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50e à 41e millénaires avant le présent

millénaire From Wikipedia, the free encyclopedia

Cet article traite de l’histoire évolutive de la lignée humaine entre 50 000 et 40 000 ans avant le présent (AP). Homo sapiens entame au début de cette période son expansion vers l’Europe et vers la Sibérie à partir du Proche-Orient. Le reflux des Néandertaliens et des Dénisoviens commence en Eurasie. Les trois espèces s’hybrident dans une proportion modeste[1]. Des groupes d’Homo sapiens venus du Sunda atteignent le Sahul (Australie, Tasmanie, et Nouvelle-Guinée) en passant par la Wallacea il y a au moins 50 000 ans[2]. Ces hommes maitrisaient nécessairement la navigation pour pouvoir franchir un bras de mer d'au moins 100 km quand le niveau de la mer était au plus bas en raison de la glaciation.

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50e à 41e millénaires avant le présent
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Liste de chronologies par périodes


Les voies d'expansion possibles d'Homo sapiens en Eurasie

Évènements

Afrique

Amérique

  • Entre 50 000 et 40 000 ans AP : le site de Topper, en Caroline du Sud, livre des artéfacts, dont des lames de silex et des burins, découverts en 1998 et datés en 2004 entre 50 000 et 40 000 ans[5].

Asie

Océanie

  • De 50 000 à 40 000 ans AP : le peuplement de la Nouvelle-Guinée se poursuit : sites de Bobongara sur la péninsule de Huon (avant 40 000 ans), de Lachitu sur la côte nord (40 000 ans), de Buang Merabak (entre 45 000 et 43 000 ans), et de Matenkupkum (entre 41 000 et 39 000 ans), en Nouvelle-Irlande, Yombon (entre 42 000 et 39 000 ans), et Kupona na Dari (entre 38 000 et 34 000 ans), sur l’archipel Bismarck, sites montagneux de la vallée d’Ivane (entre 49 000 et 44 000 ans) et de Nombe. Les colons subsistent en exploitant les ressources marines (pêche, collecte de coquillages) et terrestres (chauves-souris, lézards, noix de pandanus et igname sauvage). Ils pratiquent le défrichement (haches du site de Bobongara) et le brulis (vallée d’Ivane) pour élargir la prairie aux dépens de la forêt primaire[11].
  • De 50 000 à 40 000 ans AP : extinction de la mégafaune australienne, probablement due à l’activité humaine (chasse et brulis pour activer la pousse de végétaux comestibles)[12].
Pétroglyphes, Panaramitee Station, au nord de Flinders Ranges, Australie-Méridionale
  • Vers 45 000 ans AP :
    • début de l'occupation humaine de l'abri sous roche de Nawarla Gabarnmang, dans le Parc national de Kakadu, en Terre d'Arnhem, en Australie, daté de 45 185 ± 910 ans AP[13]. C'est un des sites majeurs de l'art rupestre mondial[14].
    • découverte sur le site de Panaramitee, en Australie, de pétroglyphes (gravures sur pierre) datés de plus de 45 000 ans : labyrinthes, cercles, points et arcs. Ils sont la première étape d'une longue tradition de l'art rupestre australien, le style Panaramitee, qui s'est poursuivi jusqu'au XXe siècle[15].
  • De 45 000 à 35 000 ans AP : les pratiques symboliques et la production artistique se différencient dès le début de la colonisation : perles en os et en coquillages (conus) au nord, utilisation de pigments (ocre, hématite), gravures sur roche[16]. Les premiers australiens s’adaptent à des environnements très variés ; sites de Purijarra et Parnkupirti dans les déserts sableux de l’intérieur, Boodie Cave (ile de Barrow) et Mandu Mandu creek (North West Cape) dans les déserts côtiers, Allens Cave dans les déserts rocheux (plaine de Nullarbor), Carpenter's Gap 1, Riwi cave, GRE 8, dans les zones karstiques arides (Napier Range (en)), les savanes arborées (Ngarrabullgan (en)), les forêts tempérées ouvertes (Devil's Lair), les forêts des rives des rivières et des lacs (lac Mungo, région des lacs Willandra-Darling).
  • Vers 40 000 ans AP : des groupes humains atteignent la Tasmanie, alors reliée au continent australien par voie terrestre (grotte de Warreen).
  • Vers 30 000 ans AP : le site de Cuddie Springs (en), près de Brewarrina, en Nouvelle-Galles du Sud, a livré les plus anciennes meules à grain connues, datées vers 30 000 ans AP.

Moyen-Orient

  • De 50 000 à 40 000 ans AP : Homo sapiens se répand dans toutes les régions habitables du Moyen-Orient. Dans les grands bassin fluviaux les conditions d’alluvionnement ne permettent toutefois pas de découvrir les traces d’une éventuelle occupation. Les sépultures s’enrichissent d’un nombre considérable d’objets, de parures et de décorations[17].

