Jean Painlevé
réalisateur et biologiste français
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Jean Painlevé est un réalisateur et biologiste français, né le dans le 7e arrondissement de Paris et mort le à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)[1]. Son père, Paul Painlevé, mathématicien, fut à trois reprises président du Conseil.
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Jean Painlevé, cinéaste et biologiste spécialisé dans la faune sous-marine, s'est notamment distingué par plus de 200 documentaires scientifiques. Il est à juste titre considéré comme l'un des pères fondateurs du cinéma scientifique.
Biographie
Enfance
Orphelin de sa mère Marguerite, née Petit de Villeneuve, morte de fièvre puerpérale un mois après sa naissance[2], il est élevé par Marie Lamy, la sœur de son père, Paul président du Conseil. Son enfance se partage entre Paris et la Bretagne : mauvais élève à Paris alors que son père est ministre de l’Instruction publique, il passe ses vacances au Pouldu chez sa grand-mère, il y découvre et se passionne pour le monde marin[3]. Plus grand, à 9 ans, son père ayant loué la maison de Mary Stuart à Roscoff[4], il visite assidument l'aquarium de la station biologique pour y observer les pieuvres[5].
« Le métier comporte ses joies pour ceux qui aiment la mer, pour ceux qui l’aiment jusqu’à l’exclusion de toute autre possibilité de joie naturelle. Patauger jour et nuit par n’importe quel temps même où l’on sait ne rien trouver, de l’eau au nombril ou aux chevilles, fouiller partout, algue ou pieuvre, s’hypnotiser sur une mare sinistre où tout vous guette alors que rien n’y vit — extase de n’importe quel intoxiqué y compris le chien de chasse kilométrant en tous sens avec un plaisir infini le champ dont chaque repli cache, au plus, une vieille patate[6]. »
Sa compagne pour la vie, Geneviève Hamon
Au cours de ses études, en 1922, il rencontre Geneviève Hamon (1905-1987), elle devient et restera sa compagne jusqu'à son décès deux ans avant lui[7]. Au Port-Blanc, en Bretagne, pendant ses études de biologie, en 1928, il loge, invite ses amis (Pierre Prévert, Alexander Calder, Jacques-André Boiffard, Éli Lotar,...)[8] et installe pour quelques années son matériel de tournage de film chez les parents de Geneviève. « Le couple, très libertaire, éduque ses filles d'une façon moderne pour l'époque. »[9] Augustin, le père, est sociologue et Henriette, la mère, est traductrice de George Bernard Shaw, lui aussi anarchiste[10].
Geneviève Hamon est la « femme de l’ombre de ses films », elle l'assiste ou coréalise ses films marins dès l'année 1947[11]. Elle a aussi conçu de nombreux bijoux, étoffes, foulards et papiers peints inspirés de leurs films, tels que des broches et des colliers à motifs d'animaux marins. Ces créations commercialisées sous la marque jHp (jean Hippocampe painlevé)[12], dans les nombreuses boutiques A l'hippocampe permettent de financer les films[3],[13]. Elle et Jean Painlevé inventent ainsi, dès 1935, les produits dérivés[13].
Étudiant sporadique

Après le lycée Louis Legrand, il réussit le Certificat d’Études Supérieures à la faculté des Sciences de Paris en 1922. Il commence des études de médecine et de biologie mais s'intéresse surtout au théâtre d'avant garde, pratique la course automobile[14],[15], et il est aussi pianiste aux débuts du Jockey[16].
En 1925, le Laboratoire d'analyse et d'histologie comparée à la Sorbonne où il étudie, est en difficulté, et la réalisation d'un film est engagée pour le sauver[Note 1] : L'inconnue des six jours raconte une intrigue se passant durant la compétition cycliste Course de six jours. Jean Painlevé s'y implique en tant qu'assistant à la réalisation et acteur. Mais le film reste inachevé et ne sortira jamais en salle[17].
Ce tournage est une riche expérience pour Jean Painlevé car au delà des prises de vues réelles, il comporte également des séquences d'animation[Note 2]. C'est grâce à André Raymond, Directeur de la photographie de ce film, que Jean Painlevé se perfectionne dans le maniement du cinéma. Ce spécialiste l'accompagne dans son apprentissage et sera directeur de la photo ou assistant à la réalisation de plusieurs de ses films[18].
Cinéaste surréaliste et scientifique
Mais si, en 1925, Jean Painlevé a d'abord réalisé un documentaire scientifique (Œufs d'épinoche), son premier film après la rencontre d'André Raymond est une fiction : Mathusalem (8.5 minutes), un Hamlet dans lequel joue Antonin Artaud[19]. Film qu'il réalise pour le présenter en fond de scène dans la pièce Mathusalem ou l'Éternel Bourgeois, satire ou "surdrame" signé de Ivan Goll, costumes et masques[Note 3] de Georges Grosz et mis en scène par André Sti au Théâtre Michel à Paris[2].

Quand il abandonne ses études, c'est pour se consacrer à des prises de vues sur la vie animale avec une prédilection pour la zoologie et la biologie marine. Au début, il réalise des montages d'images fixes puis, plus tard, des enregistrements de mouvements. Utilisant le matériel élaboré par les pionniers, dont Jean Comandon, il est l'un des premiers cinéastes scientifiques[Note 4]. Il fait toujours au moins deux versions de ses films : le film de recherche pour les universitaires et scientifiques, version muette ou avec des commentaires rigoureux, neutres ; et l'autre, le documentaire destiné au grand public (vulgarisation) qui cherche à convaincre[20], et dans lesquels il satisfait ses plaisirs esthétiques et adopte une relative liberté de ton, de l'humour, adopte l'anthropomorphisme et "un côté fantaisiste"[21],[Note 5]. Mais quand il fait jouer au foot des bernard-l'hermite ou qu'un crustacé devient chef d'orchestre ce n'est jamais en confondant son regard avec l'objet filmé : un « anthropomorphisme sans anthropocentrisme »[22].
