Le Monde perdu (Arthur Conan Doyle)
roman d’Arthur Conan Doyle, paru en 1912
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Le Monde perdu (The Lost World) est un roman d'aventures et de fantastique anglais de Sir Arthur Conan Doyle, paru en 1912.
| Le Monde perdu | ||||||||
Aperçu du mont Roraima, qui a inspiré Arthur Conan Doyle. | ||||||||
| Auteur | Arthur Conan Doyle | |||||||
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| Pays | ||||||||
| Genre | Roman d'aventures et de fantastique | |||||||
| Version originale | ||||||||
| Langue | Anglais britannique | |||||||
| Titre | The Lost World | |||||||
| Éditeur | Hodder & Stoughton | |||||||
| Date de parution | 1912 | |||||||
| Version française | ||||||||
| Traducteur | Louis Labat | |||||||
| Éditeur | Hachette | |||||||
| Lieu de parution | Paris | |||||||
| Date de parution | 1931 | |||||||
| Nombre de pages | 285 | |||||||
| Chronologie | ||||||||
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« The Lost World » est d'abord publié sous forme de roman-feuilleton dans la presse américaine, comme dans le New-York Tribune du 24 mars au 21 juillet 1912, avant de paraître en Angleterre (de avril à novembre 1912) dans The Strand Magazine, connu pour avoir publié les aventures de Sherlock Holmes du même auteur. En France, « Le Monde perdu » est publié en 1913 dans le mensuel Je Sais Tout de l'éditeur Pierre Lafitte [1].
En 1925, Le Monde perdu de Harry O. Hoyt sort sur les écrans. Cette adaptation pour le cinéma muet, remarquable pour ses effets spéciaux de Willis O’Brien, a été reconnu par la National Film Registry comme d’« importance culturelle, historique ou esthétique »[2] et conservé à la Bibliothèque du Congrès américaine.
Le roman « Le Monde perdu » a eu une grande influence sur des films comme comme King Kong, Jurassic Park, Le Monde perdu : Jurassic Park, ou encore Là-haut, des studios Pixar. Il est le premier volet de la série des aventures du Professeur Challenger, qui comprend La Ceinture empoisonnée, Au pays des brumes, La Machine à désintégrer, et Quand la Terre hurla.
Résumé

Le roman s'ouvre sur un épigraphe : « Je tiens pour accompli mon humble plan, si j’ai donné une heure de bonheur, à l'enfant qui est presque un homme, et à l’homme resté un enfant [4]. »
Londres, 1912. Gladys Hungerton, élevée dans la bourgeoisie londonienne, rêve d’épouser un aventurier. Mais son prétendant, Ned Malone, est loin de correspondre à son idée de l'homme idéal.
Ce dernier, jeune reporter au Daily Gazette, se met alors en quête d'une mission spéciale : interviewer le terrible professeur George Challenger, qui affirme avoir découvert des animaux préhistoriques en Amérique du Sud tout en refusant de parler à la presse. Pour l'approcher, Malone se fait passer pour un étudiant, mais la supercherie est vite démasquée. L’entretien dégénère en bagarre, mais le jeune homme, malgré tout, refuse de porter plainte.
Satisfait par la bonne conduite du jeune homme, le professeur Challenger lui confie alors son secret : lors d’une expédition en Amazonie, il aurait découvert un « monde perdu », décrit dans le carnet d’un voyageur américain nommé Maple White. Mais revenu sans preuves suite à un accident de bateau sur le retour, Challenger est devenu depuis la cible de moqueries.
Pour prouver sa bonne foi, le professeur organise alors une nouvelle expédition. Le professeur Summerlee, rival moqueur de Challenger, et Lord John Roxton, un chasseur en quête d’un nouveau défi sportif, acceptent d'y participer. Malone y voit l'occasion de décrocher l'article du siècle - et demander Gladys en mariage.
Après un long voyage en cargo, en bateau à vapeur, puis en pirogue, le groupe franchit l’Amazonie et atteint enfin un immense plateau. Trahis par leur guide, les quatre hommes se retrouvent coincés au sommet, coupé du monde par des falaises abruptes. Dans ce « Monde perdu », rebaptisé « terre de Maple White » en hommage au voyageur américain qui l’a découvert, ils affrontent une faune préhistorique et se retrouvent au cœur d’une bataille sanglante opposant indigènes, dinosaures et hommes‑singes. Les compagnons découvrent finalement une caverne et parviennent à redescendre du plateau.
