Le Tirailleur algérien
From Wikipedia, the free encyclopedia
| Le Tirailleur algérien | |
Caricatures par Assus d'Auguste Guillemin, maire d'Alger, et d'Eugène de Redon, conseiller municipal, à la « une » du 9 avril 1893. | |
| Pays | France |
|---|---|
| Langue | français |
| Périodicité | hebdomadaire |
| Format | Gr. fol |
| Genre | Presse satirique |
| Prix au numéro | 5 puis 10 centimes |
| Date de fondation | |
| Date du dernier numéro | |
| Ville d’édition | Alger |
| modifier |
|
Le Tirailleur algérien est un hebdomadaire satirique français publié à Alger, avec plusieurs interruptions et changements de direction, entre le et le .
Le second Tirailleur (1889-1895)
Un premier Tirailleur avait été publié à Alger sous le Second Empire, mais cette feuille avait assez vite disparu. Son titre est repris en 1889, quand un groupe de jeunes journalistes de la presse algéroise, mené par Lys du Pac (1859-1923), décident de fonder un journal de « critique narquoise »[1].
Ce second Tirailleur est lancé le . Il rencontre un certain succès, surtout à partir du 142e numéro, daté du , qui marque le début de la collaboration du caricaturiste Salomon Assus, qui redessine le titre du journal et fournit chaque semaine un grand dessin d'actualité. Le prix du numéro est alors doublé, passant de 5 à 10 centimes. Les finances du Tirailleur souffrent cependant d'une mauvaise gestion, et l'équipe du journal n'est bientôt plus en mesure de payer l'imprimeur Giralt, ce qui entraîne une première disparition de l'hebdomadaire après le no 175 du [2].
Le Tirailleur paraît à nouveau le , après avoir été renfloué par l'ancien représentant de commerce Émile Schmerber (1855-1896). Selon le journaliste Ernest Mallebay, ce nouveau directeur tente bientôt de transformer le journal en une feuille de chantage et s'aliène la plupart de ses collaborateurs[3]. Plusieurs d'entre eux rejoignent ensuite Le Turco, un hebdomadaire satirique lancé par Mallebay le afin de concurrencer la feuille de Schmerber. Le plus célèbre de ces transfuges est le caricaturiste Assus, qui a définitivement quitté le Tirailleur en . Le Tirailleur ne survit pas longtemps à cette défection[4] car il cesse de paraître en .
Le troisième Tirailleur (1899-1901)
Le , un nouveau Tirailleur voit le jour à Alger sous la direction de Gabriel Lurs, nom de plume d'un certain J. Depieds. L'un de ses principaux dessinateurs est Émile-Hippolyte Ferrez. Les caricatures de ce dernier, signées « E. Hachef » puis « Jules Niorky », sont d'une qualité qui n'avait plus été atteinte depuis le départ d'Assus. Elles n'hésitent pas à s'attaquer aux personnalités antisémites alors majoritaires dans le paysage politique algérois, ce qui vaut au nouveau Tirailleur d'être désigné par ses détracteurs comme un « journal juif » ou un organe officieux « de la préfecture »[5].
Après le succès des « antijuifs » aux élections municipales de mai 1900, Lurs avoue son découragement dans l'éditorial du [5]. Il cède alors son journal, qui paraît dès la semaine suivante avec une nouvelle équipe et une ligne éditoriale plus complaisantes à l'égard de Max Régis et des autres hommes politiques « antijuifs ». Le titre dessiné par Ferrez, encore utilisé de manière provisoire le , est remplacé le , lors du véritable lancement de la nouvelle version du journal, par un titre dessiné par Édouard Herzig, un artiste antisémite bien connu des lecteurs du supplément illustré de L'Antijuif algérien. Le journal disparaît finalement en .
Le , un éphémère quatrième Tirailleur, illustré par un certain « Haro » et annonçant une ligne « radicale, socialiste et anticléricale », est lancé à Mustapha[6]. Il ne semble pas avoir eu plus de deux numéros. Le titre est repris une nouvelle fois en 1906 par le magazine Alger-amusant.