Le Vampire (film, 1945)
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Documentaire
| Réalisation | Jean Painlevé |
|---|---|
| Scénario | Jean Painlevé |
| Pays de production |
|
| Genre |
Court métrage Documentaire |
| Durée | 9 minutes |
| Sortie | 1945 |
Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.
Le Vampire[1] est un film documentaire français réalisé clandestinement par le résistant Jean Painlevé, entre 1939 et 1945, décrivant la chauve-souris d'Amérique du Sud nommée vampire[2], métaphore de l'envahisseur hitlérien.
L'Institut Pasteur ayant reçu une chauve-souris du Brésil, Jean Painlevé le filme en 1939, il ne pourra terminer son film qu'après la Libération[3].
Jean Painlevé tente par ce film d'expliquer la source d'inspiration de Murnau pour son film de 1922, Nosferatu le vampire et par analogie le péril du nazisme.
Ce film expérimental est également un documentaire animalier, montrant le microscopique trypanosome, parasite transmis par les hématophages dont le vampire fait partie, et des étrangetés de certains animaux marins et insectes.
Synopsis
Les premières images montrent des animaux monstrueux et inquiétants, sources de fantasmes et de terreur. Des extraits du film expressionniste allemand Nosferatu le vampire (1922) de Friedrich Wilhelm Murnau figurent ces créations imaginaires mais le propos et une carte montre qu'elles sont incarnées en Europe comme l'a été le nazisme. Ensuite, le film change de centre d'intérêt, il quitte l'imaginaire et le rappel historique pour aller vers le reportage animalier.
La principale séquence du film montre un vampire attaquant un cobaye. On voit la chauve-souris s'approcher lentement, en marchant, du cobaye qui ne semble pas être effrayé. Le vampire lui lèche alors le nez, acte que le cobaye prend comme un geste amical et ne bouge donc pas, mais sa salive contient un puissant anesthésiant lui permettant d'endormir localement le cobaye, il peut alors le mordre à la joue, puis laper le sang coulant de la plaie ouverte.
Mais le film quitte de nouveau le strict documentaire scientifique pour évoquer de nouveau le nazisme, le petit animal est cadré lorsqu'il étire son aile d'un geste rapide, et le spectateur y voit un salut nazi.
Musique
Jean Painlevé explique son choix :
Et il fallait quand même une musique importante et très spécialisée. Or je portais en moi depuis longtemps la musique de Duke Ellington, « Black and Tan Fantasy » et « Echoes of the Jungle » que je trouvais formidable et qui me semblait convenir parfaitement au côté terrifique du vampire, en même temps qu’au côté légendaire[4].
Analyse
Le film a été réalisé durant la Seconde Guerre mondiale et traite aussi de l'invasion de l'Europe par le Nazisme. La chauve-souris devenant, pour le réalisateur, la métaphore de l'invasion du parti Hitlérien. "Le vampire existe cependant" dit Jean Painlevé, en voix-off, à l'instant où est montré une carte de l'Europe. A la fin du film, la chauve-souris étend son aile gauche, rappelant le Salut fasciste, ce que Painlevé nomme "le salut du vampire", à nouveau en voix-off.