De retour à Londres, Challenger présente ses preuves, dont un ptérosaure vivant qui s’échappe par une fenêtre, laissant les savants médusés. Roxton révèle qu’il a trouvé des diamants sur le plateau et en partage une partie avec ses camarades. Challenger ouvre un musée privé, Summerlee se retire pour classer ses fossiles, et Roxton compte bien repartir. Malone, quant à lui, apprend que Gladys a épousé un autre homme en son absence. Bien que déçu, il décide de suivre Roxton vers de nouvelles aventures sur le « Monde perdu »...


Genèse, thèmes et contexte historique
On retrouve l'idée de la confrontation entre l'homme et l'animal préhistorique dans des œuvres de fiction antérieures, comme Voyage au centre de la Terre de Jules Verne, paru en 1864. Dans le roman d'aventure The Devil Tree of El Dorado: A Romance of British Guiana de Francis Henry Atkins (en), écrit en 1897, des explorateurs grimpent le sommet du mont Roraima pour y trouver une espèce de plante monstrueuse[5].
En 1910, Sir Arthur Conan Doyle est mondialement connu pour être le « père » des enquêtes de Sherlock Holmes. Mais étouffé par le triomphe populaire de son personnage, l'auteur s'essaie à la rédaction d'histoires d'un autre genre, comme des nouvelles fantastique. Dans « Le gouffre du Blue John » (The Terror of Blue John Gap), un protagoniste se retrouve confronté à une créature préhistorique souterraine[6].
En 1911, il se rend à une conférence donnée à Londres par le Colonel Percy Fawcett, le célèbre explorateur qui a participé à des expéditions pour cartographier des endroits reculés de l'Amérique du Sud[7]. « On retrouve dans ces contrées sauvages des animaux et insectes inconnus ici et qui intéresseraient bon nombre de naturalistes et même des Indiens blancs. Des rumeurs font état de pygmées, de mines perdues et de ruines anciennes. Rien n'a été exploré de ce pays au-delà de quelques centaines de verges ceinturant les cours d'eau ».
Le colonel Fawcett affirme que le Parc national Madidi renferme des animaux survivants de la Préhistoire : [8],[9] « Les monstres de l'aube de l'existence de l'Homme pourraient encore se déplacer sur ces hauteurs, emprisonnés et protégés par des falaises infranchissables. C'est ce que pensait Conan Doyle lorsque plus tard à Londres, je lui ai parlé de ces collines et montré des photographies. Il mentionna une idée pour un roman se déroulant en Amérique du Sud, et m'a demandé des informations […] »[10].

Conan Doyle place son intrigue à la frontière entre le Brésil, le Guyana et le Venezuela. Le plateau décrit s’accorde avec la topographie locale et s’inspire du mont Roraima, dont les falaises d’environ 1 000 mètres isolent un ecosystème radicalement différents de la forêt en contrebas. Une expédition financée par la Royal Geographical Society a atteint le sommet le 18 décembre 1884. Leur récit, mêlant émerveillement et difficultés extrêmes, circula largement dans les milieux savants britanniques, fournissant à Doyle un modèle idéal pour imaginer un territoire où la vie préhistorique aurait pu subsister.
Chronologiquement, « Le Monde perdu » est rédigé entre deux nouvelles de Sherlock Holmes : Le Détective agonisant et Son dernier coup d'archet. Il est d'abord publié aux États-Unis dans le New-York Tribune du 24 mars au 21 juillet 1912, avant de paraître en Angleterre, de avril à novembre 1912, dans The Strand Magazine, et de s'imposer comme le digne successeur des romans d'aventure de Jules Verne et de Henry Rider Haggard. En France, « Le Monde perdu » est publié en 1913 dans le mensuel Je Sais Tout de l'éditeur Pierre Lafitte.
En 1923, la First National Pictures, alors rivale de Paramount Pictures, commande une adaptation du roman pour le grand écran. Sur un scénario de Marion Fairfax et sous la direction de Harry O. Hoyt, Le Monde perdu sort en 1925 au cinéma. La promotion met en avant le caractère spectaculaire des effets spéciaux de Willis O’Brien, dont l’animation en stop motion donne vie aux créatures préhistoriques. Le film marque aussi une première mondiale : il devient le premier long‑métrage projeté à bord d’un avion, lors d’un vol Londres–Paris de l'Imperial Airways[11]. Conan Doyle, séduit par le résultat, accepte même d’apparaître dans la séquence d’ouverture. Depuis, Le Monde perdu a été inscrit au National Film Registry pour son « importance culturelle, historique ou esthétique » et conservé à la Bibliothèque du Congrès.