En deux ans, de 1928 à 1930, il « emporte l'estime de l'élite intellectuelle parisienne. »[23] Germaine Dulac réalisatrice et théoricienne du cinéma d'avant-garde encense son travail, elle y voit l’atteinte d'un idéal : le "cinéma pur"[24]. Avec, dans ses films, des références artistiques[25], Painlevé conjugue l'art et la science aussi pour satisfaire les surréalistes « le seul public sur lequel je puisse compter »[26]. Il est, en effet, plutôt remarqué par les surréalistes de par son amitié avec Ivan Goll mais aussi par André Breton avec qui il entretient des relations houleuses[27] mais qui admire la vision plastique et évocatrice de ses films. Painlevé n'adhère pas à la définition de Breton : « l'imaginaire c'est ce qui tend à devenir réel » et se sent plus proche de la définition du surréalisme de Appollinaire et Goll, où « le réel est bien ce qui tend, au contraire, à devenir imaginaire. » Le documentaire pouvant se révéler plus fantastique que toute fiction issue de rêve ou d'imagination.[23]
De sa rencontre avec Jean Vigo naît une réelle amitié et une collaboration artistique en tant que scénariste[Note 6]. Jean Painlevé a également été l'ami de Georges Bataille[28], Luis Bunuel, Sergueï M. Eisenstein[Note 7],[29], Man Ray, Fernand Léger ainsi que d'Alexander Calder, dont il filme les mobiles[30].
Après plusieurs financement par le producteur Henri Diamant-Berger pour ses films publics[31], avec l'arrivée du parlant, il opte pour l'autoproduction en créant, dès 1930, sa propre société de production La Cinégraphie documentaire, devenue Les Documents cinématographiques qui gère et valorise aujourd'hui un fonds d’archives cinématographiques élargi à de nombreux autres cinéastes[32],[33]. Il accepte néanmoins, en juin 1933, de signer un contrat pour la réalisation de dix films avec la société Pathé-Natan, mais seulement un seul sera tourné (la firme ayant fait faillite en 1936)[34]. Ce film est distribué avec succès : L'hippocampe, ou 'Cheval marin', version sonorisée de son film de 1931, avec des scènes tournées pour la première fois sous l'eau grâce au scaphandre autonome du commandant Yves Prieur, aux palmes du commandant Louis de Corlieu et mise dans un caisson étanche grâce à la caméra Sept qui ne reçoit que 7 mètres de pellicule ne permettant de tourner que des séquences de 20 secondes[35].
En 1934, il fonde le Club des sous l'eau avec l'inventeur du scaphandre autonome, le commandant Yves le Prieur. Le club change de nom un an après pour devenir Club des Scaphandres et de la Vie Sous l’Eau[36].
Intéressé par les techniques du cinéma d'animation il produit Barbe Bleue, ce film réalisé par le sculpteur René Bertrand et sa famille, sorti en 1936 après trois ans de tournage et montage. Il est inspiré d'un conte de Charles Perrault[Note 8], c'est le premier film d'animation de pâte à modeler (plastiline) et en couleur (procédé gasparcolor (en), mis au point par le chimiste hongrois Béla Gáspár). Jean Painlevé "s'amuse" avec sa bande de copains, musiciens et sculpteur[37]. Il fait encore preuve, ici, de son inébranlable qualité de chercheur en techniques cinématographiques mais investie dans un nouveau domaine pour lui : les techniques d'animation. Il produira aussi des films d'un autre spécialiste de l'animation mais dessinée : Achille-Pierre Dufour[Note 9] qui est aussi truqueur[Note 10]. Painlevé, avant la rencontre de Dufour a lui-même utilisé les schémas animés notamment pour Les oursins (1929).
Il s'oppose à la création du Festival de Cannes et à son cortège de récompenses, pour lui lieu symbolique des petits arrangements et luttes de chapelles.[réf. nécessaire]
Militant, engagé et résistant
« Tant qu’il n’y aura pas l’entraide à la place de la sanction, et tant que « apprendre » sera plus important que « comprendre », je considère que ce serait une compromission que d’aider au maintien de cet enseignement. Quant à moi, mon travail consiste à œuvrer en marge, à maintenir une liaison avec ceux qui pensent pareillement et à m’entraîner méthodiquement à ce que sera l’enseignement futur. Mon action sera parallèle à la lutte révolutionnaire des ouvriers. »
— Jean Painlevé en 1935[38].
Même s'il n'affiche pas ses opinions et ne souhaite pas faire de politique, il s'est rapproché d'organisations anarchistes ou communistes[39]. Il est de conviction anarchiste[40],[41],[42], libertaire, individualiste[43] et pacifiste, il milite avec les ligues antifascistes dès les années 1930[3]. En 1935 il écrit un article contre l'eugéniste Alexis Carrel[44]. Il participe au voyage en Autriche organisé par le Comité Mondial contre la Guerre et le Fascisme pour enquêter sur les prisonniers politiques et les bombardements des quartiers ouvriers, en 1934[2]. Il adhère à ACI Alliance du Cinéma Indépendant organisation fondée par Germaine Dulac et Aragon héritière de l'organisation marxiste AEAR Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires[45]. Puis, en 1936, il va en Pologne dans le cadre d'une enquête sur le pogromes et l'internement de prisonniers politiques au camp de Beresa-Kartuska[2]. En 1936, il présente le film Nous arrivons d'Alexander Ford au Studio de l'étoile à Paris, film sur l'antisémitisme polonais censuré dans ce pays[2]. Même dans son activité professionnelle il tient à son indépendance, sans engagement avec l'Etat[Note 11]. Sans s'y impliquer, il soutient la coopérative Ciné-Liberté de Jean Renoir et Jean-Paul Dreyfus et la réalisation de La Marseillaise[46]. En 1939 il devient secrétaire général de l'Association des amis de la République française qui lutte contre la xénophobie[43].
