En 1910, Louis Hunkanrin est renvoyé de l'administration coloniale pour avoir refusé de ramener les jeunes filles métisses de Ouidah à son directeur Rolland. Hunkanrin constate l'injustice du système colonial. Il devient ainsi le porte-parole des opprimés de la colonie. Après un séjour au Sénégal entre 1911 et 1913 dans l'espoir de trouver une stabilité, Hunkanrin constate une situation politique différente de celle de son pays : au Sénégal, les quatre communes (Rufusque, Gorée, Dakar et Saint-Louis) avaient acquis les droits politiques depuis les années 1848 après une agitation politique des « évolués » (premiers intellectuels sénégalais). Il y note également l'importance de la presse dans la mobilisation du grand nombre. En 1914, de retour au Dahomey, Louis Hunkanrin réunit plusieurs éléments. Les lettres anonymes commencent ainsi à faire leurs apparitions afin de dénoncer le caractère répressif et arbitraire du système colonial[1],[2],[3].
Fondé sur deux piliers, le patriotisme, et le refus de toute sujétion, le premier numéro dénonce les abus du pouvoir colonial sur la population et le second numéro s'attaque à tous les symboles de l'administration coloniale[4].