Depuis, le roman a fait l'objet de nombreuses adaptations à la télévision, à la radio et en bande dessinée. En 1960, Irwin Allen filme sa version du Monde perdu pour le cinéma, avec Claude Rains (les dinosaures sont interprêtés par des iguanes ou des crocodiles avec de fausses cornes). En 1967, Basil Rathbone (connu pour avoir interprété Sherlock Holmes à 14 reprises) enregistre une adaptation radiophonique [12]. En 1998, c'est autour de Leonard Nimoy et Armin Shimerman d'enregistrer un feuilleton pour la radio [13]. Entre 1999 et 2002 débarque sur le petit écran Le Monde perdu, série télévisée très librement basée sur le roman. En 2001, la BBC produit une mini-série, Les Aventuriers du monde perdu, plus fidèle au texte de Conan Doyle [14], avec Bob Hoskins et Peter Falk.
Impérialisme
Dans « Le Monde perdu », Conan Doyle caricature un imaginaire colonial marqué par le Boys' Own, ces revues du XIXe siècle destinées à forger les adolescents masculins. Le roman glorifie une certaine idée de l'Impérialisme britannique tout en révélant en réalité ses excès, sa violence et ses contradictions.
Tout y est volontairement exagéré : Gladys (rare personnage féminin du roman) fantasme sur des figures de l'exploration coloniale comme Richard Francis Burton et Henry Morton Stanley, pour au final épouser un clerc de notaire. Le professeur Challenger est l'archétype du savant‑explorateur à la posture tonitruante, virile, souvent agressive, qui transforme la science en outil de domination plutôt qu’en méthode désintéressée. Roxton incarne l’idéal viril masculin du Lord anglais qui se vante d’avoir tout essayé, de la chasse au rhinocéros aux courses d’obstacles à cheval et la guerre contre les trafiquants d'esclaves pendant la fièvre du caoutchouc [15].
Le plateau devient un territoire symboliquement « hors du temps », où l’altérité, qu’elle soit humaine, animale ou préhistorique, sert de miroir aux fantasmes occidentaux. La supériorité technique et scientifique des explorateurs (armes à feu, discours savant) légitime la capture, l’étude et l’exhibition d’êtres vivants et de peuples [16].
Paléontologie et évolution

Les descriptions des dinosaures chez Conan Doyle reflètent les connaissances de son temps. Ainsi, Megalosaurus apparait comme un « horrible crapaud, se mouvant par bonds » ou « à la façon des kangourous », la peau « couverte de verrues et de pustules », parfois la taille est comparée « à celle d’un cheval ». Ces formulations témoignent d’une paléontologie encore largement balbutiante, fondée sur des restes fragmentaires et sur des analogies morphologiques avec des animaux contemporains (voir les dinosaures du Crystal Palace) plutôt que sur des reconstitutions anatomiques précises [17].
Pour le lecteur contemporain, ce bestiaire met en lumière deux choses : d’une part, la distance qui sépare les représentations fantaisistes de l'époque victorienne et édouardienne de nos reconstructions modernes. D’autre part, la manière dont l’imaginaire littéraire a comblé les lacunes scientifiques par des descriptions inquiétantes ou exotiques[18].
Le professeur Challenger, l'anti-Sherlock Holmes
Le professeur Challenger tranche nettement avec les héros habituels de Conan Doyle : il est vaniteux, brutal, colérique et volontiers dangereux, tout en étant animé d’une passion absolue pour la science sous toutes ses formes. Conan Doyle s’attache si vite à ce personnage extravagant qu’il se déguise lui‑même en professeur Challenger pour une série de photographies — allant même, affublé d’une fausse barbe, jusqu’à rendre visite à son beau‑frère, qui peine d’abord à le reconnaître [19]. L’écrivain s’inspire en partie d’un ancien professeur de l’université d’Édimbourg, célèbre pour son tempérament explosif et sa voix tonitruante, pour façonner cette figure scientifique aussi géniale qu’insupportable[20].
Challenger est au centre de quatre autres romans écrits par Conan Doyle : La Ceinture empoisonnée, Au pays des brumes, La Machine à désintégrer et Quand la Terre hurla.
