assayas, tourné en anglais et sorti en 2025. Adapté du roman éponyme en français de Giuliano da Empoli, le film a été présenté en compétition officielle à la Mostra de Venise 2025.
Emmanuel Carrère
Jude Law
Alicia Vikander
Gaumont
| Réalisation | Olivier Assayas |
|---|---|
| Scénario |
Olivier Assayas Emmanuel Carrère |
| Acteurs principaux |
Paul Dano Jude Law Alicia Vikander |
| Sociétés de production |
Curiosa Films Gaumont |
| Pays de production |
|
| Genre | Thriller politique |
| Durée | 156 minutes |
| Sortie | 2025 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Le thème du film, comme celui du roman, est la façon de maintenir un pouvoir absolu en Russie. S'inspirant du parcours réel de Vladimir Poutine au début du XXIe siècle, il retrace l'histoire contemporaine de la Russie (depuis les années 1990) en imaginant les confidences de Vadim Baranov, éminence grise fictive du nouveau tsar, très librement inspiré de l'idéologue et homme politique russe Vladislav Sourkov.
Synopsis
La trame de la narration est un entretien entre deux personnages fictifs, un universitaire américain et Vadim Baranov, « mage du Kremlin » retiré des affaires, largement entrecoupé de séquences de flashback mettant en scène l'ascension de Vladimir Poutine à la tête de la Russie[1],[2].
Baranov évoque d'abord sa situation au début des années 1990, au moment où l'Union soviétique s'effondre et où le pays oscille entre les promesses de liberté et le chaos. Dans ce contexte, le jeune Vadim Baranov, artiste inconnu, que sa petite amie Ksenia quitte pour son ami Dmitri Sidorov devenu un très riche affairiste, devient un producteur de télévision de plus en plus important. Il est contacté par l'oligarque Boris Berezovsky, dont il devient le bras droit.
À la fin des années 1990, le président Boris Eltsine étant sur le déclin, tous deux font appel à Vladimir Poutine, alors chef du FSB (le service secret successeur du KGB), lequel devient Premier ministre avant d'être élu président de la fédération de Russie. Très vite, Poutine se révèle comme un véritable chef et veut mettre les oligarques au pas. Berezovsky résiste mais doit partir en exil, alors que Sidorov est arrêté et incarcéré. Baranov au contraire adhère à la nouvelle ligne, mettant ses états d'âme de côté. Il met son expérience médiatique au service de Poutine — qu'il appelle « le Tsar » — de sa guerre en Tchétchénie à l'annexion de la Crimée en 2014.
Berezovsky meurt dans des conditions douteuses en 2013. Vadim Baranov rétablit des liens avec Ksenia, qui vit en Occident. Ksenia rentre en Russie où elle tombe enceinte de Baranov. Vadim est mis sur la liste des interdits de séjour aux Etats-Unis et en Europe après l'annexion de la Crimée par la Russie et profite de sa dernière opportunité pour partir en week-end à Stockholm avec Ksenia, qui lui fait une frayeur en disparaissant momentanément.
Baranov quitte la cour du Kremlin et se retire avec sa fille dans une datcha des environs de Moscou, où a lieu l'entretien avec l'Américain. Juste après avoir pris congé de son invité, Baranov est assassiné d'une balle dans la tête à bout portant, par un tireur hors-champ.
Source d'inspiration
Le personnage de Vadim Baranov est inspiré du parcours de Vladislav Sourkov (né en 1964, mais toujours vivant). Il n'a rien à voir avec l'universitaire Vadim Baranov (1930-2014), philologue, dont le patronyme est différent (« Ilitch » et non pas « Alexeïevitch »)[3],[4].
