Leibersheim
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Leibersheim est un village disparu et autrefois situé près de Mulhouse. L’emplacement du village se trouve en 2025 dans la partie occidentale du ban de la commune de Riedisheim, dans la Collectivité européenne d’Alsace, en France.
Le village est mentionné pour la première fois en 1070 sous le nom de Lebratzheim dans un document lié à la fondation de Saint-Pierre de Bâle[1]. Il apparaît ensuite en 1090 dans la fondation de Saint-Alban par l’évêque de Bâle Burkhart von Hasenburg sous la forme Leiverathesheim[2] ou Leiverasheim[1]. En 1284, un registre terrien mentionne Lebrotzheim et une liste des rentes perçue par l’abbaye de Lucelle vers 1300 cite Leibratzhen. Le village est indiqué sous la forme Lueberatzheim dans un acte de reconnaissance de 1339 et Leiberatzwil dans le Liber Maracarum de 1441[1].
Après cette date, les registres terriens ne parlent plus du village directement. Le nom apparaît toutefois encore dans des lieux dits : Laebrathein Bann (« le ban de Leibersheim ») en 1484, Lebreitzheimerweg (« le chemin de Leibersheim ») en 1495, am Lavertzen (« au Leibersheim ») en 1534 et 1544, Leibertzergasse (« la ruelle de Leibersheim ») en 1624[1].
Historique général du site
Au VIe siècle, un village s’installe sur le flanc nord de la colline du Sonnenberg et subsiste à cet emplacement jusqu’au milieu du VIIIe siècle[3]. À cette époque, la population semble s’être déplacée vers un autre site à environ trois cents mètres au nord-ouest, sur lequel est érigé une église en bois[4].
Le village est mentionné pour la première fois en 1070 sous le nom de Lebratzheim dans un document lié à la fondation de Saint-Pierre de Bâle[1]. L’évocation de champs et de vignes dans la charte de fondation de 1090 permet de déterminer que la viticulture était pratiquée au XIe siècle sur les terres du village[2]. Les divers documents de fondations qui se succèdent par la suite indiquent que le village est possédé essentiellement par des communautés religieuses suisses, comme Saint-Alban et Saint-Pierre de Bâle ou l’abbaye de Lucelle, ainsi que par des bourgeois mulhousiens, sans qu’il soit vraiment clair si le village faisait ou non partie du ban de Mulhouse[5].
Le village est mentionné pour la dernière fois en 1441 sous le nom de Leberatzwihr dans le Liber Marcarum, le registre des taxes prélevées par l’évêque de Bâle sur les paroisses de son diocèse[5]. D’après les fouilles archéologiques, un important incendie a eu lieu au XVe siècle, ce qui, associé à la disparition des mentions directes dans les textes, laisse à penser qu’il a été détruit en 1467 pendant la guerre des six Deniers. Des traces de reconstruction et du mobilier plus tardif indiquent toutefois la persistance d’une occupation, peut-être limitée, du site jusqu’au XVIIe siècle, bien qu’à cette date l’église semble avoir essentiellement servi de carrière et de dépotoir[6].
Les ruines ont alors servi de carrière, seule le chœur de l’église subsistant sous la forme d’une chapelle. Propriété de la commanderie teutonique de Rixheim, celle-ci est détruite en 1775 et remplacée par une maison de vigne. Les terres et la maison sont confisquées comme biens nationaux à la Révolution et revendus à des particulier. La maison change de main à plusieurs reprises au XIXe siècle avant d’être rasée en 1860 en raison de son mauvais état[7],[8].
À l’automne 1972, la Société des amis du vieux Riedisheim décide d’ériger un monument commémorant l’existence de Leibersheim. Commandé à l’entreprise Peruchetti de Guebwiller, la stèle en granit des Vosges est installée le à l’intersection de la rue des Vignerons, anciennement appelée Leibersheimer Weg, et de la rue Saint-Marc. Elle porte l’inscription : « Ici fut le village de Leibersheim détruit en 1467. Érigé par les « Amis du Vieux Riedisheim » sur un terrain offert par Mme H. Bergmann. 1973 »[9].
Village mérovingien
Les fouilles de 1974 ont mis en évidence l’existence d’un village à proximité dès le VIe siècle. Celui-ci ne se trouve toutefois pas directement à l’emplacement du village médiéval mais à environ 300 m au sud-est, sur la pente nord de la colline du Fuchsberg. Dix-sept cabanes à fosse, dites Grubenhäuser, caractéristiques de la période mérovingienne en Allemagne du Sud, Rhénanie et Meuse, et s’étalant sur une période comprise entre le VIe siècle et le VIIIe siècle ont été repérées lors des fouilles[3]. Le village est associé à un cimetière situé à 500 m vers le nord[10].
Le village semble avoir été essentiellement tourné vers les activités agricoles, notamment la culture céréalière et l’élevage. Plusieurs activités artisanales sont également pratiquées sur place, notamment la forge, le tissage, le travail de l’os et l’orfèvrerie[11]. Malgré le caractère modeste des cabanes et leur promiscuité, ce caractère artisanal assez développé, la pratique de la chasse et les objets découverts pointent vers une population non servile, mêlant probablement Francs et Alamans[12].