Europe

Flûte de la grotte de Geißenklösterle
"Vulves gravées sur un bloc trouvé à la Ferrassie."
Vulves gravées sur un bloc trouvé à la Ferrassie
Panneau des mains de la grotte d'El Castillo. Le bison est magdalénien, mais certains des symboles rouges de ce panneau sont parmi les peintures les plus anciennes trouvées en Europe, vieilles d'environ 40 800 ans
  • 50 000 ans AP :
  • 49 000 ans AP : douze Néandertaliens, victimes de cannibalisme, dont les ossements fossiles ont été découverts en 1994 dans la grotte d'El Sidrón, dans les Asturies, dans le nord-ouest de l’Espagne, faisaient partie d’une même famille et sont tous décédés à peu près en même temps. Les analyses génétiques des individus ont conclu que ce clan pratiquait l’exogamie et la patrilocalité[21].
  • Entre 47 530 et 43 000 ans AP : Homo sapiens est signalé par trois dents de lait datées par le carbone 14 en 2011, à la grotte du Cheval, dans le sud de l'Italie, associées à une industrie lithique dite de transition, appelée l'Uluzzien[22].
  • 46 000 ans AP : présence humaine néandertalienne attestée sur un site préhistorique découvert en 2005 sur le territoire du village de Primma, près de Lviv, en Ukraine[23].
  • 44 000 ans AP : site archéologique de Molodova, sur la rive droite du Dniestr, lieu dit Bailova-Ripa, dans la province de Tchernivtsi, en Ukraine, découvert par I.G. Botez et N. N. Morosan en 1928, daté de 44 000 ans pour les occupations moustériennes récentes. Le site est fréquenté par des Néandertaliens, qui ont construit une hutte ovale de 8 mètres sur 10 en os de mammouth, à l'aide de 12 crânes, 15 défenses, 34 omoplates, 5 mandibules et 51 os longs, ce qui correspond à au moins 15 individus. Elle comprend une quinzaine de foyers et de nombreux débris culinaires[24],[25].
  • Vers 45 000 ans AP : ossements fossiles fragmentaires d'Homo sapiens identifiés par leur ADN dans la grotte de Bacho Kiro, en Bulgarie. Ils sont accompagnés de vestiges lithiques dits du Paléolithique supérieur initial, qui évoquent le Châtelperronien connu en France à la même époque[26].
  • De 45 000 à 38 000 ans AP : Châtelperronien, culture attribuée aux derniers Néandertaliens présents dans le centre et sud-ouest de la France et le nord de l'Espagne[27] : racloirs, pointes d’encoche et denticulés, pointe de Châtelperron, couteau à dos courbe façonné sur un support allongé comparable aux lames du Paléolithique supérieur, instruments en os qui se diversifient ; apparition de premiers éléments de parure châtelperroniens dans la grotte du Renne à Arcy-sur-Cure vers 45 000 ans AP : dents perforées à la racine ou rainurées pour permettre leur suspension, fragments d’os découpés et façonnés, qui peuvent être attribués à l’artisanat néandertalien[28].
  • Entre 43 500 et 42 300 ans AP : des traces de charbon trouvées à 10 centimètres des peintures de la grotte de Nerja, en Espagne, ont été datées en 2012[29]. Elles seraient liées à l'éclairage utilisé lors de la réalisation ou de l'observation des peintures représentant des phoques, qui seraient les plus anciennes représentations artistiques connues en Europe.
  • 43 000 ans AP :
  • De 42 000 à 41 000 ans AP : sépultures néandertaliennes de La Ferrassie, découvertes en 1909 en Dordogne. Le site a livré en tout 8 sépultures de Néandertaliens, dont 2 adultes, 4 enfants, un nourrisson et un fœtus[31].
  • Entre 41 600 et 38 000 ans AP : des Néandertaliens utilisent des plumes et des serres de rapace comme ornement, comme le montre la disposition des traces de découpe sur les ossements des oiseaux retrouvés dans la grotte de Fumane, en Italie[32].
  • 40 800 ans AP : traces d'ocre rouge prélevées dans la grotte d'El Castillo, en Espagne, datées en 2012 par l'uranium-thorium, à une époque où les Néandertaliens, dont on a retrouvé quelques ossements, coexistent avec les Hommes modernes, ce qui pose la question de l'identité de l'auteur des peintures[33]. Les datations faites en 2018 sur des peintures de la grotte de La Pasiega (Cantabrie), la grotte de Maltravieso (Estrémadure) et la grotte d'Ardales (es) (Andalousie), respectivement de 64 800, 66 700 et 65 500 ans, au demeurant très contestées, ouvrent la polémique sur l'existence d'un art pariétal néandertalien[34].
  • 40 300 ans AP : sépulture contenant le squelette fossile d’un jeune enfant néandertalien au Moustier 2 en Dordogne[35].
  • Vers 40 000 ans AP : Oase 1, Homo sapiens adulte, dont une mandibule datée en 2015 a été découverte en 2002 à Peștera cu Oase, en Roumanie. Son ADN est d'origine néandertalienne à 7,3 %, soit quatre fois plus que chez les Eurasiens actuels (environ 2 % d'origine néandertalienne). Il a eu un ancêtre néandertalien seulement 4 à 6 générations avant sa naissance, et n'a pas contribué à l'ascendance des Européens actuels[36]. Oase 2, un crâne d'Homo sapiens adolescent découvert sur le site en 2003 présente également quelques caractéristiques néandertaliennes.
  • Vers 36 500 ans AP : Kents Cavern 4, un fragment de mâchoire humaine, découvert en 1927 dans la grotte de Kent, en Angleterre, et daté en 2011, est le plus ancien fossile d’Homo sapiens connu en Grande-Bretagne[37],[38].

Notes et références

Bibliographie

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