Un jeune héros en quête d’héroïsme
Edward Malone entre dans l’aventure pour une raison à la fois personnelle et naïve : épouser Gladys, sa fiancée, ce qui le place d’emblée dans une posture à la fois comique et vulnérable. En choisissant ce jeune journaliste comme narrateur, Conan Doyle privilégie un regard « ordinaire » sur des événements « extraordinaires » et permet au roman de mêler reportage, chronique et pensées intimes. En racontant l’expédition, Malone structure l’expérience du lecteur : ses perceptions, ses hésitations et ses jugements deviennent la lentille par laquelle se déploie tout le récit. Loin de Londres et de ses illusions romantiques, Malone découvre la peur, le courage, l'amitié, mais aussi la désillusion, lorsque l’image idéalisée de Gladys se fissure. Ce n’est plus un garçon en quête de reconnaissance qui rentre à Londres, mais un homme transformé, mûri par ses expériences.
Personnages

- Professeur George Edward Challenger, dit G.E.C. : Brillant scientifique, mais orgueilleux et colérique.
- Edward Malone, dit Ned : Journaliste de 23 ans qui va suivre Challenger pour couvrir le reportage du siècle et prouver sa bravoure à sa bien-aimée, Gladys.
- Professeur Summerlee : Scientifique rival de Challenger. Esprit caustique à l'humour acide.
- Lord John Roxton : Aventurier et chasseur renommé. Il est chargé de veiller sur l'équipe du professeur Challenger et de leur fournir ressources et nourriture.
- McArdle : Le rédacteur en chef du Daily Gazette où travaille Malone.
- Gladys Hungerton : La jeune fille dont Ned Malone est amoureux. C'est elle qui le pousse à partir en lui disant qu'elle aime les hommes d'action.
- Manuel : Guide amérindien engagé par Challenger.
- Gomez : Guide amérindien et frère d'un marchand d'esclaves jadis tué par Roxton.
- Zambo : Guide noir sud-américain, le favori de l'équipe de Challenger : c'est le seul lien avec l'extérieur depuis le plateau.
- Maple White : Premier explorateur du monde perdu. C'est lui qui en révèle l'existence, via une carte et des dessins d'animaux retrouvés dans ses affaires.
Résumé par chapitre
Chapitre 1
- Tout autour de nous, des possibilités d'héroïsmes
Londres, à l'aube du XXe siècle. Par une soirée brumeuse de novembre, Edward Dunn Malone, dit Ned, jeune reporter au Daily Gazette, est prêt à déclarer son amour à Gladys, fille d'un économiste et élevée dans la bourgeoisie londonienne.
Mais lorsqu'il se décide enfin, la jeune femme repousse ses avances. Elle n’épouserait qu'un homme d’action, un aventurier, afin de vivre, par procuration, les retombées de la gloire et et de la richesse de ses exploits. Malone est loin de correspondre à cette image de l'homme idéal. Vexé, il accepte n’importe quelle mission qui pourrait le transformer en héros aux yeux de Gladys...
Chapitre 2
- Tentez votre chance avec le professeur Challenger
Malone demande à monsieur McArdle, son éditeur-en-chef, d'être envoyé en mission spéciale pour le Daily Gazette. Ce dernier rétorque que « les grands espaces vierges sur la carte du monde s’effacent de jour en jour, et il n’y a plus de place nulle part pour le romanesque ». Il a cependant une idée : écrire un article visant à humilier le professeur Challenger, le célèbre zoologiste, qualifié d'escroc.
Malone rend visite à un collègue de la rédaction du magazine scientifique Nature. Ce dernier le met en garde : Challenger est colérique, brutal, impossible à interviewer. Il n’admet pas la contradiction, il écrase l’objection par l’autorité. Revenu d’une expédition en Amérique du Sud avec des histoires étranges sur des animaux survivants de la Préhistoire, il refuse depuis tout contact avec la presse, qu'il déteste. Malone décide de se faire passer pour un étudiant...
Chapitre 3
- Un personnage parfaitement impossible
Se faire passer pour un étudiant lui paraît à la fois lâche et nécessaire, la seule clé pour approcher Challenger sans être renvoyé comme un journaliste. Mais le professeur démasque aussitôt le jeune homme comme un imposteur, car il ne maîtrise rien au sujet qu’il prétend connaître. Une bagarre s'ensuit et se poursuit jusque dans la rue, où les deux hommes finissent aux pieds d’un policier médusé.