En 1939, il fonde avec Jean Korngoll, Henri Leiser et Mme Berr de Turique l'ARTEM (Association de diffusion Radio et Télévision Mondiale)[2]. La même année, à la demande du gouvernement, il produit et coréalise Solutions françaises, un documentaire patriotique vantant les qualités industrielles et scientifiques de la France pour contrer les allégations nazies sur la ruralité et le retard de ce pays[47]. Le film n'est ni monté ni sonorisé quand la guerre éclate et Painlevé refuse de laisser le régime de Vichy terminer le travail, il est condamné pour "rétention de deniers publics"[48], le film ne sera achevé qu'après guerre[14]. De même, il commence à réaliser Le Vampire qui sera comme une parabole de l'histoire européenne de son temps, stigmatisant ainsi l'esprit de prédation du mouvement nazi mais la guerre l'empêche de le finir avant 1945.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est un résistant de la première heure[49],[50] (nommé Boulanger dans la clandestinité). Pour la Résistance, il utilise ses capacités de plongeur sous-marin et sa tête est mise à prix par la Gestapo qui sans connaître son identité le surnomme "l'homme en marron"[51]. Il est arrêté et interrogé pendant plusieurs jours pour donner des renseignements sur cet "Homme à l'habit marron" soupçonné d'avoir empêché le plan de minage prévu par l'armée italienne à Cavalaire-sur-Mer. Sans être démasqué, il est tout de même condamné à être fusillé mais ses compagnons d'armes le libèrent[52].
Directeur du cinéma
A la Libération, alors que Painlevé est son représentant, le Comité de libération du cinéma français (CLCF)[Note 12],[53] se saisit des locaux du COIC (Comité d’organisation de l’industrie cinématographique) créé par le régime de Vichy. Et le lendemain, , un arrêté du Gouvernement provisoire nomme Jean Painlevé, directeur du Cinéma[54],[55],[56].
Il aura pour rôle de relancer très concrètement le cinéma (notamment en brisant des grèves, ce qui le désole) et de canaliser l'épuration de la profession[54]. Pour valoriser les métiers du cinéma il fait reparaître la revue La technique cinématographique[57]. Il fait promulguer de nombreux décrets notamment ceux instituant la Commission supérieure technique ou obligeant les exploitants de salles à afficher le court métrage projeté avant le grand film[58],[Note 13]. Il met une priorité absolue à la réalisation du Film La Libération de Paris, pour contrer la propagande du film des alliés Le Monde libre qu'il considéré minorer le rôle de la Résistance[59].
Mais son action reste très encadrée : par le ministre de la communication P-H Teitgen anti communiste nommé par de Gaulle ; entouré de son adjoint Pierre Riedinger considéré collaborateur par le CLCF ; tout comme par Philippe Acoulon ancien du COIC (qui a notamment signé l’arrêtè d'octobre 1940 interdisant aux juifs de travailler dans le cinéma) et qui lui est imposé comme collaborateur[60]. Le Gouvernement provisoire fait tout pour gêner l'action de Painlevé et le 16 mai 1945, seulement 8 mois après sa nomination, il est relevé de cette fonction par décret spécial signé par de Gaulle et Teitgen[58],[2], et une grève générale du cinéma du théâtre et de la radio s'en suit car Painlevé était particulièrement apprécié comme Directeur du cinéma et homme de terrain[58],[61].
Chercheur en technique cinématographique et télévisuelle

Il tourne dès ses premiers essais en 35mm, utilise toutes les techniques nouvelles de ralenti, accéléré, microphotographie, couleur, animation, trucage, infra rouge, ultra violet, amplificateur de brillance, contraste électronique... Et quand la télévision arrive, il est le premier à l'utiliser en 1945 pour une émission de microscopie directe, il en fera plusieurs en France et Angleterre. Et en 1957 il innovera encore avec le premier téléradio de diagnostic à distance : l’image radioscopique et aussi endoscopique étant instantanément projetée sur grand écran dans l’amphithéâtre de la faculté de médecine, les médecins pouvaient dialoguer avec le patient qui, lui aussi pouvait voir les images de son propre corps[62].
Enseignant
Intéressé par l'utilisation du cinéma comme outil d'enseignement, dès 1937 il succède à Marc Cantagrel à la direction du Centre de production de films scientifiques au Conservatoire national des arts et métiers[2]. Engagé dans l’Éducation populaire, il participe à l'essor des universités populaires et des ciné-clubs[63]. À son initiative est fondée la Fédération française des ciné-clubs (FFCC) dont il devient président. Le succès est grand, peut-être trop car Henri Langlois refuse de fournir les copies venant de la Cinémathèque française sauf si l'accord des ayants droit des films sont obtenus. Devant cette catastrophe Painlevé demande une modification de loi pour obtenir l'exonération car elles sont à but non lucratif, il ne l'obtiendra qu'en 1949 après un procès qu'il gagnera. Cette exonération s'ouvre aux séances gratuites facilitant l'action des comités d'entreprise et du ministère de l'agriculture pour les films d'enseignement[64].
Il rencontre le succès dans les ciné-clubs, au cours de conférences et aussi dans les écoles, les qualités pédagogiques et scientifiques de ses films sont enfin reconnues. Plus tard, à partir de 1972, il enseigne les techniques du cinéma à l'Université Paris 8 (Vincennes)[65].
Il préconise d'autres méthodes pédagogiques. « J'ai toujours rêvé que l'enseignement soit fait par ceux qui ont compris. Je veux dire par ceux qui ont compris pourquoi ils ne comprenaient pas. Et si l'on prend des élèves et qu'on demande à celui qui a saisi d'expliquer aux autres, la classe devient alors une commission d'enquête dans laquelle les élèves sont des détectives. Il faut que l'enseignement se fasse à base d'énigmes. [...] celui qui a compris doit exposer aux autres pourquoi et comment il a compris. C'est cela qui compte, c'est l'école du témoignage, et le fait d'expliquer pourquoi et comment on a compris. Cette école doit pour moi commencer à la maternelle, il faut déjà apprendre à voir et témoigner, c'est à dire [sic] rendre sensible aux autres ce que l'on croit avoir vu, et qui n'est pas forcément ni la vérité, ni ce qu'ont vu les autres. Si l'on commence à la maternelle, on fera des adultes qui ne s'en laisseront plus conter. » Une école plus émancipatrice utilisant l'enseignement mutuel et qui développe l’intérêt de l'élève en partant du compliqué vers le simple[58].