Fiche technique
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- Titre original : Le Mage du Kremlin
- Titre anglophone : The Wizard of the Kremlin
- Titre russophone : Кремлёвский волшебник, Kremliovski volchebnik
- Réalisation : Olivier Assayas[2]
- Scénario : Olivier Assayas et Emmanuel Carrère, d'après le roman Le Mage du Kremlin de Giuliano da Empoli[2]
- Musique : n/a
- Décors : François-Renaud Labarthe
- Costumes : Jürgen Doering
- Photographie : Yorick Le Saux
- Son : Nicolas Cantin, Olivier Goinard, Gwennolé Le Borgne, Sarah Lelu et Nicolas Moreau[5]
- Montage : Marion Monnier
- Production : Olivier Delbosc[6]
- Coproduction : Sidonie Dumas[5]
- Sociétés de production : Curiosa Films et Gaumont[7],[6], en coproduction avec France 2 Cinéma[5]
- Sociétés de distribution : Gaumont (France) ; Pathé Films AG (Suisse romande), The Searchers (Belgique)
- Pays de production :
France - Langues originales : anglais, russe
- Format : couleur
- Genre : drame, politique, thriller
- Durée : 156 minutes[5]
- Dates de sortie[8] :
- Italie : (Mostra de Venise)[5]
- France : (Arras Film Festival)[9] ; (sortie nationale)[10]
- Suisse romande :
- Belgique :
Distribution
- Paul Dano : Vadim Baranov, inspiré par Vladislav Sourkov[11]
- Jude Law : Vladimir Poutine[2]
- Alicia Vikander : Ksenia
- Jeffrey Wright[1] : Rowland
- Will Keen : Boris Berezovsky
- Tom Sturridge : Dmitri Sidorov, inspiré par Mikhaïl Khodorkovski
- Andrei Zayats : Igor Setchine
- Andris Keišs[1] : Evgueni Prigojine
- Kaspars Kambala : Alexandre Zaldostanov
- Magne-Håvard Brekke : Édouard Limonov
Production
Genèse et développement
À la mi-, Olivier Assayas indique s'être associé à l'écrivain Emmanuel Carrère, en tant que scénariste, pour l'adaptation du roman Le Mage du Kremlin, de Giuliano da Empoli, publié en 2022[6],[12] et vendu à plus de 400 000 exemplaires[13].
« … nous y voyons surtout l’opportunité de faire un film historique très prometteur. Il y a du drame, de l’action… »
Le film est produit par Olivier Delbosc pour la société Curiosa Films et par Gaumont[6],[7].
Un financement est demandé en à l’Agence d’investissement et de développement de la Lettonie (AIDL, en letton : LIAA), ce pays ayant été choisi comme lieu de tournage, mais est refusé par celle-ci. Dans la réponse donnée à cette demande, cette agence indique, selon Le Monde : « Bien que le scénario ne contienne pas explicitement d’éléments de propagande, […] Vladimir Poutine y est appelé “Tsar” et présenté comme une victime du système plutôt que son principal architecte. […] Baranov est dépeint comme un excellent communicant, sympathique et intelligent. […] Le film pourrait ainsi servir d’excellent outil de propagande russe plutôt que d’œuvre d’art. Compte tenu du contexte géopolitique actuel, le message du film reste ambigu. »[9].
Attribution des rôles
En , Paul Dano est mentionné pour le rôle de Vadim Baranov[6],[15], aux côtés de Jude Law et Alicia Vikander, ainsi que Zach Galifianakis et Tom Sturridge[6],[12].
En , Jude Law annonce qu'il se prépare à incarner Vladimir Poutine[16]. À la mi-mars, pendant le tournage, Jeffrey Wright et Andris Keišs sont mentionnés[1].
Tournage
Le tournage débute le [1]. Il a lieu à Riga, en Lettonie[17].
Les prises de vues s'achèvent le suivant[1].
Accueil
Festivals et sortie
Le , Le Mage du Kremlin fait partie des films français sélectionnés et présentés en avant-première mondiale, en compétition officielle pour le Lion d'or à la Mostra de Venise[9],[18]. Il est projeté le [5]. Il est également présenté au Arras Film Festival en [9].