Honteux d’avoir pénétré chez le professeur sous une fausse identité, Malone reconnaît sa faute et refuse de porter plainte. Cette attitude désarme Challenger : il découvre chez Malone une sincérité qu’il ne pensait jamais trouver chez « la sous‑espèce » journalistique qu’il méprise tant. Touché malgré lui, il rouvre sa porte au jeune homme et lui accorde, pour la première fois, un semblant d’estime...
Chapitre 4
- La chose la plus formidable du monde
Challenger, zoologiste de renom et lauréat de nombreuses distinctions, a vu sa réputation s’effondrer à la suite de théories jugées extravagantes sur la survie d’animaux préhistoriques. Lors d’un voyage en Amazonie pour étudier des insectes, il fut appelé au chevet d’un explorateur mourant dans un village indigène, un Américain nommé Maple White, qui succomba à la fièvre jaune. Parmi ses effets, Challenger découvrit un carnet de croquis où figurait le dessin anatomiquement réaliste d’un Stegosaurus, un dinosaure du Jurassique supérieur. Fasciné, il suivit la piste de Maple White jusqu’à un haut‑plateau isolé où il tua un ptérosaure, un reptile volant supposé avoir disparu, preuve selon lui d’une faune préhistorique survivante. Pressé par la saison des pluies, il dut redescendre sans atteindre le sommet et sa pirogue chavira au retour avec ses preuves.
Traité de menteur et de charlatan par ses collègues et la presse, Challenger fut discrédité. Il invite désormais Malone à assister à une conférence à l'Institut Zoologique, et lui demande de garder le silence sur leurs échanges, promesse que le jeune journaliste respecte...
Chapitre 5
- Question / C’est à savoir
Dans le grand hall de l’Institut zoologique, le public assiste, mi‑amusé mi‑fasciné, à l’affrontement entre Challenger et son éternel rival, le professeur Summerlee. Challenger met au défi quiconque dans la salle de se joindre à une nouvelle expédition en Amazonie pour prouver - ou infirmer - ses déclarations extraordinaires sur l'existence d'un « Monde perdu ».
Summerlee, piqué au vif par l’orgueil scientifique, accepte le défi. Lord John Roxton, aventurier et chasseur, se joint à l’expédition sans hésiter. Malone repense aux paroles de Gladys sur les héros qui « provoquent leurs propres chances » et décide, lui aussi, de partir...
Chapitre 6
- J’étais le fléau du Seigneur
Lord Roxton prétend que son voisin d'immeuble, un certain Ballinger, a fait une crise de démence et s'est enfermé avec un revolver. Il demande à Malone de l'aider à le désarmer. Il s'agit en réalité d'une sorte de test de bravoure, que le journaliste réussit. Tout en lui présentant sa collection d'armes à feu, Roxton révèle sa passion pour le sport, la chasse, et l’Amérique du Sud.
L'expédition est prête à partir. Challenger, venu leur souhaiter bon voyage, puisqu’il refuse de les accompagner par soucis de neutralité, leur confie une lettre cachetée, à n’ouvrir qu’une fois arrivés au Brésil. Malone sent déjà que sa vie bascule, non plus pour plaire à Gladys, mais parce qu’un monde inconnu s’ouvre devant lui...
Chapitre 7
- Demain, nous disparaissons dans l’inconnu
Sous forme de lettre, Malone relate ses premières semaines passées au Brésil, puis le grand départ vers les territoires inexplorés de la forêt Amazonienne depuis Manaus, ville fondée sur les rives du Rio Negro. Gomez et Manuel, deux métis originaires du haut du fleuve, sont engagés par Roxton pour servir de guides. Gomez a l'avantage de parler un excellent anglais.
Les explorateurs décident finalement d’ouvrir la lettre de Challenger. Ils se rassemblent autour du pli scellé, impatients d’y trouver des instructions, une carte. Mais lorsqu’ils déplient la feuille, elle est entièrement blanche. Summerlee, triomphant et acerbe, y voit la confirmation de ce qu’il pense depuis le début : Challenger est un escroc. Malone sent un doute l’envahir. Et si tout cela n’était qu’une farce cruelle ?
C’est alors que Challenger apparaît, avec cette assurance théâtrale qui lui est propre, savourant l’effet produit. La lettre blanche n’était qu’un test, une manière de jauger leur confiance, leur patience, peut‑être même leur crédulité. Il annonce qu’il les accompagnera jusqu’au « Monde perdu », car lui seul connaît son emplacement exact...