Fin de vie
Il décède le , inhumé à Paris au Cimetière du Montparnasse, son éloge funéraire a été fait par Jean Rouch[7].
Son œuvre

Cinéaste
En dehors de ses trois films de fiction Mathusalem, Barbe Bleue et Jeux d'enfants, de quelques documentaires culturels ou d'actualité (le grand cirque Calder 1927, Quelques danses pour Calendal de Mistral, Le monde étrange d'Axel Henricksen, Solutions françaises,...), et de ses productions et réalisations en relation avec ses centres d'intérêt (les techniques d'animation, la musique, la danse, le mouvement, la gymnastique,...), et même s'il a un goût pour le Cinéma amateur, « libre des compromis commerciaux »[66], il a surtout réalisé des films scientifiques pour le grand public ou destinés aux scientifiques.
Son œuvre de cinéma de recherche scientifique se caractérise par le souci de l'exactitude descriptive de ses sujets et par le désir profond de partager l'émotion et l'émerveillement face au « mystère » de la nature que ses films contribuent à dévoiler, il cherche à rendre visible l'invisible. Il présente son "cinéma de recherche scientifique" comme fonctionnant avec trois moteurs : « l'Étrangeté d'une part ; la Rareté, le cas échéant ; et le Point d’interrogation toujours », ce dernier lui permet de s'intégrer au plus profond du phénomène[67].
Si Jean Painlevé n'a pas inventé le cinéma scientifique, il lui a donné un essor considérable en le faisant sortir du laboratoire et l'offrir à un large public. Pour ses documentaires scientifiques à destination du grand public, sa biographe Roxane Hamery identifie ses préoccupations de didactisme pour lequel il utilise : l'humour ; des schémas animés ; et l'ouverture à l'imagination et à la poésie. Elle apprécie son style et les « trois aspects essentiels de [son] œuvre : la provocation ; la volonté très forte d'informer ; et cette poésie qui sera sa marque de fabrique. »[68] « C'est un auteur qui a une ambition artistique, Painlevé fait œuvre de poète véritable. »[69] L'analyse sémiologique confirme cette lecture : « ses œuvres ne portent pas tant sur la biologie animale que sur la marque de son histoire personnelle et celle de l'Histoire [elles révèlent] la beauté indéterminée de la nature et celle de la construction artistique [s'inscrivant dans l'histoire des formes filmique et le surréalisme, elles montrent la] confusion entre subjectivité et objectivité et les visions provocantes. »[70]
Son autre domaine de prédilection qu'il développe scientifiquement est le cinématographe (étymologiquement l'écriture du mouvement). Il explore les différentes techniques audiovisuelles, et avec les images animées s'intéresse à la retranscription des mouvements humains comme il l'a fait de ceux des animaux marins. Son amitié avec le chorégraphe Pierre Conté lui permet de réaliser plusieurs films sur la danse, et sur l'écriture, sur partition, des mouvements. Conté, théoricien du mouvement, s'inspire des travaux de chronophotographie de Étienne-Jules Marey, pionnier du cinéma et autre passion de Painlevé. Tous les deux travaillent à l'écriture du mouvement Conté sur le papier et Painlevé avec l'enregistrement mécanique[71].
Ecrivain
Jean Painlevé est également un écrivain considérable. Il a beaucoup écrit pour la promotion de ses films car projetés en première partie des séances de cinéma, les journaux publiaient souvent, jusque dans les années 50, des articles les décrivant[72]. Il écrit des articles théoriques sur les films scientifiques et aussi pour ses nombreuses conférences[73]. Dès 1924 il publie dans Surréalisme, l'éphémère revue de Ivan Goll, le texte Drame néo-zoologique[2], avec en préambule : « M. Jean Painlevé qui hier eut les honneurs de l'Académie des sciences pour un travail fort réaliste, se révèle également surréaliste »[74]. Il rédige des scénarios dont Le café du bon accueil, pour son ami Jean Vigo qui malheureusement décède avant le tournage[2]. En 1938 et sous le pseudonyme P.J. Alpin, il écrit avec Philippe Halsman la pièce de théâtre Tétard devient Monsieur Teste[2]. Puis Le théâtre de la dérision, 60 saynètes, écrites en 1987, sous le pseudonyme Yann O'Bara[2],[Note 14]. En 1988, il rédige un texte désespéré, la Traversée du mouroir[42].
Réception de ses films
« Le plus beau ballet qu’il ait vu » selon Fernand Léger ;
Son œuvre « représente une véritable source d’images pour artistes » selon Marc Chagall [75]. »
Sans l'héritage de son père il n'aurait jamais pu financer ses films. Seul son plus grand succès L'hippocampe, ou 'Cheval marin' lui a permis, selon son expression, de « rapporter sa mise »[3]. La séquence de ce film où l'on voit le mâle hippocampe accoucher des petits que la femelle lui a confié a eu un fort retentissement pour assurer la notoriété et le succès du film, elle a aussi provoqué son interdiction aux États-Unis de 1936 jusqu’après la seconde guerre mondiale[12].
