Le terme de sérail dans le titre est une évoquation à l’amour vénal, aux harems ou aux bordels, plongeant immédiatement le spectateur dans l'univers de la prostitution. Claude-Louis Desrais a vraisemblablement situé son œuvre au Palais-Royal (alors rebaptisé Palais-Égalité), le centre parisien de l'époque des affaires, des amusements mais aussi de la débauche[3].
Il existe une deuxième version intitulée Garde-à-vous, 1, publiée chez Aaron Martinet, situé rue du Coq-Saint-Honoré à Paris, entre 1800 et 1804[4]. Ces deux estampes coloriées sont des caricatures humoristiques, elles montrent une échoppe avec de larges fenêtres où se déroulent des scènes érotiques[2],[3].
Les estampes donnent à voir un «dispositif voyeuriste et consumériste de la prostitution» au sein du Palais-Royal. Un client à l'entrée de la boutique observe une scène sexuelle. À l'intérieur de la boutique un autre homme est aggripée par une femme, tandis qu’une autre lui vole son mouchoir. La majorité des femmes présentes ont, sans pudeur, la poitrine nue annonçant ainsi leur condition de prostituée. L'ensemble démontre la transformation de ces boutiques en «officines de prostitution»[3],[5].