Chapitre 8
- Aux frontières du monde nouveau
Challenger et Summerlee ne cessent de se disputer. Ned reconnaît bien que Challenger est impulsif et provocateur, mais il voit aussi que Summerlee, avec son sarcasme, transforme chaque dialogue en affrontement. Après avoir remonté un affluent du fleuve Amazone en canoë, l'expédition se fraie un chemin dans la végétation dense. Au bout de quelques jours, Challenger aperçoit quelque chose ressemblant à un « gros oiseau gris » se perdre dans les arbres. Il croit avoir reconnu un ptérodactyle mais Summerlee, toujours sceptique, se moque en prétendant qu'il s'agissait d'une cigogne.
Enfin, les explorateurs arrivent en vue du mystérieux plateau, prouvant la bonne foi de Challenger...
Chapitre 9
- Qui aurait pu prévoir ?
En tentant de faire le tour de la base du plateau pour trouver un moyen d'en faire l'ascension, le groupe trouve les restes d'un campement, celui de l'américain Maple White, ainsi que des indications à la craie sur les parois rocheuses. Ils tombent également sur les ossements d'un autre américain, James Colver. L'homme semble avoir été poussé du sommet, avant de s'empaler sur des tiges de bambous terminées en pointe acérées.
Les aventuriers pénètrent dans une caverne dont le plafond s'est effondré, bouchant la route vers le sommet. En sortant de la grotte, ils manquent de peu de se faire écraser par un énorme rocher. Le guide Gomez affirme que la pierre est tombée du sommet. Alors qu'ils passent la nuit autour d'un feu, une créature aux ailes monstrueuses fonce brusquement sur leur repas et l'emporte par-dessus l’escarpement. Le professeur Summerlee est abasourdi par l'apparition furtive de ce ptérodactyle, mais désormais convaincu de l'honnêteté de son confrère Challenger. Le plateau abrite bien des formes de vie préhistoriques.
Alors qu'un moyen d'accès au sommet semble être impossible, Challenger démontre que les ressources de son esprit fertile ne sont pas épuisées. Le groupe grimpe sur un piton rocheux séparé du plateau principal, et abat un hêtre pour le faire tomber en travers du gouffre, fabriquant ainsi un pont de fortune. Les explorateurs posent le pied sur le plateau, et l’euphorie les gagne déjà. Puis un craquement retentit derrière eux. L’arbre qui leur servait de passerelle a basculé dans le vide. Gomez, resté de l'autre côté, explique qu’il a attendu ce moment depuis trois ans. Son frère, le trafiquant Pedro Lopez, a été abattu par Roxton sur le Río Putumayo. Depuis, Gomez a juré vengeance. Le rocher qui avait failli les écraser plus tôt n’était pas un accident : c’était lui. Et maintenant, il les a condamnés à mourir sur ce plateau. Roxton l'abat froidement.
Les quatre hommes comprennent alors qu’ils sont seuls, coupés du monde, livrés à eux‑mêmes. Zambo jure qu’il n’a rien à voir avec la trahison de Gomez, et qu'il trouvera un moyen de les faire redescendre vers la civilisation...
Chapitre 10
- Au pays des merveilles
Au matin qui suit la trahison de Gomez, les explorateurs montent un camp de fortune entouré de broussailles épineuses et décident d'explorer le plateau, la « Terre de Maple White », à la recherche de créatures insolites. Summerlee identifie des espèces de conifères et des cycadacées depuis longtemps disparues dans le monde d'en bas. Puis, le groupe arrive en vue d'une clairière dans laquelle cinq Iguanodon broutent des branchages, deux adultes et trois jeunes, des dinosaures herbivores aussi grands que des éléphants (pour les jeunes)[21]. Les quatre hommes continuent leur exploration du plateau et observent une véritable colonie de ptérodactyles grouillant sur un sol marécageux...
Chapitre 11
- Pour une fois je fus le héros
Les aventuriers sont brutalement arrachés de leur sommeil par un dinosaure qui tente de pénétrer dans le camp. Roxton interdit de tirer, car un coup de feu dans la nuit serait entendu à des kilomètres à la ronde. Il prend une bûche dans le feu et la jette à la gueule du monstre, Megalosaurus ou Allosaurus, « l'une des espèces les plus dangereuses de la Création, celles qui reçoivent la malédiction des hommes ou la bénédiction des muséums ».