Apprécié par les surréalistes, et avec succès lors de projections aux Studios Diamant, Ursulines et au cinéma les Miracles, puis dans les écoles et les ciné-clubs[31], il est d'abord méprisé par le monde scientifique. Celui-ci juge indigne et peu sérieux le cinéma en tant qu'outil d'observation scientifique. Par exemple, lorsqu'il présente, en 1925, à l'Académie des sciences son premier film Phénomènes intraprotoplasmatiques chez l'œuf d'épinoche de la fécondation à l'éclosion, il est accueilli fraichement, et un des membres, Louis Blaringhem (1878-1958)[76], dira même : « Un scandale ! Le cinéma c'est de la prostitution ! »[77]. Il revit avec amertume cet épisode : lors de « ma première communication en 1925 à l'Académie des sciences je fus le premier à utiliser le film, mais, avec mon ami Para[Note 15], nous avons bien vite compris que c'était là des vanités inutiles, à moins de guigner soi même l'Académie, et nous avons cessé d'en présenter. C'est à cette occasion que j'ai appris des choses extrêmement utiles sur la compétition des intellectuels français[58]. »
Painlevé acquière une notoriété internationale. Georges Franju dit de lui : « Jean Painlevé avait une cote considérable. C'était le plus grand type du cinéma documentaire de France. Il n'avait d'équivalent qu'Ivens et Flaherty à l'étranger. »[78]

Institutionnaliser le cinéma scientifique pour sa reconnaissance
Le cinéma scientifique, « de recherche pour et par la science »[79], ne trouve pas de financement[80], il a besoin d'être défendu. Et Painlevé fonde le 1930 l’Institut de Cinématographie Scientifique (ICS) avec l'appui de scientifiques de renom comme Jean Perrin, Frédéric Joliot-Curie et Georges Urbain[81]. L'Institut devient « la principale vitrine du cinéma scientifique en France »[82] en communicant, en devenant cinémathèque, lieu d'invention de techniques de prises de vue nouvelles et producteur de documentaires. En 1933, avec le docteur Charles Claoué et Michel Servanne, directeur de la revue Le cinéma privé, ils fondent l'Association pour la documentation photographique et cinématographique dans les sciences (ADPCS)[83],[32],[84]. En 1936, avec Langlois, Claoué et Franju il dépose les statuts de la Cinémathèque scientifique française qui deviendra Archives de la photographie et du cinéma scientifique filiale de l'ADPCS en 1945[85]. Puis avec le docteur Charles Claoué, il a l'idée d'organiser un congrès annuel, le premier a lieu à Paris du 5 au au siège du musée Pédagogique, rue d’Ulm[86], les congrès se dérouleront avec succès jusqu'à la guerre et ensuite. En 1947 Painlevé donne une dimension internationale à l'ICS en fondant l'AICS[Note 16] sous l'égide de l'UNESCO, ce qui permet de supprimer les droits de douane pour la circulation des films et facilite l'organisation des congrès annuels[87]. Parallèlement, il participe en juin de 1947, avec Joris Ivens, Henri Langlois, Iris Barry et Henri Storck, à la création de l'Union Mondiale des Documentaristes[2].
Reconnaissance par les scientifiques
Même s'il passe sa vie à essayer de convaincre de la valeur scientifique de ses réalisations (en utilisant toute la richesse des techniques cinématographiques : accéléré, ralenti, arrêt sur image, grossissements, possibilité de voir plusieurs fois un même phénomène,...), ce n'est que progressivement que son travail sera reconnu par les scientifiques.
Painlevé lors de ses observations a pu découvrir et faire découvrir des faits scientifiques, par exemple en préparant Assassins d'eau douce, « il s'aperçoit que les descriptions par les spécialistes ne correspondent pas à ce qu'il voit : un carnassier est herbivore ou le contraire, et les dytiques par exemple, gros coléoptères qui volent, passent pour végétariens alors que leurs larves sont carnassières. »[70]
Le professeur Sigurd von Boletsky, spécialiste de la pieuvre constate en 2013 : « Ce que j'ai appris en regardant ce que Jean Painlevé montrait [dans son film de 1928], qu'il expliquait ce qu'il avait vu, et posait des questions sur ce qui aurait pu être amélioré, j'ai appris un chapitre tout nouveau auquel je ne m'attendais pas »[88]. C'est une démarche de recherche scientifique, Jean Painlevé est « la personne capable d'améliorer la visibilité du processus »[89], il rend visible l'invisible, surtout si cet invisible est aussi inexpliqué[Note 17].
Le professeur Sigurd von Boletsky témoigne aussi de la démarche de Jean Painlevé. Celui-ci a réalisé, en 1958, un film de recherche sur la pieuvre mais il ne considérait pas ce film comme achevé, alors, pendant sept ans, il travailla à une seconde version : paru en 1965, L’embryogenèse d'octopus vulgaris est coréalisé avec sa compagne Geneviève Hamon. « Ce document est bien plus intéressant que ce que j'avais vu avant »[90] dit le professeur qui poursuit en racontant que ce film a justifié le lancement d'une nouvelle recherche sur l'embryogenèse par une équipe composée de lui et Portmann dirigée par le professeur Marcus Von Orelli. Mais la recherche n’avançait pas et Portmann a déclaré : « Maintenant on a sans doute besoin de Jean Painlevé », ce qui a naturellement fait que le cinéaste a rejoint l'équipe scientifique pour la réussite de la recherche[91]. Et Painlevé a pu réaliser le second film de vulgarisation sur la pieuvre (Les amours...), sorti 10 ans après le premier.
Un bon documentariste ?
Jean Painlevé a édicté son décalogue pour la télévision suisse[92] :
Documentaire ne feras si le sujet ne ressent point.
Réalisation refuseras si tes convictions n’exprime pas.
Par aucun moyens déloyaux les spectateurs n’influenceras.
Réalité tu chercheras sans esthétisme ni apparat.
Tout effet abandonneras s’il ne se justifie pas.
Des trucages ne te serviras qu’ayant public pour confident.
Montage habile n’utiliseras que s’il illustre ta bonne foi.
Sans parfaite justification des longueurs n’exhiberas.
A l’image aucunement les paroles ne substitueras.
D’à peu près ne te contenteras sous peine de déchoir grandement.
En pédagogue pour la revue Education, jean Painlevé précise sa doctrine : « Dans le film de vulgarisation, mon but n'était pas directement didactique, j'essayais d'honorer la définition que je défends depuis mes débuts, c'est-à-dire un tiers de réalité et si possible de connaissance nouvelle ; un tiers pour faire passer, pour faire assimiler, au besoin par l'alliance des contraires, quelque chose de sérieux par quelque chose de comique, ou par autre chose de purement formel, magnifique ou poétique, mais qui n'a rien à voir avec le côté scientifique du sujet. Et puis un tiers de justification du thème du film : pour quelles raisons force-t-on l'auditoire à regarder ; le propre du film de vulgarisation étant en effet de toucher des gens qui ne sont pas spécialement motivés par la connaissance scientifique[93]. »
Un film emblématique, Le Vampire
Le film Le Vampire, tourné clandestinement pendant l'occupation allemande, court métrage en noir et blanc de moins de neuf minutes, en 35 millimètres, sort en public en 1945. Film engagé car antifasciste ; mais aussi artistique de par ses prises de vue ; expérimental car d'un genre nouveau ; et scientifique à la fois.
