Il s'agit d'un recueil de contes et de nouvelles à la manière du Décaméron de Boccace puisque chacun des convives du médianoche (repas de minuit) doit raconter une histoire vraie ou imaginaire sur le thème du double ou de la répétition.
La même année 1989 de parution de ce recueil, Michel Tournier a utilisé une seconde fois ce mot et cette pratique sociale du médianoche pour le titre d'un autre de ses recueils de contes et nouvelles : Les contes du médianoche[1]. Celui-ci est plutôt à destination des enfants (à partir de 12 ans selon l'éditeur), quand Le Médianoche amoureux est plutôt à destination des adultes.
Dans ces recueils, Tournier utilise le mot de « médianoche » dans un sens élargi par rapport au concept d'origine, lequel était lié à des rituels religieux : la fin du carême et le passage d'un jour d'abstinence (« jour maigre ») à un « jour gras » (où la consommation de viande était permise par l'Église) où l'on festoyait enfin dès la minuit passée. Tournier en retient l'idée de repas plantureux nocturne tardif, festif et convivial, associé à une dimension narrative d'échange, où l'on partage à la fois de la bonne chère mais aussi des récits, anecdotes amusantes ou instructives, de « bonnes histoires », comme au coin du feu des veillées campagnardes. Ainsi en témoigne la définition qu'il en donne dans ces extraits de la quatrième de couverture du deuxième recueil :
« Qu'est-ce qu'un médianoche ? D'abord, c'est un joli mot, sympathique et appétissant, qui rime avec cinoche et brioche. Ça veut dire : un repas fait au milieu de la nuit. [...] Il était coutume autrefois de se retrouver après minuit autour d'un bon repas, le médianoche, pour se régaler d'histoires. [...] Une fête nocturne et amicale, en somme, où on se raconte des histoires en buvant et en mangeant. »[1].