Le lendemain, le groupe trouve la carcasse d'un Iguanodon. Challenger pense que l’équilibre naturel est conservé par une sorte de contrôle qui limite le nombre de ces animaux, et veut étudier plus en détail ce « monde perdu ». Summerlee, fidèle à sa mauvaise humeur, veut rentrer pour mieux revenir avec des moyens plus importants. Malone monte sur un grand arbre et dresse la carte du « Monde perdu » : un plateau d'approximativement 30 km de largeur, et de 45 de longueur, dont les bords convergent vers un grand lac central. Le jeune homme décide de le renommer le « lac Gladys »...
Chapitre 12
- C’était épouvantable dans la forêt !
Ned relate sa marche nocturne pour arriver au lac Gladys, qui sert d'abreuvoir naturel pour les créatures du plateau. Il observe des reflets de feux à l’intérieur de cavernes. Sur le chemin du retour vers le camp, le jeune héros est pris en chasse dans la jungle par un Allosaurus. En tentant d'échapper au monstre, il tombe dans une fosse artificielle. Il en déduit que le plateau est habité par l'Homme. Au matin, il découvre horrifié le camp ravagé. Ses compagnons ont disparu...
Chapitre 13
- Un spectacle que je n’oublierai jamais
Ned est réveillé par Roxton qui l'entraîne à travers la jungle pour se mettre à couvert. Les deux professeurs ont été enlevés par une tribu d'hommes-singes. Ils s'arment et marchent sur la cité des créatures pour délivrer leurs amis. Dans la bataille, ils libèrent également quatre Indiens qui préparent une guerre...
Chapitre 14
- Ces conquêtes-là valaient la peine !
Les aventuriers se retrouvent au beau milieu d'une guerre entre les Indiens et les hommes-singes. L’affrontement tourne au carnage. Les hommes‑singes, massacrés, sont repoussés jusqu'aux limites du plateau. Désormais, l’avenir appartient à l’Homme, pour avoir su imposer ses armes, son organisation et sa volonté. Le « Monde perdu » n’est déjà plus tout à fait le même...
Chapitre 15
- Nos yeux ont vu de grandes merveilles
Alors que les semaines défilent, Ned décrit les splendeurs et les dangers du « Monde perdu ». Deux Allosaurus tentent de pénétrer dans le village indigène, mais sont tués par des flèches empoisonnées. Summerlee est absorbé par l’étude de la vie des insectes et des oiseaux. Challenger tente de faire décoller un ballon à gaz avec les intestins d'un gros dinosaure, mais échoue de façon spectaculaire. Roxton, quant à lui, mène une mystérieuse mission dans le repaire des ptérodactyles.
Les aventuriers décident finalement de quitter le plateau en passant par un réseau souterrain. Le labyrinthe les force à ramper dans les ténèbres. Enfin, une faille laisse filtrer la lumière du jour. Zambo les attend. Il a tenu sa parole...
Chapitre 16
- En cortège ! En cortège !
À Londres, une grande soirée est organisée au Queen's Hall, où se pressent savants, journalistes, sceptiques et curieux avides de sensationnel. Summerlee est aussitôt pris pour cible : on l’accuse d’avoir cédé aux délires de Challenger, d’être complice d’une supercherie. Challenger, imperturbable, fait apporter une caisse, et en fait sortir d'un jeune ptérodactyle ramené du plateau. La créature, paniquée, s’élance puis s’échappe par une fenêtre pour disparaître dans la nuit londonienne. Un silence stupéfait précède l’explosion de cris, d’applaudissements, de stupeur. Challenger, Summerlee, Roxton et Malone sont alors portés en triomphe dans les rues de la capitale, acclamés comme des héros. Londres, un instant, croit de nouveau aux merveilles.
Malone retrouve Gladys, la femme pour qui il a risqué sa vie et qu’il comptait demander en mariage. Mais en son absence, elle a épousé un autre homme — un simple secrétaire — réduisant à néant toutes ses illusions romantiques.
Roxton révèle à ses compagnons qu’il a découvert des diamants sur le plateau. Challenger ouvre un musée privé, Summerlee se retire pour classer ses fossiles. Malone, amer mais désormais plus mûr, accepte de repartir avec Roxton dans le « Monde perdu »...
Espèces apparaissant dans le roman
- Iguanodon
- Stegosaurus ou Megalosaurus
- Allosaurus
- Pterodactylus
- Plesiosaurus
- Ichthyosaurus
- Megaloceros
- Glyptodon
- Toxodon
- Phorusrhacos
- Des hommes-singes
- Un serpent géant
- Des tiques géantes
- De grandes mites
Adaptations
Traduction
La première traduction en français est due à Louis Labat, elle paraît en feuilletons dans le magazine Je sais tout de à , illustrée par Géo Dupuis, Louis Bailly et Ruck[22].