Au début du film Jean Painlevé fait mention de tout l'imaginaire que les monstres animaliers et le vampire ont pu générer, images du Nosferatu de Murnau à l'appui. Puis, à partir d'une carte de l'Europe où il montre qu'à la fois cet imaginaire et le péril nazi ont pu prospérer, le film arrive à la réalité scientifique. Le film devient un documentaire scientifique montrant notamment la technique utilisée par le vampire (la chauve-souris), pour se nourrir. On le voit d'abord marcher à quatre pattes pour s'approcher de sa proie, un cobaye de laboratoire, puis lui lécher le nez lui transmettant ainsi un anesthésiant, puis le mordre à la joue pour en boire le sang en le lapant.
Mais le film quitte de nouveau le registre scientifique car avant de quitter l'image le petit vampire réel, et bien à son insu, est cadré en tendant son aile et l'on voit ou l'on croit voire qu'il fait le Salut fasciste, ce que Painlevé nomme, en voix-off, "le salut du vampire".
André Bazin en dit : « Jean Painlevé occupe dans le cinéma français une place singulière et privilégiée. Son vampyr [sic], par exemple, est tout à la fois un documentaire zoologique et l'accomplissement de la grande mythologie sanguinaire illustrée par Murnau dans son Nosferatu[94]. »
Filmographie
Réalisateur
A part le premier film et quelques autres non identifiés, ne figurent pas dans cette liste les réalisations de films strictement de recherche ou d'enseignement (non tout public) faites à son initiative ou à la demande de scientifiques. A titre d'exemple Roxane Hamery en liste 10 qui ne figurent pas dans ce recensement, et pour la seule période 1927-1930 (selon son article sur la promotion du cinéma scientifique).
- 1925 : Phénomènes intraprotoplasmatiques chez l'œuf d'épinoche de la fécondation à l'éclosion, 35mm, sonore, réalisé pour l'intervention devant l'Académie des sciences avec Wintrebert et You Ko Chin, 750 m
- 1927 : Mathusalem, 7 min ou 8,5 min après restauration, musique de Maxime Jacob
- 1927 : L'œuf d'épinoche
- 1928 : La Daphnie, 13 min, caméra André Raymond
- 1928 : La Pieuvre, 10 min, caméra André Raymond
- 1929 : Les Oursins, 10 min, caméra André Raymond
- 1929 : Bernard-l'hermite, 13 min, caméra André Raymond, musique Bellini, au début du film il fustige les documentaires animaliers trompeurs, "non, l'anémone ne peut pas manger le bernard l'hermite", et en fin de film, il fait de l'humour avec les commentaires sur les bagarres et organise un match de foot entre ces petites bêtes
- 1929 : Hyas et stenorinques, 13 min, caméra André Raymond, musique de Chopin
- 1930 : Les Crabes, 8 min, caméra André Raymond, musique Maurice Delannoy
- 1930 : Crevettes, 10 min, caméra Éli Lotar, musique de Maurice Delannoy
- 1930 : Caprelles, 9 min, caméra Éli Lotar, musique de Scarlatti
- 1930 : Pantopodes, 9 min, caméra Éli Lotar, musique de Scarlatti
- 1930 : Traitement expérimental d'une hémorragie chez le chien
- 1931 : Ruptures de fibres
- 1931 : Crabes et Crevettes
- 1932 : Électrophorèse de nitrate d'argent
- 1932 - 1934 : L'hippocampe, ou "Cheval marin", 17 min, caméra André Raymond, muet. Puis seconde version, 13 min, sortie en 1934, avec commentaire et musique de Darius Milhaud, sonorisée avec le financement de Bernard Natan de Pathé-Natan qui assure la distribution
- 1935 : Corèthre
- 1936 : Microscopie à bord d'un bateau de pêche
- 1939 : Solutions françaises, 29 min, coréalisé avec Pierre Merle, film de commande du gouvernement français confisqué par le régime de Vichy, terminé et sorti seulement en 1945 après la fin de la guerre.
- 1945 : Le Vampire, 9 min, tourné de 1939 à 1945, musique de Duke Ellington
- 1946 : Jeux d'enfants, chorégraphie et musique de Pierre Conté, interprétée par les deux danseuses Jacqueline Clédon et Michelle Nadal.
- 1947 : L'Œuvre scientifique de Pasteur, 33 min, coréalisé avec Georges Rouquier, commandité par la société Ciné-France à l'occasion du cinquantenaire de la mort du savant, Painlevé ne fait que la partie en microcinématographie, Rouquier découpe et réalise le film en s'inspirant fidèlement de l'hagiographie rédigée par René Vallery-Radot gendre de Pasteur, musique Guy Bertrand.
- 1947 : Assassins d'eau douce, 25min, Assistante biologique Geneviève Hamon, Directeurs de la photo : Jean Painlevé, André Raymond, musiques Louis Armstrong, Duke Ellington, etc.
- 1948 : Écriture de la danse, film disparu, peut-être réemployé pour réaliser une partie d'Écriture du mouvement
- 1948 : La Chirurgie correctrice
- 1954 : Oursins, 11 min, Geneviève Hamon créditée "assistante", opérateur Claude Beausoleil, musique Jean Painlevé en hommage à Edgar Varèse
- 1955 : Le Grand Cirque Calder 1927, 46 min, opérateur Claude Beausoleil. Par suite d'un différend avec Henri Langlois, un des financeurs du film par l'intermédiaire de la Cinémathèque française, et même si Calder rachète les droits à la Cinémathèque, Painlevé ne termine pas son film, il laisse Carlos Vilardebó réaliser le sien, Le Cirque de Calder, en 1961, plus court et moins complet mais qui devint le plus célèbre
- 1955 : Le monde étrange d'Axel Henricksen, 16 min, musique de Pierre Maillard-Verger, reportage sur le sculpteur d'art brut danois. Ne sort pas en salle.