Le , Gaumont repousse la date de sortie du au , en raison de la sélection pour la Mostra[10],[19].
En Russie, les journalistes russes d’opposition sont réservés[9]. D'après le journal Le Monde, le quotidien Kommersant parle ainsi de « visite guidée pas très professionnelle » du Kremlin[9]. D’autres médias qualifient certains éléments du scénario de stéréotypes sur le pays[9].
Accueil critique
En France
Le roman, publié en , avait été bien accueilli par la critique et avait été un succès auprès du public (l'actualité dans cette période servant également le roman et le film, en créant un intérêt pour la description du pouvoir russe). Mais une politologue française d'origine russe, Anna Colin Lebedev, est beaucoup plus critique et a écrit à propos de ce roman : « Cette fable orientaliste ne raconte pas la Russie. Le roman brouille la frontière entre fiction et analyse politique, et le piège est là »[9]. Antoine Nicolle, chercheur en études russes, estime : « Seul un lecteur bien informé sera à même de faire la part des choses entre les faits et les inventions romanesques »[20].
France Culture, qui évoque différentes critiques sur le film, cite notamment Sandra Onana, critique cinéma dans le quotidien français Libération, qui trouve le film, vu à Venise, « fade, bavard et académique »[21],[22]. Le regard porté sur Poutine, qui devient un outsider, la gêne aussi politiquement, ainsi que la description de la Russie qui lui semble abstraite et artificielle[21].
En Europe
Pour Christoph Petersen, critique de théâtre et critique cinématographique allemand, qui analyse le film sur Filmstarts[23], à la suite de sa projection en avant-première mondiale à la Mostra de Venise en 2025, et lui attribue en définitive une note de 3.5⁄5, les principaux défauts du film sont ceux du roman[23]. Le film est une adaptation cinématographique rapide et assez fidèle de ce roman, présenté comme le roman du moment, un roman qui percute des événements réels en cours. Le personnage de Vladimir Poutine y est assez bien traité pour cet auteur[23]. Le film passe en revue, à travers les confidences, inventées, d'un Vadim Baranov, personnage principal mais fictif, très librement inspiré de l'idéologue et homme politique russe Vladislav Sourkov, à un journaliste américain (incarné par Jeffrey Wright)[23] les événements du passé récent de la Russie depuis la chute de l'empire soviétique, et livre une lecture de ces événements sur l'angle de la façon dont on acquiert un pouvoir absolu, et plus encore de la façon dont on conserve ce pouvoir, en comprenant ce que ses compatriotes veulent vraiment voir et entendre[23]. Ce personnage, inventé tel qu'il est décrit à travers ses confessions sur son passé, serait une sorte d'influenceur, d'éminence grise ou de fixeur de Vladimir Poutine. Difficile également du point de vue de Christoph Petersen de démêler ce qui est vrai et faux dans ce récit[23].
Federico Gironi est un critique italien, analysant ce film à la suite de sa projection à Venise sur le site Comingsoon.it (it), consacré aux films de cinéma, aux séries télévisées et à la vidéo[24]. Lui aussi, à propos de ce film, revient sur le roman dont il est issu, le roman éponyme de Giuliano da Empoli, auteur qu'il considère comme « l'un des politologues les plus perspicaces de notre époque »[24]. Ce premier ouvrage de fiction de Giuliano da Empoli est, pour ce critique, un thriller captivant qui apporte un éclairage pertinent sur la compréhension du pouvoir russe[24].
Box-office
Le film réalise un démarrage encourageant avec 30 745 entrées sur sa journée d’ouverture, soit une moyenne de 16 entrées par séance, cumulant 61 848 entrées au total en comptant les 31 103 entrées des avant-premières[25],[26],[n 1].
Distinctions
Sélection
- Mostra de Venise 2025 : sélection officielle, en compétition[18]