Radio
- En 1967 : Dinosaurs!, narré par Basil Rathbone (mieux connu pour avoir interprété Sherlock Holmes au cinéma à 14 reprises).
- En 1997 : The Lost World, avec Leonard Nimoy, Roxann Dawson ou encore Armin Shimerman[23].
- En 2009 : The Lost World, adaptation de John de Lancie et Nat Segaloff pour L.A. Theatre Works[24].
- En 2015: The Lost World, par la BBC[25].
Cinéma
- En 1925 par Harry O. Hoyt : Le Monde perdu. Le film est fameux pour ses cinquante modèles réduits de dinosaures animés par Willis O'Brien (une révolution à l'époque). Le film muet en noir et blanc a été projeté en exclusivité à Sir Arthur Conan Doyle, qui l'a beaucoup apprécié ; l'auteur fait d'ailleurs une brève apparition dans le prologue du film, un fait rare dans les adaptations littéraires à l'écran.
- En 1960 par Irwin Allen : Le Monde perdu. Claude Rains incarne le professeur Challenger.
- En 1992 : Le Monde perdu (The Lost World) de Timothy Bond.
- En 1992 : Return to the Lost World de Timothy Bond.
- En 1998 : Le Monde Perdu (The Lost World) de Bob Keen.
Télévision
- En 1992 et 1993 par Timothy Bond (The Lost World, Return to the Lost World), avec John Rhys-Davies. Le professeur Challenger et son équipe tentent de préserver le Monde Perdu contre des investisseurs désirant y établir un centre de recherche pétrolifère.
- En 1998 par Bob Keen, avec Patrick Bergin. Le plateau n'est plus en Amazonie mais dans une région oubliée de Mongolie.
- Entre 1999 et 2002 en série télévisée : Le Monde perdu. Série télévisée de science-fiction en cinq saisons très librement basée sur le roman original.
- En 2001 par Stuart Orme : Les Aventuriers du monde perdu (ou Le Monde interdit). Mini-série de la BBC avec Bob Hoskins, Elaine Cassidy et Peter Falk.
- En 2002 : Aventures dans le monde perdu de Sir Conan Doyle. Série télévisée d'animation de 26 épisodes de 25 minutes[26].
Bande dessinée
- En 1948 : Manga de Osamu Tezuka.
- En 1996 : Comics scénarisé et dessiné par Donald Marquez (Millenium Comics).
- En 2003 : Le Monde perdu. Deux tomes scénarisés par André-Paul Duchâteau (Claude Lefrancq[27]).
- En 2004 : Le monde perdu de Maple White. Deux tomes dessinés par Patrick Deubelbeiss aux Éditions Vents d'Ouest.
- En 2013 et 2017 : Le Monde perdu. Trois tomes scénarisés par Christophe Bec aux Éditions Soleil [28]. Cette trilogie est très librement basée sur le roman original, avec d'importantes modifications[29].
Hommages et inspirations
- En 1933, Merian C. Cooper et Ernest B. Schoedsack tournent King Kong, qui accède rapidement au statut d'icône du cinéma fantastique. Tout comme dans Le monde perdu de Sir Conan Doyle, des explorateurs foulent une terre sauvage figée dans le temps.
- Le Monde Perdu est une source d'inspiration essentielle de la bande dessinée Le Rayon U, premier album de l'auteur belge Edgar P. Jacobs[30].
- En 1995, l'auteur Michael Crichton publie Le Monde Perdu. Le titre est un hommage au roman de Sir Conan Doyle. Dans cette suite de Jurassic Park, une île du Costa Rica est devenue un monde peuplé de dinosaures dans lequel s'enfoncent des scientifiques. Il est fait mention d'un paléontologue nommé John Roxton. Le roman a été adapté au cinéma par Steven Spielberg en 1997 sous le titre Le Monde perdu : Jurassic Park.
- On peut également citer des œuvres comme Pellucidar d'Edgar Rice Burroughs, ou les comics Turok qui ont donné naissance à la célèbre saga de jeux vidéo.
- La seule espèce connue du genre Irritator, Irritator challengeri, a été nommée d'après le nom du professeur Challenger.
Les aventures du professeur Challenger
(Du même auteur)
- Le Monde perdu, 1912
- La Ceinture empoisonnée, 1913
- Au pays des brumes, 1926
- Quand la Terre hurla, 1928
- La Machine à désintégrer, 1929