- 1955 : Fêtes à Roscoff, 5 min, tourné en 16 mm, jamais exploité
- 1958 : L'Astérie
- 1958 : Les Alpes
- 1960 :Méthode et table "massopratic" Penchenat, avec Michelle Nadal
- 1960 : Les Danseuses de la mer, 18 min, co-réalisé avec Geneviève Hamon, musique Pierre Conté, humour avec un galatée qui en chef d'orchestre dirige la danse de la comatule
- 1960 : Comment naissent les méduses, 14 min, co-réalisé avec Geneviève Hamon, musique Pierre Conté
- 1960 : Quelques danses pour Calendal de Mistral, 16 min, musique de Pierre Maillard-Verger, reportage sur le Festival de lyrique provençale organisé par le collecteur de folklore Jean Deschamps et des chorégraphies de Pierre Conté, touné en un jour, une seule prise, pas d'opérateur, montage par Michelle Nadal, pas sorti en salle
- 1964 : Histoires de crevettes, 10 min, co-réalisé avec Geneviève Hamon, premières images humoristiques dont une nourrice grimée en Groucho Marx, musique de Pierre Conté
- 1967 : Les amours de la pieuvre, 13 min, co-réalisé avec Geneviève Hamon, musique de Pierre Henry
- 1968 : Diatomées, 17 min, co-réalisé avec Geneviève Hamon, musique de Pierre Angles et Roger Lersy
- 1972 : Limailles, co-réalisé avec Geneviève Hamon
- 1972 : Acéra ou Le bal des sorcières, 13 min, co-réalisé avec Geneviève Hamon, musique de Pierre Jansen, apparition de la danseuse Michelle Nadal interprétant la danse serpentine de Loïe Fuller (à la minute 6.55)
- 1975 : Exuviation, copulation, hybridation chez les homards, 18 min, co-réalisé avec Geneviève Hamon, d'après les travaux de Michel Léglise
- 1978 : Transition de phase dans les cristaux liquides, 7 min, musique de François de Roubaix
- 1982 : Les pigeons du square, 28 min, musique de Ramon de Herrera, référence du pédagogue à l'école sans murs à la minute 08.06, humour avec une partie de foot de pigeons, hommage à Étienne-Jules Marey à la minute 21.48
Producteur
- 1936 : Barbe Bleue, 13 min, réalisé par le sculpteur René Bertrand avec sa famille, inspiré de Charles Perrault, musique de Maurice Jaubert, premier film d'animation en pâte à modeler et en couleur.
- 1937 : Voyage dans le ciel, 11 min, réalisé par Achille-Pierre Dufour, musique de Jean Yatove et Van Hoorebeeke, film agréé par le ministère de l'éducation nationale.
- 1937 : Similitudes des longueurs et des vitesses, 12 min, sous l'égide de la Section des Mathématiques du Palais de la Découverte,réalisé par Achille-Pierre Dufour.
- 1937 : La quatrième dimension, 10 min, film de M. A. Sainte-Laguë, sous l'égide de la Section des Mathématiques du Palais de la Découverte, réalisé par Achille-Pierre Dufour.
- 1937 : Images mathématiques de la lutte pour la vie, 14 min, film de M.V.A. Kostitzin, sous l'égide de la Section des Mathématiques du Palais de la Découverte, réalisé par Achille-Pierre Dufour.
- 1946 : Notre planète la Terre, 20 min, réalisé par Achille-Pierre Dufour, musique Guy Bernard. Tourné pendant la guerre Dufour ayant une carte de travail délivrée par l'autorité allemande, histoire géologique de la terre depuis 2 milliards d'années, prises de vues en décors réels, personnages en plastiline, séquences en Simplifilm, maquettes et microcinématographie[95].
- 1949 : Écriture du mouvement, 10 min, schémas animés Achille-Pierre Dufour, sur la méthode de notation des mouvements et danses de Pierre Conté.
Assistant réalisateur
- 1926 : L'Inconnue des six jours[96] de René Sti, produit par la Société des Cinéromans, Jean Painlevé s'y investit particulièrement en multipliant les prises de vues des mouvements des cyclistes et des patineurs donnant au film une portée scientifique, il introduit des trucages et des animations faites par Georges Grosz[97].
Scénariste
- 1930 : Crevettes.
- 1932 : Le café du bon accueil, pour Jean Vigo qui malheureusement décède avant le tournage.
- 1934 : L'Hippocampe, ou "Cheval marin".
- 1935 : La tragédie de la ville d'Ys[2].
- 1947 : L'Œuvre scientifique de Pasteur, coréalisé avec Georges Rouquier.
- 1949 : Le Sang des bêtes, pour le commentaire, réalisé et scénarisé par Georges Franju.
Acteur
Expositions
- Exposition photographique de microscopies et micrographies avec Laure Albin-Guillot à la Galerie La Pléiade, Paris, 1933.
- Exposition collective de l'AEAR Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires avec Brassaï, Boiffard, Lotar, Man Ray, etc. à la Galerie La Pléiade, Paris, 1935[98].
- Exposition collective, Exposition Internationale de la Photographie Contemporaine au Musée Des Arts Décoratifs, Paris, Janvier 1936, avec notamment : André Kertész, Man Ray, Eli Lotar[98].
- Participation à l'Exposition internationale de Paris, 1937 : projection de ses films ; aquarium humain au palais de Chaillot présentant les nouvelles techniques subaquatiques ; et réalisation avec le sculpteur Bertrand de La spirale de l'évolution, important cône décoré de nombreuses statuettes.
- Exposition collective, Exposition de l’Ecole Française de Photographie, Danske Kunstindustrimuseum, Copenhague, mars 1939, avec : Florence Henri, Man Ray, Roger Parry, Maurice Tabard, Jean Moral[98].
- Jean Painlevé 1902 - 1989 Photographies, Galerie Françoise Paviot, Paris, 1997, texte de Jean Cassou dans le catalogue d'exposition.
- Jean Painlevé, IKON Gallery, Birmingham, United Kingdom, 2017[99].
- Né(e)s de l'écume et des rêves, Musée d'Art moderne André-Malraux, Le Havre, 2018. Exposition sur l'imaginaire marin, océanique et des abysses ; avec des œuvres d'Anna Atkins, Gustave Moreau, Arnold Böcklin, Auguste Rodin, Émile Gallé, Max Klinger, Adolf Hirémy-Hirschl, Jean Francis Auburtin, Mathurin Méheut, Man Ray, Max Ernst, Brassaï, Jean Painlevé, Elsa Guillaume.
- Jean Painlevé, les pieds dans l'eau, Jeu de paume, Paris, 2022[30],[100], puis en 2026 au Musée de Pont-Aven, Pont-Aven[101],[102].
Hommages et réutilisations
- Louis Aragon pastiche son texte Drame néo-zoologique[103], il reprend le style de Painlevé fait de non-sens, jeux de mots et révolte, et écrit : Les buvards du Conseil des ministres, une farce aux dépens des politiciens à partir de deux pages qu'il imagine subtilisées par le fils du président du Conseil[104].
- Le documentariste Charles Dekeukeleire utilise des images de spirographe, de vampire et de cristaux pour accentuer les effets dramatiques de son docufiction Le mauvais œil sorti en 1937.
- Henri Michaux introduit des photogrammes de films de Painlevé dans son documentaire médical sur les effets des psychotropes Images du monde visionnaire, coréalisé avec Éric Duvivier en 1963[105].
- En 1987, Le Nouvel Observateur demande à Jean-Luc Godard de composer son abécédaire. A la lettre N, Jean-Luc Godard note : Nouvelle Vague. La Nouvelle Vague est née de Painlevé, de Rouch, et de Rossellini. A bout de souffle est né de L’Hippocampe de Painlevé, tout autant que de Rome, ville ouverte[106].
- Le groupe de musique américain Yo La Tengo (en) enregistre, en 2012, une nouvelle bande son pour 8 documentaires de Jean Painlevé, dans le film The Sounds of the Sounds of Science (en).
- Un roman dont la narratrice, biographe de Jean Painlevé est une pieuvre, Le grand amour de la pieuvre, Marie Berne, Edition l'arbre vengeur, , 154 p.[107],[108].
- Le Festival du film scientifique de Roscoff, organisé dans cette ville en son honneur, huitième édition en 2025[109].
Editions en DVD
- Jean Painlevé compilation no 1, 2003, production Les documents cinématographiques, 9 de ses films et plusieurs suppléments.
- Jean Painlevé compilation no 2, 2005, production Les documents cinématographiques, 11 de ses films et plusieurs de pionniers du cinéma scientifique, le documentaire présenté par Roxane Hamery.
- Jean Painlevé compilation no 3, 2007, production Les documents cinématographiques, double DVD, 13 de ses films et en suppléments des captations d'une de ses pièces de théâtre et un témoignage de la danseuse Michelle Nadal[110].
- Jean Painlevé Les pieds dans l'eau, 2022, production Les documents cinématographiques. 12 des documentaires de Jean Painlevé ainsi que des suppléments.
Publications
- Catalogue en français : les films de Jean Painlevé présentés par lui-même, 1991, Édition Les Documents Cinématographiques, 90 pages[111] ;
- Hervé Bazin, Marc Beigbeder, Jean-Marie Domenach, Francis Jeanson, Michel Leiris, Jacques Madaule, Marcel Mer, Jean Painlevé, Roger Pinto, Jacques Prévert, Roland de Pury, J.H. Roy, Vercors et Louis de Villefosse (préf. Jean-Paul Sartre), L'Affaire Henri Martin : Commentaire de Jean-Paul Sartre (Collectif), Paris, Gallimard, coll. « nrf / Hors série Connaissance », , 296 p. (ISBN 2-07-024836-4, présentation en ligne).
Voir aussi
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Bibliographie
- Jean Painlevé, Cinéma et recherche : Conférence faite au Palais de la Découverte le 22 octobre 1955., Paris, Université de Paris, coll. « Conférence au Palais de la Découverte » (no Série A no 219), , 32 p.

- Jean-Luc Michel, « La caméra d'un chercheur : entretien avec Jean Painlevé », Éducation, (lire en ligne).

- Collectif, Les 200 films de Jean Painlevé, Cinédoc avec le concours du ministère de la Culture, Paris, 1983
- Jean Painlevé, textes de Jean Painlevé édités par Brigitte Berg, préface de Jean Rouch, Les Documents cinématographiques, Paris, 1991 (BNF 37749777)
- Brigitte Berg, Andy Bellows, Marina Mc Dougall, Science Is Fiction: the Films of Jean Painlevé, the MIT Press, 2000 (ISBN 0262523183 et 9780262523189)
- Isabelle Marinone, Anarchisme et Cinéma : Panoramique sur une histoire du 7e art français virée au noir, extrait : Jean Painlevé : la science au service d’une nouvelle vision du monde, Paris, Université Paris I – Panthéon la Sorbonne, (lire en ligne).

- Roxane Hamery, « Jean Painlevé et la promotion du cinéma scientifique en France dans les années trente », 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze, no 47, , p. 78-95 (lire en ligne).

- Roxane Hamery, Jean Painlevé : le cinéma au cœur de la vie, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Le Spectaculaire », , 312 p. (ISBN 978-2-7535-0761-6 et 978-2-7535-2707-2).

Documentaires
- Jean Painlevé, poète et pionnier du cinéma scientifique, archives RTS (Radio Télévision Suisse), 1959, 28.28 minutes, Painlevé invité d'Alexandre Burger dans l'émission Aux frontières de l'image. voir en ligne.
- Jean Painlevé ou voir l'invisible, 1984, 21 minutes, Marie-Luce Staïb et Claude Degivray, production Saga-TF1
- Jean Painlevé au fil de ses films, 1988, 104 minutes (8 fois 26 minutes) conception Hélène Hazera, réalisation Denis Derrien, production : GMT productions[112],[113].
- De l'inconnue des six jours au Vampire, 2005, 20 minutes, présenté par Roxane Hamery, production : Les Documents Cinématographiques.
- Jean Painlevé, fantaisie pour biologie marine, 2005, 52 minutes, auteur réalisateur François Lévy-Kuentz, production : Les documents cinématographiques[114].